‹ Courrières et La BouleChapitre 19 sur 30 · CE · texte numérisé non relu

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mine, maïs non dans le sillon même, car, disent les coupeurs-voies, les flammes pourraient se perdre dans le joint de stratification produit par ce sillon, et la mine ferait moins d'effet ou même ferait canon. Cependant, le fourneau, qui n’est pas toujours tout-à-fait parallèle aux stratifications, recoupe parfois ce sillon.

» En dessous de ce sillon, on enlève encore un banc de 0»20 en viron, pour donner à la voie une ouverture de 1°30 à 135 ; on creuse à cet effet généralement une deuxième mine plus petite, dite « pétard ».

» À 0"40 environ du sillon charbonneux se trouve une layette de 0206 à 010 qu’on atteint rarement au coupage des voies.

FrG, 12:

» Nous retrouvons, après déblaiement, à l'endroit correspondant au fond du trou, un vide irrégulier, semblable à ceux trouvés dans les bancs de voie du chantier inférieur Levant et qui indiquaient l'emplacement des mines intérieures.

» Nous avons dit plus haut que, parmi les pierres jetées par la mine, il en est une portant encore la trace du trou; cette pierre correspondait sans doute à la partie du fourneau voisin de l’orifice et contenant la bourre ou la charge de poudre noire.

> Autant qu’on peut en juger par l'aspect des roches, la mine dont il s’agit était creusée parallèlement aux stratifications, un peu au-dessus du petit sillon charbonneux.

» Dans les terres, nous retrouvons un morceau de la bourre,

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formée de poussières schisteuses (pourrettes) agglutinées; un fragment de papier y adhère; il s’y trouve aussi un ou deux points noirs indiquant des débris de gailletles, tels que les ouvriers en introduisent parfois dans le trou pour « sécher » la bourre.

» Voie montante n° 4. — Sur la paroi, vers le milieu de la longueur, morceau de corde brûlée.

» Vers le haut, débris de planches; outils du minage, mais sans épinglette. Ç

» À 5 mètres du front, chariot éventré paraissant avoir été poussé vers le haut par un choc venu du Nord ; un morceau de tôle, enlevé à la paroi nord du chariot, est rejeté à l’intérieur de celui-ci.

> La poulie est aussi un peu remontée. Un bout de corde, servant à relier la poulie aux montants, est brûlé.

» 2m50 plus haut, terres provenant d’une mine récemment tirée.

» Un ou deux bois de la voie portent de légères croûtes de coke sur leurs faces Nord.

» Voie n° 3. — Cette voie a été coupée dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4; la taille était arrivée à hauteur du deuxième recoupage le 3 mars.

» Le banc de voie est à 1 mètre du ferme; les remblais sont à 3 mètres.

» À 5 mètres au Nord du banc de voie, chariot resté en place sur frein.

» Dans la partie supérieure de la voie, quelques cokifications sur les bois font face au Nord.

» Les poussières sont abondantes, tenues et ont un aspect gras et filamenteux.

» Voie n° 2. — À 15 mètres du front, cadavre n° 85; couché sur le dos, tête au Nord.

» Do mètres plus haut, couchés dans la même attitude, sont les cadavres des n° 86 et 87.

» Ces trois cadavres sont fortement brûlés.

» À 1 mètre du front, deux lampes et, tout-à-fait à front, une lampe; ces trois lampes sont presque intactes.

» On commençait à couper le recoupage à la tête de cette voie et l’on remblayait la voie n° 2 avec les terres du minage. |

» Les deux chariots des rameneurs terres paraissent avoir été projetés vers le Nord.

.» À front du recoupage, on retrouve un tas de terres d’une mine qui doit avoir été tirée peu de temps avant l'accident et que l’on commençait à déblayer.

> A la tête de la voie n° 2, une escoupe se trouve sur le sol, couverte d’une épaisse couche de poussières très fines.

» Il y a d’ailleurs une grande abondance de ces poussières partout dans la voie.

» Il y a du coke sur la face Nord de quelques pierres dans la partie supérieure de la voie jusqu’à 10 mètres environ du front.

