‹ Cours abrégé d'histoireChapitre 24 sur 209 · ROYAUME D'ISRAËL · texte numérisé non relu

ROYAUME D'ISRAËL

1. Jéroboam, maître de dix tribus, craignit que le cœur de son peuple ne se rapprochât de la maison de David et ne rentrât sous l'obéissance de Uoboam. s'il continuait d'aller à Jérusalem pour offrir des sacrifices dans le temple du Seigneur. Il fit donc faire deux veaux dor: l'un fat placé à Bétliel, ville située au midi de son royaume; l'autre à Dan, ville située au nord. On défendit au peuple d'adorer d'autres dieux, et Jéroboam lui dit : '•' Voici les dieux qui nous ont tirés de l'Egypte." Puis, après avoir établi à Bétbeldesfèt;3S solennelles, à Timitation de celles qui étaient observées à Jérusalem pour le culte du vrai Dieu, il monta lui-mêm.e à l'autel, et éleva au sacerdoce non-seulement des hommes qui n'étaient jwint enfants de Lévi, n^ais des derniers du peuple.

2. Les successeurs de Jéroboam imitèrent son exemple, et entretinrent le peuple dans l'idolâtrie. Ils finirent leur vie, presque tous, par une mort violente.

3. Nadab, fils et successeur de Jéroboanî, fut tué par Baaza, général de l'armée, lequel régna en sa place, et extermina tous les descendants de Jéroboam (954 avant J.-C).

4. Ela, fils et successeur de Baaza, fut assassiné au milieu d'un festin par Zambri. général de ses troupes (928 avant J.-C). ' '

5. Zambri usurpa la couronne et fut assiégé dans Therza, sa capitale, par Amri, qui pressa le siège avec une telle vigueur, qu'au bout de sept jours, "l'usurpateur, pour ne pas tomber entre les mains de l'ennemi, fit mettre le feu à son palais et s'y briîla avec toute sa famille (928 avant J.-C).

1. Quels moyen? prit Jéroboam pour empêcher .'e peuple d'aller à

Jérusalem ? — 2. Comment Jéroboam fut-il puni pour son impiété ?

Quelle fut la conduite de sep successeurs ?—o. Quelle fut la fin de Xadab?— 4. d'EIa?— 5. De Zambri?

ROYAUME d'iSRAEL. ^ 77

6. Amri fit alors, pendant quatre ans, une guerre acharnée à Thebni, qui aspirait au trône. The bu i étant mort, Amri régna seul, bâtit la ville de Saraarie, dont il fit sa capitale, et fit une misérable mort après un malheureux règne de dix ans (918 avant J.- C).

7. AcHAB, fils et successeur d'Amri, qui monta sur le trône d'Israël trois ans seulement avant que le pieux Josaphat succédât à son père, troisième roi de Juda, surpassa tous ses prédécesseurs en impiété. Jézabel, son épouse, fille d'Itbobal, roi des Sidoniens, le seconda dans tous ses desseins. Le culte de Baal fut en honneur; on lui bâtit un temple "à Samarie, et les adorateurs du vrai Dieu furent persécutés.

8. Elie, prophète du Seigneur, édifiait alors le royaume par ses vertus, et Tétonnait par ses miracles; il se yn'éseiita une première fois devant le roi Achab, et lui annonça, au nom du Seigneur Dieu d'Israël, qu'en punition de ses péchés, il ne tomberait ni rosée ni pluie pendant trois années. Durant ce temps, Êlio ayant été obligé de fuir dans le désert, Dieulenouri-it miraculeusement par le moyen d'un corbeau qui lui apportait à manger sur les bords du torrent de Cari t h, vis-à-vis 4^ Jourdain ; puis, sur l'ordre du Seigneur, cosaintprophèteserenditàSarepta, ville des Sidoniens. A la porte de la ville, il rencontra une femme veuve, et lui demanda un peu d'eau ; comme elle allait lui en chercher, il la pria de lui apporter aussi du pain : mais elle lui répondit qu'elle n'avait qu'un peu de larine et un reste d'huile, qu'elle était venue chercher du bois pour faire cuire ce reste de farine pour elle ei pour son fils : " Xous le mangerons, ajouta-'t-elle, et puis nous mourrons. — Allez, lui dit le prophète, faites ce pain, et apportez-m'en une partie; en récompense de ce bon oftîce, ni votre farine ni votre huile nediniinueront tant que la famine durera. " Ce qui arriva en

6. Quelle v lie Amri bjUit-il? — 7. Qu'était-ce qn' Achab? — Qu e.-tce qui l'enoourîifçeait dans ses mauvais desseins? — 8-10. Quel jirophéie illustre le .Seigneur suscta-t-il sous le r'gne d' Aclial» ? --Kajpi/ftei le^ [jriijcipale^ cinrunslances de la vie dU^lio.

eftet; et, de plus, le fils unique do cette veuve étant venu à mourir, Klie le ressuscita en se couchant sar le cadavre de l'enfant.

