VERSIFICATION
On sait qu'il y a deux espèces de langages : l'un ordinaire, qui n'est assujetti qu'aux règles de la grammaire et du style, et qu'on appelle ^îrose; l'autre, moins ordinaire, et astreint, en outre, à des règles spéciales qui lui donnent une physionomie particulière, et qu'on appelle le langage en vers.
L'art de composer des vers s'appelle versification. Il ne faudrait pas confondre la versification avec la poésie : la versification est un art, nous dirions presque
(1) Extrait des Conversations littéraires de M"' de Saint-Juan excellent et très-intéressant traité de l'art épistolaire.
200 COUfiS DE LITTÉRATURE.
un métier, la poésie est une création, comme Tindique son étymologie grecque; la versification consiste tout entière dans la forme du langage, la poésie, dans la beauté des pensées, des sentiments et des images; on peut être un très-habile versificateur et un très-médiocre poète, et c'est dans ce sens que Boileau dit, en commençant son Art poétique :
C'est en vaîn qu'au Parnasse un téméraire auteur Pense de l'art des vers atteindre la hauteur : S'U ne sent point du ciel l'influence secrète, Si son astre en naissant ne l'a formé poëte , Dans son génie étroit il est toujours captif; Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif.
On peut être poète en prose, comme Fénelon l'est dans son Télémaque, et le langage poétique ne doit pas être confondu avec le langage en vers.
Les différentes règles de la versification française se trouvent désignées dans ces deux vers techniques :
Observez dans les vers mesure , élision , Repos , rime , licence et disposition.
De ces six règles, quatre concernent le vers considéré
en lui-même ; une, les vers dans leurs rapports les uns
avec les autres; une, enfin, les licences ou permissions
ont les versificateurs peuvent user. De là :
Trois divisions: facture du vers; — disposition; —
IGENCES.
§ P". — De la facture du Ters.
Il y a quatre choses à considérer dans un vers fran çais: la mesure, Vélision, le repos ou césure et la. rime.
De la mesure.
La mesure est le nombre de syllabes dont un vers se compose.
D'après ce nombre de syllabes, on distingue dix espèces de vers, savoir : les vers de douze, de dix, de buit, de sept, de six, de cinq, de quatre, de trois, de deux et d'une syllabe. Comme on donne quelquefois le nom de pied à la réunion de deux syllabes, les vers de douze syllabes s'appellent aussi vers de six pieds, celui de dix, vers de cinq pieds, etc. Il faut remarquer qu'on ne compte pas dans les vers la syllabe muette qui peut les terminer, ni les syllabes terminées par un e muet et qui précèdent un mot commençant par une voyelle ou une A muette dans l'intérieur des vers, comme on le verra tout à l'heure à l'article élision,
V Vers de douze syllabes,]
En voici des exemples :
Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur.
( Racine.) Un sot trotive toujours un plus sot qui l'admire.
(BOILEAU
L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux.
(Lamartine.)
Le vers de douze syllabes ou de six pieds s'appelle aussi vers héroïque, vers alexandrin et grand vers. 2** Vers de dix syllabes :
Dors , mon enfant , et que sur ta paupière Un doux sommeil verse ses pavots d'or.
Repose en paix : elle veille , ta mère, Près du berceau qui garde son trésor.
3° Vers de huit syllabes :
Le Dieu, poursuivant sa carrière,
Versait des torrents de lumière
Sur ses obscurs blasphémateurs.
( Lefranc de Pompignan. ) 4° Vers de sept syllabes :
J'ai vu mes tristes journées Décliner vers leur penchant ;
Au midi de mes années , Je touchais à mon couchant.
(J.-B. RODSSEAU.)
5* Vers de six syllabes.
Exemples :
Cher ami , ta fureur Contre ton procureur Injustement s'allu7ne; Cesse d'en mal parler ; Tout ce qui porte plume Fut créé pour voler.
Les vers de six syllabes, comme les vers qui en ont un moindre nombre, ne peuvent s'employer seuls que dans les sujets badins; mêlés à d'autres^ ils peuvent s'adapter encore aux sujets les plus sérieux.
i a justice paraît, de feux étincelante; Et la terre tremblanfe S'arrête à ton aspect.
(J.-B. Rousseau.)
6* Petits vers.
Cinq syllabes :
Dans ces prés fleuris Qu'arrose la Seine, Cherchez qui vous mè7i«, Mes chères brebis.
( M"* Desboulières. )
Quatre syllabes :
Pasteurs loyaux, En ces jours beaux Je vous convie A jeux nouveaux.
( Crestin.) Trois syllabes :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger Le berger.
(L4 FONTAIM».)
Deux syllabes :
C'est promettre beaucoup , mais qu'en sort-il souvent ?
Du vent. (La Fontaine.)
Combien j'ai douce souvenance Du joli lieu de ma naissance !
