DE MONTS — CHAMPLAIN
leteries pendant un an, à commencer de Janvier 1608. Il voulut encore faire une tentative de co onisation. Aidé de ses associés, il fréta deux navires, qui partirent de Honfleur le 13 avril 1603, et arrivèrent à Tadoussac le 3 juin suivant. L'un des navires était commandé par de Pontgravé, et l'autre, par de Champlain. De Pontgravé s'arrêta à Tadoussac pour surveiller la traite des pelleteries, et de Champlain, destiné pour Québec, y arriva le 3 juillet. ^
2. Après avoir tout examiné attentivement, M. de Champlain ne trouva pas de lieu pi us commode ni mieux situé pour l'établissement de ^. de ^onts, que la pointe appelée Kébec par les sauvages. Il ne pouvait choisir un site qui convînt mieux à son dessein de créer et d'organiser une France nouvelle en Amérique. En effet, un vaste bassin, où plusieurs flottes peuvent mouiller en sûreté ; des rivages bordés de rochers à pic ou parsemés de forêts ; deux promontoires pittoresques (Lévis et le Cap-Diamant) ; la cascade de la rivière de ]\Iontmorency, une des plus belles du monde, justifient ce choix, et concourent à donner à Québec un aspect des plus imposants et des plus magnifiques.
3. M. de Champlain mit aussitôt ses hommes à Ton- ^Tage ; les uns défrichaient; les autres sciaient des planches, creusaient des fossés et enlevaient les terres. En homme sage, il commença par construire un fort de pieux, oii il fit élever un magasin pour mettre à couvert les marchandises et les provisions, et joignit au magasin trois corps de logis à deux étages; le tout défendu par un fossé de six pieds de profondeur et de quinze pieds de longueur, pour la plus grande eûretà de sa petit-e colonie.
4. Avant de s'attacher fermement au sol, cette petite colonie française qui venait de s'asseoir sur les bords du Saint-Laurent, devait essuyer bien des tem-
2. Quel lieu choisit Champlain pour l'établissement de M. de Monts?' — 3. Que lit d'alxrJ construire Champlain pour mettre sa petite colonie engftret^? — 4. Par quelles épreures dut paeser cette petite colonie ?
pètes : elle devait être décimée par les maladies se voir tourmentée par les sauvages, et attaquée par ses voisinsde la :Nouvel]e-Angleterre. Pendant lomrtempg de parut sur le point de périr; mais, avec l'aide do J^ieu elle prit vigueur et finit par se naturaliser sous le ciel rigoureux du Canada.
T..^« i? r'rT'^'^'. ^^ ^^^^' ^^^^^^^^ connaître le pa>s, M. de Champlam suivit un parti d'Algonquins et de Hurops qui s en allaient porter la guerre chez
oi.n'nTT'- ^"^ P''^'" expédition était composée de soixante hommes, y compris M. de Champlain et deux irançais qui avaient voulu le suivre. La rencontre se ht le 29 juillet, vers les dix heures du soir sur les eaux du lac auquel Champlain donna son nom' Les Iroquois se jetèrent au rivage et les alliés prirent le large. Le jour venu, les alliés descendirent à terre ayant soin de bien cacher les français au milieu de leurs rangs pour ménager une surprise. Les L-o-
?rr!!l^tT"\^''''\''^'' "^^"^^ ^^^*^' ^^^n* ^ Ic'^ tète tro s chefs. Les deux partis étant en face, à peu de
distance 1 un de 1 autre, les alliés ouvrirent leurs ran-s
et laissèrent le milieu libre à Champlain. Celui-ci'
Ci ifi^P'"'''^ ^^"^ arquebuse chargée do quatre lalles, ht feu sur un des chefs, qui tom%a mort avec un de ses compagnons, tandis qu'un troisième iroquois était mortellement ble.hé. Les MlJes poussèrent de
fe?r flvT "^^ J""^^'' 'k ^""'^'^ ^^^0 décharge générale de leur, flèches, sans beaucoup d'eHot. Un des deux
i'«nf tn^"' S'étaient jetés derrière des arbres, abattit a son tour quelques ennemis. Les Iroouois vovant que leurs boucliers ne pouvaient les garantir des balles
fuir Outre les guerriers tués, les L-oquois perdirent dix ou douze hommes, qui lurent faits prisonnierV et qu on resen^a pour les plus horribles tourments "
Cette attaque des français contre i>ne des trois grandes nations qui se partageaient alors le pay lut le commencement, et probablement la cause des pay,.?"' fit Champlain, au printemps de 1C09, dé.iraut connaître le
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hostilités que, pendant un siècle, ces dernières firent sans interruption contre les habitants du Canada.
6. Pendant que Champlain fondait la colonie de Québec, M. do Monts, resté à Paris, était en butte à lajalousie des marchands bretons, basques, normands, etc., qui firent tant, que, pour la seconde fois, sa commission fut révoquée.
T. En apprenant la révocation de la commission de 31. do Monts, M. de Champlain repassa en France, en compagnie de M. do Pontgravé, pour savoir à qui appartenait l'habitation de Québec, construite aux frais communs de M. de Monts et de ses associés. Il laissa le commandement de la colonie au capitaine Pierre Chauvin.
8. Le roi Henri TV reçut très-favorablement M. de Champlain. Il écouta avec plaisir le récit de ses expéditions, et les détails sur la situation de la Xouvelle-France. M. de Champlain présenta au monarque une ceinture travaillée en poil de porc-épic.