1). Pendant cette cruelle famine le roi Achab faisait chercher ])artout Llie, et Jézabel, dans sa fureur, mettait à mort tous les prophètes du Seigneur qu'elle pouvait trouver. Le zèle qui dévorait le saint prophète pour la gloire de Dieu, l'ayant ramené dans le royaume, il se présenta de nouveau au roi, qui lui dit. en le voyant: ''Jusqu'à quand troublerez-vous le royaume d'Israël ? — Ce n'est pas moi, lui dit le prophète, qui trouble le royaume, mais c'est vous et la maison de votre père, qui avez causé les malheurs publics, puisque vous avez abandonné le culte du Seigneur. " Et voulant convaincre tout Israël de l'impiété du culte de Baal, il dit, en présence du peuple assemblé sur le moni Carmel, aux prêtres de l'idole : "■ Prenez une victime, placez-la sur un autel ; j'en ferai autant démon côté, et chacun de nous invoquera son Dieu. Celui qui exaucera les vœux de ses adorateurs, en fa^r^ant descendre le feu du ciel, sera reconnu pour le seul véritable Dieu. " Baal fut sourd aux prières de ses x:)rophètes. Élie se raillant d'eux, leur disait: ''Criez, criez, plus haut; peut-être que votre Dieu dort ou qu'il est à table. " Mais tout fut inutile. Alors le saint homme se mit en prière, et dit: '-Seigneur, Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, faites voir aujour-l'hui que vous êtes le Dieu d'Israël, que je suis votre serviteur, et que c'est par votre ordre que j'ai fait toutes ces choses. " Et ausî^itôt le feu du ciel dévora son sacrifice. A ce prodige, le peuple reconnut l'imposture des prophètes de Baal : quatre cent cinquante d'entre eux furent mis à mort au bord du torrent de Cison, et le prophète de Dieu promit la cessation de la famine, assurant au roi que la pluie tomberait avant qu'il fut rentré dans son

9. Quelle réponse Elie fit-ii à Achab qui l'accusait de troubltr /« royaume? Que dit Elie au jieujjle, voulant le cuiivaiiicre dv i'iaiMit^ du culto de Baal ?

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palais, qnoitjucn ce moment le ciel fût serein ; et il en fut ainsi.

10. Achab et Jézabel, peu touchés de ces prodiges, continuèrent de marcher dans la voie de l'impiété. Jézabel surtout, apprenant que ses prophètes avaient été tués, entra en foreur, et jura la perte d'Êlie, qui se retira dans le désert, où il erra pendant quarante Jours et quarante nuits, et parvint au mont Ilorel», toujours nourri par les soins du Seigneur. Il reçut ensuite de Dieu l'ordre de revenir vers Achab. qui avait comblé la mesure de ses iniquités par un crime odieux.

11. Un homme de Jezraël, nommé Xaboth. avait une vigne près du palais d' Achab : la vigne de Xaboth plut a Achab ; il la demanda ; mais ne pouvant l'obtenir, le chagrin s'empara de son âme. Jézabel, habile dans le crime, trouva dans la perversité de son cœur un moyen de contenter Achab. Deux témoins furent subornés, et Xaboth, accusé d'avoir mal jKirlé du roi, fut aussitôt lapidé. Ce crime ne resta ))as impuni. ''Vous avez répandu le sang du juste, ilit Élieà Achab ; bientôt les chietis lécheront le vôtre et dévoreront Jézabel. "

L'attachement de Xaboth pour l'héritage de ses ]>èresestune figure de l'amour que nous devons avoir }>our la foi qui nous a été transmise par Jésus-Christ et ses Apôtres, et qui nous est prèchée par l'Église.

12. Cependant Achab, étant en guerre contre les S\Tiens, fit consulter quatre cents prophètes de Baal, qui lui promirent tous la victoire ; mais Michée. prophète du Seigneur, consulté par Josaphat, allié d'Achab, annonça que le roi d'Israël serait tué ; ce qui arriva en effet. Comme on le rapportait tout ensanglanté, on remarqua que les chiens léchaient son sang, ainsi qu'J^lie l'avait prédit (897).

10. Que fit Jézabel, en apprenant la mort de ses prophètes? — 11. ♦Quelle tut la cjnduite d'Achab et de .Jézalel touchant Xaboth ? Quelle ]»rédiction Elle tit-il k Achab? — 12. Quelles sont les circonstances parjculières qui a<*compagnèrtnt la mort d'Achab?

C'est ainsi «juaprès avoir patienté pendant un temps, Dieu finit par frapper ceux qui, durant leur vie, se sont moqués de sa sainte loi.

13. OcHosiAS, qui succéda à Achab, son père, imita sa conduite; ce prince étant tombé d'une fenêtre de son palais, consulta Béelsébub, le dieu d'Accaron, pour connaître les suites de cet accident. Èlie lui fit demander s'il n'y avait pas un Dieu en Israël que l'on pût consulter sans recourir aux idoles. Ochosias irrité envo^'a un de ses officiers à la tête de cinquante soldats pour arrêter l'homme de Dieu. Cet officier, lui ayant parlé avec arrogance, fut dévoré par le feu du ciel avec toute sa troupe; un second éprouva le même châtiment, aussi bien que ses soldats; mais le troisième se présenta en saluant humblement le prophète, et le pria de venir trouver le roi. Élie accéda à ses désirs, et ne craignit pas d'annoncer au roi que sa chute était mortelle. Bientôt après, ce saint prophète fut enlevé au ciel en présence d'Elisée, celui de ses disciples que le Très-Haut avait désigné pour être prophète en s'i place. Aussi Elie, à la demande de son disciple, a\ait fait descendre sur lui l'esprit du Seigneur (896).

14. Ochosias étant mort, le sceptre passa aux mains de son frère Joram, neuvième roi d'Israël, qu'il ne faut pas confondre avec Joram, cinquième roi de J uda.

