‹ Cours abrégé de rhéthorique, à l'usage du Collége [sic] de Montréal [microforme]Chapitre 29 sur 62 · H EN $ #34 “4 H · texte numérisé non relu

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‘ droit de retenir votre superflu, parce que les ‘temps sont mauvais, puisque c’est Justement ‘ pour cela même que vous ne pouvez le retenir ‘ sans crime, ct que vous êtes dans une obliga- “ tion particulière de le donner.”

$ Après avoir traité les parties essentielles qui composent un discours, il convient, avant de terminer ce qui regarde la disposition, de dire un mot de ce qu’on appelle digressions.

#Les digressions sont les endroits d’un ouvrage où lon traile de choses qui sont étrangères au sujet principal, mais qui vont pourtant au but essentiel que 8 est proposé l’auleur.

Il n’est guère d’écrits d’une certaine étendue ‘à lon ne rencontre quelques morceaux de ce genre. Ils font une des principales beautés des ouvrages de poésie où ils prennent le nom dépisodes, et où ils sont regardés comme nécessaires ; en sorte qu’un poëme tant soit peu long, qui en seroit dépourvu, sembleroit manquer d’un mérite essentiel. Sans doute il n’en cst pas de même dans une pièce d’éloquence ; les digressions y sont rarement nécessaires; mais elles y sont souvent agréables et quelquefois utiles, pourvu que l’orateur sache en faire un usage convenable.

Elles ont pour motif la foiblesse même, la légèreté, l’inconstance, et quelquefois la curiosité de Pesprit humain. Un ouvrage qui iroit à son but par le chemin le plus direct et avec la plus

grande célérité possible ne seroit pas toujours celui qui plairoit d'avantage. Il pourroit être monotone, ennuyeux, fatiguant. Le lecteur, comme le voyageur, désire des délassements, des distractions, des repos qui réparent ses forces, préviennent ses dégoûts, et soutiennent son ardeur en alimentant sa curiosité et son attention, Les digressions bien ménagées et faites à propos ont incontestablement ces avantages. C’est pourquoi l’orateur aura soin de les prévoir pour les faire entrer dans son plan, et pour qu’elles n’en dérangent pas l’économie. Elles seront rares et se rapprocheront toujours d’une briéveté sage et moderée, qui ne fasse pas perdre de vue le sujet principal. Elles naïîtront du sujet si à “propos qu’elles sembleront en faire partie, et lui être comme nécessaires. Enfin elles seront placées dans l’endroit du discours où il est probable qu’elles produiront un meilleur effet.

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