‹ CourbetChapitre 12 sur 14 · ET SES ENNEMIS · texte numérisé non relu

ET SES ENNEMIS

À l’entrée du village d’Ornans, à gauche, la première maison que l’on aperçoit est l’atelier du peintre.

Au milieu du jardin mal clos, où les plantes sèchent et meurent, l’édiflce abandonné se délabre.

Les murailles s’effritent. Le plâtre se détache. Les vitres crépitent et tombent sous la pierre des entants en tournée buissonnière.

Les portes, mal jointes, ont été fermées par le père Courbet selon la méthode naïve et économique de l’âge de... sapin : il a cloué transversalement des planches entre les deux battants.

Expédient bien inutile contre les rôdeurs de nuit, et les farceurs cléricaux de la vallée ! Le matin venu, on trouve la porte ouverte.

Les quelques meubles qui restent ont été saccagés.

On a crevé les dernières études suspendues, çà et là, dans la vaste salle.

On a déposé des immondices dans les coins.

Le vieillard pousse alors de hauts cris :

— Il n’y a donc plus de police à Ornans ! Il n’y a donc plus de gendarmes pour défendre le bien des honnêtes gens !...

D’ailleurs, il va courir chez le commissaire pour lui dire son fait. . .

Celui-ci répond : — Qu’y pouvons-nous ?

Achetez une serrure. Mettez un cadenas...

Mais le bonhomme ne l’entend pas ainsi.

SOUVENIRS INTIMES

Il revient au crépuscule. Il cloue de nouveau ses planches. Ensuite, il va se coucher, — avec la certitude d’avoir, cette fois, au moins, opposé un obstacle sérieux à l’entrée des vauriens.

Le lendemain, la besogne est à recommencer.

Yoici tantôt un an que cela dure...

Ce que des imbéciles, campagnards inconscients, font dans cet ateLer, — d’autres imbéciles, citadins méprisables, l’ont fait dans la vie du preintre.

Sous prétexte d’idéalisme, on a pénétré dans son existence privée. On a crocheté ses secrets. On a mutilé, sali, souillé tous ses rêves. On a tout bousculé, tout déchiré, tout brisé.

Puis, en se retirant, on a donné l’exemple aux goujats des bords de la Loue : — On a laissé, pour carte de visite, ses immondices dans les coins.

La diffamation est l’arme des sots.

A quel parti doit se résoudre l’artiste que I on attaque? — A céder? C’est le suicide. — A dédaigner? Cela est difficile. — Il reste un dernier moyen : l’orgueil.

A celui qui s’en sert alors que pourrait-on reprocher?

Courbet fut orgueilleux.

11 eut raison dans ce vice.

Modeste, il n’eût rien fait.

On prend d’autant mieux son parti des critiques qu’elles sont plus exagérées. Jusque dans sa famille, le réaliste rencontra des ennemis. Une personne qui le touche de très près l’a dénoncé aux autorités fédérales.

Elle a demandé son expulsion. Elle a sollicité presque son emprisonnement.

Aussi fallait-il entendre le proscrit de la Tour-de-Peilz parler d’elle.

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— Si elle vient ici, criait-il, je la fous dans le lac !

Évidemment, il ne l’aurait pas fait.

Il s’était, depuis longtemps, fabriqué une douce philosophie où la conscience de son talent entrait pour beaucoup, mais où entrait aussi pour quelque chose une certaine habileté.

Il savait que la calomnie est la plus utile des réclames.

On criait : il augmentait d’autant le prix de ses tableaux.

Quelquefois il prenait même le soin d’aiguillonner ses adversaires qui l’oubliaient. — A ce propos, nous nous souvenons d’un dîner officiel qui eut lieu à Besançon.

Il nous raconta que le hasard l’avait placé à côté de M. Lancrenon, un peintre de l’école de David.