9. Xo voulant pas abandonner l'établissement de Québec, la compagnie de M. de Monts fit armer deux navires dont elle remit le commandement à MM. de Pontgravé et de Champlain, qui mouillèrent à Tadoussac, le 26 mai 1610. De Pontgravé était chargé de la traite des pelleteries ; et de Champlain, du gouvernement de la colonie et de la découverte du pays.
10. M. de Champlain retrouva sa petite colonie de Québec pleine de santé. Comme à Tadoussac, il y était attendu par nombre de sauvages qui lui firent le plus chaleureux accueil, et l'engagèrent à aller combattre de nouveau les Iroquois. Il partit en effet de (Québec le 14 de juin. A son passage aux Trois- Êivières, il y trouva les Montagnais, qui le suivirent, et avec lesquels il arriva, le 19, à une île peu dis-
6. Pendant que Chainplain fondait la colonie de Québec, que faisait M. de Mont*, resté à Paris. — 7. En apprenant la révocation de la commission de M. de Monts, que tit Champlain? — 8. Comment Champlain fut-il reçu du roi Henri IV ? — 9. Que fit la compagnie de M. de Monts, ne voulant pas abandonser l'établissement de Québec? — 10. Dans quel état Champlain retroura-t-il sa petite colonie de Québec ?
'6 HISTOIRE DU CANADA. [I6ll
tante de l'embouchure de la rivière des Iroquois. Quatre cents Hurons et Algonquins devaient l'attendre à l'entrée de cette rivière.
Les Algonquins et les Montagnais s'étaient portés en avant avec précipitation. Sans attendre les Français, ils avaient attaqué les retranchements des Iroquois. Ayant été chaudement reçus, ils étaient sur le point de battre en retraite. L'apparition de Champlainetdes quatre français qui l'avaient suivi, leur rendit le courage; ils recommencèrent le combat, qui bientôt fut des plus opiniâtres. Champlain lui-même fut blessé d'une flèche. Bientôt, la poudre manquant, on donna l'assaut aux retranchements des ennemis! L'arrivée du brave Les Prairies et de quelques autres français, avec des munitions, acheva la dércut-c des Iroquois. lis furent presque tous tués ou faits prisonniers.
11. En 1611, le 12 juin, les Pères Masse et Biart, Jésuites, arrivèrent à Port-Poyal, pour apprendre la langue des naturels du pays, et leur prêcher l'Evangile.
12. Ayant appris la mort tragique de Henri IT. arrivée en 1610, Champlain repassa immédiatement en France, laissant le commandement au sienr Buparc.
13. Au printemps de 1611, 31. de Monts et ses associés, voulant faire u.n dernier effort pour maintenir leur privilège, armèrent quelques vaisseaux ; et Champlain, ainsi que Pontgravé. repartit pour le Canada.
14. A son retour à Québec, M. de Champlain conçut le projet de bâtir un fort au-dessous du saut Saint- Louis, pour assurer ses découvertes et protéger le commerce. Le 20 mai, il partait de Québec afin de donner suite à ce projet, et trouvait un endroit propre à ses desseins, au lieu même où, trente ans plus tard, on bâtit les premières maisons de Montréal : il nomma ce lieu Place-Povale.
11. En quelle annexe les Jésuites ?irrivèren'-ils en Acadie? 12.
Que fit Champlain, ayant appris la mort tragique de Henri IV? is!
Que firent M. de ^.onis et ses associés au printemp!« de 1611 ?—14! Quel projet conçut M. deXhamplain, à son retour à Québec ?
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^ 15. Champlain rejoignit ensuite de Pontgravé, qui était descendu à Tadoussac, et s'embarqua pour la France, le II août, sur un navire de La Eochelle,oùil arriva le 10 septembre 1611. Il s'occupa aussitôt à chercher un protecteur capable de soutenir à la cour les mterèts de sa colonie.
16. Depuis la mort de Henri lY, M. de Konts avait perdu le crédit qu'il y possédait auparavant, et s'était retire a Pons, dont il était gouverneur. Champlain s adressa alors à Charles de Bourbon, comt« de Soissons, qui, par zèle pour la Peligion, accepta l'offre qu on lui faisait. Ce prince obtint de la reine régente Marie de Médicis, des lettres qui lui conféraient l'autorité nécessaire pour maintenir l'établissement de Québec, et nomma Champlain son lieutenant, par commission du 15 octobre 1612.
17. Charles de Bourbon étant mort quelques semaines après sa nomination, son neveu, le prince Henri de Condé, voulut bien accepter sa place. Il fut nommé vice-roi delà Xouvelîe-France, et en continua lalieutenanceà Champlain. Celui-ci n'ayant pu former une association, et ne voulant pas perdre les pelleteries de l'année courante, repartit pour le Canada avec un simple passe-port du prince pour quatre vaisseaux, a la condition qu'on lui fournirait les hommes qui lui seraient nécessaires, pour l'aider soit à la poursuite de ses découvertes, soit à l'accomplissement de
a promesse qu il avait faite aux sauvages, en 1611 de les secourir contre leurs ennemis. '
18. Champlain arriva à Québec le 7 mai 1613, après une absence de près de deux ans. Il trouva tous les hommes de l'établissement en bonne santé. Peu aprè*^ il se rendit au saut St. Louis, où il espérait rencontrer les sauvages de 1" Ouest.