LES LETTRES, LES ARTS ET LES SCIENCES
bénéfice de l’idée, comme si ces deux choses n'étaient pas inséparables, et l’on rêva une sorte de langage algébrique dont l'emploi aurait tué l'imagination et
ravi à la parole humaine son coloris et ses charmes. :
Dans ce siècle, on ne fit de progrès que dans les sciences, mais avec un essor très-remarquable. Car elles furent presque toutes renouvelées par les hommes de génie qui s’y appliquèrent. Ainsi la hysique s’honora des découvertes de Franklin et de oïta, dont les expériences firent mieux connaître l'électricité et apprirent à en tirer un parti puissant. Lavoisier créa la chimie moderne, Buffon rendit populaire l'étude de l’histoire naturelle, et Linné donna une nouvelle classification des sciences, qui devait être régularisée par celle de Jussieu; l'astronomie et les mathématiques trouvèrent dans Lagrange et Laplace des interprètes aussi remarquables par leur lucidité que par leur profondeur. Cook et ougainville enri- Chirent la géographie de nouvelles découvertes par les voyages qu'ils firent autour du monde. Haïüy créa la cristallographie, à laquelle il attacha son nom, et les observations de Dulac, de Saussure et de Dolomieu firent de la géologie une science.
Au XVIIe siècle, quand la France avait son âge d'or, la littérature italienne était déjà arrivée à sa décadence, et les littératures du Nord en étaient encore à leur période de formation. L'Allemagne se glorifiait du génie de Leibnitz, qui, par ses vastes connaissances, était un vrai prodige, L’Angleterre lui opposait Newton et voyait Milton écrire son Paradis perdu. Mais ces grands hommes étaient en quelque sorte des exceptions qui devançaient et dominaient
leur siècle, et leurs contemporains luttaient pénible.
mont contre toutes les difficultés u'éprouve un peuple dont la langue n’est point parfaitement formée. La France, que rehaussait alors tout l'éclat du règne de Louis XLV, exerça une influence immense sur toutes les autresnations. On ponsa, on agit, on s'habilla à la façon des Français. La langue française, perfectionnée, devint européenne. Elle. fut parlée
3@æ, HISTOIRE MODERNE,
dans toutes les cours, et l’on s'en servit désormais ur rédiger les traités qui se conclurent entre les ifférentes nations. Les philosophes du XVIIIe siècle profitèrent de cette disposition générale des esprits pour répandre leurs doctrines. La France fut pour eux une tribunedu haut de laquelle leur parole se Le dans toute l’Europe. Malheureusement cette influence ne servit qu'à propager de tristes erreurs età combattre la foi au profit de l'incrédulité,
Ds L'érar pe L'ÉaLrise er DESINSTITUTIONS SOCIALES PENDANT LES DIX-SEPTIÈME ET .! DIX-HUITIÈME SIÈOLES. .
Dans la dernière partie du XVIIe siècle, l'Église avait eu de brillunts défenseurs. Bossuet, Fénélon, Fléchier, Bourdaloue et Massillon avaient illustré is Var de la chaire. Arnauld, Nicole, le Mais tre de Le à et d’autres écrivains de Port-Royal avaient eu le malheur de tomber dans le jansénisme, qui n'était que le calvinisme déguisé; maisils avaient rencontré de rudes adversaires qui les avaient victorieusement réfutés. Saint Vincent de Paul avait fondé l'Ordre admirable des Sœurs de la charité; des missionnaires étaient allés évangéliser les contrées nouvellement découvertes, et tous les ordres religieux avaient rivalisé de zèle pour mettre les trésors de la science an service de la hi. Ajoutons que, vers la
de ce même siècle, un saint prêtre de Rheims, le vên. Jéan Baptiste de La Salle, avait fondé dans cette ville l'Institut des Frères des Écoles chrétiennes pour l'éducation civile.et religieuse des enfants du peuple.
Au XVIIIe siècle, il y cut malheureusement un affaiblissement considérable dans les études ecclésiastiques. Après in mort de Massillon, la chaire resta, muette, où du moins elle ne fut occupée que par des orateurs de second ordre. Bergier fut le plus distingué parmi les apologistos do la religion. Après lui, OR n6 peut guère citer que les lettres, d'ailleurs pleines d'esprit, de l'abbé Guénée, les travaux de Guérin
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