‹ Courrières et La BouleChapitre 18 sur 30 · MIO · texte numérisé non relu

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Dars le troussage, une porte régulatrice avait été projetée vers le Levant.

L'arête de poussière s’y observait sur la face Levant de six bois.

L’extrémité Couchant de ce troussage aboutit à la cheminée de retour d'air en veine, dite « trinque », dont il a déjà été parlé.

Le pied de cette cheminée était complètement obstruée par des bois tombés du dessus et des échelles détachées de la trinque, enchevêtrés avec des pierres et des terres. (Il sera parlé plus bas de la trinque elle-même, ainsi que du touret de Sorcière.)

Dans le petit bout de voie conduisant au touret de Sorcière, on a retrouvé un morceau du palier à claire-voie qui recouvrait ce touret.

Chantier couchant de Plate-Veine. — La partie de la costresse allant jusqu'au bouveau de Catelinotte a été décrite plus haut.

Au Couchant de ce point, il y avait peu de dégâts. Des portes ont été projetées vers le Couchant.

L'asphyxie paraît avoir joué le principal rôle dans l’œuvre de mort accomplie dans cette région.

Le plan incliné ou cayat n° 13 avait ses portes du pied projetées assez loin au Midi (vers l’amont).

Plusieurs bois portaient l’arête de poussières au Midi.

Dix cadavres accumulés ont été relevés sur le palier du cayat au croisement du deuxième recoupage. La mort est due à l’asphyxie.

Peu de chose à signaler dans les autres voies du Couchant de Plate-Veine.

Il n’est pas sans intérêt de constater que ce chantier était humide, du moins en partie. En plusieurs points, l’eau suintait du toit.

Toute-Bonne. —- L'examen de ce chantier présentait un grand intérêt. On n’a pas tardé, en effet, à pressentir que le point de départ de l'explosion se trouvait dans ce chantier.

Ce point de départ a été trouvé être le pied de la taille n° 5 du deuxième recoupage, où une forte mine a été tirée qui a provoqué l’'embrasement de l’atmosphère ambiante légèrement grisouteuse et devenue explosible par le soulèvement des poussières. |

Commençant par le chantier Levant inferieur, nous trouvons la costresse aboutissant à deux tailles chassantes, dont une en « parel » ou en vallée, et à deux tailles montantes.

La costresse ne présentait pas de cokifications, mais de fortes brûlures ont été constatées sur la plupart des cadavres.

Les projections étaient vers le Couchant,

La vallée qui lui était parallèle présentait peu de traces d'effets mécaniques, mais de nombreuses croûtes de coke face au Couchant.

Eboulements insignifiants dans toute cette partie du chantier.

La voie n° 9 présentait, sur sa paroi Couchant, des cokifications tournées vers le Sud, c’est-à-dire vers le front.

Les deux ouvriers qui étaient occupés à battre une mine à front ont été retrouvés au pied de la voie.

Dans la voie n° 8, il y avait aussi des cokifications tournées au Midi.

En haut de cette voie, au dessus de la poulie du frein, deux cadavres brûles et asphyxiés. Une mine y était en chargement.

Des cokifications abondantes se remarquaient dans les tailles chassantes.

Dans la ruelletie faisant communiquer ces tailles avec la taille n° 8, croûtes de coke face au Nord.

Quelques croûtes de coke tournées au Levant dans la taille n° 9.

Dans la voie n° 6 aboutissant au deuxième recoupage, croûtes de coke assez abondantes, ou tournées au Nord ou faisant face aux trous d’aérage de la taille n° 8.

Quelques terres provenant du coupage des voies supérieures avaient été remisées dans cette voie, qui toutefois laissait encore passer l’air largement.

En deux endroits du chantier inférieur ont été retrouvés des sacs contenant de la poudre en grains et de la dynamite.

Avant d'arriver au chantier du premier recoupage, nous dirons quelques mots de la partie du cayat n° 1, qui, partant de la costresse Couchant (près du bouveau) aboutit au premier recoupage.

Au pied, éboulement assez considérable. Les deux portes ontdisparu, sans qu'on eût pu dire par où elles avaient été projetées. Un cadavre fortement brûlé et fracturé se trouvait dans cet éboulement.

Des croûtes de coke ont été observées en plusieurs points, faisant face au Midi.

Pour ce qui concerne le chantier du premier recoupage, qui est celui du point de départ de l’accident, nous croyons devoir donner in eælenso les constatations relatées dans le procès-verbal du 30 juillet 1887,

« Cayat n° 1. — Section supérieure (du 1* au 2" recoupage).

« En montant, on rencontre des cokifications, rares d’abord, puis plus nombreuses vers le haut du plan incliné; elles sont tournées vers le Nord, c’est-à-dire vers l’aval-pendage.

» La proportion du coke augmente jusqu’au palier supérieur.

» Les bois de la poulie de tête, poulie placée dans la paroi Sud da deuxième recoupage, sont eux-mêmes recouverts de coke sur leur paroi Nord.

» Les bois établis dans le recoupage, au Levant de cette poulie, portent des cokifications sur leurs faces Couchant ; ceux du Couchant en portent sur leurs faces Levant, c’est-à-dire que les cokifications sont de part et d'autre tournées vers le palier.

» Un chariot est placé diagonalement sur le palier, à proximité de la poulie, et paraît avoir été poussé vers le midi.

» Premier recoupage. — Entre le cayat et La voie montante ne 1, une porte a été arrachée et projetée au Levant.

» Entre les voies n° 1 et n° 2 une toile a disparu.

» Entre les voies n° 2 et n° 3 une porte a disparu, 1l se trouve en: cet endroit un léger éboulement.

