‹ Cours abrégé de belles lettres à l'usage du Collége [sic] de Montréal [microforme]Chapitre 6 sur 77 · OSES · texte numérisé non relu

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poême. ‘Ætant nous-mêmes essentiellement actifs, nous aimons la vie et le mouvement. Ce n’est pas que les choses sans vie ne puissent entrer dans la poésie ; anaïs elles ne doivent y entrer que comme accessoires et dépendantes d’autres chosès plus propres à toucher. ‘elles sont les actions qui, étant tout-à-la fois l’ouvrage de l'esprit de l’homme, de sa volonté, de; saliberté, de ses passions, sont:comme un tableau abrégé de la nature humaine. ‘Or toute action suppose ‘un commencement, un miliéu, et une fin. Le commencement est l’entreprise que l’on appelle prologue ou exposition du sujet ; le milieu est le nœud qui renferme les obstaeles ; la fin nous offre le succès qu’on appelle dénouement. | La troisième règlé est, que l’action soit revêtue des (4 qualités requises. Or voici ée que l’on doit observer par rapport à-ces qualités. Puisque le but de la poésie est ‘de piquét: notre curiosité, de nous toucher, et de fixer notre admiration, l’action doit être d’abord sngulière, v’est-a-dire extraordinaire ‘où en elle-même, ou dans:les moyens qu' emploie un génie fécond pour donner aux événements un ‘tour tout-à-fait différent de : celui:qu’on ‘devrait naturellement attendre, - Elle

| doit être wne, en’sorte que toutes ses parties s’unissent | “éntre‘élles pour ne former qu’un tout: simple, parce

que la complication ides ressorts nous fatiguerait ; et néanmoins variée, parce qu’une Cup grande uniformité produirait le dégoîit. 3 :La-quatrième règle est, que le nombre des teuts +sait proportionné au besoin de l’action. Comme toute |

action suppose des acteurs, c’est-à-dire des personnages qui agissent, il a été décidé par le goût que leur nombre serait réglé sur le besoin de l’action ; qu’ils auraient des caractères marqués et soutenus qui seraient le principe de tous leurs mouvements ; qu’ils ne feraient chacun que ce qu’ils doivent faire ; enfin que leurs caractères seraient contrastés, c’est-à-dire que chacun aurait le sien avec une différence sensible, comme serait, par exemple, une dureté de caractère dans un frère, et une indulgence excessive dans l’autre.

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