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L.a pastorale et l'élég-ie

Le dix-huitième siècle, surtout vers son déclin, se prit d'une passion extraordinaire pour les champs et pour la nature, comme cela se voit souvent aux époques de civilisation avancée et décrépite, et l'on se mit à chanter les bergers et les champs dans la prose comme dans les vers. Saint-Lambert, Roucher et Florian appartiennent par plus d'un côté à cette école pastorale. Il faut joindre à ces noms celui de Berquin, né à Bordeaux, vers 1744 (mort en 1791), et qui débuta par des Idylles pleines de grâce et de fraîcheur, avant de composer le livre qui a fait sa réputation, l'Ami des enfants^ recueil de petits

contes et de dialogues qui ont pour but l'instruction et l'éducation des enfants. L'enseignement de Berquin est moral; mais il ne prêche guère qu'une morale humaine et douce, qui ne s'élève pas à la pratique des mâles et héroïques vertus du christianisme. L'élégie trouva un poëte digne du grand siècle dans André Chénier, né en 1762, à Constantinople, où son père était consul général; sa mère était grecque, et lui inspira de bonne heure le goût des lettres antiques et de la poésie. Ses églogues rappellent le genre grec; ses élégies unissent avec bonheur le sentiment à la naïveté ; tout le monde connaît l'élégie de la Jeune captive. Chénier s'honora en s' élevant avec courage contre les excès de la Révolution; il fut emprisonné comme suspect et condamné à mort. Il monta sur l'échafaud la veille du 9 thermidor, qui l'aurait sauvé, à côté de Roucher, le chantre des Mois, sans pouvoir achever ces vers interrompus par l'appel du commissaire :

Comme un dernier rayon, comme un dernier réphyre

Anime la fin d'un beau jour, Au pied de l'échafaud j'essaye encor ma lyre :

Peut-être est-ce bientôt mon tour.

Peut-être avant que l'heure, en cercle promenés,

Ait posé sur l'émail brillant.

Dans les soixante pas oîi sa route est bornée,

Son pied sonore et vigilant, Le sommeil du tombeau fermera ma paupière!

Avant que de ses deux moitiés Ce vers que je commence ait atteint la dernière,

Peut-être en ces murs effrayés Le messager de mort , noir recruteur des ombres,

Escorté d'infâmes soldats, Remplira de mon nom ces longs corridors sombres,...

11 y a un choix à faire dans les œuvres d'André Chénier : toutes sont remarquables par la forme et charment par leur parfum d'antiquité , mais il en est un trop grand nombre que répudie la morale chrétienne et qui ont les défauts de ces poètes grecs qu'il imitait si heureusement.

§ VI. — Les puosatecrs français du dix-huitième siècle. Philosophes el encyclopédistes.

Voltaire, qui donna le ton à son siècle, avait été précédé

mSTOIRE DE lA WTTÉRATURE FR^INÇAISB. 455

par un écrivain qui finit mieux que lui et qui eut toujours une conduite plus honnête et plus grave, mais qui commença par des attaques très-vives contre la religion et contre la royauté. Ce fut Charles de Secondât, baron de la Brède et de Montesquieu, né au château de la Brède, près de Bordeaux, le 18 janvier 1689, et nommé président à mortier au parlement de Bordeaux, en 4716. Il ouvrit, par la publication des Lettres persanes , en 1721 , la série des livres qui attaquaient les abus et qui jetaient le ridicule même sur les choses les plus sacrées. Les Lettres persanes, ainsi appelées parce qu'elles étaient supposées écrites par un Persan qui voyageait en France pour en étudier les mœurs et les coutumes , étaient la critique de la cour, de la ville , de la France tout entière et de la religion, en même temps qu'elles contenaient le récit de scènes licencieuses et immorales : deux conditions de succès dans une société corrompue et déjà préparée à l'incrédulité. Montesquieu voyagea ensuite en Allemagne, en Hongrie, en Hollande, en Suisse, en Italie et en Angleterre, recueillant partout des observations et des renseignements pour ses travaux futurs, et publia, en 1734, ses Considérations sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains , critique détournée du gouvernement français , étude très-superficielle et très-incomplète de la société romaine, ouvrage bien inférieur aux pages que Bossuet a consacrées au même sujet dans son immortel Discours, mais généralement bien écrit, concis et élégant, et supérieur à ce que la légèreté du dix-huitième siècle produisait à la même époque. Le Dialogue de Sylla et d'Eucrate, publié en 1748, est une espèce de supplément à cet ouvrage; Lysimaque, publié en 1754, est la glorification de la philosophie stoïcier^ne.