Sous ce prince, le saint prophète É'isée devint célèbre par ses vertus et se; miracles. Au moment où Élie était monté au ciel, il avait laissé tomber son manteau ; Elisée s'en étant saisi, puis étant venu sur le bord du Jourdain, il en frappa les eaux, qui se partagèrent, et il traversa le fieuve, comme il l'avait fuit en accompagnant Elie; il corrigea l'amertume

13. Quel est l'accident qui arriva à Ochosias, vers le coniineuceineut de son règne? Que fit le troisième officier qui fut envoyé à Élie? Que

devint ensuite Élie? Sur qui son esprit prophétique descendit-il? 14

Quelfut le successeur d'Ochosias? Quel prophèu était célèbre sous son règne? Rapportez les principales circonstances de la vie d'Elisée Qu'arriya-t-il à quarante-deux enfants qui osèrent s* moquer du prophète Elisée? Qu'arriva-t-il aune femme de Sunara, fort riche, pour •voir bien reçu le prophète? '

ROTA OIE D'ISRAËL. Sl

des eaux de lu fontaine de Jéricho, et jjromit à Josaphat, allié de Joram. une victoire complète sur les Moabites.

Comme Eli>ée retournait à Eéthel, à l'entrée de la ville, de jeunes garçons osèrent se moquer de lui, parce qu'il était chauve ; mais le Seigneur prit soin de venger cet outrage fait à la vieillesse, et des ours sortis d'une forêt voisine dévorèrent quarante-deux de ces enfimts. Peu après Elisée sccoiu-ut la veuve d'an prophète mort pauvre. X'ayant pour toute richesse qu'un peu d'huile, elle était menacée de perdre SCS enfants, que son créancier voulait enlever pour en faire des esclaves. '-Empruntez des vases, lui dit le prophète, et remplissez-les de votre huile; elle coulera tant qu'il y en aura de vides ; vous en vendrez pour payer vos dettes et vous garderez le reste pour vivre, "

Une femme fort riche de la ville de Sunam. pleine de respect et d'alïection pour Elisée en qui elle reconnaissait un homme de Dieu, avait coutume de le recevoir dans sa maison : elle fut bientôt récompensée de sa généreuse Iiospitalité par la naissance dun tils ardemment désiré ; et, quelijue temps après, cet enfant tendrement aimé étant mort, le saint pi-ophèto le ressuscita par ses prières. — Avant Elle et Elise l'Ecriture sainte ne nous offre aucun exemple de morts rappelés à la vie.

15, Xaaman, général syrien, était atteint de la lè])rc ; iiistruit des miracles d'Elisée par une esclave juive, il alla le trouver, et fut parfaitement guéri apn>s s'être lavé sept fois par .son ordre dans le fleuve du Jourdain. C'est à cette occasion que Giézi, serviteur d'Elisée, fut frappé de la lèpre pour avoir reçu de Xr.aman les présents que son maître avait refiise>.

16. Le roi de Svi-ie. étant en guerre contre Isra^-I, <i attribuant le mauvais succès de ses armes aux avi> • [uEîisée donnait à Joram, envoya des soldats pour

lô. Quel fnt le personnage célèbre qui voulut ])rotiter du pouvoir miraculeux d'fciisée? Cummeut Xaamaii obtint-il sa gncri?on ? — 16. '..Mie fit le r<ji <lc Syrie, voyant oue c'était Élisce qui traversait tous te-; «lessein; ?

le prendre à J)jitli.'in. oh il était alors; mais Dieu les frappa d'aveuglement, et Elisée étant allé au-devant d'eux les conduisit sans être connu jusque dans Samarie, feignant de vouloir les remettre en leur chemin. Alors il pria le Seigneur de leur ouvrir les 3'eux, afin qu'ils visscjit à quels dangers ils se trouvaient exposés. Jorani voulait les' mettre à mort ; mais Elisée, au contraire, leur fit donner à boire et à manger, et les renvoya dans leur pays.

17. Quelque temps après, la guerre se i-alliinia entre les Syriens et les Israélites. Samarie fut assiégée et réduite à une telle extrémité que Ton vit des mères manger leurs enfants ; tout semblait désespéré, et Jo- ]'am, par une ingratitude que Ion a peine à concevoir, accusant Elisée d'abandonner le peu])le, quoiqu'il pût le délivrer, envoya un homme pour le tuer; mais bientôt, touché de repentir, il donna des ordres contraires ; alors Elisée annonça au roi que le lendemain les vivres abonderaient dans Samarie. Un officier soutint que cela était impossible. *•' Vous le veiTcz de vos yeux, dit le p^ ophète, mais vous n'en profiterez pas. "

18. La nuit suivante les Syriens crurent entendi-e des trouj)es venir au secours de Samarie, et, saisis d'épouvante, ils s'enfuirent dans leur paj's si précipitamment qu'ils laissèrent toutes leurs provisions dans leur camp ou le long des chemins. Quatre lépreux, s'en étant aperçus, en donnèrent avis à la ville, et le peuple se porta en foule au camp ennemi pour le piller. Le roi, voulant faire observer quelque ordre, commanda à rofiicier incrédule de se tenir à la porte de la ville ; c^est là qu'il fut écrasé par la foule. Ainsi se vérifia la parole d'Elisée.

19. .Toram marcha ensuite de concert avec son neveu Ochosias, sixième roi de Juda, pour enlever la ville «le Eamoth de Galaad au roi de Syrie. Joram étant blessé ne put continuer le siège en personne ; il en

17. Quelle fut la conduite île .Joram envers Elisée pendant le sièee de Samarie ? — 18. Comment la ville tut-t-lle délivrée ? — 1'.'. <^ire.at-ce que Jnrain entrej.rit ensuite* Quel l'ut le ^urî «le .T<'7.abel?

