DE CHAMPLAIN
15. Champiain rejoignit ensuite de Poutgravé, qui était descendu à Tadoussac, et s'embarqua pour la France, le 11 août, sur un navire de La Rochelle, où il arriva le 12 septembre 1611. Il s'occupa aussitôt à chercher un protecteur capable de soutenir à la cour les intérèts de sa colonie.
16. Depuis la mort de Henri IV, M. de Monts avait perdu le crédit qu’il y possédait auparavant, et s'était retiré à Pons, dont il était gouverneur. Champlain s'adressa alors à Charles de Bourbon, comte de Soissons, qui, par zèle pour la Religion, accepta l'offre qu'on lui faisait, Ce prince obtint de la reine régente, Marie de Médicis, des lettres qui lui conféraient l’autorité nécessaire pour maintenir l'établissement de Québec, et nomma Champlain son lieutenant, par commission du 15 octobre 1612.
17. Charles de Bourbon étant mort quelques semaines après sa nomination, son neveu, le princo Henri de Condé, voulut bien accepter sa place. 11 fut nommé vice-roi de la Nouvelle-France, et en continu la lieutenance à Champlain. Celui-ci n'ayant pu former une association, et ne voulant pas perdre les pelleteries de l’année courante, repartit pour le Canada avec un simple passe-port du prince pour quatre vaissceaux, à la condition qu’on lui fournirait les hommes qui lui seraient nécessaires, pour l'aider soit à la poursuite de ses découvertes, soit à l’accomplissement de la promesse qu'il avait faite aux sauvages, en 1611, de les secourir contre leurs ennemis.
18. Champlain arriva à Québec le 7 mai 1613, après une absence de près de deux ans. Il trouva tous les hommes de l’établissement en bonnesanté. Peu après, se rendit au saut St. Louis, où il espérait rencontrer les sauvages de l'Ouest,
19, Désirant expiorer les pays de l’Oûest, Champlain
15. Où alla ensuite Champlain? Quelle fut l'occupation de Champlain à son retour en France ?—16, A qui Champlain s’adressn-t-il alors ? — 17. Qui succéda à Charles de Bourbon, mort quelques semaines apres sa nomination ?—18, Quand Champlain arriva-t-il à Québec ?— 113, Que fit-il, désirant explorer les pays de l’ouest? De retour an saut (Jaint-Louis, que fit-il?
résolut de remonter l'Outaouais, ou grande rivière des Algonquins, et pénétra jusque vers ses sources. De retour au saut St. Louis, il fut biegtôt convaincu qu'il n'aurait rien à faire dans le pays pendant l'hiver. I! résolut donc d'aller en France, où sa présence pouvait être utile aux intérêts de sa colonie; et, le 26 aoû, il s'embarqua à Tadoussac pour Saint-Malo.
20. A son retour en France, Champlain se rendit à Fontainebleau, où étaient alors le roi et ie prince de Condé. Il leur rendit compte de son voyage, et leur fit agréer le projet de former une bonne et puissante compagnie dont les ressources permettraient de pour. suivre ot d'améliorer les entreprises déjà commencées, Après de nombreuses difficultés, la compagnie dite de Rouen ayant été constituée pour onze années, fut approuvée et autorisée par le roi et par le prince de Condé.
21. Après la formation de la compagnie dont nous venons de parler, Champlain songea à mettre à exccution le projet qu’il avait formé depuis longtemps, de conduire avec lui des missionnaires, pour raviver et soutenir la foi des Français, ainsi que pour précher les vérités de l'Evangile aux nations infidèles de l’Amérique.
22. M. de Champlain repartit de Honfleur, pour la Nouvelle-France le 24 avril 1615, emmenant quatre Pères Récollets. 11 mouilla, le 25 mai, devant Tadoussac, et, peu après, il arriva à Québec. Ces religieux Récollets étaien’ les Pères Denis Jamay, Jean Dolbeau, Joseph Le Caron et le frère Pacifique du Plessis, La compagnie s'engagea à leur fournir tout ce qui était nécessaire.
23. Le Père Jean Dolbeau s'arrêta à Québec, Il se concerta avec Champlain pour l'érection d’une petite chapelle et d’uhe maison pour y recevoir les religieux. L'emplacement choisi était près du lieu où est, à la
20. Que fit Champlain à son retour en France?--21, Que t-il après la formation de la Compagnie dont nous venons de parler? —22. Quand repartit-il pour la Nouvelle-France ?—23. Quel Père s'arrêta a Québec ? Où allèrent les autres Pères ?
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basse-ville, l’église Notre-Dame-des-Victoires. La chapelle étant terminée, le 26 juin 1615, le Père Dolbeau y célébra, au son de l'artillerie, la première messe qui eût été dite, en cet endroit, depuis les voyages de Cartier, In patients d'exercer leur zèle pour le salut des sauvages, les Pères Jamay et Le Caron se rendirent au saut Saint-Louis.
24, Peu de temps après son arrivée à Québec, 1615, Champlain partit pour le saut Saint-Louis, où il trouva des Hurons qui l’engagèrent dans une nouvelle expédition contre les Iroquois. Ayant été grièvement blessé, il fut obligé d’'hiverner au milieu des Hurons et loin de sa colonie. Il profita de sa mésaventure pour mieux connaître les Hurons et pour apprendre leur langage. Il découvrit les lacs Ontario, Huron et Nipissing.