L'œuvre capitale de Montesquieu est V Esprit des lois, publié en 1748, ouvrage dont on a dit fort spirituellement et assez justement, que c'est de l'esprit sur les lois. Il y avait travaillé vingt ans. L'ouvrage eut un immense succès, fut traduit dans toutes les langues, et cependant il manque de plan, les divisions manquent de proportion, ouvrage médiocre, en un mot; mais les doctrines matérialistes qui en inspirent l'ensemble, malgré quelques beaux hommages rendus à la religion , l'admiration que l'auteur y témoigne pour la cons-

titution anglaise et pour les républiques anciennes, le mépris qu'il manifeste en général pour la religion , dont il fait une affaire de gouvernement et de climat , contribuèrent à exciter l'enthousiasme de tous les esprits frondeurs, qui ne voyaient que des abus dans la religion et dans le gouvernement. Montesquieu revint à des idées plus chrétiennes dans ses dernières années, et mourut d'une manière édifiante, en 1755.

Jean-Jacques Rousseau, né à Genève, le 28 juin 17i2, mal élevé, nourri dès son enfance dans la lecture des romans, successivement commis de greffier, apprenti graveur, laquais, scribe, séminariste et interprète d'un intrigant, venu à Paris vers l'âge de trente ans, pour y tirer parti d'un nouveau système de notation musicale, livré à toutes les passions, mauvais époux et mauvais père, philosophe incrédule et ennemi des autres philosophes, et surtout de Voltaire, qui le lui rendait bien, fut l'un des sophistes les plus dangereux qui aient jamais tenu la plume. Il débuta, à l'âge de trente-huit ans, par un Discours contre les sciences et les arts, qui était une déclaration de guerre à la civilisation. Deux ans après, en 1750, changeant d'occupation, il fit représenter à l'Opéra son Devin du village, qui eut un grand succès. Une question proposée par l'académie de Dijon,' qui avait couronné son premier Discours, lui en fit composer un second, qui ne fut point couronné, et qui était une violente déclamation contre la société, à propos de YOiigine de l'inégalité parmi les hommes. Quelque temps après, il pubhait une Lettre sur les spectacles, dans laquelle il montrait avec beaucoup d'éloquence les dangers du théâtre ; mais en même temps il travaillait à sa Nouvelle Héloîse { publiée en 1759), roman philosophique, mal conduit et monotone, mais qui fut lu avec une effrayante avidité, parce qu'il remuait toutes les passions et en justifiait tous les égarements. Le Contrat social, qui suivit, fait reposer l'existence de la société sur une convention qui n'a jamais existé , qui n'a jamais pu exister, proclame la souveraineté du peuple, la légitimité du suffrage universel , et contient tous le? principes de la Révolution. Puis vint \'É7nile, qui trace un plan d'éducation fondé .sur la seule raison et n'aboutit qu'à l'athéisme pratique, quoiqu'il professe le déisme. Enfin, \a. Profession de fui du vicaire savoyard s'attaqua directement à la révélation.

et Rousseau dévoila sans pudeur dans ses Confessions , si différentes de celles de saint Augustin , les hontes de sa vie et les misères d'une philosophie tout humaine : « Après avoir lu « ce livre, écrit-il, qui osera dire : Je fus meilleur que cet « homme-là? » cri d'un orgueil impudent qui ne voit pas la profondeur de son avilissement.

Rousseau eut une immense influence sur son siècle. En parlant continuellement de la nature , il en ramena le goût dans une société dont l'existence était tout artificielle; mais à côté de quelques vérités, qui ne s'étaient obscurcies que parce qu'on s'éloignait de la religion, que d'erreurs, que de sophismes , que de maximes corruptrices , que de peintures licencieuses, qui ont fait les plus déplorables ravages dans les intelligences et dans les cœurs ! Le style de Rousseau a de la pompe, de l'entraînement, de la chaleur; il sait habilement dissimuler ses sophismes, il s'élève parfois jusqu'à l'éloquence; mais le mérite de l'écrivain a été surfait : son éloquence n'est souvent que de la déclamation, et son style n'a ni la pureté ni l'élégance simple et naturelle des bons écrivains du dix-septième siècle, pas même celle de Voltaire. S'il ne remuait pas les passions, s'il ne flattait pas l'esprit de révolte, il perdrait la plus grande partie de son action sur les lecteurs.

Comme philosophe, Buffon appartient à l'école incrédule, quoiqu'il se soit toujours gardé d'aller aux excès de cette école; comme savant, il serait étranger à la littérature s'il n'avait pas été l'un des plus habiles et des plus élégants écrivains du dix-huitième siècle. Il naquit en Bourgogne, à Montbar, en 1707, commença parla traduction de deux ouvrages anglais, et, nommé intendant du Jardin du roi (en 1739), conçut dès lors le plan de son Histoire naturelle, dont il composa les morceaux d'éclat, les théories générales, la description des mœurs des animaux, la peinture des grands spectacles de la nature , pendant qu'il laissait à son compatriote Daubenton la partie plus spécialement scientifique de l'ouvrage. Au point de vue de la science, l'Histoire naturelle rejiferme bien des inexactitudes, et elle a le grand défaut de manquer de classification ; l'étude sur les Époques de la nature, qui en forme comme l'introduction, est loin d'expliquer d'une manière satisfaisante les révolutions primitives du globe; mais

