‹ Cours abrégé de belles lettres à l'usage du Collége [sic] de Montréal [microforme]Chapitre 43 sur 77 · DE L’'ÉPITRE · texte numérisé non relu

DE L’'ÉPITRE

L’Epttre en vers n’est qu’une lettre adressée à une personne quelle qu’elle soit. Elle suit toutes les règles du style épistolaire ; seulement elle exige au moins un degré de force, d'élégance et de soin, au dessus de ce qu’ellé serait, si elle était en prose.

Sa matière est d’une étendue qui n’a point de bornes, On peut, sous le titre qu’elle porte, louer, blâmer, raconter, philosopher, disserter, enseigner. Elle n’est pas limitée du côté. des tons de style qu’elle peut prendre. Ils lui conviennent tous,parce que son style s'élève ou s’abaisse selon la matière, ou selon l’état de la personne qui écrit, ou à qui l’on écrit, Boileau, dans son Epître au Roi, a peint le passage du Rhin en vers dignes de l’Epopée. Horace écrit à Auguste, et lui développe toutes les lois du bon sens et du bon goût dans les ouvrages de littérature, avec une noblesse et une dignité qu’il n’a pas ordinairement dans ses autres Epîtres. Lib. 2. ep. 1.

L’Epître commence et se termine sans apprèt; et le titre qu’elle a en tête, est comme un avis au lecteur, de ne juger de l’ouvrage, que comme on juge d’une lettre. . (Voyez les Epîtres de Boileau.)

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