>» Un des bois de la poulie, restée en place, présente du coke sur sa face Nord.

» Voie n° 1. — À 15 mètres du pied, stoupure éparpillée en plusieurs sens, mais surtout en descendant.

» Au Midi de son emplacement, trou en restaples au Levant.

» Cette taille avait été montée avec un parel de 2 mètres, comme la taille n° 5 (voir ce qui a été dit à propos de la voie n° 5).

» Dans les 20 derniers mètres, jusqu’à 3 ou 4 mètres du front, cokifications abondantes sur toutes les saillies et faisant face au Nord.

» Le recoupage n’est pas encore occupé; à front de cette taille, il y a 5 mètres de « garant » ou de vide.

» Taille no 5. — Comme il a été dit plus haut, la voie montante aboutit à environ 2 mètres de l'extrémité Est de la taille.

» Il y a 3"50 de distance entre les remblais et le front (quand on a, le 21 mars, déblayé la mine tirée dans la voie, les terres de cette mine ont suffi pour remonter le remblai jusqu'à moins de 150 du ferme).

» Dans le parel de la taille, un bois est recouvert de coke au pied sur sa face Nord-Ouest ; sur le mur de la veine, il y a un peu de coke disséminé.

» Dans le bois de la taille, c’est-à-dire dans la partie Ouest ou main droite de-cette taille, il existe des croûtes de coke sur les faces Est et Nord de certains bois.

» Comme nous l’avons déjà fait remarquer, toutes les cokifications constatées dans cette région font face à la mine tirée à front de la voie n° 5.

» Taille n°4, — Au parel, il ÿ a 3 mètres de garant; le mur est soufflé.

> Un bois est recouvert de coke sur sa face Nord, au pied de la courte ruellette qui conduit de la taille n° 5 à la taille n° 4.

» Nous ne constatons pas de cokifications dans la taille n° 4, ni dans le bas de la ruellette qui conduit à la taille n° 8.

» Taille n° 3. — Dans le haut de la ruellette venant de la taille n° 4, les bois sont couverts de coke sur leur face Midi. Dans la taille même, partie Levant (parel), il y a des cokifications assez abondantes sur la face Couchant des bois.

> Sur la main droite de la taille, il n’y a pas de cokifications, mais beaucoup de poussières, surtout sur la face Couchant des bois.

» Taille n° 2. — Dans l’ancienne taille n° 2, au milieu de laquelle on commençait à couper le deuxième recoupage, 1l y a beaucoup de poussières sur les bois, avec arête face Levant.

» [len est de même dans le parel de l’ancienne taille n° 4. »

Nous continuons maintenant à résumer.

Près de la taille n° 4 qui avait été relevée sur le deuxième recoupage, il s'était, dans la journée de l’accident mais avant celui-ci, produit un éboulement qui s'était aggravé après, ainsi qu’il résulte de la position des quatre cadavres retrouvés sur un tas de terres et recouverts par d’autres pierres venant du toit. Get éboulement n’était pas assez important pour entraver beaucoup la circulation de l'air.

Coke sur la face Couchant de quelques bois.

Les cinq ouvriers retrouvés en cet endroit ont été frappés à leur poste de travail.

Aucun fait intéressant relevé jusqu’au troussage ou voie de retour d'air.

Dans ce troussage descendant, l'explosion a produit un éboulement considérable, sous lequel, au point le plus élevé, ont été retrouvés deux cadavres légèrement brûlés.

Le long de la voie, on trouvait quelques croûtes de coke tournées vers le Levant. Un bois portait l’arête de poussière orientée de même.

Le plan incliné du cayat n° 14 qui réunissait le pied du troussage avec la costresse Couchant, et qui, n'étant plus en service, était fermé par six portes et une stoupure et en partie remblayé, a été parcouru par l'explosion, qui y a laissé de nombreuses traces.

Les deux portes du haut ont été projetées vers le Nord, c’est-à-dire en descendant; le foin qui les garnissait a été lancé au Nord.