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il n'y a qu'une voix pour louer le mérite littéraire de ce grand travail. Le Discours sur le style, prononcé par Buffon pour sa réception à l'Académie française (en IToo), montre que l'historien de la nature avait fait une profonde étude des finesses de la langue et des règles de la rhétorique; en disant que l'écrivain ne doit songer à habiller ses idées et à les colorer par le langage qu'après les avoir coordonnées, il sépare trop l'idée de l'expression , et montre que pour lui la phrase était l'objet d'un travail particulier, tandis que chez les grands écrivains elle sort du même jet que la pensée. Pour lui, le génie était la patience ; cette parole définit exactement la nature de son génie, non celle du génie en général. Il mourut en 1788, à l'âge de quatre-vingt-un ans.

Deux hommes vinrent, dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, grouper les forces éparses et donner une forme savante à l'ensemble de toutes les erreurs du temps : ce furent Diderot et d'Alembert, les deux principaux collaborateurs de VEmyclopédie. Diderot, né àLangres, en 1713, mort en 1784, se fit athée pour arriver à la réputation ; ses romans attaquèrent la morale; ses ouvrages philosophiques attaquèrent toutes les vérités; d'ailleurs, il avait un certain goût littéraire et une grande ardeur au travail. D'Alembert, enfant trouvé sur les marches d'une église de Paris et recueilli par une pauvre femme, naquit en novembre 1717 et mourut en 1793. Géomètre de mérite, il eût pu rendre de véritables services à son pays s'il n'avait voulu se mettre à la tète du parti philosophique et se déclarer ainsi l'ennemi du christianisme. Lorsque le projet de publier un vaste dictionnaire conçu dans les idées philosophiques du temps eut été mûr, on songea à lui pour la direction de la partie scientifique, pendant que Diderot était chargé de la partie littéraire. D'Alembert se retira bientôt : le discours préliminaire de l'Encyclopédie est de lui. Diderot resta seul pendant vingt-cinq ans à la tête de l'œuvre. Sous sa direction travaillèrent Daubenton, pour l'histoire naturelle; Dumarsais, pour la grammaire; Lalande, pour l'astronomie; Rousseau, pour la musique, etc.; Voltaire et Marmontel fournissaient des articles de critique , d'histoire et de littérature; des prêtres avaient été chargés de traiter les questions religieuses. L'idée d'une Encyclopédie , vaste répertoire

des connaissances humaines, était bonne en soi, mais l'exécution la gâtait. L'esprit d'incrédulité, qui anime cette immense compilation, la réduisit à n'être qu'un ouvrage médiocre, mais qui eut une grande et pernicieuse influence à l'époque où il parut (de 1751 à 1780); elle donna un centre à la philosophie incrédule, répandit les idées irréligieuses sous une apparence sérieuse et savante, et popularisa ces idées, qui se trouvèrent ainsi appliquées à toutes les branches des connaissances humaines.

Les apolog-istes.

, Cependant les nouvelles maximes ne prenaient pas tellement faveur qu'elles n'éprouvassent bien des contradictions. D'un côté, les critiques Fréron (mort en 1776), Desfontaines (mort en 1745 ) , Clément, que Voltaire surnommait V Indément (mort en 1812), etc., et les journalistes (jésuites) de Trévoux, sévères, mais judicieux critiques, réclamaient contre les écrivains corrupteurs du bon goût et usurpateurs d'une renommée qu'ils ne méritaient point; d'un autre côté, Bergier, Guérin, Barruel et Feller défendaient directement les vérités religieuses avec une vigueur que le succès n'abandonnait pas toujours. Bergier, né àDarnay, en Lorraine, le dernier jour de l'année 1718, mort en 1790, est le premier des apologistes du dix-huitième siècle. Sa Certitude des preuves du Christianisme, son Béisme réfuté par lui-même , son Examen du matérialisme , sont des modèles de controverse ; son Traité historique et dogmatique de la vraie religion est une apologie complète ; son Bictionnaire de théologie, qui se compose des articles qu'il destinait à VEncydopédie avant d'en connaître le mauvais esprit, montre ce qu'aurait pu être ce grand ouvrage s'il n'avait pas été mis au service de l'impiété. L'abbé Guénée, né àÉtampes, en 1717, mort en 1802, fut l'adversaire le plus redouté de Voltaire, contre qui il écrivit ses Lettres de quelques juifs, chef-d'œuvre de science, de bon goût et de fine plaisanterie, dans lequel il a complètement vengé la Bible de l'ignorance et des sarcasmes du philosophe de Ferney. « Le secrétaire « juif, écrit lui-même Voltaire àd'Alembert, n'est pas sans « esprit et sans connaissances; mais il est malin comme un te singe; il mord jusqu'au sang, en faisant semblant de bai- « ser la main. » L'abbé Barruel, né à Villeneuve-de-Berg,

