‹ Cours abrégé de rhéthorique, à l'usage du Collége [sic] de Montréal [microforme]Chapitre 42 sur 62 · LATE · texte numérisé non relu

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à figure i COURS DE RHETORIQUE. 201 même. j tem- 1 ‘“ plus grands capitaines des siècles passés ; 1, s’ex- ‘ tantôt à la tête de corps séparés ; tantôt unis,

‘ plus encore par le concours des mêmes pen- < sées,que par les ordresque l’inférieur recevoit de ‘ l’autre ; tantôt opyosés front à front, et redou- “ blant l’un dans l’autre l’activité et la vigilance. ‘ Que de campements, que de belles marches, “ que de hardiesse, que de précautions, que de “ périls, que de ressources! Vit-on jamais en ‘ deux hommes les mêmes vertus, avec des ca- ‘ ractères si divers, pour ne pas dire si condé, ï “traires? TL’un paroit agir par des réflexions ‘ profondes, et l’autre par de soudaines illumi- ‘ nations : celui-ci par conséquent plus vif, mais

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‘ sans que son feu eut rien de précipité; celui- ; 6 | ? 1 . n1 dc et 4 nie

Lib 9) à d’un air plus froid, sans jamais rien avoir de i “ lent, plus hardi à faire qu’à parler, résolu et

omMmpa Li ‘ déterminé au dedans, lors même qu’il parois- : « soi assé : Ù re cn

es, par î soit embarassé au dehors. L'un, dès qu’il pa-

auelle- ‘“ rut dans les armées, donne une haute idée de ï 6$ + € A L ’

s. vLe | sa valeur, et fait attendre quelque chose d’ex-

. 66 , 1 ra ° : 1 PF n don traordinaire ; mais toutefois s’avance par or- . 66 "A H x - / # ‘ .

(Orais. dre, et vient comme par dégrés aux prodiges | ‘“ qui ont fini le cours de sa vie: l’autre, comme ‘ «C , . “2 EN Pre

| spec- un homme inspiré, dès sa première bataille à «ec 92. , A à /

né les i s’égale aux maîtres les plus consommés. ê « T° , .

que la ; Lun, par de vifs et continuels efforts, emporte

it aux | “ admiration du genre humain, et fait tuire “ l’envie: l’autre jette d’abord une si vive lu-

“ mière, qu’elle n’ose l’attaquer. L’un enfin,

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‘ par la profondeur de son génie et les incroya- “ bles ressources de son courage, s’élève au des- “ sus des plus grands périls, et sait même pro- “ fiter de toutes les infidélités de la fortune : “ Pautre, et par l'avantage d’une si haute nais- ‘“ sance, et par ces grandes pensées que le ciel ‘ envoie, et par une espèce d’instinct admirable “ dont les hommes ne connoissent pas le secret, ‘“ semble né pour entrainer la fortune dans ses “ desseins, et forcer les destinées. Et afin que “lon vit toujours en ces deux hommes de ‘ grands caractères, mais divers, l’un emporté ‘d’un coup soudain meurt pour son pays, ‘ comme un Judas le Machabée ; l’armée le ‘ pleure comme son père, et la Cour et tout le ‘ peuple gémit; sa piété est louée comme son ‘ courage, et sa mémoire ne se flétrit point par ‘ le temps: lautre élevé par les armes au com- “ ble de la gloire comme un David, comme lui ‘ meurt dans son lit en publiant les louanges de Dieu, et instruisant sa famille ; et laisse tous “ les cœurs remplis tant de l’éclat de sa vie que “ de la douceur de sa mort.”

TT 150 Périphrase. La périphrase ou circonlocution est une figure qui énonce par un circuit de paroles ce qu’on auroit pu dire en moins de mots, mais d’une manière moins noble ou moins gracieuse. On emploie la périphrase, ou pour adoucir des idées dures ou désagréables, ou pour orner le discours. |

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& Cicéron, ayant à avouer que les esclaves de Milon avoient tué Clodius, emploie une périphrase, au moyen de la quelle il cache Phorreur de ce meurtre sous une idée qui ne pouvait déplaire aux juges, et qui même devoit les intéresser. “ Les esclaves de Milon, voyant qu’on les

‘ empêchoit de donner du secours à leur maitre, ‘“ entendant même dire à Clodius que Milon ‘avoit été tué et le croyant ainsi, firent en ‘ fidèles serviteurs, sans que Milon l’ordonnûât, ‘ sans qu’il le sût, sans qu’il le vit, ce que cha- “ cun voudroit que ses esclaves fissent en pa- “ reille occasion.”

: Marcaron, pour dire que Louis XIV fit placer les cendres de T'urenne dans le tombeau des rois de France, emploie cette circonlocution : “ Le roi, ‘ pour donner une marque immortelle de Pes- ‘ time et de l'amitié dont il honoroïit ce grand ‘ capitaine, donne une place illustre à ses glo- ‘ rieuses cendres parmi ces maitres de la terre, “ qui conservent encore dans la magnificence de “leurs tombeaux l’image de celle de leurs ‘ trônes.”

:. À la périphrase se rattache une autre figure qu’on appelle euphémisme, mot tiré du grec, et qui signifie bien parler.

L’euphémisme est une figure par la quelle on déguise des idées désagréables, odieuses ou tristes, sous des noms qui ne sont point les noms propres de ces idées : ils leur servent comme de

voile, et ils en expriment en apparence de plus

agréables, de moins choquantes, ou de plus hon- .

nêtes, selon le besoin. C’est ainsi que le bourreau est appelé par honneur, le maître des haules œuvres, l’exécuteur de la haute justice. x Un ouvrier, qui à fait la besogne pour la quelle on Pa fait venir, et qui n'attend plus que son paiement pour se retirer, au lieu de dire payez-moi, dit par euphémisme, navez-vous plus rien à m’ordonner ? Nous disons aussi à un pauvre, Dieu vous assiste, Lieu vous bénisse, plutôt que de lui dire, 7e nai rien à vous donner. Souvent, pour congédier quelqu'un, on lui dit, voilà qui est bien, je vous remercie, plutôt que de lui dire, allez-vous-en.

Dans l’Écriture Sainte, le mot bénir est mis quelquefois pour muudire, qui est le contraire. Comme il n’y a rien de plus affreux à concevoir, que d'imaginer quelqu'un qui s’emporte jusqu’à des imprécations sacrilèges contre Dieu même, au lieu du terme maudire, on a mis le contraire par euphémisme.

Naboth n’ayant pas voulu vendre au roi Achab une vigne qu’il possédoit, et qui étoit l’héritage de ses pères, la reine Jézabel, femme d’Achab, suscita deux faux témoins qui déposèrent que Naboth avoit blasphêmé contre Dieu et contre le roi : or l'écriture, pour exprimer ce blasphême, fait dire aux témoins, que Nuboth a béni Dieu et le Roi. (Reg. ïti. cap. xxi. v. 10 et 13.)

Job dit dans le même sens : peut-être que mes

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