Des croûtes de coke dans cette partie supérieure du cayat ont été

constatées sur la face Nord des bois. Ces cokifications diminuaient er descendant, puis apparaissaient quelques arêtes de poussières sur la face Sud des bois.

La porte placée au pied de cette partie supérieure du cayat a été, comme les précédentes, projetée vers le Nord. Il en est autrement des trois portes du pied de la partie inférieure du cayat, qui ont été projetés vers le Midi. La stoupure a été détruite.

. Des arêtes de poussières, face au Midi, s’observent sur divers bois de cette section du plan incliné.

La costresse Couchant de Toute-Bonne à 495 mètres, entre le bouveau de recoupe vers la couche Sorcière (tout voisin du pied du cayat n° 14 dont nous venons de parler) et le bouveau venant du puits, présentait divers dégâts avec projection au Couchant et de très rares arêtes de poussières face au Couchant.

Près du bouveau de Sorcière, il y a un vaste éboulement encombrant à la fois la costresse elle-même, sur 20 mètres de longueur, le bouveau de Sorcière et le pied du cayat, n° 14.

Couche Sorcière. — Le bouveau qui y conduit était rempli par plusieurs éboulements. Une « rame » de chariots attelée d’un cheval, avait été en partie ensevelie par l’un d'eux. Traces de poussée vers le Midi. Légère arête de poussière sur la face Midi d’un bois.

Le cayat en face du bouveau avait ses deux portes du pied détruites. La plupart des débris ont été retrouvés au Sud de ce point.

Chantier du Levant. — Tout à l’entrée onze cadavres étaient accumulés, brûlés très légèrement ; la mort a été causée par l’asphyxie.

Les premières portes de la costresse ont été détruites et projetées au Levant. Plus loin aucune trace d’explosion.

C'est dans ce chantier, dans la partie non atteinte par l'explosion, que le grisou avait surtout manifesté sa présence. Les voies montantes n“7et 8 avaient été barrées à cause de la présence de ce gaz.

Plusieurs arêtes de poussières ont été constatées sur la face Levant des bois, vers l'entrée de la costresse et de la vallée. Plus au Levant on n’en voyait plus.

Le chantier Couchant a été entièrement parcouru par l’explosion, mais les traces de celle-ci sont contradictoires.

Les arêtes de poussières dans la costresse sont placées sur la face Levant des bois, alors qu’il semble manifeste que le courant d'explosion a marché du Levant au Couchant.

Dans les voies montantes et le troussage, les couches de coke, les

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arêtes de poussières et les projections sont en concordance, à quelques exceptions près (voir le plan), pour indiquer un courant montant par les voies et les tailles et retournant au Levant par le troussage.

Dans le bout de voie (continuation du cayat) qui conduit au touret, le sens de projection est nettement vers le Nord (partant du touret) et les arêtes de poussières sont sur la face Nord des bois.

Touret de Sorcière à Plate-Veine et trinque de Plate-Veine. — Etage de 404 mètres. — Le ouret qui reliait les couches Sorcière, Toute-Bonne et Plate-Veine et servait de retour d'air aux deux premières de ces couches avait ses échelles et ses paliers détruits, mais le courant explosif n'avait pas laissé de traces indiquant sa direction.

Dans la partie de la trinque entre le retour d’air de Plate-Veine et le niveau de 404 mètres, tous les boisaÿes avaient été arrachés ainsi que toutes les échelles; le tout s'était effondré, comme nous l’avons dit, dans le bas de la trinque et y avait formé avec quelques terres, un bouchon imperméable.

Dans la communication avec 404 mètres, éboulement et destruction des deux portes, qui ont été projetées au Couchant c’est-à-dire vers le bouveau de 404 mètres.

Plus haut, les échelles ainsi que quelques boisages ont été déplacés, sauf dans la partie supérieure.

Toutes les portes placées dans les divers recoupages du dressant ont été projetées du côté opposé à la trinque. |

Comme nous l'avons dit au début, l'étage de 495 mètres est de beaucoup le plus intéressant. A 404 mètres, dans les dressants, les traces de l'explosion, et l'explosion elle-même d'ailleurs, ont été incomparablement moindres.

