‹ CourbetChapitre 2 sur 17 · TIT · texte numérisé non relu

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études classiques, poursuivies avec répugnance, dont il n*a retiré aucun fruit. La question se pose maintenant, entre lui et ses parents, d'une carrière à choisir. Un moment le père eut voulu qu'il essayât d'entrer à l'école polytechnique et un moment Courbet, cherchant à se rendre au désir paternel, s'était efforcé d'étudier les mathématiques. Cette tentative dans une voie tout à fait contraire à sa nature avait du être promptement abandonnée. Son père se rejette alors sur le droit et Courbet est envoyé l'étudier à Paris. Il y arrive en novembre 1840 (1).

Il va de soi que si tout d'abord à Ornans et à Besançon, ses propensions l'avaient porté vers le dessin et la peinture, alors que dans ses entours rien n'existait qui put l'y prédisposer, arrivé à Paris, dans un milieu où l'art le sollicitait de tous côtés, avec son goût déjà développé et la part de technique acquise à l'école de dessin de Besançon, la vocation devait devenir irrésistible. L'étude du droit ne fut donc même pas commencée. Il fait connaître à ses parents sa détermination de prendre une autre direction et de se livrer tout entier à la peinture. Ils se rendirent sans trop de résistance à ses désirs, la pension qu'ils s'étaient engagés à lui fournir pour lui permettre d'étudier le droit, lui fut continuée pour lui permettre de se consacrer à l'art.

(1) Castagnary. Gazette des Beaux-Arts, janvier 1911, pag. 20.

Le voilà donc à Paris tombé de sa province, cherchant dans son inexpérience de quel côté se diriger. On a dit qu'il était alors devenu l'élève de Steuben et de Hesse et il s'en est défendu. Ce qui est certain c'est que ses œuvres de début à Paris, ne laissent point voir ce reflet des procédés de Steuben et de Hesse qui constitueraient leur empreinte en qualité de maîtres. Mais qu'à son arrivée à Paris, selon l'habitude des débutants à cette époque, il se soit mis en quête de peintres en vue, dans l'atelier desquels il pourrait aller au moins momentanément travailler et dont il pourrait recevoir des conseils, est aussi certain. C'est ainsi qu'il a été conduit à nouer des rapports assez suivis avec Steuben et encore mieux avec Hesse, qui ont pu amener à le représenter comme étant devenu leur élève, ce qui est excessif.

Les premiers efforts de Courbet à Paris pour trouver sa voie sont restés obscurs. On commence à le bien saisir, dans sa carrière d'artiste, en 1842. Cette année là il annonce à ses parents qu'il va s'installer dans un atelier rue de La Harpe, loué 280 francs par an (1). Cette même année nous apporte une œuvre caractél'istique, son portrait dit Au chien noir, maintenant au Petit Palais des Champs-Elysées. Ce portrait révèle un homme qui connait déjà son métier. Il montre qu'une fois à Paris, Courbet s'est mis sérieusement à travailler.

(1) Riat. Courbet, pag. 24.

C'est bien ce qu'il a fait. Et il est bon de dire tout de suite qu'il a été un grand travailleur. Pour s'en convaincre on n'a qu'à voir le nombre et l'importance des oeuvres qu'il a produites. Lorsqu'il avait l'esprit tendu sur une œuvre et qu'il était à même de l'exécuter, il pouvait déployer, avec sa puissance physique, une somme d'efforts dont nul autre n'eût été capable.

Dans les premières années de son séjour à Paris, il se livre à un travail assidu et en même temps varié. Il lui faut, à ce moment où il s'ignore encore lui-même, dégager sa personnalité, se rendre compte de ses réelles facultés. Il ne peut faire alors que ce que la nature des choses impose et ce qu'ont fait avant lui tous les hommes originaux, cherchant leur voie, reconnaître l'entrée de divers chemins, jusqu'à ce qu'il découvre celui qui convient réellement à sa nature pour s'y engager tout entier.

Il s'essaye donc, au début, de manières variées. Venus d'une observation précise de la vie et de la nature, on a alors son portrait au Chien noir, le portrait de sa Sœur Juliette et des vues prises à la forêt de Fontainebleau. Dans la donnée romantique, on a ses Amants dans la campagne et surtout une grande composition La nuit de Walpurgis, empruntée à Goethe, mais qu'il aura ensuite le soin de détruire. Dans le genre qu'on peut appeler imaginatif, il peint une Tète de jeune fille, qualifiée pasticlie florentin; un paysage imaginaire appelé pastiche flamand; Les filles de Lot h;

le Guitarero, jeune homme revêtu d'un costume de fantaisie.

Cependant les œuvres de style romantique et de caractère Imaginatif resteront de purs essais, les tentatives qui ne seront pas poursuivies d'un homme à la recherche de sa voie. Les œuvres dues à une observation directe de la vie et au contact de la nature prendront promptement toute la place.

Courbet est porté irrésistiblement vers la vie et la nature à mesure que, par le travail, il développe ses facultés et il y est conduit en outre par la connaissance qu'il prend des vieilles écoles et des maîtres du passé. Il a, cherchant à s'éclairer et à asseoir son jugement, fréquenté le Louvre. Là, dès ses premières observations, il a ressenti pour les Italiens, un éloignement qui n'a fait ensuite que grandir, leur art lui a paru conventionnel. Au contraire il a profondément admiré les Espagnols et encore plus les Hollandais, Rembrandt en tête. Il a trouvé chez eux une image exacte de la vie, le rendu fidèle du monde de leur temps, qui auront sur lui, comme exemple à suivre, une action décisive. Un voyage qu'il fera en Hollande en 1847 le confirmera dans l'admiration des maîtres hollandais, qui lui sera d'abord venue au Louvre.

Il avait promptement cherché à faire recevoir de ses œuvres au Salon. De son temps on ne connaissait pas la coutume des expositions particulières, il n'y

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