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S'il a permis d’Aman l’audace criminelle,
Sans doute qu’il vouloit éprouver votre zèle.
C'est lui qui m’excitant à vous oser chercher, Devant moi, chère Esther, a bien voulu marcher. Et s’il faut que sa voix frappe en vain vos oreilles, Nous n’en verrons pas moins éclater ses merveilles. Hi peut confondre Aman, il peut briser nos fers
Par la plus foible main qui soit dans l'univers.
Et vous qui n'aurez pas accepté cette grâce,
Vous périrez peut-être, et toute votre race.
3 Laeux propres au genre Judiciaire.
-{. Le genre judiciaire comprend tout ce qui rewarde l'accusation où la défense; son théatre est le barreau. Il s'occupe du juste et de linjuste, et a pour objet toutes les questions de fait ou de droit portées devant les tribunaux. JWilon a-t-il tué Clodius ? Voilà une question de fait. .4-t-il eu raison de le tuer? Voilà une question de droit. Tous les mémoires ou pladoyers des avocats sont donc dans le genre judiciaire, ainsi que tous les discours par les quels on accuse ou lon défend, dans la vue d'obtenir un INA qui absolve ou qui condamne.
+ Les rhéteurs ont distingué dans le genre judiclaire trois états de. cause : L’état de conjectures, l'état de définition, et l’état de qualité.
4 St Pon ne connoit pas, par exemple, l’auteur de lPaction qui fait le sujet du discours, alors comme l’on tâche de découvrir cet auteur par des conjectures, cet état s'appelle état de conjec-
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tures. Si Pauteur est connu, on examine quelle est la nature de l’action qu’il a commise. Par exemple, un voleur a pris dans un temple des coffres qu’un particulier y avoit mis en dépôt ; on examine si cette action doit être appelée ou simple vol ou sacrilège ; on cherche la définition de ce crime ; et ainsi cet état s’appelle état de défnition. Le 3e. s’appelle état de qualité, parceque lon examine la qualité de Paction, si elle est juste ou injuste, innocente ou criminelle.
« Dans l’état de conjectures, il faut considérer si celui qu’on soupçonne «a voulu faire une telle action, s’il l’a pu, et si on en a quelques marques. On découvre quelle est sa volonté, en considérant s’il avoit quelqu’interêt à commettre cette action ; on connoiît qui Pa pu commettre, par la considération de sa force et de ses moyens ; enfin on reconnoit s’il est effectivement l’auteur de Paction proposée, par les circonstances de cette action, comme : sil a été trouvé seul dans le lieu où elle s’est faite; si, avant ou après cette action, il a fait ou dit quelque chose qui le puisse faire soupçonner raisonnablement ; enfin par les dépositions des témoins et examen des pièces du procès. |
. Dans l’état de définition, il faut considérer simplement la nature de cette action, et en donner une définition claire et précise ; ce qui dépend de la connoissance particulière que l’on a de Paction dont il s’agit.
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Dans l’état de qualité, c’est-à-dire pour savoir si une action est juste, ou injuste, innocente ou criminelle, on consulte la raison, les lois, la coutume, la convention, l’équité, les jugements rendus dans des causes semblables.
« Il seroit fastidieux et peu utile de parcourir successivement tous ces objets, et de donner sur chacun d’eux des observations et des règles.
Les principes généraux de l’art de bien dire, joints à la lecture des bons plaidoyers, à lhabitude de parler et décrire dans le goût oratoire, suffisent abondamment et suppléent aux préceptes particuliers. Nous nous contenterons de cet avis général: c’est que, dans toute cause, il est extrêmement important de bien poser l’état de la question, d'examiner s’il s’agit du droit ou du fait, de marquer jusqu’à quel terme ladversaire est d'accord avec nous, ce qu’il nie, ce que nous soutenons. Par cette analyse se découvre un principe lumineux qui influe sur toute Paffaire, et qui la décide. Le discours de Cicéron en faveur de Milon fournit lui seul un exemple des trois états de cause dans le genre judi-
claire.
æ-[l faut observer ici que les trois genres démon-
stratif, délibératif et judiciaire ne sont pas telle-
ment séparés, qu’ils ne se réunissent jamais. Il
est même difficile de trouver un discours qui soit
uniquement dans un genre. Dans toute sorte
de matières, on a fréquemment l’occasion de
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louer ou de blämer, de conseiller ou de dissuader, qelquefois d’accuser ou de défendre. Mais on donne au discours le nom du genre qui y domine, et qui en fait le principal objet.
, Tels sont les moyens que Porateur doit employer pour chercher et trouver les preuves.
Mais il n’est pas seulement obligé de prouver ; il faut de plus, pour réussir à persuader, qu’il trouve le secret de rendre sa personne aimable. C’est ce qu'on appelle mœurs en Rhétorique.
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