‹ Courrières et La BouleChapitre 21 sur 30 · RE · texte numérisé non relu

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du courant initial qui a amené les flammes; c’est le courant de retour.

» Nous avons, dans le procès-verbal, désigné spécialement à ce propos la costresse couchant de Petite Plate-Veine à 404 mètres; c’est qu'en effet, c’est surtout dans cette voie que le sens de l’arrivée des flammes est indéniable; elles n’ont pu venir par la taille, à la tête de laquelle se trouvait un ouvrier qui n’a pas été atteint, et n’a péri, par asphyxie, qu'en effectuant sa retraite. Au pied de cette même taille, il y avait deux ouvriers qui n’ont reçu aucune brûlure. Il en a été tout autrement à l'entrée dela costresse, où se trouvait un rameneur-terres.

» Et à 495 mètres, les cokifications trouvées sur le fond des culsde-sac, les expliquera-t-on en plaçant le point de départ de l'explosion au fond de ces culs-de-sac ? Il faudrait alors des points de départ multiples en des endroits où il n’y avait aucun ouvrier ni aucune cause d’inflammation. C’est l'inverse qui est vrai: la flamme a pénétré dans. ces culs-de-sac, a rebroussé au fond et, au retour, a déposé sur les boisages les croûtes de coke si nombreuses qu'on y observe.

» Si maintenant, nous examinons ce qui s’est passé dans d’autres accidents moins complexes, nous obtenons de nouvelles preuves convaincantes de cette orientation.

» Au puits n° { du Charbonnage de l’'Æscouffiaux, le coup de feu survenu le 4 janvier 1887, a laissé sur les boisages des traces nombreuses, très instructives sous ce rapport.

» Pour ne prendre que ce qui est hors de discussion, nous ne considérerons que la partie de la costresse comprise entre le bouveau et le plan incliné. Dans cette voie les cokifications sont nombreuses et tournent le dos au front de faille, c'est-à-dire que les faces des boisages couvertes de croûtes de coke sont tournées du côté opposé au front de taille. Or, il est bien reconnu que le coup est parti de la taille et non du bouveau; les cokifications ont donc été sans aucun doute lancées sur les boisages par le courant de retour. |

» Quant aux cokifications du plan incliné et de la partie de costresse comprise entre le pied de cette voie et l’effondrement de remblais, sans vouloir entrer dans la discussion de cet accident, ce qui nous entraînerait trop loin, disons seulement que ces traces laissées par la flamme s'expliquent aisément de la même façon que les autres.

» Nous pourrions en dire autant de l'accident du Charbonnage du Grand-Buisson dont nous avons déjà parlé, et où le parcours le plus rationnel de la flamme paraît être celui qui serait marqué par des flêches dirigées vers les concavités des croûtes de coke.

» L'accident survenu le 10 janvier 1880 au Charbonnage du Midi

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de Dour a donné lieu à des constatations semblables; d’après M. l'Ingenieur Marcette, les croûtes de coke ont été déposées « dans le sens » du courant d'air, c'est-à-dire en sens inverse de la propagation de » la flamme ».

» Nous venons de citer le Grand Buisson, l’Escouffiaux et le Midi de Dour; prenons un exemple tiré d’un autre bassin, l’accident survenu le 23 avril 1881 au Charbonnâge de Beaulieusart (Fontainel'Évêque). Dans cet accident, un coup de mine tiré à la coupure, a provoqué une explosion qui s’est étendue en arrière, dans la coxtresse.

» Lors de la discussion qui a eu lieu en 1881 au sein du Comité d'accidents, M. Timmerhans, a développé à ce sujet diverses considérations dont nous extrayons les deux alinéas suivants :

« Quant aux poussières de charbon, il n’est pas douteux, d’après » les nombreuses traces de leur combustion qu'elles ont laissées sur » les boisages, qu'elles ont joué un rôle considérable, et nous croyons » trouver la confirmation de l'opinion qu’elles ont seules déterminé » l’extension de l'explosion, dans un phénomène sur lequel il est peut- » être utile d'appeler l'attention. Nous voulons parler de la disposi- » tion contraire des croûtes de coke observées sur les boisages, de » part et d'autre de l’évitement situé un peu en arrière (une ving- » taine de mètres) de la coupure : Entre ces deux points, la plupart » de ces dépôts tapissaient les bois du côté de la coupure; au-delà de » l'évitement, où ils disparaissaient presque complètement et n’affec- » taient aucune orientation dominante, ilsse montraient au contraire, » uniformément tournés du côté opposé.

