‹ Cours abrégé de littératureChapitre 28 sur 61 · FONTANES · texte numérisé non relu

FONTANES

Là sont les plus beaux modèles que puissent étudier les poètes lyriques. Voici le Magnificat y cantique de la sainte Vierge :

Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon salut.

11 a regardé la bassesse de sa servante , et voici que toutes les générations m'appelleront bienheureuse.

Car il a fait en moi de grandes choses , celui qui peut tout. Et son nom est saint.

Et sa miséricorde s'étend de génération en génération sur ceux qui le craignent.

Il a déployé la force de son bras; il a dissipé les desseins des superbes enorgueillis dans les pensées de leur cœur.

Il a renversé de leurs sièges les hautains et élevé les petits.

Il a comblé de biens les indigents pressés de la faim , et renvoyé vides ceux qui étaient dans l'abondance.

Il a relevé Israël , son serviteur, se souvenant de sa miséricorde promise à nos pères , à Abraham et à sa postérité . pour toujours (1).

Les hymnes de la liturgie catholique se distinguent généralement par une charmante simplicité, par la suavité, par l'onction, par quelque chose qui recueille l'âme et qui la pacifie, quelque chose qui touche et qui remplit le cœur des plus tendres sentiments de la piété; ces hymnes ne remplissent pas l'oreille d'un vain bruit, mais elles prient (2), et c'est là ;un mérite qu'ont trop rarement les hymnes modernes, plus brillantes, mais moins propres à élever l'âme à Dieu.

Les cantiques en langue vulgaire ou cantiques spirituels se trouvent dans des recueils auxquels n'a pas toujours présidé un choix assez sévère ; mais il y en a de véritablement remarquables, quelques-uns dus aux plus grands poètes, d'autres à des prêtres zélés qui ont plus d'une fois rencontré l'inspiration.

Voici un cantique sur le jugement dernier; le poëte s'est inspiré du Dies irx :

Dieu va déployer sa puissance ,

Le temps comme un songe s'enfuit; Les siècles sont passés , l'éternité commence ; Le monde va rentrer dans l'horreur de la nuit.

J'entends la trompette effrayante :

Quels bruiti ! quels lugubres éclairs 1 Le Seigneur a lancé la foudre étincelante , Et ses feux dévorants embrasent l'univers.

(1) Traduction de M. L. VeuiUot, Vie de N.-S. Jésus-Christ.

(2) Monseigneur Fallu du Parc.

236 COURS DE LITTÉRATUEE.

Les monts foudroyés se renversent,

Les êtres sont tous confondus ; La mer ouvre son sein , les ondes se dispersent Tout est dans le chaos , et la terre n'est plus.

Sortez des tombeaux , ô poussière ,

Dépouilles des pâles humains ; Le Seigneur vous appelle , il vous rend la lumière 11 va sonder vos cœurs et fixer vos destins.

n vient : tout est dans le silence;

La croix porte au loin la terreur :

Le pécheur consterné frémit à sà présence , Et le juste lui-même est saisi de frayeur...

De tes jugements, Dieu sévère ,

Pourrai-je subir les rigueurs ?

J'ai péché , mais ton sang désarme ta colère ; J'ai péché, mais mon crime est éteint par mes pleurs.

Dans un autre cantique, on entend les soupirs des nommes qui attendent le Messie :

Le Dieu que nos soupirs appellent Hélas ! ne viendra-t-il jamais?

Les siècles qui se renouvellent Accomplùront-ils ses décrets.'

Le verrons-nous bientôt éclore, Ce jour promis à notre foi ?

Viens dissiper, brillante aurore , Les ombres de l'antique loi.

le dithyrambe.

Le paganisme ne peut rien présenter de comparable aux odes sacrées des Hébreux et des chrétiens : il n'est rien resté d'authentique d'Orphée; les hymnes d'Homère et d'autres poètes, à côté de traits magnifiques, en offrent d'autres qui décèlent aussitôt l'erreur idolâtrique ou la corruption païenne. Chez les Grecs on désignait particulièrement sous le nom de yéan les hymnes en l'hon-

neur d'Apollon, et sous le nom de dithyrambe les hymnes en l'honneur de Bacchus.