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laissa la direction à Jéhu, son général. C'eiui-ei. suivant les desseins de Dieu, qui avaient été révélés à Élie et à^ Elisée, fut sacré roi à Eamoth par un disciple d'Elisée, et, marchant sur la ville de Jesraël, où Joram s'était retiré, il le tua et fit jeter son cadavre dans la vigne de Xaboth ; tous les descendants d'Achab périrent aussi par son ordre. Comme il fïiisait Bon entrée dans Jesraël, la reine Jézabel, veuve d'Achab, croit pouvoir Taltendrir, et se met à la fenêtre du palais, parée de tous ses ornements ; mais Jéhu la fait précipiter en bas, et son corps brisé est bientôt foule aux pieds des chevaux. Jéhu, voulant ensuite lui faire donner la sépulture, ne trouva que les extrémités des pieds et des mains : les chiens avaient dévoré le reste, suivant la prédiction d'Elie.

20. Jéhu fit encore périr les sacrificateurs de Baal ; mais il ne persévéra pas dans le zèle quil avait témoigné pour le culte du vrai Dieu ; il en vint mî"^me jusqu'à fléchir le genou devant les veaux d'or, à Dau et à Béthel. Après un règne de vingt-huit ans, il hiissa le trône d'Israël à son fils Joachas, qui. à son exemple, pendant dix-sept ans qu'il régna, ne cessa d'allier le culte des veaux d'or à celui du vrai Dieu. Athalie et Joas régnaient dans Juda, tandis que Jéhu et Joachas gouvernaient Israël.

21. Les successeurs de Joachas firent presque tous méchants, et ne parvinrent au trône, pour la ])lupart. que par le meurtre et la trahison. Les peujdes imitaient les souverains, et ne respectaient aucune loi, malgré les avertissements des prophètes que le Seigneur leur envoyait ; car, outre les prophètes que nous avons nommés. Dieu en suscita encore un gr;;nd nombre au temps des rois de Juda et d'Israël, et particulièrement dans ce dernier royaume; mais presque tous furent persécutés, plusieurs môme mis à mort par les rois impies de cette époque.

20. Jéhu persévéra-t-il dans le zèle qu'il avait témoigna pour le culte du vrai Dieu? Quel fut son succe5:5-eur?^21. Que'le 'ut la conduite de? successeurs de Joachas?

22. JoAs, douxièmoroi d'Israël, monta sut le trône ])(>u avant la mort do Joas, huitième roi de Juda. Pendant les î<cizo années de son règne, il vainquit trois fois le roi de Syrie, et reprit les villes dont les Syriens s'étaient emparés; il défit et emmena prisonnier Amasias, neuvième roi de Juda.

23. Sous Jéroboam 11^ fils et successeur de Joas d'Israël, les rois do Syi'ie eurent à subir de nouvelles défaites ; le royaume d'Israël s'agrandit à leurs dé- ])ens, mais l'impiété du prince et des sujets attira sur eux les malheurs prédits i)ar les prophètes Jonas, Osée, Amos et Ahdias.

24. En 67C, à Jéroboam II. succéda son fils ZaciiauiE, dernier descendant de Jéliu, qui, six mois après, fut assassiné par Sellian, dont le règne dura un mois seulement ; car, Manahem, fils de Gadi, lui livra bataille et le tua dans Samarie, sa capitale^ et s'y fit proclamer roi.

25. Ce nouvel usurjjateur, pour affermir son pouvoir, auquel les Israélites se soumettaient difficilement, eut recours à Phul, roi des Assyriens, dont il acheta l'alliance mille talents dargent.

2(j. PhacéUiy son fils, dix-septième roi d'Israël, qui 1 11 succéda, en 75-1, et sacrifia comme lui aux idoles, I "ojcupa le trône que dix-huit mois; il fut tué par IMi-icée. un de ses généraux.

27. Phacée, se fit proclamer roi à Samarie, et régna jendant vingt-huit ans. Il imita l'idolâtrie de ses j»redécesseurs, et en fut puni par le Seigneur; il vit le commencement de la destruction du royaume d'Israël.

28. Enfin, sous le règne d'Osée, dix-neuvième et dernier roi d'Israël, qui avait assassiné son prédécesseur, Salmanazar, roi d'Assyrie, investit Samarie, et l'emporta d'assaut après trois ans de siège (718) ; le

22. Quels sont les principaux laits «lu règne de Joas? — 2.'>. Quelle fut la cunduite de .Jéroboaiu II? — 24. Quelle fut la lin du roi Zacharie ? — 2ô. Qiie fit l'usurpateur Manahcm. pour affermirson pouvoir ? — 2ti. Comment Phnc«''ia tinit-il ? — 27. Quelle fut la conduite de Phacée ? — 28. Sous ijuel r«»i et de «quelle iiiaiii^re le royaume il'Israel fut-il détruit?

TOCIE. 85

roi fat Ciiargé de cliaînes et mené en captivité avec lélite de son peuple. Ainsi finit le royaume disraèl, qui avait duré deux cent quarante-quatre ans, de 9G2 ù 718 avant Jésus-Christ.

29. Les Babyloniens, que les vainqueurs avaient envoyés pour peupler le pays d'Israël, furent aûiigés par les ravages d'une foule d'animaux féroces, qui, parcourant les campagnes, dévoraient tout ce quils rencontraient. Attribuant ce fléau à la colère du Dieu des Israélites et à l'ignorance oii ils étaient de son culte, ces étrangers demandèrent un prêtre pour les instruire, et Salmanazar le leur envoya de Babylone. Ce prêtre, qui avait été choisi par les Israélites captifs, se fixa à Eéthel. Ainsi le culte de l'Eternel ne fut pas entièrement détruit dans l'ancien royaume des dix tribus ; mais il y fut mêlé avec les superstitions païennes. Ce peuple, qui adora le Dieu d'Israël et en même temj)s les idoles des Babyloniens, a toujours été désigné depuis sous le nom de Samaritains.

