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soit occupé du désir puéril de briller par son ésprit On pourroit applaudir à son action, mais en n’entendroit pas la cause. Lors donc que la narration admet le plus d’ornements, elle ne doit Jamais passer certaines bornes fixées par la raison et le bon goût. C’est ce qui a fait dire que, si le talent de bien narrer étoit le plus agréable, il étoit aussi le plus difficile ei le plus rare.
# Quant aux matières où il s’agit de choses peu importantes, et qui ne présentent qu’un interêt tout-à-fait minime, la clarté et la précision sont les seuls ornements qui leur conviennent,
# Quoique nous rayons parlé jusqu'ici de la narration que par rapport au genre judiciaire, on sent assez que les mêmes principes doivent é’appliquer à toute espèce de narration dans tous les genres connus des anciens rhéteurs, et dans d’autres dont ils n’ont pas parlé :
8 Dans le genre démonstratif ; c’est-à-dire dans les éloges, les oraisons funèbres, les panégyriques, qui ne sont autre chose que le récit des belles actions des héros et des saints, et qui ne peuvent être solides qu’autant qu’ils sont appuyés sur des faits. $ Dans le genre délibératif ; parce que souvent il faut y rendre compte des événements.
f Dans les matières philosophiques ; lorsqu'il faut exposer la marche de lesprit humain ; et surtout dans celle de physique, où la méthode
d'analyse demande que l’on remonte aux premiers essais et aux premières découvertes.
o Dans les matières même de controverse ; parce que souvent il faut faire l’histoire des opinions, montrer la naissance, les progrès, les variations de lerreur ; comme l’a fait Bossuet dans son éloquente et inimitable histoire des variations.
> Pour modèles de narrations ornées et pathétiques, on peut voir dans les verrines de Cicéron le supplice de Philodamus et celui de Gavius. Son oraison pour Milon fournit peutêtre les plus beaux exemples de narration judiciaire qu’il soit possible de trouver.
Dans le genre oratoire parmi les modernes, voyez loraison funèbre de Louis XIV par Massillon, celle de Turenne par Fléchier ; mais surtout les oraisons funèbres de la reine d’Angleterre et de Condé par Bossuet.
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