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Où en était la poésie uu moyen-âge ? ^X

SECTION m.

1. Sous la minorité do Philippe 1er, aiusi qu'il a été dit, Guillaume, duc do Kormandic, fit la conquête do l'Angleterre. L'union de la Normandie à l'Angleterre rendit cette nation assez puissante pour lutter contre la France. La rivalité entre les deux peuples éclata sous le règne même de Guillaume. Une fade plaisanterie du roi de France, Philippe 1er, irrita contre lui le Conquérant, qui envahit ses Etats et vint assiéger la ville de Mantes, qu'il inctndia. Le reste du règne de Philippe se consuma dans les dérèglements et les embarras qui en furent la suite. II s'associa, vers l'an 1100, son fils Louis VI, dit le Gros.

2. Ce jeune prince déploya une grande activité, châtia les rebelles, protégea les opprimés et rendit quelque éclat au pouvoir royal.

Sous son règne eut lieu le mouvement des communes. Quelques villes avaient conservé le droit qu'elles tenaient des Eomains de pouvoir se choisir librement des magistrats et de se gouverner elles-mêmes, sans être soumises à aucun seigneur ou suzerain ; plusieurs autres demandèrent la même faveur. Louis-le-Gro.s ayant favorisé de tout son pouvoir ces tendances, un grand nombre de villes secouèrent le joug du régime léodal, et, constituées en communes, elles sesoumircnt directement à l'autorité royale.

0. Henri 1er, roi d'Angleterre, voyant que Louisle-Gros affermissait ainsi son pouvoir en s'appuyant sur les communes contre les seigneurs, lui déclara la guerre; il sut même mettre l'empereur d'Allemagne, Henri Y, dans ses intérêts contre la France; mais,

1. Quelle fut la conséquence, pour la France, do la conquête de l'Angleterre par le duc de Normandie '.' Quoi fut le successeur de Philippe 1er? — 2. Cotnraent l'affranchissomcnt des Communes s'opérat-il ? — 3. Pourquoi Louis VI fut-il .itt.^nuo p.nr le rui d^\ngleterro * et l'emporenr d'Allemngnc 'i

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malgré ce puissant auxiliaire, les armées françaises furent presque toujours victorieuses.

4. Etant près de mouj'ir, Louis-Ie-Gros donna à son fiis Louis YII, dit le jeune, les conseils suivants : '' Mon

'fils, vous allez me succéder; régnez plus saintement et plus justement que moi ; observez la religion de vos pères, protégez TEglise, les pauvres, les orphelins ; la royauté est une charge que Dieu vous confie, et dont il vous demandera compte à votre mort. " Louis YII succéda à son père, en 1137. Son mariage avec Eléonore d'Aquitaine ajouta au domaine royal les provinces du Poitou, du Limousin, le duché de Gascogne et le comté de Bordeaux et d'Agen ; ce qui n'empêcha pas Thibaut, comte de Champagne, de lui déclarer la guerre. Le roi le battit sur tous les points : mais, irrité contre les habitants de Yitry, cjui avaient longtemps refusé de se rendre, il réduisit la ville en cendres sans même épargner l'église, où s'étaient réfugiées plus de treize cents personnes..

5. Le roi, en proie aux remords, crut expier son crime en prenant la croix (114T). On. a vu le triste dénoûment de cette expédition mal conduite. Toutefois la plus grande faute de Louis fut de répudier, à son retour, la reine Eléonore, dont il avait eu à se plaindre pendant son séjour en Asie. Le sage Suger, abbé de Saint-Denis, s'y opposa tant qu'il vécut ; mais, après sa mort, le roi, n'écoutxint que son ressentiment, et sans aucun souci de la politique qui lui défendait de rompre une union si utile à la grandeur de la France, se hâta de faire casser son mariage, sous prétexte de parenté. Ce divorce eut des suites funestes pour la France. Eléonore épousa Henri, duc de Xormandie, qui, étant devenu roi d'Angleterre, se trouva en même temps maître dune partie de la France. Dès lors la rivalité entre les deux nations so

4. Quels ccnseila Louis-Ie-Gros dimna-t-il à son fils avant de mourir ? Quelle princesse Louis-le-jeune ôpousa-t-il ? Quelle guerre eutil à soutenir? Fut-il heureux dans la croisade qu'il entreprit ? — 5. Quelle faut© fit Louis VII au retour de la croisade ? Quelio était la dot d'Éléonore ? Qui épouja-t-elle après son divorce ?