Ma sœur, qu'ils étaient beaux ces jours
De France.^ O mon pays, sois mes amours,
Toujours ! ( Chateaubriand.)
Cne syllabe :
Nous voyons des commis Mis Comme des princes, Qui jadis sont venus Nus De leurs provinces. (Panard.)
Voici un exemple dans lequel on a réuni les dix espèces différentes de vers français.
o Mort, viens terminer ma misère cruelle , S'écriait Charle, accablé par le sort.
La Mort accourt du sombre bord.
C'est bien ici qu'on m'appelle.?
Or çà , de par Pluton , Que demande-t-on?
Je veux , dit Charle Tu veux i>... Parle Eh bien!...
Bien.
DiTision des syllabes.
Pour bien mesurer les vers, il faut connaître la division des syllabes, c'est-à-dire savoir quand deux voyelles placées de suite forment ou non une diphthongue.
Toute diphthongue compte pour une seule syllabe : Oui , je viens dans son temple adorer l'Éternel.
Mais dans un grand nombre de cas Ton ne fait en-
tendre, dans le langage ordinaire , qu'une diphthongue, là où il y a deux syllabes, comme dans les adjectifs ter minés en ieux, préci-eux, pi-eux, etc., dans les substan» tifs terminés en io?i, acti-on, uni-on, etc. C'est à l'usage d'apprendre les exceptions.
Ve muet placé après une voyelle dans le corps des mots ne compte pas : je prierai, dévoilement, etc., qu'on écrit aussi : je prirai, dévoûment, etc. Dans les verbes en ayer comme payer, essayer, [on conserve quelquefois l'ancienne orthographe payerai, essayeras, etc., et quelques poètes comptent ainsi |une syllabe de plus, mais ils ne sont pas à imiter.
De l'élisioD.
Vélision (du latin elidere , écraser) est la suppression d'une voyelle qui en rencontre une autre. En français, l'élision n'a lieu que pour Ve muet, et pour l'a de l'article la dans un mot commençant par une voyelle ou une h muette.
Ve muet peut se trouver dans le corps d'un mot, ou à la fin, suivi ou non do s ou de nt.
1° Ve muet placé dans le corps d'un mot ne peut s'élider quand il est précédé d'une consonne : pe-tit, re-jeté, etc., excepté dans certaines chansons où l'on veut reproduire le langage populaire :
Souhaitons -lui d'ces p'tits plaisirs.
Quand il est précédé d'une voyelle, il s'élide toujours :
Je vous paierai (paîrai),lui dit-elle, Avanl l'août ( oût) , foi d'animal.
2» Ve muet placé à ia fin d'un mot ne contribue pas à former une syllabe, s'il est en même temps à la fin du vers; s'il n'y est pas, il s'éUde devant une voyelle ou une h muette.
N offrez rien au lecteur que ce qui peut lui plaire.
Nul ne peut être heureux s'il veut vivre en coupable.
Ue muet placé à la fin d'un mol et précédé d'une voyelle ne peut entrer dans les^ vers qu'au moyen d'une élision. Ainsi on dira bien :
La vie est un fardeau pour l'homme désœuvré ;
mais le vers sera défectueux, si l'on dit :
La vie n'est qu'un fardeau pour l'homme désœuvré.
Suivi d'une s dans les mêmes circonstances Ve muet forme un mot qui ne peut être placé qu'à la fin, mais non dans le corps du vers. Ainsi on dira bien ;
Je ne puis approuver ces détestables vues ,
mais on ne pourra dire ;
Je ne puis approuver ces vues détestables , en comptant t^w-es comme dissyllabe, ni
Je ne puis approuver ces vues épouvantables,
en ne comptant qu'une syllabe dans vue.
3° Ve muet suivi de s ou de ni, et précédé d'une consonne, ne forme pas une syllabe qui se compte, s'il est à la fin du vers :
C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fommiUent, Des traits d'esprit semés de temps en temps pétiUent.
Dans ces deux cas, Ve muet forme une syllabe quand il n'est pas à la fin du vers :
Craignez d'un vain plaisir les trompeu-ses amorces. Cieux , écoutez ma voix , ter-re, prê-^e l'orelUe.
La terminaison ent des verbes, précédée d'une voyelle, ne peut entrer dans le corps des vers. Ainsi ces deux vers sont défectueux :
Assassins effrontés , ils dément leurs crimes. Ils voient en tous Ucux des objets enchanteurs.
Mais ces mots pourraient être employés à la fin des vers :
Ils ont commis cent fois ces crimes qu'ils dénient.
Peuvent d'ailleurs être employés dans le corps des vers les monosyllabes soï'ew^ étaient, et la troisième personne du pluriel des imparfaits et des conditionnels, ils liraient, ils chanteraient, etc.