Quelques faits sont cependant à noter qui ont leur importance.

Dans une voie plate du Couchant de Grande Plate-Veine, à peu de distance de la trinque d’où est certainement venue l'explosion, plusieurs croûtes de coke ont été observées face au Couchant, c'est-àdire du côté opposé à la trinque.

Au Levant de la trinque, sur la même voie, tout près d’un ouvrier asphyxié par les poussières de charbon, arêtes de poussières sur la face Levant de quelques bois. Près de là, une porte a été détruite et emportée vers le Levant.

Dans la couche Petite Plate-Veine, les mêmes faits sont observés sur les costresses, c’est-à-dire qu’au Couchant ont été constatées des croûtes de coke sur la face Couchant des bois, et au Levant, quelques arêtes de poussières sur la face Levant des bois. |

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Le Bouveau général du retour d'air du Midi au niveau de 303 mètres a été affecté de quelques éboulements dont un, très important, à la recoupe de la couche Catelinotte, a obstrué complètement le retour d’air et a occasionné de grands ennuis pendant la période du sauvetage.

IV. — Faits généraux se dégageant des constatations faites. — Croûtes de coke et arêtes de poussières ; leur orientation.

Le présent chapitre et les trois suivants sont presque entièrement extraits du chapitre V de notre procès-verbal de 1887 et du rapport spécial que nous avions annexé au dit procès-verbal.

Nous avons ça et là quelque peu condensé et abrégé.

A. ÉTENDUE DE L'EXPLOSION. — Le courant enflammé a parcouru presque toutes les voies de l’étage de 495 mètres, si l’on en excepte quelques chantiers signalés plus haut, dont un, chose curieuse, était le seul de Ja mine où le grisou existàt en assez grande proportion (celui de Sorcière). Il y avait aussi plusieurs « coupes » ou fissures dégageant du grisou dans le chantier des « escapés ». Un autre des chantiers épargnés par la flamme (au Couchant de Plate-Veine) était manifestement humide.

Les voies principales ont été particulièrement atteintes par l'explosion.

B. TRACES DU PASSAGE DE L'EXPLOSION. — FRÉQUENCE MOINS GRANDE, EN CERTAINS ENDROITS, DES CROUTES DE COKE ET DES ARÈTES DE POUSSIÈRES. — « Le passage du courant destructeur s’est révélé, ou bien par des effets mécaniques tels que des éboulements, des bris de portes, des projections d'objets divers ou des poussées violentes, notamment sur les vases de transport dont un grand nombre ont été complètement brisés, ou bien par des carbonisations plus ou moins complètes des boisages, des toiles, etc.

» Parmi les carbonisations, les plus remarquables, celles dont les traces sont les plus apparentes et les plus nombreuses, sont celles des poussières mêmes, soulevées en tourbillons par l'ouragan, et qui se sont déposées à l’état de coke sur les boisages ou sur les parois des galeries.

» En d’autres endroits, le courant s’est marqué par ce que nous avons désigné et décrit plus haut sous le nom d’arête de poussières, c'est-à-dire par une couche étroite et assez épaisse de poussière

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déposée sur une génératrice des hboisages, tandis que la face opposée de ces mêmes boisages est, ou recouverte d’une couche de poussière assez uniforme très mince, ou bien dépourvue de tout enduit.

» Ces arêtes de poussières sont généralement déposées dans le même sens que les cokifications.

» Il est digne de remarque que les cokifications se rencontrent en petit nombre aux endroits où existent des traces d’un passage très : violent du courant explosif.

» Les effets mécaniques considérables et les cokifications semblent s’exclure réciproquement.

» Les cokifications sont en outre, rares ou nulles dans les voies principales servant au transport, bouveaux et costresses, tandis qu'elles sont abondantes près des tailles et dans les voies qui y aboutissent directement. A ;

» Elles sont fréquentes aussi dans les voies en cul-de-sac, telles que les parties non remblayées des voies « stoupées ». Les cokifications font, dans ces divers cas, presque toujours face, soit à la taille, soit à la stoupure.

