‹ Cours abrégé de belles lettres à l'usage du Collége [sic] de Montréal [microforme]Chapitre 52 sur 77 · DE L’HISTOIRE PARTIOULIÈRE, DES ABRÉGÉS, DES · texte numérisé non relu

DE L’HISTOIRE PARTIOULIÈRE, DES ABRÉGÉS, DES

ulle . ANNALES, DES MÉMOÏRES, DE L’HISTOIRE LITTÉ- | Or- PAIRE, DE L'HISTOIRE NATURELLE, ET DU ROMAN. 4 Autre chose est une histoire générale, et autre chose ‘ < de une histoire particulière. L’histoire générale est rs celle qui embrasse les faits de toute une époque, ou

ceux d’un empire, d’un royaume, d’une

pendant toute sa durée. Telles sont l’histoire Ancienne, l’histoire Romaine, l’histoire de France 0: d'Angleterre. Mais l’histoire particulière est celle qui traite quelque grand événement, ou quelque période qui peut être conçue comme faisant un tout. Telle-est la Cyropédie de Xénophon, les guerres de Catilina et de Jugurtha par Salluste, l’histoire des Croisades par Michaud, et celle de la révolution française par de Conny.

Quand l’histoire ne renferme que la vie d’un homme, elle s’appelle biographie. L’historien n’y doit rapporter que les événements publics, où son personnage aura joué un rôle considérable. Il doit princi-

palement s’arrèter sur les détails de sa conduite parti-”

culière, développer d’une manière nette et précise les motifs de ses actions, et former sous des traits bien marqués le tableau de ses faiblesses et de ses vertus. Les réflexions y doivent être peu nombreuses, et surtout placées à propos.

Mais il faut remarquer, qu’il y a une différence assez essentielle entre l’histoire et la vie d’un homine illustre. Dans la première, on considère l’homme. public plus que l’homme privé ; dans Ja seconde, ‘on considère autant l’homme privé que l’homme public. Si, par exemple, on écrit l’histoire d’un Général, : on doit rapporter en détail toutes ses actions guerrières, ainsi que les événements qui s’y trouvent liés, gipasser légèrement sur sa conduite privée. Si on écrit la vie de ce Général, on doit y joindre, au récitircons-

tancié de tous ses faits d’armes, celui de ses actions particuliéres.

Au reste, les vies des hommes illustres ont ce grand avantage, de nous faire commencer l’étude du cœur humain, en nous montrant les homes de près et tels qu’ils sont. Quel fruit ne peut-on pas retirer de cette lecture! C’est là, plus que partout ailleurs, que l’histoire instruit les hommes par les hommes mêmes. Les grands événements de l’histoire générale nous frappent, nous étonnent, nous jettent dans l’admiration. Mais ils nous font sentir en même temps notre impuissance de nous élever jusqu’à limitation de ces actions d'éclat, qui ont fixé la destinée des empires et le sort des peuples ; au lieu que nous ne jugeons pas au dessus de nos forces morales les actions particulières d’un homme, quelque illustres qu’aient été son rang et sa naissance.

— Les abrégés d'histoire ont une grande utilité, lorsqu’ils sont bien faits. Les ignorants y puisent des connaissances générales, et les savants y retrouvent certains faits, dont ils avaient perdu le souvenir. Ces sortes d'ouvrages ne sont susceptibles ni de grands détails, ni de riches ornements. Il faut cependant n’y rien cmettre d’essentiel, y rapporter tous les faits vraiment importants, avec leurs principales circonstances, et dire assez de choses pour instruiré et intéresser le lecteur. ” C’est ici qu’un discernement juste est surtout nécessaire. Il faut de plus le talent rare-de dire beaucoup en peu de mots, c’est-à-dire la plus grande

précision dans le style ; qualité, il est vrai, qui n’est

pas la plus brillante, mais qui peut étre la plus difficile de toute:.

— On entend généralement par annales, une collection de faits rangés selon l’ordre chronologique, destinée à servir de matériaux à l’histoire, plutôt qu’à en former une par eux-mêmes. Ainsi,tout ce qu’on demans de de l’Annaliste, c’est d’être fidèle, distinetet complet.