» Ces effets différents, si nettement caractérisés, doivent évidem- » ment provenir de causes différentes ; à la coupure, le poussier s’est » embrasé en même temps que l'air était refoulé; au-delà de l'évite- » ment, cet embrasement n’a eu lieu qu'après le refoulement de l’air, » entre le choc direct et le choc de retour. Il va de soi, en effet, que » la position des dépôts de coke a été essentiellement déterminée par » le sens du mouvement de l’air qui a projeté les poussières embra- » sées sur les boisages. »

» On remarquera que les cokifications les plus rapprochées du point d’origine sont tournées vers ce point à l'inverse des cokifications plus éloignées qui sont orientées en sens inverse. Nous reviendrons plus tard sur cette particularité, qui s’est révélée à La Boule d’une façon remarquable.

» Dans la province de Liége, nous trouvons, parmi les explosions récentes, celle survenue le 8 décembre 1881 au puits Marie de la

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houillère Cockerill. Dans ce coup de feu, il n’y avait aucun doute sur le point de départ de l'explosion qui, partie du bouveau de retour d'air, est descendue dans quelques exploitations, notamment dans celles de Déliée-Veine.

» Des croûtes de coke ont été observées dans les voies de cette couche; or,lisons-nous dans le procès-verbal dressé par M. l'Ingénieur des mines Dejardin (actuellement Directeur général des mines), ces croûtes de coke faisaient face au courant d’air normal, c’est-à-dire qu'elles étaient orientées en sens inverse de l'explosion directe.

» Les constatations faites à l'étranger sont parfaitement concordantes avec celles qui viennent d’être exposées.

» En Angleterre, M. Galloway, que nous avons déjà cité et qui a étudié de près plusieurs grands accidents, sürvenus dans ces dernières années, énonce cette même loi d'orientation à diverses reprises.

» Il la signale en premier lieu à propos de l’accident survenu en 1875 au charbonnage de Llan près Cardiff.

» À l’occasion du coup de feu, survenu en 1876 à la mine Fowler à Pontypridd, il fait des constatations du même genre sur lesquelles nous reviendrons plus tard.

» À Penygraig, dont la catastrophe de 1881 se rapproche, par son étendue, de celle de La Boule, la même direction des croûtes de coke s’est révélée avec constance, et M. Galloway dit dans son mémoire n°3:

« Il importe de noter qu’en général, les flèches s’éloignent du massif » vierge et ont, par conséquent, une direction opposée; à celle dans » laquelle le coup s’est nécessairement propagé en passant ou en péné- » trant dans chaque chantier, sauf celui d'où l'explosion est partie.

» Les poussières doivent donc s'être déposées lors du mouvement » rétrograde de l'air. Cette conclusion concorde avec l'observation » que j'avais précédemment faite à la houillère de Llan, en présence » du même phénomène. Si de pareils dépôts avaient pu être observés » en chaque point des travaux et si les courants qui les produisent » n'étaient pas exposés à des tourbillons et à des remous résultant » de circonstances locales, il est évident que les flèches montrant le » sens des projections se dirigeraient toutes vers l'endroit où l’explo- » sion a pris naissance (1). »

(1) Si nous avions écrit ce rapport quelques mois plus tard, nous aurions pu nous documenter davantage dans le ïivre de MM. W.-N. et J.-B. ATKINSON (ÆExplosions in coal mines) qui paraissait à cette époque ; mais nous n’en avons eu connaissance que peu après. VEMAVe

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» Nous croyons qu'après tous ces faits il ne peut plus y avoir de doutes sérieux sur l'orientation générale des croûtes de coke par rapport au courant explosif initial; et, en attendant que cette loi soit vérifiée par des expériences spéciales, on peut la considérer comme acquise. »

Il y a moins à dire sur les arêtes de poussières ; ce caractèretémoin des explosions n'ayant pas, à notre connaissance, été observé avant nous (1), nous ne pouvions, à l’époque de la catastrophe de La Boule, nous appuyer que sur nos constatations personnelles.

