‹ Cours abrégé d'histoireChapitre 159 sur 209 · Quels furent les r('saUats d«3 croisades · texte numérisé non relu

Quels furent les r('saUats d«3 croisades

seillo, Barcelone, et favorisèrent l'industrie des grandes villes de Flandre et d'Allemagne. Beaucoup do procédés, d'inventions dans les arts et de produits nouveaux vinrent do la même source. Les sciences naturelles, la médecine, la géographie, l'histoire et lu, poésie profitèrent beaucoup du contact avec les savants arabes et du mouvement intellectuel excité partant d'aventures et de voyages.

22. Nul doute encore que la chevalerie n'ait reçu des croisades son plus grand développement et son merveilleux éclat. Cette institution tirait son origine de l'éducation militaire des Germains, du caractère intrépide et rêveur de la nation, etde son respect pour les femmes. Le christianisme puriûa les sentiments, ennoblit les idées du guerrier barbare et lui fit aimer le dévouement et le sacrifice. Rester fidèle à Dieu, à sa parole et à son honneur; défendre l'Église contre ie» infidèles, protéger les femmes, les orphelins, les voyageurs; tels étaient les serments du jeune noble, lorsque, après avoir été page, puis écuyer, il était admi:> dans Tordre de chevalerie. Ce fut une milice de héros, nans subordination et sans discipline, qui, malgté les faiblesses ou les désordres de ses membres, a enseigné au monde moderne le culte de l'honneur et une délicatesse de sentiments inconnue à l'antiquité païenne.

23. Progrès de l'architecture et des lettres. — Au mouvement religieux des âmes correspond un magnifique mouvement dans les arts. Le style gothique ou ogival, ainsi nommé à cause de l'arc triangulaire qui en est l'essence, détrôna l'architecture romane caractérisée par le plein-cintre, et produisit sosœuvre.s les plus parfaites à partir du treizième siècle. iNommer les cathédrales de Chartres, d'Amiens, de Ecims de Strasbourg, de Bourges, de Cologne, de Westminster et de Burgos, n'est-ce pas rappeler autant do merveilles de cet art chrétien qui n'a rien à envier aux temps de la Grèce et de Rome ? Les villes de«i bords du Rhin, comme les villes italiennes ( PiscA

23. Qu'était-ce que la chevalerie ? — 23. Où en étaient l'arohiicctme et les lettres au moyen-âge ?

l'aschitecturî: et les leitres. 14Î

Sienne, Florence ) en furent épribos. Tout concourait à la magnificence des édifices autant qu'à la splendeur du culte. La peinture coloriait leurs vitraux, prodiguait l'or et l'azur sur leurs voûtes. La sculpture les décorait d'ornements et de dentelles, de bas-reliefs et de statues innombrables. Une poésie naïve et sublime éclatait dans ces proses ( JJauihi Sion, Stabat Mater, Dies irœ ) et ces hymmes dont la musique composait les airs va^-iés et populaires. L'orgue ravissait les fidèles pressés dans les nefs immenses, oii tout parlait à leur âme et à leurs sens, pour leur inspirer la piété.

24. La poésie ne se montrait pas indigne des autres ai'ts. Il s'était formé en France deux dialectes, l'un ira 'nord, l'autre au midi de la Loire, désignés par le mot dont on se servait pour dire Oui : la langue cUOll et la langue cVOc. Les troubadours illustrèrent le dialecte p»rovençal et cultivèrent plus particulièrement le genre lyrique, élégiaque^ et passionné. Les trouvères de la lançj-ue d'oil se livrèrent à d'interminables récits ou chansons de Gestes, essais d'épojxîcs informc-s sans doute, mais où éclatent ça et là les sentiments sublimes et les inspirations d'une naïve éloquence. Ils (•élébraient les exploits du paladin Eoland et ceux do Oharlemngne, dont ils faisaient un chevalier^ accompli, !e roi Arthur et ses compagnons, les chevaliers de la Table Eonde, etc. Leurs contes o\i fabliaux, trop souvent licencieux, trahissaient déjà cet esprit naïvement railleur et satirique ])articulier aux Français. Mais la véritable poésie de l'époque était dans les légendes des saints et des martyrs, comme aussi dans les chants sacrés. Quant à l'histoire, elle naquit, pour ainsi dii*e, des croisades, avec les prosateurs Yillehardouin et Join ville, le dernier surtout, qui est un modèle do naïveté gauloise et qu'on lit encore avec plaisir.

Page 1