près de Viviers, en 1741, mort en 1820, était membre de la compagnie de Jésus : ses Eelmennes, lettres ainsi intitulées en souvenir des anciens habitants du Yivarais, sont la réfutation spirituelle et souvent éloquente des livres irréligieux de l'époque. Retiré en Angleterre pendant la Révolution, il a écrit deux ouvrages historiques pleins de précieux renseignements ; l'Histoire du clergé de France pendant la Révolution, et des Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme. L'abbé Feller, membre aussi de la compagnie de Jésus avant sa suppression, a laissé entre autres ouvrages un Dictionnaire biographique qui n'est pas sans défaut , mais qui rétablit la vérité sur une multitude de points où les ennemis de l'Église l'altèrent à dessein. Né à Bruxelles, en 1733, ilmourut en 1802. Les orateurs sacrés.

La religion avait aussi d'éloquents apologistes dans la chaire. Après que la voix de Massillon se fut éteinte, le P. Ségaud, qui l'avait pris pour modèle, et qui a, sinon la richesse et la magnificence, au moins la douceur persuasive et l'onction de l'illustre évèque de Clermont, fit entendre des accents véritablement apostoliques dans les villes et dans les campagnes. Le P. Neuville, originaire de Bretagne, charma aussi de nombreux auditeurs, malgré son style trop académique. L'abbé Poulie, Avignonnais, mort en 1781, moins solide que le P. Ségaud, mais pourvu de plus d'imagination, s'acquit aussi comme prédicateur une renommée que ne justifient guère que ses deux Exhortations de charité, l'une, en faveur des prisonniers, l'autre en faveur des enfants trouvés. Le P. Bridaine, mort en 1767, fut surtout un missionnaire, qui parcourait les campagnes avec le plus grand succès, et qui ne craignait pas de faire entendre à tous les plus sévères vérités. L'abbé André Boullanger^ qu'on appelait le Petit père André à cause de sa petite taille , et le P. Duplessis n'étaient pas moins populaires que le P. Bridaine, tandis que M. de Beauvais (mort en 1790), et M. de Boulogne, né comme l'abbé Poulie, à Avignon, en 1747 (mort en 182o), se faisaient plus particulièrement entendre aux villes et à la cour. L'abbé de Boulogne se fit d'abord connaître en traitant ce sujet fourni par l'académie de Montauban (en 1773) : Il n'y

HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE. ^Ql

a pas de meilleur garant de la probité que la religion. Obligé de se cacher pendant la Terreur, il consacra aussitôt après sa plume à défendre la vérité dans les Annales religieuses. Devenu évêque de Troyes sous l'empire, il racheta bien quelques phrases trop obséquieuses à l'adresse du pouvoir par sa fermeté pendant le pseudo-concile de Paris, en 18^1, et par tout le reste de sa carrière épiscopale. Ses sermons et ses mandements le placent à juste titre au premier rang des prédicateurs de son temps.

Éloquence académique.

L'éloquence académique prit un nouvel essor au dix-huitième siècle, grâce à l'usage que prit l'Académie française, suivie par les académies de province, de proposer Téloge historique de quelque grand homme, ou quelque autre sujet de philosophie, de morale ou d'histoire, pour lesquels des prix étaient décernés. Les orateurs, ou plutôt les écrivains qui se sont le plus distingués dans ce genre d'éloquence, sont l'abbé Guénard, l'académicien Thomas et Chamfort, à côté deBuffon et de Fontenelle, dont les éloges académiques ne sont pas les principaux titres littéraires. Fontenelle, pourtant, doit être nommé ici à cause de l'influence qu'il eut sur le genre académique, comme secrétaire perpétuel de l'Académie, par son style élégant, par son amour de l'antithèse, qui l'a fait comparer à Sénèque, et par la recherche de ces délicatesses et de ces traits d'esprit qui plaisent aux assemblées littéraires. Neveu de Corneille, né en 16S7, mort seulement en 1757, Fontenelle forme la transition entre les deux siècles, conservant une partie des bonnes traditions du premier, précipitant la décadence du goût dans le second par la préférence qu'il donne au brillant sur le solide. Ces qualités et ces défauts paraissent au plus haut degré dans sa Pluralité des monde?, livre moitié philosophique, moitié scientifique, dont le but était de rendre attrayante l'étude de l'astronomie.