Ces constatations sont résumées plus haut. Elles sont précisées par le plan. |

Nous disions dans notre rapport :

« L'observation que nous avons faite au charbonnage de l’Agrappe démontre la formation de l’arête de poussières, par projection directe, et la présence au puits de La Boule de ces dépôts caractéristiques en sens inverse du courant explosif dans les voies où la direction de ce courant est la plus manifeste, telles que les costresses de Toute-Bonne et de Plate-Veine Couchant, le plan incliné de Catelinotte, le deuxième et le troisième recoupage de Plate-Veine Levant et une ou deux voies de l'étage de 404 mètres, démontre, sans qu'aucun doute soit possible, que ces arêtes sont formées par le courant en retour. »

D. ORIENTATION SPÉCIALE DES CROUTES DE COKE AU POINT DE DÉPART DE L'EXPLOSION. — « On a pu remarquer, dans les extraits que nous avons donnés relatifs aux accidents de Beaulieusart et de Penygraig, que si, dans son parcours à travers la mine, le courant principal est opposé au sens dans lequel les cokifications ont été lancées, il n’en est pas de même au point de départ de l’explosion.

» Dans les deux cas que nous venons de citer, les croûtes de coke, voisines du point d’inflammation faisaient nettement face à ce point ; puis, à quelque distance, sans doute quand le courant avait acquis une certaine vitesse, les cokifications se retournaient dans l’autre sens pour ne plus se trouver que sur les faces opposées des boisages et des saillies.

(1) Nous avons pris connaissance, dans la suite, du Procès-verbal dressé par nos collègues MM. Guchez et Faly au sujet du coup de feu survenu le ler avril 1880 au charbonnage du Bois-de-la-Haye à Anderlues. Il y est signalé l’existence, sur quelques boisages, de dépôts poussiéreux qui ne doivent pas être autre chose que nos « arêtes de poussières ». Ces dépôts étaient orientés dans le même sens que les croûtes de coke. NAN

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» Cette orientation particulière au point de départ paraît être fréquente. | |

» On la retrouve dans l'accident du Grand Buisson et même, quoique très peu marquée, dans celui de l'Escouffiaux.

» Un cas remarquable également et ressemblant beaucoup à celui de Beaulieusart, est celui déjà cité de Pontypridd, où l’inflammation a été produite à la tête d’un montage par une mine plongeante qui a débourré ou fait canon (blowing out shot). Nous reproduisons sommairement ci-dessous, le dessin que donne M. Galloway de ce

Front du montage mine tirée

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Fic. 16.

point de la mine. Il suffit d'y jeter les yeux pour reconnaître combien y a été nettement caractérisé le phénomène que nous signalons.

» Au puits de La Boule, le même fait a été plus accentué encore. Comme nous l’avons exposé dans le procès-verbal, il y a autour de la mine tirée à front de la voie n°5 de Toute-Bonne, un rayonnement de cokifications tournées toutes vers la mine même.

» Dans ce voisinage, contrairement à ce qui s’observait presque partout ailleurs dans les travaux, les effets mécaniques, peu violents d’ailleurs, se révélaient dans le même sens que les cokifications.

» On ne peut méconnaître, en présence de ce qui précède, que ce caractère soit un indice précieux pour aider à retrouver, dans un coup de grisou étendu et compliqué, l’origine de l'explosion.

» Quelle est la cause de cette différence dans l'orientation des croûtes de coke ?

De même que pour la localisation des cokifications, nous croyons qu'il faut y voir une question de vitesse.