Dans le dithyrambe, le poëte imitait le délire de l'ivresse, et se livrait à une verve désordonnée d'images, d'hyperboles, en même temps qu'il faisait le mélange le plus arbitraire des diverses espèces de rhythmes. Les Latins n'ont pas cultivé ce genre, qui n'allait pas au génie mesuré et ordonné des Romains. On appelle aujourd'hui dithyrambe une pièce de vers dans le genre lyrique, mais qui se distingue de l'ode ordinaire par l'irrégularité des stances et par le mélange arbitraire de vers de toutes mesures. Tel est le dithyrambe de Delille sur V Immortalité de l'âme, courageusement publié au milieu des fureurs de la révolution :

Dans sa demeure inébranlable ,

Assise sur réternité ,

La tranquille immortalité , Propice au bon et terrible au coupable , Du temps qui , sous ses yeux , marche à pas de géant ,

Défend l'ami de la justice ,

Et rayit à l'espoir du vice

L'asile horrible du néant.

Oui , vous qui, de l'Olympe usurpant le tonnerre, Des éternelles lois renversez les autels ,

Lâches oppresseurs de la terre ,

Tremblez , vous êtes immortels !

Et vous, vous, du malheur victimes passagères Sur qui veillent d'un Dieu les regards paternels V^oyageurs d'un moment aux terres étrangères. Consolez-vous, vous êtes immortels i

De l'ode héroïque.

Vode héroïque, qu'on appelle aussi pindarique, parce que Pindare en a fourni les plus beaux modèles chez les Grecs, chante les exploits, le génie, les talents, les vertus des grands hommes dans tous les genres; elle

chante aussi les événements heureux ou malheureux qui intéressent un peuple, une province, une ville; elle célèbre les victoires, encourage les guerriers au combat, etc. Dans ce dernier cas, on lui donne le nom d'hymne guerrier.

Le style de l'ode héroïque doit être vif, éclatant, sublime; en faisant appel aux grands sentiments qu'inspirent la religion et l'amour de la patrie, elle agit plus fortement sur les esprits et sur les cœurs. Pindare et Tyrtée chez les Grecs, Horace chez les Latins, et chez nous Malherbe, J.-J. Rousseau, Lefranc de Pompignan, Lebrun, Casimir Delavigne, Victor Hugo, Lamartine, présentent les plus beaux modèles d'odes héroïques.

M. Victor Hugo célèbre ainsi la France guerrière, à propos de l'arc de triomphe de l'Étoile, en 1823 :

La France a des palais, des tombeaux, des portiques, De vieux châteaux, tout pleins de bannières antiques , Héroïques joyaux conquis dans les dangers ; Sa pieuse valeur, prodigue en fiers exemples ,

Pour parer ses superbes temples ,

Dépouille les camps étrangers.

On voit dans ses cités , de monuments peuplées , Rome et ses dieux , Memphis et ses noirs mausolées; Le lion de Venise en leurs murs a dormi ! £t quand , pour embellir nos vastes Babyloîies,

Le bronze manque à ses colonnes ,

Elle en demande à l'ennemi.

Lorsque luit aux combats son armure enflammée,

Son oriflamme auguste et de lis parsemée

Chasse les escadrons ainsi que des troupeaux :

Puis elle offre aux vaincus des dons après les guerres.

Et, comme des hochets vulgaires ,

Y mêle leurs propres drapeaux.

Arc triomphal! la foudre , en terrassant ton maitrc, Semblait avoir frappé ton front encore à naître.

Par nos exploits nouveaux te voilà relevé !

Car on n'a pas voulu , dans notre illustre armée ,

Qu'il fût de notre renommée

Un monument inachevé l

Dis aux siècles le nom de leur chef magnanime. Qu'on lise sur ton front que nul laurier sublime A des glaives français ne peut se dérober. Lève-toi jusqu'aux cieux , portique de victoire !

Que le géant de notre gloire

Puisse passer sans se courber !