30. C'est à l'époque de la destruction du royaume dlsraël que vivait Tobie, dont l'histoire touchante nous montre, comme celle de Job, la pieuse résignation d'un juste affligé qui puise dans son malheur même l'espérance de la vie futui-o. Ce saint homme, de la tribu de Xephtali, ne participa jamais à l'idolâtrie, et, tandis que ses compatriotes offraient de l'encens aux idoles de Dan et de Béthel, il allait adorer le Seigneur dans son saint temple de Jérusalem. Amené à Xinive avec les autres captifs, il trouva grâce devant Salmanazar, quoiqu'il refusât de suivre tout usage contraire à la loi de Moïse, et il ne se servit de son crédit que pour faire du bien à ses frères: il soulageait les pauvres, prétait sans intérêt à ceux qui étaient dans le besoin, et avait un grand soin d'ensevelir les morts. Il continua de rendre les mêmes services à ses frères sous Sennachérib, fils et successeur de Salmanazar ; mais ce prince, qui haïs-

29. QueUe demande les Babyloniens envey^s pour peupler le pays d'Israël, firent-ils à Salmanazar? — 30. Racontez la vie de Tobie et celle de son fil?. Quels préceptesTobie donna-t-il à son fils?

ô6 mSTOIRE SAIXTE.

sait les Juifd, le disgracia et lui ôta tous ses biens. Les Israélites étaient impunément persécutés et mis à mort; il avait même été défendu de leur donner la sépulture. Tobie, crai<:(nant plus Dieu que le roi, n'en fut pa?^ moins attentif à soulager ses frères et à leur rendre pieusement les derniers devoirs. Le roi, qui en fut informé, donna ordre de le faire mourir; mais Tobie se cacha avec sa femme et son tils, et échappa ainsi à la fureur du roi^ qui périt peu de temps après assassiné par ses fils.

Tobie, rentré dans sa maison et a3'ant recouvré son bien, voulut célébrer un jour de fête solennelle ; il fit préparer un grand festin, et envoya son fils inviter quelques hommes de leur tribu, demeurés fidèles au Seigneur, à venir prendre part au repas. Le jeune homme, à son retour, dit à son père qu'un Israélite était étemlu mort sur le chemin. Tobie sortit aussitôt pour enlever secrètement le corps, qu'il garda dans ha maison jusqu'à la nuit ; il lui donna alors la sépulture, malgré les réprimandes de ses amis, qui craignaient pour lui 1.'. persécution qui durait encore.

II arriva qu'un jour Tobie, s'étant extrêmement fatigué à remplir ce pieux devoir, s'endormit au pied d'une muraille; pendant son sommeil, il lui tomba d'un nid d'hirondelle, de la fiente chaude sur les yeux, et il devint aveugle. La pauvreté vint aussi affliger cet homme Juste, qui supporta ses maux sans murmurer ; et, comme ses amis, ses parents et même sa femme le raillaient en disant: ''Où est votre espérance, pour laquelle vous faisiez tant d'aumônes et ensevelissiez les morts ? " Il leur répondait : " JVoxis sommes les enfants des saints, et nous attendons cette rie meilleure que Dieu donne à ceucc qui lui sont fidèles. "

Tobie, croyant que sa fin était proche, appela «on fils, à qui dès l'enfance il avait inspiré la crainte de Dieu et Téloignement du péché, etJit: *' Mon fils, écoutez mes paroles, et gravez-les dans le fond <le votre cœur: quand Dieu aura reçu mon âme, douiie/, la sépulture à mon corps. — Honorez votre mère tous» les jours de votre vie, car vous ne devez jamais oubliei-

TOBIE. 8t

tout ce qu'elle a souffert lorsqu'elle vous portait dans» son sein. Quand elle aura elle-même atteint le terme de ses joui*s, ensevelissez-la près de moi. — Que tous les jours de votre vie Dieu soit dans votre pensée, et gardez-vous du péché. — Faites l'aumône suivant votre pouvoir: si vous avez beaucoup, donnez beaucoup ; .si vous avez peu, donnez peu, mais de bon cœur, ^q détournez jamais votre regard d'aucun pauvre, pour que le Seigneur ne détourne pas son visage de vous. Ji'aumône est un trésor devant Dieu ; elle préserve du péché et de la mort éternelle. — Xe souffrez pas que l'orgueil entre jamais dans votre cœur, ni qu'il paraisse en vos paroles ; car l'orgueil a été la source de tous les maux. — Ne retenez jamais le salaire de l'ouvrier. — ^Xe faites jamais à un autre ce que vous ne voudriez pas qu'un autre vous fit. — Mangez votre j)ain avec les pauvres, et couvrez de vos vêtements ceux qui sont nus. — Demandez toujours conseil à un homme sage, et fuyez la société des méchants. — Priez le Seigneur de vous diriger dans toutes vos voies, et rapportez-lui toutes vos actions. "

Le jeune Tobie fut ensuite envoyé par son père ver;^ (labelus, Israélite qui demeurait à Eagès, en Médie, jjour lui redemander ime somme de cent talents ( $1 1000), dont il avait une reconnaissance écrite. Dieu envoya un ange pour accompagner le jeune Tobie dans ce voyage ; le céleste guide conduisit avec grand soin, et sans se faire connaître, le fils de Tobie,"à qui il fit épouser Sara, fille de Eaguel, son parent et tendre ami de son père. Eaguel demeurait à Ecbatane : le jeune Tobie y attendit l'ange, qui alla à Eagès, et rapporta l'argent prêté à Gabelus.