» Et d’abord, disons que dans plusieurs des cas que nous avons cités, l'explosion a été attribuée plutôt aux poussières qu’au grisou.

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M. Galloway exprime cette opinion pour Penygraig et Pontypridd. Nous avons vu que M. Timmerhans attribue aussi un rôle considérable aux poussières dans l’accident de Beaulieusart.

» Il n’est pas certain que le phénomène se présenterait de la même façon dans le cas d’un coup de grisou véritable.

» A l’Escouffiaux, où le grisou paraît avoir joué le principal rôle, tout au moins en haut de la taille, le phénomène est très peu caractérisé. :

» À Beaulieusart même, où, d’après le procès-verbal rédigé par M. l'Ingénieur Faly, le point de départ de l'accident doit être attribué au grisou, les poussières ayant seulement contribué à l’étendre considérablement, on a remarqué que les croûtes de coke tournées vers le point d'origine étaient très peu accentuées et incomparablement plus minces que celles tournées en sens inverse, rencontrées surtout entre l’évitement et le bouveau.

» M. Hilt, résumant, en juillet 1885, les résultats acquis par les expériences de la Commission prussienne du grisou, s'exprime comme suit (voir Revue Universelle, t. XVII) :

» Il est particulièrement intéressant de faire remarquer, qu'en » présence de 3 % de grisou dans l’air ambiant, la formation des » croûtes de coke sur les parois des galeries et sur le sol est beau- » coup moins abondante que lorsqu'il y a absence de tout grisou : la » constatation de fortes croûtes de coke permettrait done de conclure

à une explosion produite par les poussières charbonneuses exelu-

sivement (1). »

Æ. MoiNDRE VIOLENCE DES EXPLOSIONS DE POUSSIÈRES À L'ORIGINE. — « Il est reconnu par un nombre suffisant d'expériences que les inflam: mations de poussières ne sont pas violentes au point d'origine, elles ne le deviennent parfois que lorsque l'explosion a déjà pris un grand développement; la vitesse du courant explosif, toujours accélérée si ce courant est renourri par de nouveaux éléments, finit par devenir très considérable et par produire des effets mécaniques très violents.

» Les inflammations de grisou sont aussi parfois peu violentes à leur. point d’origine ; elles sont toujours incomparablement plus rapides que celles où la poussière est l'élément explosif principal (2).

(1) A rapprocher de ce fait, celui observé à Frameries dans les essais 23 à 25 et que nous avons signalé plus haut.

(2) Voir aussi les constatations faites à Frameries,

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> Au début donc, l’inflammation étant relativement lente, surtout: si les poussières jouent un rôle prédominant, celles-ci ont le temps de se transformer en coke et sont, dans cet état semi-fluide, projetées sur les boisages auxquelselles adhèrent ; mais la vitesse augmentant au fur et à mesure qu'on s'éloigne du point initial, ce n’est plus qu’au retour que les poussières peuvent se cokifier de la même façon; c’est pourquoi on ne les retrouve plus que sur les faces inverses des boisages.

» Au puits de La Boule, en particulier, la lenteur de l'explosion au début se révèle par d’autres indices, entre autres par la présence de cokifications sur les pierres mêmes jetées par la mine, ce qui indique un embrasement qui s’est tout au moins prolongé après l'explosion de la mine.

» La position des victimes Bouchez et Lecocq, au pied de la voie, semble venir confirmer cette lenteur dans l’embrasement. Ces ouvriers sont retrouvés, non dans le recoupage où ils auraient été complètement à l'abri des pierres pouvant êtres projetées de la mine, mais dans la partie inférieure de la voie montante.

» Il semble que, pour un motif ou un autre, ils s'étaient déjà mis en marche, soit pour constater l'effet de leur mine, soit pour aller voir ce qui se passait à front, où ils avaient sans doute entendu un bruit insolite, quand ils ont été atteints par le courant embrasé.