Le P. Guénard est surtout connu par son discours sur l'esprit philosophique, qui est un modèle du genre, autant par la justesse et la profondeur des pensées que par le style (couronné en 1755). Mais l'orateur académique par excellence au dix- \iuitième siècle fut Thomas, né à Clermont-Ferrand, en 173-2,

46^ COURS DE LITTÉRATUEE.

mort en 1788. Couronné par l'Académie, en 1759, pour son Éloge du maréchal de Saxe, il se lança dans cette carrière nouvelle, et vit encore couronner ses Éloges du chancelier d'Aguesseauj de Bugv.ay-Trouin et de Sully. Ces œuvres avaient pourtant de graves défauts : un style dur et monotone, de l'emphase, une affectation de termes abstraits, qui obscurcissait souvent la pensée, ni sensibilité, ni variété, ni grâce; mais de l'énergie et une certaine élévation. Voltaire, au lieu de dire du galimatias, disait du galithomas. Les critiques ne furent pas inutiles à Thomas, qui travailla à se corriger de ses défauts et à acquérir les qualités qui lui manquaient; son Éloge de Bescartes, son Éloge de Louis, dauphin de France (en 1765 ], marquèrent de notables progrès, et il atteignit presque la perfection dans l'Éloge de Marc-Jurèle (en 1770), qui est sa meilleure composition. Il a laissé, en outre, un Essai sur les éloges, où il passe en revue les grands hommes à qui l'on a accordé ou refusé des louanges chez les différentes nations, et prononce des jugements qui sont pour la plupart exacts et exposés en fort bon style.

Chamfort, ami et compatriote de Thomas, né dans un village voisin de Clermont, en 1741, a laissé des poésies qui sont oubliées, un Éloge de La Fontaine, qui fut couronné par l'académie de Marseille, et un Éloge de Molière, qui lui ouvrit les portes de l'Académie française. Esprit fort, il se laissa d'abord entraîner dans le mouvement révolutionnaire ; dégoûté des excès des novateurs, il ne leur ménagea ni les bons mots ni les sarcasmes, et fut arrêté. Pour échapper à l'échafaud, il essaya de se tuer, et mourut de ses blessures, le 13 avril 1794.

Les orateurs du barreau.

L'éloquence judiciaire, qui avait fait de grands progrès au dix-septième siècle, en fit de plus grands au dix-huitième, en se débarrassant tout à fait du luxe d'érudition et du pédantisme qui la déparait encore pendant les plus belles années de Louis XrV. Daguesseau, né à Limoges, le 7 novembre 1688, mort en 1751, eut la gloire d'opérer cette heureuse réforme, soit comme avocat général au parlement de Paris (de 1710 à 1767), soit comme procureur général au même parlement, soit comme chancelier; ses plaidoyers, ses réctuisitoires et ses

mercuriales sont des modèles que les jeunes avocats ne doivent pas négliger d'étudier. A côté de ces beaux discours se placent les plaidoyers de Cochin; les Mémoires de Lally-Tollendal défendant la mémoire de son père, ancien gouverneur des Indes, injustement condamné à mort; les Mémoires de Beaumarchais (mort en 1799 ), non moins mordant dans ces espèces de pamphlets que dans son Barbier de Séville et dans son Glanage de Figaro, comédie qui contribua pour sa part à la chute de l'ancienne société française ; enfin, les éloquents discours de Tronchet (mort en 1806), et de Malesherbes, mort en 1794, sur l'échafaud, après avoir expié par son dévouement au roi les coups qu'il avait portés à la royauté.

Les orateurs de la tribane.

Les événements politiques de la fin du siècle suscitèrent tout à coup des orateurs qui placèrent bientôt la tribune française au niveau de la tribune anglaise, oii l'on entendait les voix éloquentes des Pitt, des Fox et des Sheridan. A l'Assemblée constituante se distinguèrent principalement Mirabeau, né en 1749, mort en 1791, véritable tribun à la parole violente et passionnée, qui s'emparait de la tribune comme de son bien, qui foudroyait d'un trait ses adversaires, et qui eût sans doute présenté l'idéal de l'orateur politique s'il n'eût pas souvent mis son éloquence au service de la révolte et de l'erreur, et s'il n'avait pas perdu une partie de sa force par une conduite infâme et une honteuse vénalité; — l'abbé Maury (mort en 1817), qui défendit avec autant de courage que d'éloquence la cause de la religion et du clergé; — M. de Cazalès (mort en 1805), qui défendit la royauté et les vieux principes, tout en se montrant ami de la liberté et des sages réformes. L'Assemblée législative vit briller d'autres orateurs : Barnave, les girondins Guadet, Louvet, Lanjuinais, Yergniaud, qui devaint devenir les victimes d'une révolution qu'ils avaient eux-mêmes provoquée; et les montagnards, Marat, Danton, Robespierre, etc., dévorés à leur tour les uns par les autres ou par ceux qui craignaient de succomber sous leurs coups, hommes à la mémoire odieuse, qui avaient toute l'éloquence que peuvent inspirer la haine et l'ambition, et qui ne réussissent un moment qu'aux plus malheureuses époques de l'histuire.