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ranima, et la lutte n'eut presque plus d'interruption.

6. Louis VII et Suger avaient rendu au pouvoir royal une partie de son lustre. Philippe II, dit Auguste (1180), lils de Louis VII et d'Alix' de Champagne, affermit bien autrement la monarchie des Capétiens, en commençant cette série de victoires qu'elle devait remporter sur la féodalité. Le jeune roi fit la conquête du Vermandois; puis, les armes à la main, il força les Anglais de quitter le territoire français qu'ils envahissaient.

Philippe, voulant replacer sur le trône de Jérusalem, Lusignan, que Saladin avait renversé, établit, pour subvenir aux frais de la guerre, une imposition qui fut appelée la dime saladine ; il s'unit ensuite à Hichard ier, Cœur-de-Lion, roi d'Angleterre, et à Frédéric Barberousse, empereur d'Allemagne, pour une nouvelle croisade (1190). Xous avons vu, page 141 que Frédéric mourut en Asie, et que peu après, la mésintelligence s'étant mise entre les deux autres souverains, Philippe repassa en France et eut la déloyauté de s'entendre avec Jean-sans-Terre, frère de Piichard, pour enlever rà celui-ci la couronne d'Angleterre pendant son absence. A son retour, Richard se vengea par des victoires, et probablement il aurait poursuivi le cours de ses succès, s'il n'eût péri avant l'âge (1199).

Jean-sans-Terre, étant monté sur le trône d'Angleterre, appela l'empereur Othon à son secours contre la France, qui soutenait Arthur, fils de Eichard ; mais malgré cette coalition, Philippe gagna la bataille de Bouvines.

7. Louis VIII, fils et successeur de Philippe-Auguste (1223), surnommé le Lion, à cause de sou grand courage, eut de grands avantages sur IIcTiri lU, roi d'Angleterre, et lui enleva le Limousin, le Périgord, le pays d'Aunis, etc. Mais il abandonna le cours de ses conquêtes pour faire la guerre aux Albigeois, hé-

6. Quel fat le successeur de Louis VII ?Qael? sont les fait^ les plus remarquables du règne de Pbilippe-Angnste ?— 7. Que sait-on dô Louis VIII ?

rétiques de la province d'Alby. Il mourut à ^lontpcntîier, en Auvergne, au retour de son exj édition.

8. Blanche de Castille, sœur de saint Ferdinand d'Espagne, avait donné à Louis Yl II onze enfants, dont l'alué fut Louis IX ou saint Louis. Ce prince n'aj'ant que onze ans, la reine mère se trouva chargée de la régence, et sa fermeté déconcerta les espérances que les seigneurs avaient fondées sur la faiblesse d'une femme et d'un enfant. Blanche eut le talent de rompre par la force ou la persuasion, une ligue redoutable formée entre Thibaut, comte de Champagne, Pierre Mauclerc, duc de Bretagne, liajmond Vil, comte de Toulouse et le roi d'Angleteri-e.

9. Lorsque Louis eut atteint l'âge de vingt et un ans, Blanche lui remit l'autorité dont elle avait fait un si noble usage, et le jeune prince se montra digne de l'éducation qu'il avait reçue. Il soumit le comte de La Marche, qui s'était révolté contre lui, et remporta sur les Anglais les fameuses batailles de Saintes et de Taillebourg, où il tit un butin immense, ayant enlevé tout le bagage de l'armée ennemie et même les bijoux de Henri III, qui commandait en personne.

10. L'invasion des Mongols et le vœu qu'avait fait Louis dans une grave maladie, le déterminèrent à prendre la croix. Ii s'embarqua pour cet effet à Aigues- Mortes (1248), laissant la régence à la reine Blanche. Fait prisonnier par suite de la bataflle de la Massoure, il rendit Damiette pour sa rançon, et paya celle des prisonniers français. Ce bon prince mourut de la peste devant Tunis qu'il assiégeait, en se rendant en Palestine pour une seconde expédition. On doit à saint Louifs ungj-and nombre de fondations, entre autres celle des Quinze-Vingts, en fiveur des trois cents soldats à qui les infidèles avaient fait crever les yeux.

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