‹ Cours abrégé de littératureChapitre 34 sur 61 · I. — Bégaies g^énérales du drame · texte numérisé non relu

I. — Bégaies g^énérales du drame

Les règles générales du drame se rapportent : 1° aux qualités de l'action dramatique ; 2° à la conduite de cette action; 3° aux personnages qui y concourent.

dualités de l'actioB dramatique.

Les qualités essentielles de l'action dramatique sont : \di vraisemblance, Vintégrité et Vunité.

1° L'action dramatique est vraie ou vraisemblable quand elle ne représente rien que de vrai ou de vraisemblable, ce qui est le moyen de rendre l'illusion du spectateur plus complète. Il faut remarquer ici qu'on doit éviter de mettre sous les yeux ce qui pourrait exciter l'horreur ou le dégoût, règle que les auteurs dramatiques modernes n'observent guère; l'œil et le jugement sont plus sévères que l'oreille lorsqu'il s'agit de faits extraordinaires :

Ce qu'on ne doit point voir, qu'un récit nous Texpose : Les yeux en le voyant saisiraient mieux la chose ; Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux.

( BOILEAU

2° L'action est entière quanfl elle présente un juste développement, et que la curiosité du spectateur se trouve complètement satisfaite à la fin. Cela suppose qu'il y a dans le drame, comme dans les autres compositions littéraires, un cominencement ou exposition du sujet, un milieu ou nœud, et une^w ou dénoûment.

3° Trois sortes d'unités concourent à Vuniié de l'action dramatique Vunité du fait, Vunité du temps, et Vunité du lieu :

Qu'en î/w lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.

( BOILEAU

Vunité du fait existe quand toutes les parties qui le composent aboutissent au même point, comme dans le Polyeucte de Corneille , ou que le principal personnage se trouve toujours dans le même péril, comme dans VIphigénie de Racine , et qull excite toujours l'intérêt principal du spectateur, comme Joas dans VAthalie du même poète, etc.

Vunité du temps demande que l'action ne dure pas plus que le temps même de la représentation, ce qui est conforme à la vraisemblance; mais cette rigueur serait si gênante, qu'on est convenu que les intervalles qui se passent entre les actes ou principales divisions du drame pourraient être censés renfermer plusieurs heures, et c'est ainsi qu'on a concédé aux auteurs dramatiques un espace de vingt-quatre heures, ou d'un jour. Cette règle s'appuie donc sur la vraisemblance, qui ne permet pas à un" spectateur de se faire illusion au point de croire que plusieurs jours, plusieurs années même se sont passées pendant qu'il est resté tranquillement assis à la même place, comme on le voit dans les pièces espagnoles :

Un rimeur, sans péril, delà les Pyrénées, Sur la scène en un jour renferme des années : Là souvent le héros d'un spectacle grossier, Enfant au premier acte, est barbon au dernier .

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