Faites- vous des amis prompts à vous censurer ; Qu'ils soient de vos écrits les confidents sincères. Quatre bœufs attelés , d'un pas tranquille et lent , PTomenaimt dans Paris le monarque indolent.
De rhiatas.
Toute autre voyelle que Ve muet qui termine un mot forme hiatus (du latin hiare, ouvrir la bouche, bâiller), quand le mot suivant commence par une voyelle ou une h muette : vraeami, foi ardente^ul alla à simiens, voilà autant d'hiatus.
La conjonction et forme aussi hiatus, lorsqu'elle précède un mot commençant par une voyelle ou une h muette : et il alla.
En règle générale, l'hiatus est proscrit des vers français; c'est le précepte de Boileau :
Gardez qu'une voyelle, à courir trop hâtée. Ne soit d'une voyelle en son chemin heurtée.
Uhiatus, autrefois permis dans les vers français, ne l'est plus maintenant que dans les cas suivants :
1° Avec une voyelle nasale, an, in, on, etc., parce que ces voyelles n'en sont pas pour l'œil :
Celui qui met un frein à la fureur des flots.
2° Pour le mot oui répété, ou placé après une interjection :
Oui y oui , je veux parler, et ce dessein m'anime. Hél ouif'jQ ferai tout Dour ne pas vous déplaire.
COMPOSITION. — YERSIFICATION. 207
3° Devant onze ou onzième, parce que ces mots se prononcent comme s'ils commençaient par une h aspirée ; quelques-uns font cependant l'élision avec le; on dit donc le onze ou quelquefois Vonze:
Lui onzième arrivant , chacun se met à table. le onze de ce mois, à la date fixée.
4® Pour les locutions familières, les expressions proverbiales, les phrases toutes faites et les noms propres composés :
Lejuge prétendait qu'à tort et à travers On ne saurait manquer, condamnant un pervers. Tant y a qu'il n'est rien que votre chien ne prenne. Cher Ménage et cher de Rinci , Je suis à Fontenay-auX'Roses.
Du repos et de la césure.
On appelle repos^ dans les vers, certaines suspensions du sens, non complètes, mais sensibles, qui exigent un moment d'arrêt à la lecture.
Le repos qui a lieu à la fin du vers s'appelle repos final : Celui qui met un frein à la fureur des flots — Sait aussi des méchants arr^r les complots. La cigale ayant chanté —
Tout l'été , — Se trouva fort dépourvue — Quand la bise fut venue.
Le repos obligatoire qui a lieu après la sixième syllabe dans le vers alexandrin ; après la quatrième, quelquefois après la cinquième, dans les vers de dix syllabes, s'appelle césure (du latin cxsura, coupure) ; on l'appelle aussi hémistiche (du grec hémistichos, moitié de vers), parce qu'il coupe le vers en deux parties. Boileau donne le précepte et l'exemple pour le vers alexandrin :
Que toujours dans vos vers — le sens , coupant les mots ,
Suspende l'hémistiche , — en marque le repos.
208 COTMIS DE LITTÉRATURE.
Vers de dix syllabes avec la césure après la quatrième
syllabe :
L'n ennemi , — dit un célèbre auteur,
Est un seigneur, — un docte précepteur.
Fâcheux parfois , — mais toujours salutaire ,
Et qui nous sert, — sans gage ni salaire. ( J.-B. Rousseau.)
Vers de dix syllabes avec la césure après la cinquièm syllabe :
où couTS-tu donc , mon livre ? Ici fêté , tranquille ,
Pourquoi t'eiposer — à mille mépris ?
Pourquoi vouloir livrer aux rires de la ville
Des vers seulement — bons pour des amis?... Mais tu n'écoutes rien; r^en ne peut te contraindre ,
A rester ici , — loin de tous les yeux : Va donc , fuis , vole , cours ; mais ne viens pas te plaindre
Si tu sens les coups — d'un peuple envieux.
(Traduit de Martial.)
Pour les vers qui n'ont que huit syllabes ou moins, ïl n'y a pas de repos obligatoire ailleurs qu'à la fin du vers.
Il faut remarquer que l'hémistiche ne peut se terminer par une syllabe muette; ainsi ce vers :
C'est dans l'infortune — qu'on connaît ses amis,
serait défectueux. Par suite, l'e muet qui se trouve à l'hémistiche doit être élidé, comme dans ce vers : Oui , je viens dans son tem^Ze — adorer l'Éternel.
Les mots terminés par es, eut ne peuvent donc jamaî!? se trouver à l'hémistiche ; mais onfaitune exception poifl la terminaison aient :
Français, Anglais , Lorrains que la fureur rassemble , Avançaient , reculaie»? , frappaient , mouraient ensemble.
(Voltaire.)