Lorsqu'ils furent de retour, !e jeune Tobie, ayant adoré Dieu et salué son père, lui rendit la vue en lui frottant les yeux avec le fiel d'un énorme poisson qui avait été sur le point de le dévorer, durant son voyage, un jour qu'il se lavait dans le Tigre, et qu'il avait tué par l'ordre de l'ange.

Le père et le fils, voulant récompenser les services que le pieux inconnu leur avait rendus, lui offrirent

la moitié de Jcui-b biens; ce fat alors que cet envojé du ciel leur dit: -Je .suis l'ange Eajjhail. Tun des sept qui se tiennent constamment devant le Seigneur. ' A ces paroles. Tobie et son fils furent troublés, et dans leur frayeur ils tomU-rent le visage contre terre. '^•Xe craignez rien, reprit l'ange, c'est moi qui otiVais a Dieu vos pi-ières lorsque veus ensevelissiez les morts ; le Seigneur m'a envoyé ])Our vous guérir; rendez-lui les actions de grâce <[ue vous lui devez, et pjubliez .ses bienfaits." À ces mots, il disparut et laissa Tobie et sa famille pi-osternés et adorant la bonté divine.

Le pieux vieillard, en célébrant les merveilles dont il avait été l'objet, prédit la gloire future de Jérusalem, mais, avant ces temps, la'destruction de XLnive. Aussi, lorsqu'il eut atteint sa cent deuxième année, il réunit, avant de mourir, ses enfants et .ses petitsenfants, leur renouvela .ses sages avis, et recommanda H .son fils de quitter Xinivc pour aller s'établir avec toute sa famille près de liaguel, son beau-père, lorsque sa mère aurait cessé de vivre.

Le fils de Tobie suivit- en tout les recommandations, de son père; il vit jusqu'à sa cinquième génération, et mourut à ïnge de quatre-vingt-dix-huit ans, laissant à ses de.sceïîdants l'exemple" de toutes les vertus.

1. PtOEOAM. Le royaume de Juda, quoiqu'il ne .«^e compo.sât que de deux tribus, a toujours été plus puissant que celui d'Israël, qui en co'niprenait dix; son teiTitoirc était le plus fertile et le plus peuplé: il avait conservé les traditions divines, et. de la tribu de Juda, devait sortir cehù en qui tovUs les 7h!fn,,>s Jr '.i terre seraient bénies.

1. yuel (tait le plus pui.^sant des deux royaumes de Juda et i'Ierael?

ROYAUME DE .TUDA. 89

2. Eoboam, fidèle à la loi du Seigneur pendant quelques années, imita ensuite l'idolâtrie de son père. Pour l'en punir. Dieu suseita Sésae, roi d'Egypte, et l'envoya eontre Jérusalem. Le temple et la ville furent pillés (971). Quant aux habitants, eommc ils s'étaient humiliés, le Seigneur détourna sa colère de dessus eux. et il ne les lit point périr, parce qu'il se trouva encore quelques bonnes œuvres dans Juda.

Poboam, âgé seulement de trente-deux ans, après en avoir régné dix-sept, laissa, par sa mort, le royaume de Juda à son hls Abia, qui ne régna que trois ans.

3. Abia. Ce roi, à la tète de quatre-vingt mille hommes, remporta, par le secours de Dieu, une grande victoire sur Jéroboam, qui en avait huit cent mille, (.'ette bataille affaiblit beaucoup le royaume d'Israël, et Juda reprit le dessus, parce qu'il avait inis sa contiance dans le Dieu de ses pères. Cependant le cœur <i'Abia ne fut point parfait devant le Seigneur; il marcha dans la voie criminelle de lîoboam.

4. AsA. Abia eut pour successeur son fils Asa, di^nt le règne fut très-long. Ce prince fit ce qui était Juste et agréable aux yeux de Dieu. Parvenu à la majorité, il brisa les idoles dont le culte avait été favorisé par Maacha, son aïeule, qui avait gouverné pour lui pendant son enfance. Les hommes débauchés furent chassés des Etats du roi Asa. qui portait ses sujets à observer la loi de Dieu, dont il avait j^artout rétabli le culte. C'est pourquoi le Seigneur lui donna la paix avec tous ses voisins pendant plusieurs années; et, lorsque le roi d'Ethiopie vint avec un million d'hommes pour envahir le royaume de Juda, il fut battu et mis en tuile par l'armée d'Asa, qui revint avec un très-riche butin. 31ais Asa ne persévéra pas

jusqu'à la fin dans sa confiance en Dieu. Il mourut

2. Roboam demeura-t-il toujours fidèle à Dieu ? Coiuu eut lut-il puni pour ses crimes: Combien de temps régna-t-H? Quel t'ut son euccesseur? — -i. Quelle victoire remporta Abia? Fut-il fidùle au Seigneur ? — 4. Quel fut le suocesseur d'Abia ? l'ar «|ui le pays fut-il attaqué peu de temps après l'avènement d'A«:a".'

•♦0 HlSTuiRE SAINTE.

à l'âge de quarante-six ans, après "im règne de plus de quarante (en 914.)

