HUITIÈME LEÇON
Propreté de rhabitalion ; précautions indispensables. — Les fleurs dans les appartements. — Les cabinets d'aisance; moyens d'éviter les dangers qu'ils occasionnent. — Ecuries et étables. — Des cuisines; les soins qu'elles réclament.
— De l'éclairage; son action sur l'organisation en général et sur la vue en particulier; comment on doit la diriger.
— Du chauffage. — La braise et le charbon. — Les poêles.
— De l'usage des chaufferettes. — Nécessité de respirer un autre air que celui des appartements.
Parmi les causes d'insalubrité des habitations, la malpropreté doit être placée au premier rang : comment, en effet, l'air pourrait-il être exempt de danger lorsque les émanations les plus funestes sont permanentes et saturent ce même air qui est introduit dans l'économie par les voies respiratoires? Dans certains ménages d'ouvriers, lorsque les médecins sont appelés pour visiter les malades, ils voient avec peine séjourner, dans tous les angles du local, des linges souillés par les eaux sales, des vases contenant des liquides infects. Le malade est quelquefois couché dans des draps sales, ayant lui-même besoin de bains ou d'ablutions de propreté, et autour de son
lit, séjournent des chats, des chiens, des poules ou autres animaux qui contribuent à ce désordre général. Si on élève de jeunes enfants, le linge sali est jeté dans un coin, et au lieu d'exposer à l'air la literie imprégnée d'urine, on la fait sécher devant le feu de la cheminée ou autour d'un poêle ; bientôt des émanations fétides s'en échappent, et le petit enfant qui a besoin d'un air pur et vivifiant respire un air pestilentiel ; trop heureux encore quand la fumée d'une pipe ne vient pas s'ajouter à tous ces miasmes délétères.
A côté de ce tableau on en trouve fort heureusement de beaucoup plus agréables : la ménagère habituée dès son jeune âge à Tordre et à la propreté fait chaque matin une revue minutieuse et ne souffre aucune malpropreté dans le local qu'elle habite. Les débris du repas précédent, les eaux grasses, l'eau de savon, le linge sale, tout disparaît immédiatement, et ses enfants, dont les vêtements son propres et en bon état, portent sur leur physionomie l'empreinte de la plus belle santé. C'est qu'en effet l'extrême propreté de l'habitation contribue à éloigner la maladie, et beaucoup de gens qui naissent, vivent et meurent dans la sa'eté ne se doutent guère de l'influence de ces hibitudes sur leur existence.
Il ne suffit donc pas que l air confii é soit renouvelé en teoips opportun, il f'ujt fucore que les n.ias/ncs qui contribueraieiit à son altération ne pui>sent ^e dégager; tout ce qui serait susceptible de les produire doit être immédiatemeid jet^\ et le linge sd'e Joit Uni] ms être placé dans quelque endroit spécial el <c r \ vUl sera, autant q^e possible, eu conimuoic.ilion avec i ik exté^
74 COURS d'hygiène.
rieur. Le plancher doit être tenu dans un état de propreté permanent; s'il est carrelé on doit le laver quelquefois, afin qu'il soit débarrasse des matières grasses ou autres substances qu'on y aura laissé séjourner par mégarde. Les lavages seront plus fréquents en été qu'en hiver, parce que l'évaporalion de l'eau est alors plus rapide; il est inutile d'introduire dans le sol une humidilé qui finit par être dangereuse. L'habitude si répandue dans nos villes de frotter les parquets avec de l'encaustique ou de la cire est très-profitable à la salubrité de rhabitation; c'est un excellent moyen d'empêcher que les pores du bois ne se laissent pénétrer par des liquides qui vicieraient bientôt l'air par leur vaporisation.
La présence dans les appartements, des fleurs ou des arbust<^s qui sont très-odorants, peut, pendant la nuit surtout, déterminer des maux de têtes ou autres malaises chez ceux qui les habitent ; il est donc sage de mettre les fleurs dehors lorsque vient l'heure du sommeil, quoique l'on ait souvent exagéré les efifets qu'elles peuvent produire. Les fleurs qui ont séjourné longtemps dans l'eau sont plus dangereuses que les autres, parce que leur tige et leurs feuilles sont putréfiées; c'est aussi pour cette raison que l'on doit renouveler fréquemment l-eau dans laquelle elles plongent.