Les historiens.

On était loin, au dix-huitième siècle, d'avoir les grandes Yues historiques du siècle précédent : Voltaire est bien inférieur à Bossuet, et jamais peut-être ne fut plus flagrante la conspiration des historiens contre la vérité. On rencontre cependant quelques noms estimables à côté des autres. Parmi les historiens qui se sont plus particulièrement occupés de la France, il faut citer: l'abbé Velly, né à Reims, écrivain élégant et assez exact, dont l'Histoire de France, arrêtée à Tavénement des Valois, fut continuée jusqu'à l'année 1469 par Villaret, aussi élégant et plus \if, mais superficiel, et jusqu'au milieu du règne de Charles IX par Garnier, qui est plus exact et plus profond que ses deux prédécesseurs, mais froid, prolixe et ennuyeux; — l'abbé Gaillard, né à Ostel en Picardie, à qui l'on doit, outre une Rhétorique française à l'usage des demoiselles, une Histoire de Marie de Bourgogne, fUle de Charles le Téméraire (en 1757); une Histoire de François I'^^, qui mérite l'estime dont elle a joui (en 1766); une Histoire de Charlemagne, estimable aussi, mais où l'ordre manque (en 1782 ); enfin une Histoire delà rivalité de la France et de l'Angleterre, et une Histoire de la rivalité de la France et de l'Espagne, qui sont ses deux meilleurs ouvrages; il mourut en 1806 ; — l'abbé Mably, né à Grenoble, en 1709, qui a écrit le Parallèle des Romains et des Français par rapport au gouvernement, des Observations sur l'histoire de la Grèce, des Observations sur les Romains, et, en dernier lieu, des Observations sur l'histoire de France, qui révèlent une grande érudition, mais qui ont contribué à la révolution par les attaques qu'elles contiennent contre la royauté, le clergé et la noblesse, quoique l'auteur n'appartmt pas à la secte philosophique -, — Anquetil, enfin (mort en 1808), dont l'Histoire de France inspire un tel ennui qu'on ne peut s'expliquer le long succès de cet ouvrage.

L'histoire étrangère, surtout celles de l'antiquité, fouillée avec une ardeur extraordinaire par les érudits religieux ou laïques, qui amassaient de précieux matériaux, présente quatre noms plus célèbres que les autres.

Rolhn, né à Paris, en 1661, mort en 1741, avait été l'ami de Boileau, du grand Racine, dont il éleva le lils« de Jean-Baptiste

Rousseau"; il le fut de Cochin et de Daguesseau. Comme professeur, et plus tard, comme recteur de luniversité de Paris^ il rendit les plus grands services aux belles-lettres; son Traité des Études, qu'on lit encore avec fruit de nos jours, est un traité d'éducation littéraire qui montre quelle était encore la gravité et la profondeur des études dans la première moitié du dixhuitième siècle : son Histoire ancienne et ce qu'il a pu écrire de l'Histoire romaine rappellent par le charme et la simplicité des récits la manière des historiens de l'antiquité, dont il traduisit les œuvres en les fondant ensemble. Chateaubriand a parfaitement rendu l'effet que produisent ces histoires en disant : « Rollin est le Fénelon de l'histoire, et, comme lui, il a embelli l'Egypte et la Grèce. La narration du vertueux recteur est pleine, simple et tranquille; et le christianisme, attendrissant sa phrase, lui a donné quelque chose qui remue les entrailles. Ses écrits respirent tous cet homme de bien dont le cœur est une fête, selon l'admirable expression de l'Écriture. Nous ne connaissons pas d'ouvrage qui repose plus doucement l'âme. Rollin a répandu sur les crimes des hommes le calme d'une conscience sans reproche. » On dit le bon Rollin, et nul n'a mieux mérité cet éloge; on regrette que cet homme de bien se soit laissé prendre aux idées jansénistes et aux ridicules comédies des partisans du diacre Paris.

Crevier, le plus distingué de ses élèves (mort en 176o),'continua et acheva son Histoire romaine en la poursuivant jusqu'au règne de Constantin : travail très-estimable, mais qui, n'offre pas le charme des œuvres du maître. On lui doit aussi une Histoire de Vuniversité de Paris.

Le Beau, né à Paris en 1701, mort en 1778, professeur distingué de l'université de Paris, comme les précédents, a laissé, outre des œuvres latines, vers et prose, remarquables par leur élégance, une Histoire du Bas-Empire qui va de Constantin le Grand à la prise de Constantinople par les Turcs; c'est un ouvrage estimable, élégamment écrit, suffisamment renseigné, mais où les grandes vues historiques manquent et où l'historien devient trop souvent un simple annaliste diffus et monotone.