» Des ouvriers nous ont, il est vrai, déclaré que, lorsque la voie atteint une certaine longueur, ils se garent dans la voie même. Mais: le plus grand nombre nous ont dit, au contraire, qu'ils se garaient toujours au pied de la voie et en dehors de celle-ci, à moins qu'il n'y eût, sur le parcours, un tournant où une excavation pouvant servir de garage. C’est ce qui paraît se faire presque toujours et il est probable qu'il en a été de même pour Lecocq et Bouchez; si ces coupeursvoies avaient voulu éviter le parcours jusqu’au premier recoupage, ils se seraient arrêtés plus haut et non justement au pied de la voie, là où ils n'avaient plus que quelques pas à faire pour se mettre tout-àfait en sûreté contre les projections éventuelles de pierres.

» Les constatations faites sur le cadavre de l’ouvrier Lecocq conduisent à la même conclusion ; ce corps portait, en efïet, des plaques carbonisées par devant et par derrière; il aura reçu les premières carbonisations au moment où il faisait l’ascension de la voie ; il se sera couché ensuite ou sera tombé sur le ventre, et dans cette position, l’embrasement se continuant, il aura été recouvert d’autres carbonisations (1).

(1) Extraits du rapport spécial.

Lan V. — Point de départ et parcours de l'explosion.

1° PoINT DE DÉPART. — « (1) Et d’abord, les constatations faites à l’accrochage même de 495 mètres indiquent un coup initial parti du Midi. À

» On a constaté, il est vrai, des deux côtés Nord et Sud du puits une poussée énergique faite vers le puits même, mais il y a des différences indiquant qu'il n’y a pas eu de simultanéité dans les deux poussées, et que celle du Midi est sensiblement antérieure à celle venant du Nord. |

» L'accrochage du Midi a été retrouvé éboulé, et ses boisages, poussés dans le puits, ont formé sur la ca'rure des taquets, au-dessus de la potelle, une sorte de « hourd » ou de palier sur lequel des terres et des débris divers étaient accumulés.

» C'est sur ce hourd que ce sont entassés les chariots de l’accrochage Nord lancés par une poussée venant du Nord; c’est sur ce hourd encore qu'on a retrouvé un blessé projeté du Nord et le cadavre du taqueur.

» La formation de ce hourd est donc antérieure à la poussée venue du Nord.

» De plus, le taqueur du Midi a été retrouvé au fond du puits, déjà enseveli sous une couche de débris.

» La succession chronologique des faits serait donc la suivante.

» Le taqueur du Midi a été tout d’abord lancé dans le puits, puis se sont produits l’'éboulement de l’accrochage du Midi et l’accumulation des boisages au-dessus du puits; la poussée venant du Nord s’est faite postérieurement.

» Si l’on se reporte maintenant à la partie supérieure de la tranche exploitée par l'étage de 495 mètres, on trouve au troussage de Plate-Veine, dans la communication avec le touret en dur montant des couches inférieures, des traces évidentes d’un coup venu du dessous.

» Certaines parties du hourd en fer placé à la tête de ce touret, au niveau du dit troussage, ont en effet été soulevées et projetées vers Plate-Veine.

» Ces constatations circonscrivent donc la recherche du point de départ de l'explosion aux couches du Midi : Toute-Bonne et Sorcière.

» Relativement à la dernière de ces couches, nos constatations,

(1) Exträits du chapitre V du Procès-verbal,

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éoncordantes avec toutes les dispositions recueillies dès le début de l'accident et dans le cours de l'enquête, prouvent qu'on n'y faisait aucunement usage d’explosifs.

» Il ne resterait, comme cause ayant pu provoquer, dans cette couche, une inflammation du grisou qui y existait réellement dans certaines voies, que l’état défectueux des lampes de sûreté ou quelque imprudence commise.

» Or, toutes les lampes de ce chantier ont été retrouvées et visitées par nous; deux ou trois d'entre elles présentaient, à la vérité, quelques défauts pouvant nuire à leur degré de sûreté, mais, outre que ces défauts ne pouvaient rendre ces lampes dangereuses que dans des circonstances toutes spéciales, la position où elles ont été retrouvées fait exclure toute idée qu’elles auraient été le point de départ de l'explosion.

