‹ Cours abrégé de leçons de chymie [microforme]Chapitre 12 sur 32 · XIX · texte numérisé non relu

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transmettent, et l'esprit aperçoit les objets qui les causent.-» L'opération indirecte des objets sur l'esprit, et celle de l*esprit sur les objets, sont donc réciproques et presque simultanées, d'où vient la susceptibilité plus ou moins grande, do l'esprit, d'être cultivé, amélioré et perfectionné h un haut degré.

Ainsi, u[)ré3 tm examen strict et délibère do quelques principes physiologiques et méthaphysiqucp, nous touchons k l'évidence qu'une science n'est vraiment autre chose que l'esprit lui-même, modifié, dans ses conditions, par les impressions, et opérant réciproquement sur les objet? dont il prend connaissance.

L'existence de l'esprii, dans certaines conditions, constitue l'état que l'on nomme folio ; dans d'autres conditions, elle constitue la connaissance que l'on appelle les malhén>atiques, dans d'autres conditions elle constitue celle que l'on désigne par le nom de géométrie ; dans d'autres conditions, elle constitue celle que l'on nomme astronomie ; dans d'autres conditions, celle que l'on appelle Chymie, &c. &c. Car, il serait absurde de supposer que la folie consiste seulement d'impressions erronées ; que les Mathématiques consistent de quantités en général ; que la Géométrie consiste de figures régulières ; que l'Astronomie consiste de la révolution des planètes autour du soleil, et la Chymie simplement d'une mixtion d'acides etd'alkalis ! Ces phénomènes sont de simples objets de la connaissance particulière qui occasionne, dans l'esprit de l'homme observateur, la science individuelle que l'on appelle Mathématiques, celle que l'on nomme Géométrie, celle connue par le nom d'Astronomie, celle que l'on désigne par celui de Chymie, &c. &c.

Cette proposition, quelque nouvelle qu'elle soi!, est incontestable, et nous conduit directement à la conclusion rigoureuse, qui en découle, que la nature et les propriétés de l'esprit entrent tout autant dans l'essence d'une science que les vertus et les qualités particulières des objets dont elle traite ; d'où vient que, pour la fondation d'une science particulière, il faut l'exercice et l'application des facultés d'un esprit particulier, comme on le voit par les belles découvertes et les excellents ouvrages de Locke, de J^eicton, de Descartes, de Lavoisier^ de Bichat, de l'abbé Haiiy, de Franklin, &c.

Les principes des connaissances sont jettes et ensevelis dans l'esprit, comme dans un sol fertile ; mais elles ne sauraient y germer, et encore moins y croître, sans l'influence vivifiante des objets qui réveillent ses facultés dormantes. En effet, en poursuivant de près l'étude des objets soumis à notre considération, nous ne développons pas moins, dans nos procédés et dans le cours de nos découvertes progressives, la nature et les facultés de notre esprit, que les vertus et les propriétés des objets sur lesquels il les exerce. L'objet le plus simple de notre connaissance réveille en nous le sentiment de notre propre existence, lève le voile obscur de notre esprit, amène au jour des principes

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