Ce Lancrenon est mort il y a peu de temps. 11 avait la spécialité de ces toiles mystiques où l’on voit de jeunes femmes à thorax excavé monter au ciel, dans un brouillard, au milieu d’une volée d’enfants ayant des ailes et ces grosses fesses que Rubens a inventées. — On trouve un échantillon de son savoir-faire dans une des chapelles de l’église Saint-Laurent. C’est bien peint. C’est correct. Il y a du dessin. Il y a de la couleur. Il y a tout ce qu’il faut pour constituer quelque chose, et cependant, cela ne vaut rien.

C’est splendide de nullité !

Trop solide mangeur et trop bon buveur pour molester, à jeun, le classique le plus détesté, Courbet se mit à disséquer une truite du pays en attendant la bataille.

Quand son estomac fut satisfait, quand il eut vidé deux vieilles bouteilles, il commença l'attaque :

— Monsieur Lancrenon ?

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— Monsieur Courbet ?

— Que pensez-vous de ma peinture ?

— Heu ! heu !...

— Je suis plus grand que Raphaël, n’est-ce pas?

Le pauvre classique se leva d’une pièce. Il jeta sa serviette sur la table et disparut.

Courbet entama sa troisième bouteille par un toast: A M. Lancrenon, professeur de dessin de la ville !

Le malheureux artiste ne cessa pas de déblatérer contre lui. — C’est ce que le paysagiste demandait.

L’orgueil le mieux trempé demeure toujours flexible. Courbet aimait assez les éreintements de la presse ; toutefois, une juste louange ne le laissait pas insensible.

On peut très-bien savoir son mérite et ne pas négliger la réclame. — Il fut dupe un jour de son habileté.

Un journaliste anglais lui fut présenté en Suisse. Il écrivait, — ou prétendait écrire, — dans une des plus grandes feuilles de Londres. — Réaliste convaincu, il voulait faire partager son enthousiasme à ses compatriotes. Malheureusement, peu de toiles du grand franc-comtois avaient traversé la Manche.

On avait visité son exposition particulière en 1867, mais cela ne suffisait pas.

Il aurait désiré emporter quelques beaux ouvrages capables d’enflammer des amateurs.

Il les montrerait à ses amis, à ses connaissances, — ensuite il lancerait une série / de petits articles bien troussés, adroits, qui, comme des furets, poursuivraient l’or dans ses cachettes, et sauraient bien, aoh ! s’en emparer.

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Le marché est conclu.

Courbet se frotte les mains.

Il confie trois tableaux d’une valeur de quatorze mille francs au fils de la blanche Albion .

Celui-ci remercie, prend le train, et ne donne plus de ses nouvelles.

— Nous nous trompons sur ce dernier point : il écrivit un an après, mais c’était pour demander six cents francs nécessaires à l’encadrement de ses paysages.

Il y eut des circonstances où l’amour-propre de Courbet, affirmé hautement, le vengeait des manœuvres de ses adversaires.

En 1872, après le refus de ses tableaux au Salon, il écrivit au président de l’Exposition de Vienne.

Il lui proposait deux toiles destinées à flétrir le principe barbare de toute guerre.

Dans la première il eût représenté le départ d’un conscrit. — Le jeune homme, frêle, le sac au dos, le bâton à la main, dit adieu à sa famille.

La mère et les sœurs sont désespérées. Le grand-père aveugle, accoudé sur la table, rêve tristement aux anciennes boucheries dont il fut l’un des acteurs.

L’enfant, qui veut montrer du courage, réserve ses larmes pour le moment où il sera loin des siens.

L’étude de cette peinture fut commencée. Elle appartient aujourd’hui à M. Marcel Ordinaire.

Dans la seconde toile, le jeune soldat s’est transformé.

Il a profité des leçons de la discipline. Il a recueilli les bons conseils des vétérans. L’esprit militaire a soufflé sur lui.

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Le voilà à Solférino.