» Quant aux arêtes de poussières, elles sont un peu moins rares que les cokifications dans les voies principales (1). »

Voici quelques faits du même genre observés à l'étranger :

» M. W. Galloway, dans son mémoire n°3, présenté en 1881 à la Société royale de Londres (traduction de MM. Guchez et Laporte, Annales des Travaux publics, t. XL), relate une constatation analogue faite par lui, à la houillère de Penygraig, à la suite de l'explosion du 10 décembre 1880, explosion qui a fait 101 victimes.

» Il existait, dit-il, des dépôts ou croûtes de poussières cokifiées, à » chaque front d’abattage de la mine, c’est-à-dire là où la poussière » de charbon était relativement exempte d'impuretés, et capable » d’adhérer aux bois ou autres objets contre lesquels elle avait été » projetée à l’état fluide ou semi-fluide. D’un autre côté, ces dépôts » étaient très rares ou faisaient même généralement défaut dans les » voies de roulage principales où la flamme doit nécessairement avoir » passé en se transportant d’un quartier à l’autre, c’est-à-dire là où » la poussière de charbon était abondamment mélangée de pous- » sières de schiste el autres impuretés, et par suite incapable de » s’agréger sous l’action de la chaleur ».

(1) Extraits du chapitre V du procès-verbal,

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» Comme l'indiquent les passages en italiques, M. Galloway attribuait les différences observées à l’état de pureté plus ou moins grand des poussières aux divers points de la mine,

» Ce qui, parmi les constatations que nous avons faites, tend à corroborer cette manière de voir, c’est la présence d’arêtes de poussière non cokifiées sur les boisages des voies principales, tandis qu'il ne s’y trouve pas de cokifications.

» Toutefois, la nature des poussières ne nous paraît pas être seule en cause, la vitesse du courant doit aussi, croyons-nous, être considérée. ;

» En effet, les cokifications abondantes ne se rencontrent pas seulement dans les tailles ou près de celles-ci, mais aussi dans les voies « en cul-de-sac » et dans tous les endroits où, par suite d’un rebroussement ou d'une augmentation de largeur des galeries, la vitesse du courant s’est ralentie.

» M. Galloway écrit aussi, en rendant compte dans l’Zron de l'accident de Llan : « C’est une règle que les croûtes de coke sont » les plus minces dans les parties de voies en ligne droite, et sont les » plus épaisses dans les coudes et au fond des voies. »

» Une flamme trop rapide ne permet pas aux croûtes de coke de se former et de se déposer sur les boisages.

» M. C. Hilt, dans une conférence faite le 4 février 1885 à la Société des Ingénieurs allemands (traduite et résumée par M. De Vaux, Revue Universelle, t. XVIII), fait, à propos des expériences de la Commission Prussienne du grisou, une observation analogue :

« Nous constatâmes, dit-il, que les croûtes de coke n'existent que » dans le cas où l’air de la galerie est pur ou ne contient au moins que » fort peu de grisou ; dès que la proportion de celui-ci augmente, la » formation du coke diminue ou cesse même coraplètement. Ce fait » s'explique, sans doute, par la raison que, dans ces derniers cas, la » production de flamme est trop instantanée et disparaît trop rapide- » ‘ment pour donner le temps à la chaleur développée de transformer » le charbon en coke. Le contraire a lieu dans le cas où la flamme est » produite par la combustion des poussières elles-mêmes, parce > qu'alors cette flamme dure relativement plus longtemps et se pro- » page lentement de place en place. »

» Un autre fait général vient à l’appui de l'opinion que la présence ou l’absence des croûtes de coke est une question de vitesse de courant: c’est l'exclusion réciproque, qui nous a frappés dans nos constatations, et que nous avons fait ressortir dans notre chapitre V, des croûtes de coke et des effets mécaniques violents.

