QUE
» Des constatations précises infirment d’ailleurs cette opinion : Nous en avons rapporté deux dans notre Procès-verbal. »
L'une est celle faite dans la voie n°5 de Toute-Bonne, premier recoupage; nous avons dit de quelle façon particulière les croûtes de coke recouvraient certaines pierres et nous avons donné la signification de ce fait.
L'autre, auquel il a déjà été fait allusion mais qui n’a pas été repris dans notre résumé, est celle faite dans un changeage de la vallée Levant de la couche Toute-Bonne.
Dans ce changeage (partie un peu élargie de la voie) a été trouvé
/ un chariot renversé.
Or, sur la paroi de la galerie, on con- Coke stata que la partie de la paroi protégée
Coke. £0ke par le chariot était dépourvue de croûtes
même portait des cokifications sur sa paroi opposée à celle de la galerie, comme l'indique le croquis ci-contre.
Voici encore un autre fait constaté à La Boule :
« En haut du cayat n° 1 de Toute-Bonne, une /rontané baile recroisait un montant vis-à-vis, à quelques centimètres; la face entière du montant opposée à la baïle était tapissée de coke, tandis que sur la baile il restait un intervalle dépourvu de cokification, juste à l'endroit protégé par le montant.
» Si le courant cokifiant au lieu d’être celui représenté par la flèche 1, était celui représenté par la flèche 2, la baïle aurait été tapissée tout du long, puisqu’un intervalle suffisant existait entre elle et le montant.
» Un fait semblable et tout aussi concluant avait déjà éte observé et signalé à propos du coup de grisou survenu le 19 novembre 1881 au puits n° 1 du charbonnage du Grand-Buisson.
» Nous extrayons du procès-verbal de M. EL des mines Orman le passage suivant relatant le fait : « RL » ce bois n’était recouvert de croûtes de petit coke que sur la face Est » tournée du côté des fronts ; l'épaisseur des dites croûtes diminuait » à partir de ses extrémités, en haut et en bas, jusque vers les deux » tiers de sa hauteur, où il était dépourvu de tout dépôt. Il avait, en » ce point, été abrité par un bloc de pierre du muriau qui était à cette
EF de coke, tandis qu’au dessus, les pierres ÿ en étaient tapissées. Et le chariot lui-
HiG US:
» hauteur et à 0m40 plus au levant, en saillie de 0m"20 sur la voie » costresse. Ce bloc de pierre portait lui-même sur sa face regardant » les fronts de tailles, les poussières de coke qui étaient arrivées de ce » côté et dont il avait protégé une partie de la surface du dit bois » comme l’eut fait un écran. La paroi Ouest de ce bloc et celle Est de » ce bois situées vis-à-vis, et à Om40 de distance l’une del’autreétaient » restées tout-à-fait nues. Ces incrustations se seraient donc pro- » duites par projection directe de poussières enflammées et non par » effet de remous derrière les saillies en sens inverse de l'arrière du » courant embrasé. »
La projection directe est d’ailleurs aujourd'hui généralement incontestée. Mais des doutes ayant été exprimés sur ce point, nous avions voulu le mettre en dehors de toute discussion.
Nous n’y reviendrons plus.
« Mais, ajoutions-nous, ce qu'il est imnortant de connaître, c'est dans quel sens, par rapport à l’explosion initiale, marche le courant cokifiant : en d’autres termes, les croûtes de coke font-elles face à l'explosion initiale ou lui tournent-elles le dos ?
> Nous avons dit que dans la grande majorité des cas, elles tournent le dos au point de départ de l'explosion.
» Si l’on lit attentivement, avec le plan sous les yeux, le chapitre III du dit procès-verbal, on trouve, dans celui-ci même, des preuves multiples de cette orientation. Ces preuves résultent de ce qu’en beaucoup de cas, les croûtes de coke sont orientées en sens contraire des projections de portes et de chariots, des renyersements de boisages, de stoupures, etc.; elles résident aussi dans le fait de l'impossibilité de se rendre compte de la marche de l'explosion, si l’on admettait une orientation inverse pour les cokifications.
» Cependant, ces preuves peuvent, malgré leur fréquence, laisser quelques doutes dans l’esprit, car elles ne démontrent le fait que nous avançons, qu'avec le concours d’autres circonstances, et elles nécessitent, par elles-mêmes, des hypothèses à la rigueur contestables; ce sont des preuves indirectes.
» Mais, parmi nos constatations, il en est qui démontrent directement le principe dont il s’agit.
» Telles sont les cokifications trouvées à l’étage de 404 mètres.
» A cet étage, la voie d'arrivée du courant explosif est tout-à-fait hors de conteste; c’est bien la « trinque » de Plate-Veine. Or, les cokifications relevées dans quelques voies font toutes face au côté opposé à cette trinque; le courant cokifiant est donc bien évidémment inverse