Il est zouave. Il a combattu courageusement. La bataille est terminée. La route est couverte de cadavres et la nuit descend.

Le timide conscrit, devenu soldat féroce, s’est accroupi sur l’un des morts et lui a coupé la tête. Il l’agite en l’air avec des cris sauvages.

Ces deux tableaux devaient avoir de grandes dimensions.

Il allait, écrivait-il, se mettre sur-le-champ à l’ouvrage ; seulement, il exigeait une chose : son oeuvre serait soumise à un jury étranger. Le jury français venait de faire preuve d’une partialité révoltante à son égard. Il le détestait.

La réponse arriva bientôt.

La règle était uniforme pour tous. Chacun devait être jugé par ses compatriotes.

Il abandonna son idée, croyant avoir donné une leçon à M. Meissonnier.

Nous raconterons l’histoire de l’ami Jérôme à ses détracteurs.

Jérôme, un des vieux camarades du peintre, unissait à la plusp rotonde modestie mille qualités dont les hommes, pour l’ordinaire, se montrent très-glorieux.

Il était doux, travailleur , sobre , fidèle , serviable, courageux.

Nous ne savons pas de pied plus agile et plus leste que le sien lorsqu’il s’agissait de gravir les rochers, tout en portant le chevalet, la boîte de couleurs, et les châssis du paysagiste en quête de modèles.

Compagnon dévoué, on le trouvait toujours disposé pour des excursions pénibles et nouvelles.

Par le froid, par le chaud, par le vent et

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la neige, par le soleil et la pluie, il marchait sans se plaindre, sans songer à se reposer.

C’est qu’il avait conscience, cebrave Jérôme de l’honneur qui lui était accordé!

Être le dépositaire des pinceaux et de la palette de M. Courbet, il y avait de quoi lui créer des jaloux dans touté la Franche-Comté.

Aussi, fallait-il le voir s’avancer avec son illustre ami le long des haies, sur la lisière des bois de sapins, sur la crête de la montagne, dans les sentiers qui filent à travers les blés.

Ses instincts artistiques étaient alors fortement surexcités, et lorsqu’au détour d’une route, un paysage digne d’être reproduit s’offrait à son regard, il s’arrêtait. — Il s’arrêtait et tournait la tête vers le peintre.

Celui-ci comprenait.

— Jérôme ne veut pas aller plus loin disait-il ; il doit y avoir là une belle vue.

Et en effet, Courbet n’avait qu’à se mettre à travailler.

Lorsque le crépuscrule commençait à jeter sa cendre sur le brillant des couleurs, Jérôme s’avançait vers le réaliste, ouvrait la mâchoire, — nous avons oublié de dire que Jérôme est un petit âne, — saisissait entre les dents le tricot de son maître, et à le secouait.

Cela voulait dire :

— Il faut rentrer ; nous ne ferons plus rien qui vaille.

Courbet se levait.

On revenait doucement à la maison, où vous attendaient une fraîche botte de foin, et un bon verre d’absinthe de Pontarlier.

C’est Jérôme qui a découvert la remise aux chevreuils.

— Si tu pouvais écrire des salons, mon

Imp.A.Salmon.

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vieux, quel fameux critique tu ferais, disait Courbet en caressant ses longues oreilles.

C’était vrai. A combien de chroniqueurs parisiens en paysage, Jérôme n’en aurait-il pas remontré.

Malheureusement, depuis la mort de son maître, désespéré, il a renoncé aux beaux-arts pour toujours.

rxnp. A. S ai mon

Il y a beaucoup de faux Courbet dans le commerce. Les marchands de tableaux le savent mieux que personne.

Pata nous a raconté avoir vu vendre, à l’hôtel Drouot, plusieurs de ses paysages que l’on avait revêtus de la signature du maître.

Cet acte de déloyauté commerciale n’est pas fait pour irriter le peintre qui en est victime.

Il y a des plagiats qui honorent.

L’on serait un fat de vouloir se plaindre.

