‹ Cours abrégé de leçons de chymieChapitre 3 sur 29 · CIX · texte numérisé non relu

CIX

efforts de notre vertueux Clergé Catholique, et à la libéralité de nofrg bienreillante Législature provinciale, qui lui ont donné une impulsion favorable, Tinstruction élémentaire commence à se répandre parmi nous ; et vivant dans un temps où il est péremptoirement démontré aue la bonne éducation et une union parfaite, deviennent de plus en plus nécessaires pour nous rendre indépendants et heureux, toutes ces choses, dis-je, sont autant de circonstances particulières qui hâtent en nous, à chaque instant, une existence nouvelle et plus utile, et doivent engager chacun à s'empresser de contribuer à la mise en opération de tous les moyens propres à assurer l'arrivée désirable où elle prendra enfin une naissance mémorable et glorieuse.

En effet, dans un pays comme le nôtre, rien n'est plus propre à assurer à ses habitans la prospérité ei le bonheur, la supériorité et la distinction, que des études constantes et régulières, que des connaissances approfondies dans les sciences littéraires, dans les sciences naturelles, dans la physique, et spécialement dans la chymie, sans le secours des principes de laquelle les arts ne sauraient se perfectionner, et le médecin, quelque recommandable qu'il pourrait être d'ailleurs, ne saurait exercer sa profession que comme un charlatan abusif, un empyrique grossier, compromettant à chaque instant les jours de son malade !

Ces observations, déjà si importantes par rapport à nous, acquièrent un nouvel intérêt, un nouveau degré d'évidence, lorsque l\)n fait attention que c'est parla benne éducation, par les connaissances supérieures, et par lapratiqi^^e des vertus, que les hommes peuvent s'élever au dessus du commun, et que les médecins instruits, sobres et moraux peuvent forcer les détracteurs de leur art à accorder à ceuS qui ont dévoué leur temps et leurs veilles à l'étude de ses principes, l'iionueur et la considération, l'estime et la confiance qu'un public insouciant leur refuse quelquefois si injustement, parce qu'il ne sait pas toujours envisager son propre intérêt, ni assex bien apprécier le grand avantage qu'ont les médecins chymistes de posséder, plus que les autres, des moyens curatifs infiniment plus nombreux et plus ceriains dans la pratique de leur art.

Le médecin qui ne connait pas les principes de la chvmie marche constamment dans les ténèbres, pratique au hasard, et s'expose tous les jours à commettre a fautes sur fautes, bévues sur bévues, absur. dites sur absurdités.»

En effet, comment un médecin peut-il prescrire ou administrer, avec certitude ou esiiérance de succès, les remèdes dont il ne connaît pas bien la composition élémentaire.'' De cette connaissance, pourtant, dépend immédiatement celle du jeu intéressant de leurs affinités et de leur incompatibilité respective, que le médecin scientifique ne perd jamais de vue, dans l'administration journalière des substances soumises au pouvoir de son art.

Comme l'anatomie est la base de la chirurgie, de même la chymie est une des bases fondamentales sur lesquelles repose la médecine proprement dite. Or, un chyrurgien, comme tel, peut suffire aux besoins d'une ville, de tout un grand district, parce que les cas sujets à tomber sous sa direction spéciate sont comparativement rares ; mais le ministère du médecin est fréquemment requis dans toutes les maisons, dans toutes les familles de la société, pauvres comme riches.

Il est donc de la plus grande importance, pour le bonheur de l'humanité et pour l'honneur de la médecine, que celui qui se destine h

cette procession honorable, se distingue de bonne heure, par l'acquisition soignée d'une éducation sociale, litttéraire et médicale, qui puisse le mettre en état d'être, partout et en tout temps, utile et agréable.

Mais le meilleur correctif de l'ignorance médicale, et des abus de l'art, est au pouvoir d'une société libérale et éclairée ; l'une et les autres disparaîtront à mesure que se répandra la bonne éducation qui ne pourra les souffrir ; et en cela, les connaissances chymiques ofifriront toujours une sûre garantie de leur disparition. Dès qu'au moyen des collèges, des académies littéraires et des bonnes écoles élémentaires, une certaine connaissance des lettres, de l'histoire, de la physique et de la chymie devint plus générale, dans les Etats-Unis, même chez les dames, la horde de charlatans audacieux, licenciés et autres, qui pratiquaient et exerçaient l'art médical, se vit forcée, par le juste mépris qu'en fit, subséquemment, une société plus éclairée, à céder à la science, et à adopter, pour vivre, des moyens plus honnêtes, ou à venir en partie se réfugier et continuer leur existence coupable dans notre pays, en proie à tout étranger qui veut spéculer sur la bonhomie et sur l'ignorance de ses habitans.

Or, en adoptant nous-mêmes ces moyens faciles de répandre généralement une éducation libérale, nous pouvons naturellement nous attendre au même résultat ; nous pouvons tôt ou tard opérer le même changement désirable, et j'ose me flatter que le traité que j'offre aujourd'hui pourra contribuer à l'eflectuer parmi nous ; et c'est pour atteindre ce but important que je me suis livré à l'entreprise difficile de cet ouvrage abrégé qui manquait à notre Jeunesse. Elle pourra k. l'aide de ce travail adapté à une capacité ordinaire, se procurer des connaissances nouvelles et utiles qui lui faciliteront l'acquisition de beaucoup d'autres d'une grande valeur, et lui donneront les moyens surs de réduire, peu à peu, le nombre de ces charlatans avides, dont l'impudence en impose encore aux personnes crédules, qui sont tous les jours les victimes malheureuses de leur ignorance et de leur rapacité.

Une préface doit contenir une mention des circonstances et des motifs qui ont engagé l'auteur à écrire sur un sujet particulier. Or, les ?;rands avantages qu'offre une certaine connaissance des piincipes de a chymie ; la difficulté de se procurer aisément des ouvrages qui en traitent d'une manière abrégée ; la rareté et le prix élevé des livres de chymie qui nous parviennent en petit nombre ; le peu de temps que peut donner à l'étude de cette science une jeunesse dont l'attention partagée entre mille occupations différentes ne lui permet pas de parcourir des ouvrages pour la plupart trop volumineux, tiop diffus et ordinairement remplis d'une foule de discussions spéculatives, trop . générales et souvent étrangères au sujet principal ; et le désir prononcé d'être utile, en contribuant aux moyens d'avancer l'éducation de la jeunesse, sont les circonstances dont la couï-idération a servi de motif pour l'entreprise et l'exécution du traité purement élémentaire que je lui ofTre aujourd'hui avec confiance.

Cet ouvrage abrégé, écrit sans aucune prétention de style, que je me suis efforcé d'adapter d. une capacité oniinaire, est plein de courtes observations pratiques, et de rapprochements familiers, qui le mettront à la portée de tout le monde ; et ces observations sont applicables non seulement à la pratique de la Médecine, à laquelle j'ai

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