. 5. JosAPHAT. Josaphat, filsd'Asa, donna l'exemple de toutes les vertus, et marcha sur les traces de David. Loin de mettre sa confiance dans les idoles, il choisit des prêtres et des lévites, et, faisant avec eux la visite du royaume, depuis Bersabée jusqu'à Ephraïm, il s'appliqua sans relâche à faire fleurir la religion et la justice dans ses Etats. Dieu rendit son règne heureux et florissant, lui donna la victoire sur les Moabites et les Ammonites, et le combla de gloire et de richesses, de sorte que nul peuple n'osait prendre les armes contre Josaphat. Cependant, comme il fit alliance avec l'impie Achab, roi d'Israël, en faisant épouser à son fils Joram, Athalie, fille de ce roi, il en fut puni, et peixlit une flotte qu'il avait équipée de concert avec Achab pour aller commercer au loin, ('o prince, un des plus célèbres d'entre les rois de Jnda par sa piété éminente, après un règne de vini^tcinq ans, s'endormit avec ses pères.

G. JoRAM. Joran, fils du saint roi Josaphat, ne se fit remarquer que par ses impiétés et son alliance avec Athalie, digne fille de l'impie Achab et de Jézabel : il avait massacré ses six frères et les amis de son père, rétabli les idoles sur les hauts lieitx (1). Il fat vaincu par les Philistins et les Arabes, qui pillèrent Jérusalem.. Joram succomba à une horrible maladie.

7. OcHOsiAS. Ce roi, fils de Joram, l'imita dans son impiété. Après sa mort, ses enfants furent immolés par Athalie, sa mèie, qui s'empara de l'au-

(1) Dieu avait détendu qu'on lui ottrît des sacrifices ailleur.-* que dans le temple de Jérusalem; mais le peuple, depuis la division du royaume, transgressa souvent cette loi, en choisissant pour immoler des victimes au Seigneur, les montairnes auxquelles on donna le nom de hauts lieux. C'est là aus,si que le culte des idoles lut mêlé à celui du vrai Dieu.

5. Qui est-ce qui succéda' à Asa ? Parlez-nous du règne de Josaphat.—6. Quel fut le successeur de Josaphat? Par quoi Juram fil» de Josaphat, se tit-il remarquer?—:. Qui est-ce qui succéda à Joraui? Qui ertt-ce qui s'empara du pouv.-ir, après la ajoit de je priûû.» ? Quelle l'ut \jl ûi\ d'AtCalie ?

EOYAUME DE JUDA. 91

torité et régna pendant sept années (1) ; après ce temps, Joas, qui avait échappé au massacre j^ar les soins de Josabeth, sa tante, et du grand-prêtre Joïada, fut reconnu pour roi. Lorsqu'il recevait l'onction royale. Athalie accourat au temple pour le faire périr ; mais elle y trouva le châtiment de ses crimes, et su mort assura le trône au légitime héritier (878).

8. JoAS. Joas se conduisit sagement pendant la vie du grand-prêtre Joïada, son oncle et son bienfaiteur; mais ensuite il se laissa aller à l'orgueil et à l'impiété; il poussa l'ingratitude jusqu'à faire lapider Zacharie, fils de Joïada, qui lui rappelait son devoir tant à l'égard de Dieu qu'à l'égard du peuple. Zacharie s'écria en mourant : " Dieu le voit, et il me fera justice. " L'année suivante les Syriens pillèrent Jérusalem et outragèrent cruellement Joas, qui peu après, fut assassiné par ses otficiers et privé de Thonlicur de la sépulture des rois de Juda (839).

Jamais on ne vit l'ingratitude et l'oubli du devoir ]>oussés plus loin. Joïada expose mille fois sa vie pour le soustraire à la fureur de sa grand' mère; il l'élève avec une alïection et des attentions plus que paternelles ; il lui donne les plus sages leçons de piété et de zèle pour la gloire de Dieu ainsi que d'une excellente administration, et ce malheureux abuse de tout et porte la méchanceté jusqu'à faire massacrer Zacharie, le tendre ami de son enfance, le fils de son incoTnparable bienfaiteur, nonobstant la sublime dignité dont il était alors revêtu.

9. Amastas. Amasias, fils de Joas, fut comme lui, d'abord fidèle au Seigneur, et il remporta une grande victoire sur les Iduméens ; mais, s'étant livré à l'idolâtrie et ayant attaqué Joas, roi d'Israël, il vit son armée défaite, le temple et la ville pillés, et eut une fin aussi déplorable que celle de son père.

(1) C'est 1« geptiOme règnu dans l'histoire du royaume de Juda.

8. Parlez du règne de Joui.— y. Quelles guerres Amasiaâ eutrapril-il? Cuujuieût uiuurut-il?

10. C'est SOUS les rognes d'Amasias et de Jéroboam II, treizième roi d'Israël, que le prophète Jonas eut ordre d'aller prêchera Xinive; mais, au lieu d'obéir à la voix divine, il s'embarqua au port de Joppé pour la ville de Tharse. Une tempête furieuse ajant asnailli le vaisseau qui le j^ortait, les matelots jugèrent que quelque coupable attirait sur eux la colère du ciel ; en etlet, le sort désigna Jonas. Aussitôt il avoua sa désobéissance et consentit à être jeté dans la mer. Les matelots l'y précipitèreut, quoiqu'à regret, et aussitôt la tempête cessa. Un poisson d'une énorme grosseur, qui rcf^ut le prophète da.ns son sein, le rejeta sur le sable trois jours après.