Enfin, il résulte de la définition même de la césure, qu'elle ne peut exister que lorsque le sens permet au
moins un léger repos entre le mot où elle se produit et le mot qui la suit : le goût et l'oreille, formés par la lecture des bons modèles, peuvent seuls apprendre à juger de la suffisance ou de l'insuffisance de ce repos.
Diverses coupures.
Les vers français, surtout ceux de douze et de dix syllabes, seraient fort monotones s'ils étaient toujours et uniquement coupés après un même nombre de syllabes; la césure à l'hémistiche doit toujours être observée dans ces vers, mais on peut y introduire d'autres repos, soit dans le premier, soit dans le second hémistiche, et varier le repos d'une manière agréable à l'oreille. Ces coupures ou coupes, habilement ménagées, produisent souvent d'heureux effets d'harmonie imitative; mais il ne faut pas en abuser : trop multipliées, elles cessent de frapper i*esprit ou le fatiguent. Voltaire donne le précepte et l'exemple dans les vers suivants :
Observez l'hémistiche , — et redoutez l'ennui Qu'un repos uniforme attache auprès de lui. Que votre phrase — heureuse et clairement rendue , Soit tantôt terminée , — et tantôt suspendue ; C'est le secret de l'art. — Imitez ces accents Dont l'élégant Marot avait charmé nos sens. Toujours harmonieux — et libre sans licence , Il n'appesantit point ses sons — ni sa cadence , Marot , — dont Terpsichore avait conduit les pas , Fit sentir la mesure , et ne la marqua pas.
Enjambemenls.
Le repos final du vers doit être plus sensible que celui de l'hémistiche, surtout dans les grands vers, comme les alexandrins et ceux de dix syllabes. « Notre hexamètre, naturellement majestueux, dit La Harpe, doit se reposer ^ur lui-môme ; il perd toute noblesse si on le fait mar-
210 COURS DE UTTÉRATURE.
cher par sauts et par bonds ; si la fin d'un vers se rejoint souvent au commencement de l'autre, l'effet de la rime disparaît. » Comme c'est en effet la rime, dont on va parler tout à l'heure, qui fait le mieux sentir à l'oreille la coupe des vers, et qui en donne la mesure, le vers disparaîtrait si la prononciation ne s'y arrêtait pas naturellement. Ainsi les vers suivants sont défectueux :
Les Parques se disaient : Charles qui doit venir
Au monde...
Cette nymphe royale est digne qu'on lui dresse
Des autels...
Car, puisque la fortune ayeuglément dispose
De tout, peut-être à nous viendra-t-il quelque chose.
Veriir au monde, dresse des autels, dispose de tout, ne peuvent se séparer dans la prononciation; le repos final manque donc, et l'on ne sent plus la rime.
Il n'est pas moins défectueux déterminer le sens d'un versa l'hémistiche du vers suivant; quand cette coupe se représente souvent, l'oreille ne sait plus où est la fin des vers, et les alexandrins se trouvent comme changés en vers de six syllabes, dont les rimes manquent de deux en deux. Exemple :
0 jeunes voyageurs , dites-moi dans quels lieux
Je puis la retrouyer. Ènée à la déesse
Répond ce peu de mots : La jeune chasseresse...
Lorsque le sens d'un vers ne finit que dans le commencement du vers qui suit, on dit qu'il y a e»;a;w6ewe»^. L'enjambement, qu'il faut éviter, en général, dans les vers alexandrins, se tolère plus volontiers dans les vers de dix syllabes, surtout quand il s'agit de traiter un sujet badin et léger. La fable, la comédie, l'épître familière l'admettent aussi, même pour les vers alexandrins. Dans la haute poésie et dans les vers sérieux, on
peut en tirer parfois un excellent effet; voici dans quelles circonstances :
1^ Quand il fait image ou produit un effet d'harmonie imitative ;
Là , du sommet lointain des roches buissonneuses Je vois la chèvre pendre... (Delille'. )
Je te plains de tomber dans ses mains redoutables , Ma fille... En achevant ces mots épouvantables...
{RkcinE, Athalie.) Soudain le mont liquide, élevé dans les airs , Retombe ,• un noir limon bouillonne au fond des mers.
(Delille.)
2° Quand le sens finit par un mot placé entre une virgule et un point, ou un un point et virgule ou deux points, comme on le voit dans les deux derniers exemples précédents, et dans celui-ci :
Sitôt que du nectar la troupe est abreuvée , On dessert; et soudain , la nappe étant levée...
( B01LEÂ.U.)
3* Quand il y a une suspension subite dans le sens, qu'on s'interrompt soi-même, ou que, dans le dialogue, on est interrompu par un autre ;
Faut-il qu'en ce moment un scrupule timide Perde... Mais quel bonheur nous envoie Atalide.'
ANDR0MAQ13E.
Ainsi tous trois , seigneur, par vos soins réunis ïïous vous...