Les cuisines sont malheureusement presque toujours mal construites, et les vapeurs qui s'échappent des fourneaux ou celles des mets que l'on y prépare, sont rarement chassées au dehors avec rapidité. De là une foule de dangers pour les cuisiniers, car indépendamment de la vapeur du charbon, les exhalaisons culinaires influent
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(l'une manière fâcheuse sur l'organisme. Il suffit de passer à certaines heures près de l'un de ces soupiraux de caves, si coinmuns dans les rues de Paris et placés au niveau du sol, là où ces ouvertures communiquent avec des cuisines souterraines, pour être saisi d'un profond dégoût.
Mais lorsqu'il s'agit d'une famille peu aisée, la cuisine est encore d'une plus mauvaise construction et n'est guère qu'un accessoire peu important d'un logement très-exigu ; c'est alors qu'il faut redoubler de soins pour que toutes ces vapeurs disparaissent rapidement : la cuisine doit être très-souvent nettoyée et l'air extérieur fréquemment appelé, en ouvrant porte ou fenêtre. On sait que les émanations du charbon en combustion, sont une cause très-commune d'asphyxie.
Deux choses encore sont très-importantes à considérer dans l'habitation ; ce sont l'éclairage qui supplée à l'absence de la lumière du jour et le chauffage qui ajoute au calorique de l'atmosphère lorsque celui-ci est insuffisant.
L'éclairage a une double action sur l'homme, il agit sur son organisation tout entière et il influe en particuher sur l'organe de la vue. C'est surtout en morliOant la proportion des principes constituants de l'air des appartements qu'd est quelquefois nuisible à l'organis-ilion. Quel que soit le corps employé à l'éclairage, que l'on se serve de chandelle ou de bougie, de l'huile ou du gaz, il est important que la matière ne brûle pas incomplètement, car elle verse alors dans l'air une foule de produits qu'il est dangereux de respirer ; les crachats noirs
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et gommeux que Fon expectore si fréquemment le matin, n'ont pas généralement une autre origine. Une lampe qui fume ou le gaz qui s'échappe d'un bec sans y être brûlé, ont sur les organes pulmonaires une action délétère. Les lumières trop multipliées, dans un petit local, s'emparent de l'air rospirablo, et sont par conséquent une cause de viciation pour l'air confiné ; elles peuvent aussi augmenter le calorique sans nécessité.
Les latrines ne doivent pas être oubliées dans les soins de propreté nécessaires à l'habitation ; la manière dont elles sont construites, la perfection des moyens employés pour empêcher le reflux de l'air intérieur des fosses dans les appartements, est sans doute la chose la plus importante; mais si Ton habite un logement modeste dont l'exiguité ne permet pas que les latrines soient éloignées, et si leur construction est vicieuse, il y a double raison pour se prémunir contre les inconvénients qu'elles produisent. 11 faut se rappeler que le gaz ammoniaque qui s'en échappe et qui irrite si violemment les yeux et la gorge, particulièrement dans les temps humides, ne doit jamais se répandre dans l'habitation; qu'il est encore plus dangereux de respirer le gaz sulfhydrique qui s'y forme quelquefois, lequel connu vulgairement sous le nom de plomb, peut faire périr les chiens de forte taille lorsqu'il est mêlé à l'air qu'ils respirent, dans la proportion de 1 pour 100 seulement. Il est donc très-important d'éviter ces causes de danger en employant les moyens suivants :
4^ Ne jamais jeter dans les latrines les eaux de savon, les débris des repas, les eaux ménagères qui contribuent
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à produire ces vrpmrs dangereuses; 2^ entretenir les lieux d'aisance dans un état de propreté convenable ; 3° employer les moyens nécessaires pour fermer bien exactement l'ouverture qui communique avec le tuyau ;
enfin, si malgré tous ces soins il s'échappe encore quelques mauvaises odeurs, étendre sous la porte des latrines, d'après le conseil de M. Labarraque, une traînée de chlorure de chaux sec, épaisse de deux centimètres. On pourrait encore placer le même chlorure dans des assiettes qui reposeraient sur des planches fixées aux murs des cabinets, ou tendre sur des cordes du linge trempé dans du chlorure liquide. A l'aide de ces divers moyens, nul doute que l'on n'arrive à détruire ces émanations pernicieuses et à en empêcher la diffusion dans les appartements.