> Rien d’ailleurs, dans l’état des lieux après l'accident, ne fait découvrir aucun point de départ d’inflammation en un endroit où auraient pu se trouver des ouvriers, et les faits relevés dans les voies donnant accès à cette couche indiquent, tant du côté du troussage que du côté de l'entrée d’air, une poussée d’explosion venant du dehors.

» La couche Sorcière écartée, il reste la couche Toute-Bonne.

» Dans cette dernière couche, on faisait largement usage d’explosifs et les motifs d'inflammation d’un mélange détonant n’y manquaient pas.

» Si l’on examine avec soin le plan, on observe qu'en un point de la mine, et c’est le seul qui présente cette particularité d’une façon aussi complète, les cokifications rayonnent en tous sens autour de ce point, de façon à tourner toutes leur face de ce côté.

» Ce point est le banc de voie de la voie montante n° 5 du premier recoupage Levant de la couche Toute-Bonne à 495 mètres.

» En cet endroit a été tirée une forte mine et la position du boutefeu Agapite Comiant, retrouvé au pied de la voie ayant à côté de lui son épinglette, sa lampe Davy et sa mallette à poudre, donne lieu de conclure que l'explosion de la mine a coïncidé avec la catastrophe.

» Les terres jetées étaient elles-mêmes recouvertes d'incrustationg de coke, ce qui indique une combustion de poussières qui s’est tout au moins prolongée après que la mine a eu fait son eftet.

» Les cokifications de la voie sont tournées vers le haut; celles de la taille sont tournées vers le bas, le centre de ce rayonnement ou de cette convergence est précisément l'endroit du banc de voie où la mine était creusée.

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» D'autre part, on retrouve, plus bas dans la voie, des indices de poussée vers le bas et au pied de la voie même, dans le premier recoupage, la toile placée au Levant de la voie projetée vers le Levant, tandis que la porte au Couchant de cette même voie semble avoir été projetée vers le Couchant.

» Les cokifications faisant face au haut de la voie, il s’agit ici d’un des cas spéciaux que nous avons signalés où le sens dans lequel les poussières de charbon enflammées ont été lancées sur les objets, coïneide avec le courant initial qui a occasionné des projections.

» Dans l'opinion de la plupart de ceux qui ont vu les lieux et qui ont constaté la position respective du porion houte-feu Comiant et de la mine tirée à front de la voie n° 5, c'est cette mine même qui forme le point de départ de la catastrophe.

« L’inspection minutieuse de ce chantier, telle que nous l’avons faite et telle que nous l’avons rapportée, confirme pleinement cette opinion. L'état des lieux est même assez caractéristique pour que l’on puisse se passer des indices que nous avons relevés à l’accrochage et au touret de retour d'air et au moyen desquels nous sommes arrivés à la couche Toute-Bonne.

» Nous avons dit que les mines tirées dans cette couche étaient de grosses mines de 1"20 à 1"40 de longueur contenant une très forte charge de dynamite et de poudre comprimée employées simultanément. Une telle mine, même sans faire canon, est susceptible de lancer au dehors beaucoup de flammes et est éminemment propre à mettre le feu à un mélange explosible.

» Cette taille n° 5 était, comme nous l'avons dit ventilée principalement par la voie montante ; à l'Est, c’est-à-dire au parel de cette voie, il restait 2 mètres environ de ferme ventilés seulement par une ruellette inaccessible dite « passe-cat ».

» Nous avons dit précédemment que la mine avait été tirée suivant l’inclinaison des bancs, non loin du sol de la voie.

» Nous rappelons que la couche Toute-Bonne est poussiéreuse à un degré assez fort et que les voies y sont fort sèches.

» Les cokifications nombreuses rayonnant autour de la mine et tournées vers celle-ci indiquent que les poussières ont joué un rôle important dans l’inflammation qui a été le point de départ de la catastrophe.

» 2° PARCOURS DE L'ExPLosion. — Dans le plan (fig. 7) que nous avons joint à notre procès-verbal et sur lequel sont consignées les

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