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FRANO.
I. Sous Ia minorité de Philippe 1er, ainsi qu'il « été dit, Guillaume, due de Normandie, fit la conuôte de l'Angleterre. L'union de Ia Normandie à l'Angleterre rendit cette nation assez puissante pour lutter contre la France. La rivalité entre les tleux peuples éclata sous le règne mème de Guillaume. Une fade plaisanterie du roi de France, Philippe ler, irrita contre lui le Conquérant, qui envahit ses Etats et vint assiéger la ville de Mantes, qu'il incendia. Le reste du règne de Philippe se consuma dans les (léréglements et les embarras qui en furent la suite. [| s’associa, vers l’an 1100, son fils Louis VI, dit le Giro, 2. Ce jeune prince déploya une grande activité, châtia les rebelles, protégea les opprimés et rendit quelque éclat au pouvoir royal.
Sous son règne eut lieu le mouvement des commu nes. Quelques villes avaient conservé le droit qu'eiles tenaient des Romains de pouvoir se choisir librement des magistrats et de se gouverner elles-mêmes. sans être sou:ises à Aueun seigneur ou suzerain ; pleurs autres cemandèrent la même faveur. Louis-ic-Gros ayant favorisé de tout son pouvoir ces tendances, un
rand nombre de villes secouèrent le joug du résime éodal, et, constituées en communes, elles se soumirent directement à l'autorité royale.
3: Henri ler, roi d'Angleterre, voyant que Louisle-Gros affermissait ainsi son pouvoir en s'appuyant sur les communes contre les seigneurs, lui déclara la guerre ; il sut même mettre l’empereur d'Allemagne, Henri V, dans ses intérêts contre la France; mis,
1. Quelle fut la conséquence, pour la France, de la oonquête (le l’Angleterre par le duo de Normandie ? Quel fut le successeur ile Philippe Ier ?—2, Comment Paffranchissement des Communes *pérat-il?-—3. Pourquoi Louis VI fut-il attaqué par le roi d’Angiciorre et l’emperaur d'Allemagne ?
FRANOZ. 169
malgré ce puissant auxiliaire, les armées françaises firent presque toujours victorieuses,
4. Etant près de mourir, Louis-le-Gros donna à son ils Louis VIT, dit lo jeune, les conseils suivants : ‘ Mon ilk, vous allez me succéder; régnez plus saintement et plus justement que moi; observez la religion de vos pères, protégez l'Église, les pauvres, les orphelins ; la royauté est une charge que Dieu vous confie, et dont il vous demandera compte à votre mort. ” Louis VI! succéda à son père, en 1137. Son mariage avec Eléonore d'Aquitaine ajouta au domaine royal les provinces du Poitou, du Limousin, le duché de Gas-
lqu'il la connandie À nte pour em (leux me. Une ppe ler, ses Etats
dia. Lie cogne et le comté de Bordeaux et d'Agen; ce qui n’emles «léré- pécha pas Thibaut, comte de Champagne, de lui suite, Il déclarer la guerre. Le roi le battit sur tous les points ; tle Gros. mais, irrité contre les habitants de Vitry, qui avaient
iongtemps refusé de se rendre, il réduisit la ville en cendres sans même épargner. l'église, où s'étaient réfugiées plus de treize cents personnes.
5. Le roi, en proie aux remords, crut expier son rime en prenant la croix (1147). On a vu le triste dénoûment de cette expédition mal conduite. Toutefois la plus grande faute de Louis fut ue répudier, à son retour, la reine Éléonore, dont il avait eu à se plaindre pendant son séjour en Asie. Le sage Suger, abbé de Saint-Denis, s’y opposa tant qu'il vécut ; mais, après sa mort, le roi, n'écoutant que son ressentiment, et sans aucun souci de la politique qui lui défeniait de rompre une unionsi utile à la grandeur de l1 France, se hâta de faire casser son mariage, sous prétexte de parenté. Ce divorce eut des suites funestes pour la Dance Eléonore épousa Ilenri, duc de Normandie, qui, étant devenu roi d'Angleterre, se mais, trouva en même temps maitre d'une partie do la ———— France, Dès lors la rivalité entre les deux nations se
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eur de Phi- 4, Quels conseils Louis-le-Gros donna-t-il à son fils avant de moues s'opéra" tir ? Quelle princesse Louis-le-jeune épousa-t-il ? Quelle guerre eut- ’Angielerré i à soutenir? Fut-il heureux dans la eroisade qu’il entreprit ?—6. Quelle faute fit Louis VII au retour de la croisade ? Quelle était la dot d'Éléonore ? Qui épousa-t-elle après son divorce ?