Aussi, Pata se tait-il ; et il a raison.

Pata fut un des amis les plus fidèles de Cour-

bet. Dans ses dernières années, il ne l’a guère quitté.

C’est lui qui, veillant sans cesse sur les intérêts du réaliste, réussit, après la Commune, à lui remettre le pinceau en main, et à lui rendre cette habitude du travail si nécessaire et si féconde, si facile à perdre, et si dure à recouvrer.

A la Tour-de-Peilz, il ne cessa pas de venir en aide, par son énergie et son activité, à un homme que des malheurs successifs avaient ébranlé, — et qui devait être disposé à prendre une nonchalance funeste pour ce repos réparateur auquel on peut s’abandonner après les grandes épreuves.

C’est lui qui traitait avec les marchands de tableaux.

C’est lui qui entraînait le peintre dans la montagne, et lui faisait exécuter les commandes dont on l’accablait.

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Il recevait les lettres. Il répondait. Il encaissait l’argent. Il plaçait les économies. Il suivait, au jour le jour, le procès que l’on plaidait. — Il était enfin un véritablé factotum.

En même temps, malgré ces soins de la fortune d’autrui, malgré les soucis de ses propres affaires, il peignait.

Il lui avait fallu, d’ailleurs, tout son amour de l’art pour l’attacher à une situation qui parfois ressemblait à une servitude.

Dès son enfance, une vocation énergique l’avait poussé loin de son pays et loin des siens.

A douze ans, il avait quitté son village, — une de ces bourgades étiques que les Alpes dissimulent dans leurs ravins.

Avec deux francs en poche, il était venu à la ville de Locarno. Là, lui avait-on dit, il trouverait des protecteurs ; il pourrait étudier

dans une école de dessin. — De vrais protec-

teurs, il n’en trouva qu’à grande peine, et après de longues années.

Quant à l’école, où on n’était admis qu’après avoir payé une rétribution de dix francs, le concierge lui .en poussa vigoureusement la porte sur le nez, dès qu’il eut vu son portemonnaie.

C’était un triste jour, paraît-il, que celuilà, et il faisait un froid à faire grelotter les ours.

Le pauvre gamin, suffisamment renseigné par le portier, remit sa casquette sur l’oreille, tourna le dos à la terre promise, et traînant la jambe, se disposa à regagner son ancien foyer.

La fatigue d’une longue marche l’accablait.

Il entra chez un boulanger.

Là, il acheta un morceau de pain, et tout en se chauffant près du four, il se mit à rêver.

11 était vraiment bien dur de n’avoir pas réussi.

Que diraient de lui les parents, lorsqu’il reviendrait? Que penseraient de lui ses amis? On le raillerait. On le tourmenterait. On le malmènerait. Le mieux, en somme, était de rester.

Et voici qu’une idée soudaine lui traverse la tête.

Il y a un couvent à Locarno. Un de ses vieux cousins, depuis longtemps déjà, s’y était enfermé.

S’il allait le voir? S’il allait lui demander conseil? Peut-être que tout s’arrangerait....

Une demi-heure après il sonnait à la porte du couvent et demandait le frère Nicolas.

Il y a des cousins capucins qui tiennent encore à leur famille : — l’amour de Dieu, ce

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jour-là, ne fit aucun tort au petit Pata. Loin de là, il servit à sa cause.

En effet, pendant qu’il causait, que se disait le frère?

— Voilà un gaillard dont nous pouvons peutêtre tirer parti.

Il aime le dessin. Il se pourrait qu’il eût du mérite : or, les murs de la chapelle sont d’une nudité indécente. Quelque épisode de l’Evangile, le portrait du Père Éternel, celui de Jésus, de la Vierge, de Joseph, — es douze apôtres, — un escadron de chérubins, — tout cela ornerait notre église et donnerait un grand lustre à notre communauté.