Le nom de Rome avait surtout attiré Rollin, Crevier et Le Beau; ce fut la Grèce qui attira l'abbé Barthélémy, né en 1716,

mort en 1795. Possédant à fond l'histoire et les antiquités de la Grèce, Barthélémy s'est servi d'une ingénieuse fiction poulies faire connaître dans son Voyage du jeune Anacharsis, qu'il place à l'époque de Philippe de Macédoine. C'est un ouvrage qu'on lira toujours avec profit, quand on voudra connaître la vie intime des Grecs à l'époque la plus brillante de leur histoire; mais, en le lisant, il faut se rappeler que l'auteur s'est tellement identifié avec eux, qu'il les juge avec toute la bienveillance et l'enthousiasme d'un païen, et ne voit plus les défauts et les plaies hideuses de la société qu'il étudie.

Constantin-François Chassebœuf, qui prit le titre de comte de Volney, né à Craon, en Anjou, en 1757, mort en 1820, appartient à l'histoire par ses Ruines, ou Considérations sur les révolutions des empires, ouvrage publié en 1791, et dans lequel il donne un libre cours à ses idées irréligieuses, qu'il voilait encore dans son Voyage en Egypte et en Syrie, mais qu'il exposa crûment dans sa Loinaturelle, ou Catéchisme du citoyen français, publié en 1793. C'est donc un auteur dont les principes philosophiques ont surtout fait le succès; mais il est juste de dire qu'il se ti'ouve de belles pages dans son Voyage et dans ses Ruines, Les romanciers.

Le roman était plus cultivé que l'histoire, mais avec Diderot et les autres romanciers il était plutôt une excitation au mal qu'une honnête distraction. Avec Lesage, mort en 1747, le roman, moins graveleux mais non plus moral, produisit au moins deux œuvres originales, le Diable boiteux et Gil-Blas, où l'auteur a si bien pris la manière espagnole, qu'on croirait lire une traduction de l'espagnol plutôt que des œuvres écrites d'abord en français. On lui doit aussi une bonne comédie, Tur^ caret, dirigée contre les traitants.

Dans la seconde moitié du siècle, Rousseau donna un autre ton au roman, avec son enthousiasme pour la nature; c'est cet amour de la nature, mis à la mode par Rousseau, joint à une religiosité vague et mal définie et à un sentiment vériritablement poétique, qui fait le mérite des œuvres de Bernardin de Saint-Pierre. Cet écrivain, né au Havre en 1737, mort en 1814, ayant eu occasion de voyager dans les climats les plus divers et de visiter nos colonies, se fit d'abord connaître par la pubUcation de son Voyage à l'île de France (auj.

île Maurice). Les Études de la nature, qui parurent ensuite, ne prouvèrent pas qu'il fût un savant bien exact, mais le montrèrent écrivain plein de charme, et, ce qui valait mieux, ne craignant pas d'élever l'âme vers Dieu par la contemplation de la nature, quoique sa religion ne dépasse guère le déisme; mais c'était déjà une protestation méritoire contre l'athéisme contemporain. Le roman de Paul et Virginie, qui parut en 1788, obtint un immense succès, qui s'est continué jusqu'à nos jours, expliqué sans doute par le charme naïf des récits et par la poésie des descriptions, mais désavoué par un bon goût plus sévère et par les légitimes exigences de la morale. Après ce livre. Bernardin de Saint Pierre ne fit plus que décroître : les Harmonies de la nature, continuation des Études, sont à peine à la même hauteur; la Chaumière indienne^ le Café de Surate, romans dans le genre de Faul et Virginie, sont bien inférieurs à cette production.

E.es critiques littéraires.

Les grammairiens, c'est-à-dire les critiques, avaient suivi, en Grèce et à Rome, les grandes époques littéraires ; il en fut de même en France, où, après Voltaire et même Montesquieu, qui s'était exercé à la critique littéraire dans son Temple du (joùt, parurent Marmontel et La Harpe , les meilleurs écrivains du siècle dans ce genre.

Marmontel, né à Bort, dans le Limousin, en 1723, mort le 31 décembre 1799, reçut son éducation de la charité de quelques religieuses et d'un prêtre, finit ses études chez les jésuites, fut tonsuré, professa la philosophie dans un séminaire, et rentra ensuite dans le monde. Une ode sur L'invention de la poudre à canon et quelques faibles tragédies entreprises avec les encouragements de Voltaire commencèrent à le faire connaître; il réussit mieux dans ses Contes moraux, écrits pour le Mercure de France, journal littéraire du temps, et qui eurent une grande vogue. Son Épître aux poètes sur les charmes de l'étude lui ouvrit les portes de l'Académie française, en 1763. Il publia alors son Bélisaire, petit roman philosophique et politique, où il eut le tort de se montrer hostile à la religion, revint au théâtre en composant quelques opéras comiaues, et publia les Incas, autre roman philosophique dont Ves-

prit est plus hostile encore à la religion que le Bélisaire, et dont le style prétentieux et emphatique rend la lecture assez ennuyeuse. On a encore de lui une Apologie du théâtre, contre J.-J. -Rousseau, un Essai sur les romans, une Histoire de la régence du duc d'Orléaiu et des Mémoires ; mais le meilleur et le plus utile de ses ouvrages est celui qu'il a intitulé : Éléments de littérature, et qui se compose des articles littéraires fournis par lui k Y Encyclopédie : réunis par ordre alphabétique, ces articles sont faciles à consulter, et ils ont le mérite d'être pour la plupart avoués par le bon goût.

