L XVIII
tinuelle desquels il ne peut être qu'un empirique audacieux, pratiquant au hasard, et mettant chacun dans le danger émincnt de perdre la santé, et souvent même la vie.
L'Esprit et la Morale. — Non seulement les arts et les sciences naturelles reçoivent do la Chymie un secours puissant, mais encore l'esprit humain, et même la morale le partagent aussi en maintes occasions difTcrentes ; l'esprit, en le conduisant à l'art élevé du raisonnement et de la déduction ; et la morale, en excitant le chymisto chrétien à admirer les œuvres du créateur, et à s'en rapprocher, par la pensée et par les réflexions que demande de lui la fréquente application des principes de cette science. Car, dans ses observations philosophiques, et dans toutes ses expériences analytiques et synthétiques sur les corps physiques décomposables de la création, la connaissance qu'il acquiert de leurs lois générales et spécifiques, de leurs constituants, ho* mogènes et hétérogènes, de leur nature, intrinsèque et extrinsèque, et de leurs divers effets, respectifs et collectifs, est très propre K toucher le cœur de l'homme et à lui faire admirer, avec respect et humilité, le pouvoir et la sagesse de l'Etre tout-puissant.
Cette transition, des arts au spirituel, paraîtra moins considérable, si le lecteur veut bien se laisser persuader de quelques principes fondamentaux de la méthaphysique.
La constitution et les facultés de Tesprit humain sont la base naturelle sur laquelle est fondée cette science sublime qui traite de leurs fonctions respectives. Par l'application facile des principes de la Chymie, l'homme acquiert la connaissance de la nature, des propriétés et de l'usage d'un nombre infini d'objets de toutes sortes qui, sans leur secours, leur seraient inconnus.— Or, à tout bien considérer, la connaissance n'est autre chose que ce qui existe dans l'esprit, et sa certitude, par conséquent, n'est pas absolue, mais relative aux principes cognilifs de l'intellect. La nature et les propriétés de l'esprit sont entrelacées et confondues dans le tissu subtile des connaissances, et les connaissances humaines résultent de l'exercice de ses diverses propriétés ou facultés de l'esprit, opérant, au moyen de nos organes sensitifs, sur les différents objets de la création propres à faire naître sur eux les impressions qui les lui manifestent.
Ces impressions des objets naturels sur nos sens, et cette opération cognitive de l'esprit sur eux, ne sauraient avoir lieu sans l'intervention auxiliaire des nerfs qui originent en particulier des différentes parties du cerveau et de ses dépendances ; et ce sont ces mêmes nerfs, avec ceux d'autres sources, qui composent le système nerveux, tissu filamenteux et ininterrompu qui constitue l'être vivant ce qu'il est. Les organes de nos sens, tels que ceux de l'ouie, de la vue, de l'odorat, du goût et du toucher, qui sont eus pourvus de nerfs d'une manière particulière et abondante, eçoiveot le» impressions vaiiées de l'extérieur, les nerfs les
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