Les écuries et les étables ne doivent pas être contiguës aux appartements habités ; déjà nous avons signalé l'altération de l'air produite par la respiration des gros animaux, et l'on comprend sans peine que l'écurie ou l'étable la mieux tenue, est toujours pour son voisinage une source de mauvaise odeur et de vapeurs nuisibles. L'opinion populaire qui rattache à l'air des étables des propriétés bienfaisantes, n'est qu'une erreur des plus grossières.
Quant à l'action de la lumière artificielle sur l'organe de la vue, nous nous en sommes déjà occupé et puisque une lumière trop vive ou celle qui est insuffisante sont nuisibles à la conservation de l'intégrité de la vue, il est bon de modérer l'éclat de la lumière d'une forte lampe par un abat-jour légèrement coloré. Lorsqu'il est possi-
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blo de se dispenser de fixer les yeux, pendant les longues soirées d'hiver, sur des surfaces blanches ou sur des surfaces tout à fait noires, la vue s'en trouvera Irèsbien ; l'expérience a prouvé que les personnes qui écrivent beaucoup à la lumière artificielle conservent plus longtemps l'intégrité de la vue lorsqu'elles se servent de papier azuré ou teinté légèrement de gris ou de jaune.
Le cliaufîage est rarement bien organisé : quel que soit le combustible employé, le foyer n'est entretenu qu'en consumant sans cesse l'air qui lui arrive et en dégageant des gaz irrespirables. Il arrive trop souvent que ces gaz impropres à la respiration, au lieu d'être écoulés au dehors, se répandent dans l'endroit habité. La fumée vient encore contribuer à altérer l'air, elle irrite les yeux et elle excite la toux. Il est donc important que la ventilation qui favorise la combustion soit suffisante, et il est de la dernière imprudence d'établir au milieu des pièces d'habitation des réchauds de charbon ou de braise, ainsi que le font beaucoup de personnes. La braise est, dans ce cas, d'un usage tout aussi dangereux que le charbon et donne lieu, comme lui, à des produits gazeux qui causent des douleurs de téte, des vertiges, des défaillances et peuvent même, lorsqu'ils sont en quantité suffisante, occasionner la mort.
Li chaleur des poêles n'est pas plus malfaisante que celle deschemiîiées, quoique l'opinion contraire soit assez accréditée. Il faut se garder toutefois de cette dangereuse habiUide de fermer la clef du poêle pour concentrer la chaleur, lorsque le charbon est à peu près con
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sumé. Beaucoup d'accidents ont été causés par cette imprudence, et l'on cite encore quelquefois des cas d'asphyxie qui sont dus à celte cause.
On ne saurait blâmer trop énergiquement l'emploi des chaufferettes, dont l'usage est si commun parmi les ftimmes ; il produit des inflammations de la peau, favorise le développement des varices, fait naître des vergetures ou marbrures des membres inférieurs, et contribue à produire des hémorrhoïdes , des hémorrhagies périodiques et autres accidents.
Ainsi qu'on vient de le voir dans cette leçon et d'après ce qui a été dit dans celle qui précède, il est possible de modifier Fair qui est contenu dans nos habitations et de mettre celles-ci dans de bonnes conditions de salubrité; cependant quelles que soient les précautions prises, quel que soit le degré de perfection anquel on aura fait atteindre l'habitation, l'homme ne doit jamais négliger de respirer l'air libre, s'il veut conserver la plénitude de sa santé. Se mouvoir en plein air, marcher sous l'influence du vent et du soleil sont des conditions indispensables pour maintenir l'équilibre des fonctions. La respiration, celte fonction si importante de l'économie, ne s'effectue bien qu'à Tair hbre, et les fluctuations atmosphériques des espaces non Umités sont favorables au jeu de nos organes. L'homme qui s'emprisonne dans l'intérieur d'une maison se trouve sous l'influence d'un état de l'atmosphère qui tend à l'uniformité, dès lors sa constitution acquiert un type dé'erminé qui est toujours plus voisin de la maladie que de la santé.«L'homme djit donc passer chaque
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jour un cer{ain temps à l'exlérieur, et ce temps qui ne peut être fixé d'une manière absolue est, comme on le comprend, soumis à l àge, au sexe, au tempérament, au climat, à la saison, aux habitudes, etc. Il est impossible d'ind quer une règle précise à cet égard, mais il n'est personne au monde qui doive, lorsqu'il est facile d'en agir autrement, se borner à respirer l'air des habitations tandis que l'espèce de bain d'air que Ton prend dans l'air libre a une si heureuse influence sur la santé
NEUViÈiE LEÇON.