La Harpe, né à Paris, le 20 novembre 4739, de parents pauvres, et élevé par la charité chrétienne , se fit distinguer de bonne heure par ses maîtres , remporta de brillants succès dans ses études et écrivit tout en sortant du collège. Son Essai sur YHcroîde, où il jugeait Ovide et laissait déjà percer des opinions philosophiques, lui attira les coups'de férule de Fréron ; avec ses Réflexions sur Lucien, il se fit une querelle avec Marmontel. Alors il se tourna vers le théâtre, et donna quelques tragédies assez médiocres, parmi lesqueUes on disgua WarwicJi (en 1763 , qui fut un brillant coup d'essai, et Philoctéte, où il fut heureusement soutenu par le génie de Sophocle. Deux petites comédies épisodiques en vers hbres : les Muses rivales, ou V Apothéose de Voltaire, et Molière à la nouvelle salle, ouïes Audiences de Thalie, obtinrent auprès des hommes de goût un succès mérité. En même temps, il cultivait V Éloge, où il remplaçait l'académicien Thomas : son Éloge de Catinat annonçait un écrivain remarquable; son Eloge de Racine le montra littérateur consommé dans la théorie et la pratique du théâtre ; son Éloge de Fénelon, très-bien écrit, fait parfaitement connaître le caractère de l'illustre archevêque. Ébloui par le succès, La Harpe s'admirait lui-même et se montrait peu indulgent pour les autres; Marmontel lui fit sentir ce défaut en lui répondant, aux applaudissements du pubhc, pour sa réception à l'Académie française, en 1776. Cela ne le corrigea pas d'abord. A l'époque de la Révolution, fidèle à ses principes philosophiques et à l'amitié de Voltaire, qui l'avait aidé de ses conseils et de son appui, il accepta les innovations avec enthousiasme, et se montra aussi ardent que les plus ardents révolutionnaires dans les leçons qu'il donnait au Lycée

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'.aujourd'hui l'Athénée). II n'en devint pas moins suspect, et fut jeté en prison. Là, tombant sur ces paroles de Vlmitation : a Me voici, mon fils; je viens à vous, parce que vous m'avez invoqué, » il se convertit sincèrement, s'occupa dans sa prison d'une traduction des Psaumes, qu'il fit précéder d'un excellent Discours sur l'esprit des livres saints et le style des prophètes, et, rendu à la liberté par la mort de Robespierre, employa ses dernières années à mettre en ordre son Cours de littérature, fruit de ses leçons au Lycée, et à réfuter les erreurs philosophiques dont il avait lui-même été la dupe.

Le Cours de littérature de La Harpe est son meilleur ouvrage, et jusqu'aujourd'hui l'un des plus beaux monuments de la critique littéraire. Cependant il est faible en ce qui concerne la partie de l'antiquité, et, même dans la partie française, où il est meilleur, le manque de proportion est par trop sensible : Molière n'a qu'un article assez court, par exemple, tandis que Beaumarchais occupe la moitié d'un volume et que le théâtre de Voltaire forme près du tiers de tout l'ouvrage. La Harpe n'a du reste traité que des trois littératures classiques, grecque, latine et^française; le temps lui a manqué pour s'occuper des littératures modernes.

Ç VIL — Les poètes français dc dix-nedvième siècle.

On peut distinguer trois périodes bien caractérisées dans l'histoire littéraire de la France pendant le dix-neuvième siècle : celle de l'empire, où l'ancienne littérature classique, abaissée dans la Révolution, se relève un moment poui achever de s'éteindre, tandis qu'un nouvel esprit commence à se faire jour; celle de la Restauration et des premières années du gouvernement de Juillet, où une vie nouvelle se développe et déborde, et où l'on voit l'école dite romantique, parce qu'elle essaye de remonter aux vieilles sources de la littérature nationale, donner à la poésie un élan désordonné, mais qui n'a pas été sans utilité ; enfin, la période tout à fait contemporaine, qui continue la période précédente, mais avec moins d'éclat, et qui semble encore chercher sa voie. Il serait impossible, dans le tableau que l'on trace ici, de faire connaître tous les noms et toutes les œuvres ; il faudra, plus encore

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470 COURS DE LITiERATLilE.

que pour les siècles précédents, se contenter de quelques comtes et rapides indications.

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