Le supérieur, de son côté, consentit à tenter l’épreuve. On logea le nouveau venu dans une cellule abandonnée. On lui octroya les restes de la table commune.

Troisans après, de la voûte au dallage, de la p nrte à l’autel, il n’y avait pas un pouce carré

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de surface où le pinceau de Pata dût encore travailler.

Les moines étaient contents. •

L’enfant, désormais, pouvait bien faire son chemin seul. On le renvoya.

Ses touches sont larges, solides, hardies — tantôt douces et cependant vigoureuses, — tantôt brusques et cependant nuancées.

Ses arbres, ses prairies, ses montagnes, ses ruisseaux qui bondissent dans l’écume, tout le monde les connaît, — car si l’on n’a pas vu ses tableaux, l’on a vu la nature ; elle n’est pas reproduite par lui, elle est fidèlement rendue.

Nous parlons, bien entendu, de ses principales toiles, et de certains petits chefs-d’œuvre ignorés du grand public, mais qu’un jour ou l’autre, il sera forcé d’admirer.

Nous n’en voulons, comme preuve, que la

belle collection de M. F. Courbet, chef des gardiens au Luxembourg.

Dans son cabinet, que les initiés seuls visitent, il y a plus d’une toile que le plus riche amateur envierait. — Feyen Périn, Hanoteau, Tournemine, duchesse Colona dite Marcello, Guillemet, de Saint Albin, de Callias, Cartier, etc... ont tenu à récompenser l’homme qui veijle sur toutes les richesses de notre musé.

Pata n’est pas un des moins appréciés.

Courbet y est représenté par deux morceaux de large facture : les portraits de Suisse et de M Chardignier,

L’autre disciple du réaliste est Marcel Ordinaire, fils de l’ancien député du Doubs.

C’est à Maizières, à deux pas d’Ornans, qu’il est né.

Il y a grandi ; il y est devenu peintre.

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Courbet, l’ami de la maison, le mit tout enfant sur ses genoux ; deses grosses mains, couvertes de couleur, il le toucha, etle sacra, pour ainsi dire, paysagiste.

La nature, au milieu de laquelle il se développa, fit le reste.

Saturé d’ombre et de soleil, imprégné des effluves de la vallée, il eut, dès le premier jour, l’intuition spontanée de sa manière.

Les modèles étaienttrouvés.

Il n’avait qu’à s’abandonner à son instinct.

Il a beaucoup travaillé, toutefois.

Ne voulant pas rester sous l’influence écrasante d’un maître aussi puissant, il alla frapper à la porte de Français.

Il apprit chez ce dernier à modérer un élan que l’on se complaît peut-être un peu trop à blâmer chez les jeunes. Il réfréna son

Gustave coürbet

ardeur première. Il réfléchit sur ses impressions. Il les classa, il les épura, il les synthésia, en quelques sorte, pour obtenir une œuvre plus douce, plus savante, où les procédés des deux maîtres se fondent sans nuire l’un à l’autre, et sans s’altérer.

Le fruit de cet effort, il l’a cueilli au salon dernier. Son Puits noir obtint une seconde médaille. Il fut acheté par le gouvernement.

Il a travaillé trois ans à cette toile.

A la veille de chaque exposition il la recommençait. Le résultat, on le connaît.

C’est peut-être un peu cherché.

Il y a, à côté de larges couleurs ramassées sur la palette de Courbet, des arrangements méthodiques et scrupuleux qui ont demandé beaucoup de temps pour être trouvés, rendus, achevés.

Entre toutes les branches, il va de l’espace;

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entre toutes les feuilles, il y a de l’air; tout est à sa place; tout est en son jour;- — c’est très-bien, mais il y a pas assez de fouillis. — La nature est plus robuste.

Elle est plus dégingandée.

Conclusion :

Après M. Boudot, M. Marcel Ordinaires, est un des jeunes paysagistes franc-contois, qui ont le plus d’avenir.

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