*.» Cette absence des croûtes de coke, aux endroits fortement bouleversés, était d'autant plus remarquable que le passage de la flamme s'était révélé à l'évidence par d’autres indices; c’est ainsi que les cadavres du bouveau de Catelinotte étaient fortement brûlés; ceux de l’accrochage également; la flamme qui a passé à l’accrochage a d’ailleurs été vue par des témoins (1). . |

‘» Au point de vue des effets mécaniques, il résulte aussi d’un grand nombre de constatations que l'effort de projection part fréquemment des voies principales vers le centre du chantier; c'est ainsi que la plupart des portes arrachées au pied des plans inclinés ont été projetées en montant et que les débris en sont retrouvés à une certaine hauteur dans le plan incliné (2). »

C. ORIENTATION GÉNÉRALE DES CROUTES DE COKE ET DES ARÊTES DE POUSSIÈRES. — « Dans la grande majorité des cas, les cokifications ou les arêtes de poussières sont orientées en sens contraire des prineipaux effets mécaniques. C’est ainsi que ces dépôts se trouvent, à quelques exceptions près, sur les parois des boisages ou des pierres opposées à celles qui ont reçu le choc principal produit par l'explosion et vers lesquelles ont été projetés les débrits de portes, chariots, etc.

» Ïl ne s'ensuit pas que les poussières qui se sont transformées en coke se soient collées derrière les boisages, par suite de tourhillonsdu côté opposé à la marche du courant gazeux qui régnait au moment du dépôt.

» La projection est directe, nous en avons donné des preuves irréfutables au chapitre IIT; ce point est donc hors de discussion. (Nous allons d’ailleurs y revenir un peu plus loin.)

» Si ces cokifications tournent généralement le dos au courant violent qui a brisé les portes, projeté les chariots, etc., c'est qu'il faut distinguer entre le courant principal, le premier courant explosif, et le courant en retour. ,

» C’est le premier courant qui produit les effets mécaniques violents et soulève les poussières; c’est le dernier, souvent moins rapide, qui tapisse les boisages des cokitications provenant de l’embrasement du tourbillon poussiéreux, ou qui, dans d'autres conditions, charge la génératrice de ces bois d’une couche épaisse de poussières.

(1) Extraits du Rapport spécial annexé au Procès-verbal. (2) Extraits du chapitre V du Procès-verbal,

arr

» Nous avons donné des preuves de la formation des croûtes de coke par projection directe. Pour les arêtes de poussières, nous avons celles déposées sur les boisages du troussage de Catelinotte et qui font face au courant. Or, ce courant est, en ce point où l'explosion avait cessé, le seul qui se soit produit, le troussage ayant simplement servi d'évacuatoire aux gaz engendrés par l'explosion.

» Il y a donc eu projection directe.

» Voulant toutefois vérifier le fait d’une façon certaine et donner une signification indiscutable à ce témoin important des explosions de grisou, nous nous sommes rendus dans une mine poussiéreuse ou l’aérage n'avait pas été renversé par une explosion récente et avait, par conséquent, gardé depuis longtemps son allure normale.

» C’est au puits n° 2 du charbonnage de l'Agrappe, dans la couche Epuisoire, que nous avons fait nos observations.

» Un examen attentif des boisages placés dans les voies de retour d’air nous a fait reconnaître l’arête de poussière bien caractérisée et bien reconnaissable, {oujours sur la face des bois tournée vers le courant d'air.

» La présence de ce dépôt exigeait la double condition; un courant rapide et un air fortement chargé de poussières.

» On remarquera que cette double condition est amplement réalisée pour les courants provoqués par une explosion de grisou.

» Cette constatation, faite dans un chantier resté dans des conditions normales, enlève tous les doutes quant au mode de formation et à l'orientation par rapport au courant « projecteur » de l’arête de poussières (1).

Ces points ont beaucoup d'importance pour l'étude d’un accident. Aussi y avons-nous insisté dans notre rapport spécial où nous disions :

« Parlons en premier lieu des croûtes de coke.

» Tout d’abord il est bien entendu qu'il ne peut plus être question de l’idée émise par quelques Ingénieurs que les croûtes de coke se formeraient par des remous derrière les boisages, en sens inverse du courant cokifiant.

» Quand la neige tombe obliquement, poussée par le vent, elle adhère sur les côtés des arbres ou des objets faisant face au vent et nullement derrière ces objets.

(1) Extraits du chapitre V du Procès-verbal,

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