‹ Cours abrégé de rhéthorique, à l'usage du Collége [sic] de Montréal [microforme]Chapitre 35 sur 62 · COURS DE RHETORIQUE. 155 ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

COURS DE RHETORIQUE. 155 ARTICLE PREMIER

De P Harmonie Mécanique.

X L'harmonie mécanique est celle qui consiste dans les mots matériellement pris et considérés comme sons.

*X Elle exige d’abord qu’on s’occupe du choix des mots et de leur succession. Boileau a dit : ilest un heureux choix de mots harmonieux. En effet, les mots ont eux-mêmes des différences très-sensibles dans les sons, de la rudesse ou de la douceur, de la pesanteur ou de la légéreté, de la rapidité ou de la lenteur ; et ce sont ces différences qui déterminent l’orateur dans le choix qu’il doit faire. Fuyez des mauvais sons le concours odieux, a dit encor: Boileau. C’est surtout dans l'assemblage des mots qu’il faut éviter les sons désagréables. La délicatesse des oreilles en ce point va presque jusqu’au caprice : Unenchainement de sons pesants et rudes, trop légers ou trop sautillants les choque infailliblement,

* Elles sont bléssées de ces vers faits exprès par

Boileau en style de Chapelain, pour tourner en

ridicule la dureté de ce poëte :

Maudit soit l’auteur dur, dont l'âpre et rude verve, Son cerveau tenaillant, rima malyré Minerve ;

Et de son lourd marteau martelant le bon sens,

A fait de méchants vers douze fois douze cents.

Boileau sans doute ne pouvoit plus heureuse-

156 COURS DE RIETORIQUE.

ment imiter Chapelain, Mais voyez quelle harmonie mécanique dans ces autres vers du même poëte :

% Dans le réduit obscur d’une alcove enfonce S'élève uu lit de plume à grands frais amassée : Quatre rideaux pompeux par un double contour En défendent l’entrée à lu clarté du jour.

Là, parmi les douceurs d’un tranquille silence,

Règne sur le duvet une heureuse indolence.

C'est là que le prélat, muni d’un déjeuner,

Dormant d’un léger somme, attendoit le diner,

La jeunesse en sa fleur brille sur son visage ;

Son menton sur son sein descend à double étage ;

Et son corps ramassé dans sa courte grosseur

Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur. Lurrin,

% Aussi chez tous les peuples savants et polis on aima toujours une prononciation douce. De là cet autre précepte donné par Boileau :

Gardez qu’une voyelle à courir trop hâtée Ne soit d’une voyelle en son chemin heurtée,

C’est ce qu’on appelle Hiatus ou baïillement. L’Hiatus se trouve dans le style toutes les fois qu’une voyelle, finissant un mot, rencontre une autre voyelle qui commence le mot suivant, comme dans cette phrase : il! alla à Alexandrie, où il s’appliqua à apprendre la peinture. L’Hiatus est banni de la poésie Française, et on ne le permet dans la prose que lorsqu’il n’est | pas gensiblement désagréable.

TRE CUS Pol MSP RENE à RTS BÉMUEES TE

lement.

les fois tre une suivant, candrie, L’Hian ne le as sen-

no

PA

EE ae te # FES

te

Page 1