‹ Cours abrégé de littératureChapitre 44 sur 61 · RHÉTORIQUE. — L*HISTOIRE ET LE ROMAN · texte numérisé non relu

RHÉTORIQUE. — L*HISTOIRE ET LE ROMAN

che de la vérité, celui de l'histoire est l'exposé des événements pour l'instruction des hommes.

Caractère de l'histoire.

Le caractère essentiel de Thistoire est la vérité. C'est par la vérité qu'elle se distingue des fictions poétiques et romanesques ; c'est par la vérité qu'elle est réellement instructive. C'est malheureusement par le défaut de vérité que pèchent tant de livres d'histoire qui sont d'autant plus dangereux, qu'ils sont écrits avec art et avec éloquence.

La vraie religion^ qui ne craint pas la vérité, et qui ne demande que la vérité, a été surtout attaquée par des récits mensongers et faux ; ce qui a fait dire au comte de Maistre que depuis trois cents ans l'histoire n'est qu'une immense conspiration contre la vérité.

La clarté, l'ordre, l'intérêt, sont des qualités nécessaires à l'histoire, mais la vérité en est le caractère essentiel : il ne faut jamais l'oublier, et c'est pourquoi l'historien ne doit avancer que ce qu'il sait être vrai, et avoir soin de présenter comme douteux ce qui est douteux.

Pour être vrai, il faut être impartial. L'historien est à la fois un témoin et un juge ; un témoin qui rapporte les faits tels qu'il les connaît, un juge qui les apprécie tels qu'ils sont. Mais il ne faudrait pas confondre l'impartialité avec V indifférence. L'homme impartial et véridique dit les choses telles qu'elles sont, même lorsque la vérité lui coûte à dire ; mais cela n'empêche pas que l'on sente dans son ton, dans ses paroles, s'il approuve ou s'il blâme les faits qu'il raconte, s'il se réjouit ou s'afflige d'événements qui intéressent sa famille, sa patrie ou sa religion.

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Différentis espèce de compositions historiques.

Il y a trois principales espèces de compositions historiques : Vhistoire critique^ qui éclaircitles documenis et en discute la valeur, ^'histoire proprement dite, qui est le récit des événements, et Vhistoire philosophique, gui considère les événements sous un point de vue philosophique et moral, pour en tirer des leçons ou, trop souvent, des systèmes.

L'histoire proprement dite se sert des matériaux préparés par la critique, et ne dédaigne pas d'entrer de temps en temps dans la philosophie des événements; mais elle fait sa principale affaire du récit.

Selon son étendue, on lui donne le nom d'histoire universelle, d'histoire générale ou d'histoire particulière.

VJiistofre universelle embrasse tous les événements importants accomplis dans le monde depuis les premiers temps jusqu'à nos jours.

Une histoire générale n'emhfasse que les événements importants qui intéressent une nation pendant toute la durée de son existence, ou que les événements importants accomplis pendant une période déterminée.

Une histoire particulière ne s'occupe que d'une province, ou d'une grande famille historique, ou d'un grand événement qui se détache des autres. Quand elle ne s'applique qu'à une ville, on lui donne quelquefois le nom de monographie ; si elle s'applique à un seul homme, on lui donne le nom de vieow de biographie; la vie d'un saint est une hagiographie.

Selon son objet, l'histoire prend encore différents noms : histoire sacrée, si elle s'occupe plus spécialement des faits religieux; profane, si elle s'occupe principalement des faits politiques et sociaux, etc.

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Principaui historiens.

Le plus ancien historien connu est Moïse, à qui succédèrent les autres historiens inspirés qui ont écrit les livres historiques de l'Ancien Testament etles Évangiles. Chez les Grecs, Hérodote était considéré comme le père de l'histoire; les historiens les plus remarquables après lui furent Thucydide, Xénophon, Polybe, Denys d'Halicarnasse, Diodorede Sicile etPlutarque. Chez les Romains ont brillé Salluste, César, Tite-Live et Tacite, bien au-dessus d'une multitude d'autres historiens qui ne sont plus que des compilateurs ou des chroniqueurs. En France, l'histoire, née dans les cloîtres, où elle n'était plus souvent qu'une chronique, reprit peu à peu sa grandeur avec Villehardouîn au commencement du treizième siècle; Joinville, à la fin du même siècle; Froissart, Comines, dans le siècle suivant, pour atteindre, au dix-septième, à Bossuet ; le dix-huitième siècle ne produisit guère que des histoires inspirées par la haine de la religion ; Voltaire s'y distingua. Au dix-neuvième siècle, l'histoire s'est élevée au plus haut degré : les Chateaubriand, les Guizot, les Augustin Thierry, les Thiers, les Montalembert, les Barante, etc., ont donné aux études historiques un éclat qu'elles n'avaient pas encore connu.

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