ranima, et la lutte n’eut presque plus d'interruption,
6, Louis VIT ot Suger avaient rendu au pouvoir royal une partie de son lustre. Philippe IT, dit Auguste (1180), fils de Louis VII et d’Alix de Champagne, affermit bien autrement la monarchie des Capétiens, en commençant cette série do victoires qu'elle devait remporter sur la féodalité. Le jeune roi fit la conquête du Vermandois; puis, les armes à la main, il força les Anglais de quitter le territoire francais qu'ils envahissaient.
Philippe, voulant rez acer sur le trône de Jérusalem, Lusignan, que Saladin avait renversé, établit, pour subvenir aux frais de la guerre, une imposition qui fut appelée la dime saladine; il s’unit ensuite à Kichard ler, Cœur-de-Lion, roi d'Angleterre, et à {ré déric Barberousse, empereur d'Allemagne, pour une nouvelle croisade (1190). Nous avons vu, page 141 | l que Frédéric mourut en Asie, et que peu après, la mé- À
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sintellisence s'étant mise entre les deux autres souve- 4 le rains, Philippe repassa en France et eut la déloyauté { L de s'entendre avec Jean-sans-T'erre, frère de Richard, #5 pour enlever à celui-ci la couronne d'Angleterre pen- 1 dé dant son absence, À son retour, Richard se vengea par des victoires, et probablement il aurait poursuivi L le cours de ses succès, s’il n’eût péri avant l’âge (1199). p Jean-sans-l'erre, étant monté sur le trône dl’Angle- | terre, appela l'empereur Othon à son secours contre F. | la France, qui soutenait Arthur, fils de Richard; mais il À malgré cette coalition, Philippe gagna la bataille de pi 4 Bouvines. q 1 7. Louis VIII, fils at successeur de Philippe-Au- til | guste (1223), surnommé le Lion, à cause de son grand ul courage, cut de grands avantages sur Henri !1}, roi Q j d'Angleterre, et lui enleva le Limousin, le Périgord, lo: || le pays d'Aunis, ete. ‘Mais il abandonna le cours de | | ses conquêtes pour faire la guerro aux Albigooïs, hé | || 6. Quel fut le suosesseur de Louis VII ? Quels sont les fait: les plus né | | remarquables du règne de Philippe-Auguste ?--7. Que sait-07 de w | Louis VIII? Ho |
FRANOK. 1651
interruption, rétiques de la province d'Alby. Il mourut à Monteue DONS pensier, en Auvergne, au retour de son expédition.
8. Blanche de Castille, sœur de saint Ferdinand d'Espagne, avait donné à Louis VIITI onze enfants, dont l’ainé fut Louis IX ou saint Louis. Ce prince n'ayant que onze ans, la reine mère se trouva chargée de la régence, et sa fermeté déconcerta les espérances que les seigneurs avaient fondées sur la faiblesse d’une femme et d’un enfant. Blanche eut le talent de rompre par la force ou la persuasion, une ligue redoutable formée entre Thibaut, comte de Champagne, Pierre Mauclere, duc de Bretagne, Raymond VII, comte de Toulouse et le roi d'Angleterre.
9. Lorsque Louis eut atteint l’âge de vingt et un ans, Blanche lui remit l'autorité dont elle avait fait un si noble usage, et le jeune princese montra digne de l'éducation qu'il avait reçue. Il soumit le comte de La Marche, qui s'était révolté contre lui, et remporta sur les Anglais les fameuses batailles de Saintes et de Taillebourg, où il fit un butin immense, ayant enlevé tout le bagago de l'armée ennemie et même les bijoux de Henri ÎIE, qui commandait en personne.
10, L'invasion des Mongols et lo vœu qu'avait fait Louis dans une grave maladie, le déterminèrent à
rendre la croix. Il s'embarqua pour ceteffet à Aigues- Mortes (1248), laissant la régence à la reine Blanche. Fait prisonnier par suite de la bataille de la Massoure, il rendit Damiette pour sa rançon, et paya celle des prisonniers français, Ce bon prince mourut de la peste devant Tunis qu'il assiégeait, en se rendant en Palestine pour une seconde expédition. On doit à saint Louis un grand nombre de fondations, entre autres celle des Quinze-Vingts, en faveur des trois cents soldats à qui ls infidèles avaient fait crever les yeux.