25. A l'ouverture de la navigation, Champlain partit pour Québec, où il arriva le 11 juillet 1616. Il était accompagné du Père Le Caron et de quelques sauvages. Toute la colonie, qui l'avait cru mort, se réjouit de le voir revenir plein de vie et d’ardeur. 26. Champlain partit de Québec, le 20 juillet, accomagné des Pères Jamay et Le Caron, pour aller prendr* e vaisseau de Pontgravé, à Tadoussac, qui mit à la voile le 3 août, et arriva à Honfleur, le 10 septembre 1616. À son arrivée en France, il trouva les intérêts de la colonie fort compromis: le prince de Cordé, viceroi du Canada, venait d’être arrêté et enfermé à la Bastille pour avoir pris les armes contre le souverain. 27. Les deux Pères Récollets qui avaient consenti à accompagner Champlain, à dessein de soutenir ses mesures et de l'aider à plaider la cause de la colonie, durent lui écrire, quelque temps après, en Normandie, pour fui faire connaitre l’inutilité de leur peine, et leur extrême chagrin de se voir si mal accueillis.
1616] DE OHAMPLAIN.
21, Que fit Champlain peu de temps après son arrivée à Qnébee ? —{uel fut le résu:tat de cette expédition ?—25. Que fit Champlain à l'ouverture de la navigation ?—26. Demeura-t-illongtemps à Québec? —21. Que durent faire les deux Pères Réoullets qui l'avaient accompagné en France?
Néanmoins, dans l'espérance de profiter des occasions qui pourraient s'offrir pour servir le Canada à la cour et ailleurs, le Père Jamay resta en France, et fut remplacé dans sacharge par le Père Le Caron, qui retourna à Québec, et conduisit avec lui le Père Paul Huet, 28. Au printemps de 1617, pendant que les associés étaient en querelle, Champlain repartit pour le Canada, Son embarquement était plus considérable que les précédents; et il faisait surtout une précieuse acquisition dans 18 personne de Louis Hébert, qui emmenait avec lui toute sa famille, pour s'occuper de la culture du sol. La traversée fut très-longue et très-dangereuse, et l’on n’arriva au port qu'après avoir épuisé resque toutes les provisions. Pour surcroît d’emarras, la disette était à Québec.
29. D’année en année, dit l'abbé Ferland, les mêmes difficultés poursuivaient le fondateur de Québec. En France, tracasseries, lésineries, délais, du côté des associés; jalousies, procès, empiètement, de la part des marchands étrangers à la compagnie; indifférence de la cour, qui ne pouvait, ni ne voulait s'occuper de ces possessions lointaines; sur mer, des voyages lon, pénibles, et souvent dangereux ; en Amérique, la disctte et les maladies parmi les Francais, la légèreté et la malveillance des nations indigènes: voilà les épreuves sans cesse renaissantes, que Champlain était condamné à subir dans l’accomplissement de sa noble mission. Et cependant, sa foi au succès de son œuvre était si ferme, son désir de fonder un empire français en Amérique, et d'appeler les nations sauvages à la religion chrétienne et à la civilisation, était si ardent et si persévérant, que rien ne pouvait ébranler son dévoûment, ni diminuer sa confiance dans la protection de Dieu. :
30. Dès l'automne de cette même année, 161% Champlain retourna en France, accompagné du Père Jean Dolbeau, pour tâcher d'éclairer les principaux
28. Quand Champlain repartit-il pour le Canada ?—29. Que dit l’abbé Ferland des épreuves qu’eut à subir lé fondateur de Québee? —30. Que fit Chamnlain dès l’automne de la même année ?
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1618] DE CHAMPLAIN. 41 associés de la compagnie sur leurs véritables intérêts. 31. Durant cet hiver, la petite colonie fut menacée d'une destruction complète. Les sauvages alliés des Français prétendirent avoir reçu d'eux quelque sujet de mécontentement, et résolurent de s’en débarrasser. [ls commencèrent par décharger leur fureur sur deux de ces derniers, qu’ils tuèrent à coups de hache. Le meurtre ayant été découvert, les sauvages recommencèrent à craindre la vengeance des Français, Pour en prévenir les effets, ils montèrent aux Trois-Rivières, et tinrent, au nombre de 800, un grand conseil, dont le résultat fut qu'ils prendraient les colons de Québec, et leur couperaient à tous la gorge. Mais l’un d’eux, nommé Laforière, qui témoignait de la sympathie aux religieux Récollets, donna avis du complot au Frère Pacifique Du Plessis, qui fit aussitôt avertir les Français retranchés dans le petit fort de Québec, qui était de bois assez mal en ordre. Les sauvages se voyant découverts, crurent qu'il valait mieux recourir aux voies de conciliation. Ils députèrent à Québec pour constater que le meurtre était le fait de quelque particulier sans aveu. A cause de sa faiblesse, la colonie ne put en tirer vengeance; pourtant elle exigea des ptages.