De l'ode morale ou philosophiqne.

Vode morale ou philosophique a pour but de détourner du vice et d'inspirer la vertu; les sentiments qu'elle exprime doivent être purs, les doctrines qu'elle prêche,/ irréprochables; c'est l'amour de la vertu, l'amour de Dieu et des hommes qui l'inspirent. Chez les païens elle ne pouvait guère enseigner qu'une morale humaine et froide; chez les chrétiens elle s'élève davantage, et se rapproche ainsi de l'ode sacrée et de l'ode héroïque.

Lamartine fait ainsi parler le chrétien mourant.

Qu'entends-je ? Autour de moi l'airain sacré résonne ! Quelle foule pieuse en pleurant m'environne ? Pour qui ce chant funèbre et ce pâle flambeau? O mort ! est-ce ta voix qui frappe mon oreille Pour la dernière fois ? Hé quoi ! Je me réveille Sur le bord du tombeau !

O toi , d'un feu divin précieuse étincelle , De ce corps périssable habitante immortelle , Dissipe ces terreurs : la mort vient l'affranchir ! Prends ton vol , ô mon âme, et dépouille tes chaînes * Déposer le fardeau des misères humaines , Est-ce donc là mourir ?

Oui , le temps a cessé de mesurer mes heures : Messagers rayonnants des célestes demeures ,

Dans quels palais nouveaux allez-Yous me ravir ? Déjà, déjà je nage en des flots de lumière; L'espace devant moi s'agrandit, et la terre Sous mes pieds semble fuir !

Mais qu'entends-je? Au moment où mon âme s'ëveilb . Des soupirs , des sanglots ont frappé mon oreille ! Compagnons de l'exil, quoi! vous pleurez ma mort!... Vous pleurez ! et déjà dans la coupe sacrée J'ai bu l'oubli des maux , et mon âme enivrée Entre au céleste port.

De Tode badine et de la chanson.

Uode badine roule sur des sujets gracieux; elle peint des scènes touchantes ou gaies, et demande un ton simple et modéré, qui n'exclut pas l'enthousiasme et la chaleur. Consacrée à chanter le plaisir, elle prend le nom d'anacréontique, à cause du poète grec qui a cultivé ce genre avec le plus de grâce; lorsqu'elle s'occupe de sujets tendres, gracieux ou mélancoliques, elle prend le nom de romance, parce qu'elle rappelle les anciennes chansons écrites en langue vulgaire ou romane, que chantaient nos anciens poètes; enfin, lorsqu'elle forme un petit poëme qui peint le côté gai de la vie, qui nargue le chagrin, qui console le pauvre et le malheureux, qui se moque des travers ou des vices , ou même qui anime les guerriers au combat , ou qui , tout en restant populaire, s'élève aux plus sublimes accents inspirés par le cœur, on l'appelle chanson.

La chanson se chante sur un air; elle se divise en couplets ordinairement terminés par un refrain dont le mérite consiste à être bien amené et à exprimer fortement le sentiment qui domine dans la chanson.

La chanson se divise en plusieurs espèces : il y a la chanson bachique , qui chante Bacchus, le vin et la bonnî^ chère ; la chanson guerrière, qui chante les corn-

bats et la gloire militaire; la chanson satirique , qui critique les travers et les vices, et qu'on appelle aussi vaudeville, nom également donné au divertissement qui termine les petites pièces de théâtre et à ces pièces elles-mêmes, etc.

On peut dire que tous les sujets sont du domaine de la chanson , qui leur donne seulement une forme plus saisissante et plus capable d'agir sur la foule et sur les intelligences les moins cultivées. Est-il besoin d'ajouter que, dans ses plus grandes vivacités, elle doit toujours respecter la religion, les mœurs et la décence? Mais, il faut le dire, c'est là une règle qui n'est que trop souvent violée

Ode gracieuse :

Désert , aimable solitude , Séjour du caime et de la pais.

Asile où n'entrèrent jamais Le tumulte et l'inquiétude ;

Parmi ces bois et ces hameaux , C'est là que je commence à vivre , Et j'empêcherai de m'y suivre Le souvenir de tous mes maux....

