‹ Courbet; 48 planches hors-texte accompagnées de 48 notices rédigéesChapitre 28 sur 50 · XXVIII. — L'ATELIER (fin) LA BAIGNEUSE ENDORMIE · texte numérisé non relu

XXVIII. — L'ATELIER (fin) LA BAIGNEUSE ENDORMIE

Ce qui est assez singulier, dans la manifestation de 1855, c'est que l'artiste se défendait lui-même contre l'étiquette qu'il venait d'arborer, u Le titre de réaliste, — disait-il dans la préface de son catalogue, rédigée avec l'aide de Castagnary — m'a été imposé comme on a imposé aux hommes de 1830 le titre de romantiques. Les titres en aucun temps n'ont donné une idée juste des choses; s'il en était autrement, les œuvres seraient superflues. » Et quand il cherche cependant une formule pour expliquer ses intentions, voici ce qu'il trouve de plus précis : « Être à même de traduire les mœurs, les idées, l'aspect de mon époque, selon mon appréciation, être non seulement un peintre, mais encore un homme, en un mot faire de l'art vivant, tel est mon but ».

La saine doctrine qui est au fond de ce manifeste y prenait une forme trop confuse pour ne pas renou-

vêler l'éternel malentendu (il dure encore) entre partisans et adversaires du réalisme. Les discussions, le jour du vernissage, furent, au dire des témoins, un des spectacles les plus comiques auxquels il fut donné d'assister : classiques et modernes, bohèmes et bourgeois, après s'être toisés d'abord en silence avaient peu à peu haussé la dispute à un tel diapason que Champfleury — il en avait pourtant entendu bien d'autres — rentra chez lui fourbu et H ne comprenant plus rien aux arts. »

Les lendemains furent moins gais : les visiteurs se faisaient de plus en plus rares et, malgré l'abaissement du prix d'entrée à 50 centimes, le Réalisme ne faisait plus recette. Le pauvre Courbet était loin des 100.000 francs qu'il s'était promis.

Ne quittons pas l'exposition de 1855 sans rapprocher du beau nu de l'Atelier une étude qui mérite de lui être comparée par sa liberté magistrale, par l'heureuse souplesse, la fraîcheur éclatante de certains modelés. (Récemment dans la galerie Bernheim jeune.) Il n'est pas certain qu'elle ait figuré à côté de la grande toile à l'Exhibition de l'avenue Montaigne, car les innombrables Baigneuses et Dormeuses de Courbet ne sont pas faciles aujourd'hui à identifier, mais il est évident qu'elle date de la même période et qu'elle est peinte d'après le même modèle.

XXVIII — Baigneuse (étude)

COLLECTION PARTICULIÈRE

PHOT. DRUET

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