11. Jonas, instruit par son malheur, ne se refusa plus à la mission dont il était chargé. Arrivé à ^inive, il annonça que dans quarante jours, cette ville serait détruite. Le roi, eftrayé, ordonna des prières et des jeûnes, et lui-même donna l'exemple d'une pénitence sincère. Le Seigneur en fut touché, et pardonna aux coupables. Cependant Jonas, retiré à l'écart, attendait l'acromplissement de sa prédiction, et ])araissait impatient de la voir s'accomplir. Dieu voulut lui faire sentir combien son désir était injuste. La chaleur du soleil l'incommodait beaucoup ; il lui procura de l'ombrage par le moyen d'une plante qui devint en une seule nuit un arbrisseau ; mais cet arbrisseau se sécha dès le lendemain. Jouas s'en plaignit amèrement; alors le Seigneur lui dit: '-La perte d'une plante qui ne vous a coûté aucun mai vous afflige ; comment donc aurai-je pu me résoudre à punir les habitants d'une ville où il se trouve plus de cent vingt mille personnes qui ne savent pas encore discerner le bien d'avec le mal ? "

12. OsîAS (810). Osias ou Azarias, fils d'Amasias, étant monté sur le trône, se conduisit d'abord d'une manière exemplaire. Aussi il remporta les plus glo-

10. Quel prophtte parut sou.? le r«^gne d'Amasias? — 11. Pourquoi le rirophète Jonas fut-il envoyé à ^inive ? Quel fut le r^^sultat de sa mission? — 12. Comment Osias fut-il puni pour avoir voulu usurper les fonctions sacerdotales? ^

ROTA OIE lŒ JUDA. 9^

rieuses victoires à la tète d'une armée de trois cent mille hommes. Il rebâtit les murs de Jérusalem, détruits sous son prédécesseur, fortifia cette ville, et répandit au loin la gloire de son nom, le Seigneur étant son secours et sa force ; mais il s'enfla d'orgueil, et voulut, usurpant le sacerdoce, offrir rcncens au Seigneur malgré les représentations des lévites. La main do Dieu le frappa, et il fat en un moment couvert d'une lèpre horrible, ce qui l'obligea à renoncer à la royauté. Son fils Joathan lui succéda.

13. JoATiiAN. — Le châtiment du père fut une leçon pour le fils ; il demeura fidèle à la loi du Seigneur, si ce n'est qu'il ne détruisit point, non plus quOsias sou ])ère, les hauts lieux où le peuple, à rexcmpledesnations idolâtres, continuait d'offrir des victimes et de l'encens. Il travailla constamment au bonheur de son peuple, et devint puissant, parce qu'il avait réglé ses voies sous les yeux du Dieu de ses pères.

14. AcHAZ (742). — Après un règne de seize ans, Joathan laissa le trône à son fils Achaz, qui n'hérita pas de ses vertus. Il tomba danstout-es sortes de dérèglements, suivit l'exemple des rois d'Israël, et poussa l'impiété jusqu'à consacrer ses enfants à Moloch, en les faisant passer par le feu. suivant une coutume superstitieuse des idolâtres. Alors Easin, roi de Syrie, et Phacée, roi d'Israël, entrèrent en Judée, et mirent le siège devant Jérusalem. Dans ce temps, le prophète Isaïe, fils d'Amon, frère du roi Amasias, vint trouver Achaz, qui n'écouta pas la parole de l'envoyé Je Dieu. C'est à cette occasion qu'Isaïe annonça la naissance miraculeuse du Messie, disant qu'7/ naU/wt 'fum vierge et donnerait une durée ctcrnelle au règne de la maison de David.

Le prophète Michée confirmait par ses jjaroles

• elles d'Isaïe ; mais de faux prophètes s'élevaient

• ontre eux, et séduisaient le peuple et le roi. Les malheurs dont Achaz fut fra])pè ne firent que l'irriter

l.'i. Quelle fut la conduite de Joathan?— Comment AcHht! fut-il jiuni de son impictc ? Que fit-il pour s'opposer :"' v in, iir-i-n- >\*' seg ennemis ?

aavanrage. et achevèrent «lenàurcir son cœur. Il se montra pins impie que tous les rois qui l'avaient précédé; aussi, à sa mort, en 728, fut-il enseveli dans Jérusalem et non dans le tombeau des rois.

15. EzÉcHiAS (T26), son fils et son successeur, fut, comme David, un prince selon le cœur de Dieu.

Ce fut durant le règne d'Ézéchias, treizième roi de Juda, que finit le royaume d'Israël, fondé par Jéroboam, deux cent quarante-quatre ans auparavant.

Pendant que les dix tribus gémissaient dans une dure captivité, le royaume de juda jouissait d'une paix profonde, sous le pieux Ézéchias. Xon-seulement les portes du temple de Jérusalem, fermées par son père, furent ouvertes dès le commencement de son rèo-ne! mais il convoqua tout le peuple d'Israël à une paque solennelle, brisa le^ idoles, ruina les hauts lieux, fit mettre en pièces le serpent d'airain de Moïse, qui était devenu un objet d'idolâtrie pour les enfants d'Israël, et reprit sur les Philistins les places fortes qu'ils avaient envahies sous les règnes précédents.

16. Pour soulager son peuple, Ézéchias refusa le tribut que le roi d'Assyrie avait imposé à son prédécesseur. Sennachérib, irrité de ce refus, vint sur la terre d'Israël, et exigea une telle somme d'argent qu'Ezéchiasfut oblige de dépouiller le temple du Seigneur de ses principaux ornements pour les livi-er au roi d'Ass}Tie ("12;. Dieu voulut éprouver le saint roi Ezéchias, car pendant cette guerre, il tomba dangereusement malade. Se sentant penéti-é de fraveur à la vue d'une mort prochaine il pria instamment le Seigneur de prolonger ses joui-s. Le prophète Isaïe. qui le visita, lui annonça encore quinze années de vie. et, pour l'assurer de sa promesse, il fit rétrograder l'ombre du soleil de dix degrés .sur le cadran d'Achaz. .*ion père.

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