IV. — De l'épopée badine
Vépopée badine ou poëme badin est une petite histoire
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racontée en vers, et qui peut avoir l'action et le merveilleux de l'épopée, mais qui n'en prend ni le ton ni le style. Le mérite en consiste dans la délicatesse des détails et la légèreté du style.
Le Vert-Vert de Gresset est un modèle du genre : on sait que Vert-Vert était un perroquet élevé par des religieuses ; sa réputation fait désirer de le voir dans un autre couvent que celui où l'on admirait ses qualités; on l'y envoie ; il se pervertit en route, épouvante et scandalise les religieuses par son langage; enfin, on le convertit, et alors il devient l'objet de tant de gâteries , qu'il meurt sous l'excès des friandises qu'on lui prodigue. On peut deviner à combien de malicieuses plaisanteries donnent lieu ces diverses aventures.
Au-dessous du poème badin se place le poème burlesque, qui est la parodie de la grande épopée , et qui travestit les choses les plus sérieuses et les plus élevées en plaisanteries bouffonnes. Le poëme burlesque est une caricature et ne mérite pas plus d'estime. Les Grecs le connaissaient déjà; Scarron Ta ramené parmi nous avec son Enéide travestie. Il faut plaindre ceux qui se plaisent à ces bouffonneries.
S III. — I^e i^cnre dramatique.
Origine et défiaition.
Le drame (du grec drama, action) est essentiellement la représentation d'un fait par la parole et par l'action. 11 diffère ainsi de Vodey qui n'est qu'un chant, et de Vépopée, qui est surtout un récit.
Le drame, comme toute autre œuvre poétique, doit élever l'âme en l'intéressant et la récréant par le tableau de la vie humaine; s'il ne le fait pas, il est inutile; s'il fait le contraire, il est dangereux et condamnable.
L'homme a commencé par chanter, puis il a raconté et s'est complu au récit des actions des héros; le drame n'est venu que plus tard^ mêlé d'abord aux cérémonies , et s'en détachant peu à peu pour devenir un délassement profane. Boileau en a ainsi tracé l'histoire chez les Grecs :
La tragédie, informe et grossière en naissant, N'était qu'un simple chœur, où chacun en dansant. Et du dieu des raisins entonnant les louanges, S'efforçait d'attirer de fertiles vendanges. Là le vin et la joie éveillant les esprits, Du plus habile chantre un bouc était le prix. Thespis fut le premier qui, barbouillé de Ue, Promena par les bourgs cette heureuse folie, Et d'acteurs mal ornés chargeant un tombereau Amusa les passants d'un spectacle nouveau. Eschyle dans les chœurs jeta les personnages, D'un masque plus honnête habilla les visages ; Sur les ais d'un théâtre au public exhaussé, Fit paraître l'acteur d'un brodequm chaussé. Sophocle enfin, donnant l'essor à son génie. Accrut encor la pompe, augmenta l'harmonie, Intéressa le chœur dans toute l'action.
Des vers trop raboteux poht l'expression, Lui donna chez les Grecs cette hauteur divine Où jamais n'atteignit la faiblesse latine.
En France , c'est aussi dans les représentations religieuses que se trouvent les origines du théâtre. On ajouta d'abord aux fêtes des cérémonies qui rappelaient les principales circonstances du mystère célébré; des bergers chantant à Noël et venant offrir un agneau, des, enfants chantant les louanges du Sauveur au dimanche des Rameaux, etc. ; puis se développa la représentation de l'histoire des mystères , et il s'établit des confréms d'acteurs; enfin le théâtre se sépara de la religion, et devint ce qu'on l'a vu à partir du seizième siècle
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Il y a deux choses à étudier dans le drame : les règles générales et les divers genres,