—Les mémoires sont une composition historique, où l’auteur ne prétend pas donner une instruction pleine sur tous les événements du temps qu’il décrit,mais se borne à rapporter ce dont il a eu personnellement connaissance, ou les choses auxquellesil a pris part, ou ce qui peut jeter du jour sur la conduite de quelque personnage, sur les circonstances de quelque événement qu’il a choisi pour en faire le sujet d’un ouvrage. On n’attend donc pas d’un auteur de mémoires la même profondeur de recherches, la même étendue de connaissances, que de l’historien proprement dit. Il n’est pas obligé, comme celui-ci, de soutenir invariablement un ton de dignité et de gravité. Il peut parler librement de lui-même, et raconter les anecdotes les plus familières. Ce qu’on exige surtout de lui, c’est qu’il soit intéressant et animé ; qu’il rapporte des faits curieux et utiles ; qu’il communique enfin des connais: sauces de quelque prix, et qui vaillent la peine: is acquises.

-: = L'histoire littéraire comprend la neiscance, jes progrés, la perfection, la décadence et le renouvelle: - ment des sciences et des arts, et doit en méroetemps

otffir un’ tableau de ce qu'ils ont PEU dans les dif:

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férents siècles, de plus agréable, de plus grand et de plus utile. Le principal der de l’historien littémire est de distinguer le ton, le text, le génie particulier de chaque auteur, de les peindre tous et de les caractériser d’après leurs ouvrages, dont il doit donner une analyse exacte avec une critique judicieuse et impartiale. L'histoire de la littérature est encore à faire. Le Cours de La Harpe peut y suppléer ; mais il est loin d’être complet, excepté pour l’art dramatique.

— L'histoire naturelle a pour matière tous les ouvrages dont le souverain Créateur a embelli le globe que nous habitons, toutes les productions que la terre étale à nos yeux ou qu’elle cache dans son sein. Elle comprend 19. le règne animal, c’est-à-dire les mœurs et le caractère des différentes espèces d’unimaux, leur formation, leur structure, -leur manière de vivre, leur industrie: 2°, le règne végétal, c’est-à-dire le dénombrement des plantes qui croissent sur le sommet des montagnes, au milieu des plaines, dans le creux

des vallées, à ombre des forêts : 30. le régne minéral, -

c’est-à-dire la diversité des métaux, des minéraux et de toutesles substances qui se trouvent dans les entrailles de la terre. L’historien doit être ici un sage et laborieux observateur : il faut qu’il ait assez d’intels ligence pour bien voir; assez de patience pour bien observer, assez de pénétration pour tout approfondir, assez de fhgacité pour ne rien confondre. Pline le

Naturaliste et Buffon ont exécuté en partie, avec une

rare mêgnificence, le plan d’une histoire naturelle. -. — Le Roman n’est pas, comme on pourrait le croire,

un récit de diverses aventures, imaginées seulement pour amuser. Le divertissement du lecteur, que le Romancier habile semble se proposer pour but, n’est qu’une fin subordonnée à la principale, qui doit être l'instruction de l’esprit et la correction des mœurs. Ainsi, censurer les ridicules et les vices, montrer le triste effet des passions désordonnées, s’eflorcer toujours d’inspirer l’amour de la vertu, et faire sentir qu’elle seule est digne de nos hommages, qu’elle seule est la source de notre bonheur, tel est le principal devoir du Romancier. Ce n’est qu’en le remplissant, qu’il peut faire un ouvrage qui tourne à sa propre gloire, ainsi qu’à l’avantage des mœurs et de la société.

Nous ne dirons rien des règles du roman, parce qu’on peut lui appliquer celles du poême épique. Mais on ne saurait trop répéter, que le Romancier doit toujours présenter la vertu sous des couleurs favorables et attrayantes, la faire respecter, la faire aimer dans le sein même des plus affreux malheurs et des plus humiliantes disgrâces ; qu’il doit peindre le vice sous les couleurs les plus noires et les plus propres à inspirer l'horreur qu’il mérite, fât-il monté au faîte des honneurs, et parvenu au comble de la plus brillante prospérité. Tout écrivain qui s’écarte de ce principe, n’est digne ni du nom d’honnéte homme, ni de celui de bon citoyen. ,

ARTICLE SECOND

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