‹ Courbet selon les caricatures et les imagesChapitre 34 sur 49 · CI · texte numérisé non relu

CI

MII3

608 A MENDIANT MENDIANT ET DEMI, par Courbet.

M. Courbet a voulu prouver ici qu'un grand artiste peut facilement se passer de forrrje, de couleur et de style quand il est soutenu par une grande et généreuse pensée. Ce vieux mendiant privé de tout, même du plus nécessaire dessin-, offrant son obole à l'enfant qui se plonge résolument le doigt dans le nez, sans souci de l'avenir, nous attendrit profonoémetit. Le ton merveilleusement approprié '6e compose des boues d'Ornans combinées savamment avec les balayures Moufletard, le tout relevé par un petit glacis (l<: macadam. Un trait de génie! La femme dans un paquet do liage sale est un chef d'œuvre

Salon de 1868.

A MENDIANT, MENDIANT ET DEMI, par Courbet.

A titre de curiosité, voici l'appréciation d'un membre de l'Institut, le statuaire J.-J. Perraud. Il écrivait, le 28 mars 1868, au sculpteur Max Claudet :

« ... J'ai vu au Salon une toile de Courbet. C'est un gueux qui passe sur la route ; il y a une espèce de paysage.

« Une louve, espèce de femme, est blottie derrière une poignée de paille et une vieille loque, le tout calfeutrant le buisson de la route; la

poitrine ouverte, donnant le sein à un nourrisson perdu dans les guenilles.

« En entendant venir quelqu'un, un petit morveux, nu-pieds, pantalon froncé à la ceinture, laisse passer une torcke-pinceau par la fente de derrière et tend la main au grand gueux qui lui donne une pièce de monnaie. Entre ce groupe et la femme accroupie aux regards féroces, est un sale chien de berger, aux poils hérissés, qui grogne après le vieux. Tout ce qui est humain est odieux. Ces humains ont l'air d'être en bois, en noyer blanc que l'on aurait voulu brunir avec du brou de noix. L'attitude de tout ce monde est fantastique. Seulement cette scène se passe dans une atmosphère, une lumière si extraordinaire que les tableaux qui sont autour sont opaques comme de la gomme laque.

« Quel sentiment de peinture.il a cet homme! Mais quel parti en tire-t-il ?... De quoi se composera son œuvre? De l'œuvre d'un beau début qui promet toujours et qui ne tiendra jamais plus. »

• mwltwjM ■Miawrti ci, -• | i V. ' - *■• non miltr, U^rrlinl n'aura pu, d, rrurhiUo <;«''*! . i ■ - ■ m«i fll .-'h'! toi iUat i -

— r«ur U pr«o*i«r« feu > «*là, twl pu tvoii •:« u ■«

UlUuêtration (ao juin 1868. —TOUT POUR L'ALSACE

La grande médaille d'honneur du Salon échul ;i Gustave Brion pour son tableau : Lecture de la Bible en Alsace. Les peintures représentant des scènes alsaciennes étaienl trèï en Faveur. Jundt, 1 1 1- î < > 1 1 . Marchai, obtinrent beaucoup de succès. Ce dernier, cependant, avait exposé c< tte année Pénélope et Phryné.

Le mendiant de Courbet, houleux do s'échappe un instant de l'Exposition faire habiller au Prince-Euoène.

V Eclipse (21 juin 1868).

Page 1