» Au pied de la voie n° 3, cadavre d’un releveur-terres (n° 81), couché sur le flanc gauche, le bras gauche replié sous la tête qui est tournée vers le couchant.

» Entre les voies n° 3 et n° 4, il se trouvait une toile qui a été arrachée. Nous trouvons en cet endroit un morceau de corde brûlée et des débris de porte.

» Au pied de la voie n° 4, cadavre du n° 83, coupeur-voies de la voie n° 4; il a la tête tournée vers le Levant.

» À 2 mètres au Levant du précédent, entre les voies montantes n® 4 et 5, cadavre (n° 82) du compagnon ou « homme de coupe » du précédent ; tête tournée vers le Levant.

» Non loin de là, deux lampes; débris de planches ; un bois couché dans le « muriau » de l’étançon (amont-pendage) et dont l’extrémité en saillie est couverte de coke du côté du Levant; foin projeté au Couchant. Une porte se trouvait entre les voies n°“ 4et5eta disparu.

» Un peu plus au Levant, cadavre d’un autre releveur-terres (n° 84).

» Plus au Levant encore, à 2 mètres au Couchant du pied de la

voie n° 5, le boute-feu Agapite Comiant (n° 2) (1) est couché dans le sens de la voie, la face contre le sol, la tête vers le Levant: sa lampe Davy et son épinglette sont à côté de lui.

» À peu de distance de l'emplacement du corps du porion sont retrouvés quelque temps après, dans les pierres de la voie, un marteau de porion, un morceau d’amadou resté intact et un lambeau de sac en toile. L’ouvrier qui, chargé, plusieurs jours après la catastrophe, de nettoyer cette voie, a retrouvé ces débris, déclare qu'il se trouvait à côté de cette « mallette », détruite et brûlée, un petit tas de matière pulvérulente ressemblant à du son, et représentant, selon lui, la dynamite brûlée.

» Près de Comiant, au pied de la voie n° 5, est trouvé, couché sur les genoux et la face contre le sol, la tête vers le haut de la voie, le corps du coupeur-voies Bouchez, Albert (n° 80).

» Tous les cadavres rencontrés dans cette voie sont fortement brûlés ; l’un d'eux est partiellement recouvert de plaques carbonisées.

» Entre la ruellette, dite « passe-cat », de la taille n°5 et la voie n° 9 1l y avait une toile; nous la retrouvons un peu plus au Levant, ainsi que plusieurs morceaux de planches

.» Outre les dégâts qui viennent d’être signalés, le sol de cette voie est parsemé de pierres, de moyenne grosseur, tombées des parois. C’est d’ailleurs dans cet état qu’on a retrouvé presque toutes les voies de la mine après l'accident; nous ne mentionnerons plus cette circonstance.

» Voie n° 5. — À 5 mètres du pied de la voie n° 5, le coupeurvoies Lecocq, Pierre-Joseph (n° 79), est étendu sur le dos, la tête tournée vers le haut de la voie; il est profondément brûlé sur presque tout le corps, des plaques carbonisées sont collées sur sa poitrine et sur ses fesses.

» Plus haut, dans la voie, on trouve çà et là des débris de planches recouverts de poussières.

» Vers le milieu de la hauteur, un boutriau couché dans la voie est recouvert de cokifications à son extrémité tournée vers le Sud.

» Un peu plus haut que ce bois, un paquet de fétus est retrouvé contre la paroi Levant; les fétus sont légèrement roussis.

» Près de la paroi Couchant, un menu morceau de planche, arrêté

La

(1) C'est ce boute-feu qui a mis le feu à la mine de la voie n° 5, cause de la catastrophe.

ERP". QE contre des pierres, accuse une projection du Sud au Nord, c'est-à-dire du haut en bas de la voie.

» Plusieurs planches gisent sur le sol près de la poulie, ce sont, sans doute, les planches ayant servi à contenir et à guider les charbons abattus.

» La poulie est déplacée diagonalement; le montant Couchant est poussé au Sud, le bois Levant est demeuré en place.

» Le chariot est poussé diagonalement, mais le sens de la poussée est incertain.

» À front du banc de voie, on constate qu’une forte mine a été récemment tirée; beaucoup de pierres sont projetées, l’une d'elles porte la trace du trou de mine.

» Les cokifications sont abondantes vers le haut de cette voie et sont tournées vers le point où la mine a fait‘explosion (nous verrons bientôt que les cokifications de la taille sont orientées de même).

> Les croûtes de coke recouvrent aussi les pierres qui ont été projetées par la mine. |

» Nous constatons la particularité suivante :

» Deux pierres de grosseur inégale sont voisines l’une de l’autre ; la plus grosse est à moitié protégée par la petite; celle-ci est recouverte de coke du côté Sud; la grosse l’est également, mais sur une partie seule-

Fier 1d: ment, la surface protégée par la petite pierre est dépourvue de coke.

» Ce fait, rapproché de celui constaté dans un changeage de la vallée Levant de la même couche Toute-Bonne (il sera rappelé plus loin), ainsi que d’autres semblables constatés aussi par nous et que nous croyons superflu de rapporter, indique à l’évidence que les dépôts de coke se font par projection directe‘et non par des remous qui les collent derrière les boisages, ou les saillies rencontrées par le courant cokifiant.

» Des faits tout aussi caractéristiques et concluants dans le même sens ont d’ailleurs été constatés antérieurement.

» Le 21 mars, l'un de nous assiste au déblaiement de la mine. Ci-après la coupe de la voie après déblaiement :

» Un toit solide, puis la couche Toute-Bonne de 9"35 d'ouverture, puis un banc de schiste de 080 jusqu'à un sillon charbonneux de OmO1 à OmO2.

» C'est à proximité de ce sillon que l’on creuse ordinairement la

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