Mais , hélas ! ces paisibles jours Coulent avec trop de vitesse , Mon indolence et ma paresse N'en peuvent arrêter le cours.

Déjà la vieillesse s'avance, Et je verrai bientôt la mort Exécuter l'arrêt du sort Qui m'y livre sans espérance.

Fontenaî , lieu délicieux , Où je vis d'abord la lumière , Bientôt, au bout de ma carrière , Chez toi je joiodrai mes aïeux.

Muses , qui dans ce lieu champêtre Avec soin me fîtes nourrir'.

Beaux arbres qui m'avez vu naître, Bientôt vous me verrez mourir.

(Chàuueu.)

Romance :

Combien j'ai douce souvenance

Du joli lieu de ma naissance!

Ma sœur, qu'ils étaient beaux les jcRirs

De France 1 O mon pays , sois mes amours

Toujours !

Te souvient-il que notre mère, Au foyer de notre chaumière , Nous pressait sur son cœur joyeux ,

Ma chère, Et nous baisions ses blancs cheveux

Tous deux ?

Ma sœur, te souvient -il encore Du château que baignait la Dore, Et de cette t.M vieille tour

Du Maure , Où l'airain sonnait le retour

Du jour ?

Te souvient-il du lac tranquille

Qu'effleurait l'hirondelle agile , •

Du vent qui courbait le roseau

Mobile , Et du soleil couchant sur l'eau ,

Si beau ?

Oh ! qui me rendra mon Hélène , Et la montagne, et le grand chêne; Ce souvenir fait tous les jours

Ma peine ; Mon pays sera mes amours

Toujours. {Cuàteadbrund.)

Chanson de table ou bachique.

Lebrun a composé ces couplets pour un convive tronome :

Ami , laisse rouler la terre Autour de l'astre des saisous :

Ris et bois ; j'aime mieux ce verre Que l'astrolabe des Newtons

Qu'importe qu'au centre du monde Le soleil fixe ses destins , Pourvu que sa chaleur féconde Mûrisse toujours nos raisins ?

Crois-moi, sous l'ombre delà treille Goûte les charmes des beaux jours :

Chaque heure , en fuyant , nous conseille De ravir des moments si courts .

Et toi, lyre , aunable convive

Qui dois plaire aux festins des dieux ,

Rends ton allégresse plus vive

Par tes accents mélodieux.

Si jamais l'envieux Saturne Me jette un sinistre regard, O Bacchus , je veux dans ton urne Enivrer ce maudit vieillard !

Dans ces derniers temps, Béranger a créé une nouvelle espèce de chansons, qui mêle le ton de l'ode à celui de la chanson proprement dite. Voici un couplet qui en donnera l'idée :

Un conquérant , dans sa fortune altière , Se fit un jeu des sceptres et des lois , Et de ses pieds on peut voir la poussière Empreinte encor sur le bandeau des rois. Vous rampiez tous , ô rois qu'on déifie ; Moi , pour braver des maîtres exigeants , Le verre en main , gaiement je me confie Au dieu des bonnes gens.

Chanson satirique ou vaudeville.

Boileau , après avoir parlé de la satire , en trace ainsi les règles :

24i COURS DE LITTÉRATURE.

D'un trait de ce poëme en bons mots si fertile , Le Français , né malin , forma le vaudeville. Agréable indiscret qui , contiuit par le chant , Passe de bouche en bouche et s'accroît en marchant. La liberté française en ses vers se déploie ; Cet enfant du plaisir veut naître dans la joie. Toutefois n'allez pas , goguenard dangereux , Faire Dieu le sujet d'un badinage affreux.

Les soldats se plaisaient à chanter ce couplet sur Villeroi, fait prisonnier à Crémone :

Palsambleu! la nouvelle est bonne, Et notre bonheur est égal :

Nous avons recouvré Crémone Et perdu notre général.

La gaieté française se consolait de la défaite de Rusbach en faisant chanter ainsi le général vaincu :

Mardi, mercredi, jeudi.

Sont trois jours de la semaine :

Je m'assemblai le mardi; Mercredi, je fus en plaine; Je fus battu le jeudi , Mardi, mercredi , jeudi, Sont trois jours de la semaine.

On a dit bien justement :

Le Français rit de tout . même de ses malheurs

Mais il sait surtout railler en chantant, comme le moigne ce couplet d'un vaudeville de Panard :

Le perroquet et Tacteur Tous deux récitent par cœur :

Voilà la ressemblance.

Devant le public assemblé , L'un siftle, l'autre est sifllé;

Voilà la différence.

A la chanson peut se rattacher la complainte, qui était autrefois le récit naïf et plaintif d'une action réelle ou

imaginaire, ayant son exposition, ses péripéties et son dénoûment, mais qui de nos jours est devenue triviale et burlesque dans la forme , comme la complainte du Juif-errant, comme toutes celles que l'on compose à Toccasion de l'exécution des grands criminels, et comme la chanson deMalbrouck (Marlborough).

De la caDtate.

La cantate est une composition lyrique , du genre héroïque ou du genre gracieux, faite pour être mise en musique, et composée de deux parties distinctes : le récit ou récitatif, et Vair ou chaiit, qui reviennent alternativement. Ces airs peuvent être chantés par des chœurs. Cette espèce de poëme, originaire d'Italie > a été introduit dans la poésie française par J.-J. Rousseau; CasimirDelavigne et Lamartine ontcomposé defortbelles cantates; on pourrait considérer comme des poëmes de ce genre les beaux chœurs d^Esther et (VAthalie.

Dans la cantate de Circé , J.-B. Rousseau représente la magicienne ayant recours aux secrets de son art pour rappeler Ulysse :

Sur un autel sanglant l'affreu;;^ bûcher s'allume ; La foudre dévorante aussitôt le consume : Mille noires vapeurs obscurcissent le jour. Les astres de la nuit interrompent leur course , Les fleuves étonnés remontent vers leur source , Et Pluton même tremble en son obscur séjour.

Sa voix redoutable Trouble les enfers ; Un bruit formidable Gronde dans les airs; Un voile effroyable Couvre l'univers.

La terre tremblante Frémit de terreur :

246 COURS DE LlTTÉRATURj:.

L'onde turbulente Mugit de fureur ; La lune sanglante Recule d'horreur.

Dans le sein de la mort ses noirs encliantemenls

Vont troubler le repos des ombres ; Les mânes effrayés quittent leurs monuments. Lair retentit au loin de leurs longs hurlements ; •

Et les vents , échappés de leurs cavernes sombres, Mêlent à leurs clameurs d'horribles sifTûements.

L'épithalame.

Vépithalame {du. grec épiihalamion, chant nuptial) est une chanson de noces en l'honneur des nouveaux époux ; il se compose naturellement de deux parties : Tune qui célèbre leurs vertus et leurs mérites, l'autre qui exprime des vœux pour leur bonheur; il s'y trouve ordinairement quelques vers qui sont répétés et qui forment une espèce de refrain.

La délicatesse des sentiments, la richesse, Vélégance, la grâce et la variété du style sont les qualités principales de l'épithalame.

Le Cantique des cantiques de Salomon est un épithalame inspiré qui célèbre les noces mystiques de Jésus- Christ et de rÉghse.

S II. — K« ^enre épique ou épopée.

Défiailions et divisions.

Le genre épique (du grec épos, parole, récit) embrasse tout récit poétique qui est le développement d'un fait.

Le poème qui contient ce récit s'appelle épopée. L'épopée est donc le récit poétique d'un fail. C'est la narration qui en constitue le fond, ce qui la distingue du poème lyrique, qui est l'expression vive et animée du sentiment, du poëme dramatique, qui représente Tac-

tion au lieu d'en faire le récit, et du poëme didactique, qui est un tissu plus ou moins orné de principes et de préceptes.

Les diverses espèces de récits qui peuvent être faits forment autant d'espèces d'épopées : Vépopée proprement dite , Vépopée héroïque, Vépopée héroï-comique et Vépopée badine,

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