Du vêlement . — Importance et rôle du vêtement. — Rayonnement du calorique. — Bons et mauvais conducteurs du calorique. — Vôteuients chauds ou frais. — Substances utilisées pour les vêlements. — Le chanvre et le lin. — Le coton. Leurs effets sur la peau. — Préjugés contre le coton. — Les toiles impriméec;. — La paille. — Emploi de la laine; son influence sur la santé. — - La soie. — Les fourrures. — Le duvet.
On comprend sous le nom de vêtement toute substance appliquée sur le corps, dans le but principal de le garantir contre le froid, la chaleur, Thumidité et toutes les vicissitudes de l'air; il sert donc comme l'habitation, comme le régime alimentaire, comme toutes les habitudes qui tendent au môme résultat et qui sont le pro duit de la civilisation. Le vêtement est une sorte de barrière que l'homme a élevée entre lui et le monde extérieur , barrière qui s'interpose avantageusement pour retenir le calorique produit par le corps ou pour empêcher celui qui lui est étranger de venir frapper sa surface.
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Le vêtement a une très-grande influence sur la vie de riiomme, car à Taide des modifications qu'on lui fait subir, il protège l'enfant et le vieillard, vient en aide aux convalescents et aux constitutions faibles, défendl'homme contre la morsure des insectes ou autres animaux , lui permet de parcourir les climats les plus opposés, de se livrer à une multitude de travaux, et tandis que la peau nuenepourrait se modifier en présence des agressions de l'atmosphère, le vêtement se transforme de mille manières et est toujours prêt à secourir celui qui sait en faire usage.
Mais puisque le vêtement a pour rôle principal de s'interposer entre le calorique qui vient du corps de l'homme et celui qui lui est extérieur, rappelons rapidement, avant de nous occuper de la matière des vêtements, certaines lois de la phy.^ique qui régissent le calorique, cela rendra beaucoup plus clairs les développements qui suivront.
Tous les corps vi ayants ou inertes, quelle que soit leur température, ont la propriété de lancer continuellement, par tous les points de leur surface, des particules de calorique; il en résulte un échange perpétuel de ce fluide entre tous les corps dont la chaleur tend sans cesse à s'équilibrer, une sorte de rayonnement qui se passe aussi bien pour la substance vivante que pour celle qui n'est pas organisée. Ce rayonnement étant d'autant plus actif que la température d'un corps est plus élevée, et que sa surface est plus étendue, il s'ensuit que le corps humain doit tendre sans cesse à se refroidir. En effet, sa superficie est considérable, et sa température est presque tou-
jours supérieure à celle de l'air, mais nous verrons plus loin comment le vêtement vient protéger Thomme en empêchant cette déperdition de la chaleur.
Cependant toutes les substances n'admettent pas le calorique avec la même facilité, il en est qui, non-seulement, se laissent très-difficilement pénétrer par lui, mais qui ne le cèdent pas aisément ; on désigne le corps qui se conduit ainsi par l'expression de mauvais conducteur du calorique, tandis que l'on nomme bon conducteur celui qui se prête facilement à cette pénétration et à cette transmission. Supposons maintenant que l'on connaît parfaitement quels sont les corps qui sont bons ou mauvais conducteurs, et c'est en effet ce qui existe, on pourra tirer un immense parti de cette connaissance pour l'hygiène du vêtement.
C'est sur les données que nous venons de rappeler que repose entièrement la théorie des vêtements chauds et des vêtements frais, la matière dont ils sont faits étant la première condition de leur pouvoir calorifique. Âiiisi la laine, par exemple, qui est un très-mauvais conducteur du calorique, sert à confectionner les vêtements les plus chauds, elle laisse concentrer le calorique à la surface du corps en mettant obstacle à son rayonnement et conserve la chaleur des organes intérieurs. De plus, la couche d'air qui se trouve emprisonnée entre la peau et les vêtements et qui a acquis une certaine chaleur vient contribuer au même résultat, car l'air aussi est un mauvais conducteur du calorique.
Nous verrons que certains tissus, tels que les toiles
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faites avec le chanvre et le lin, par cela même qu'ils cèdent et conduisent le calorique avec une irès-grande facilité, sont préférables lorsque la chaleur du corps est en excès; mais ii ne faut pas oublier que d'autres conditions du vêtement influent encore sur les qualités dont il est ici question, telles sont la couleur, la texture des substances, et aussi la forme et l'arrangement du vêtement.
Un grand nombre de matières sont employées à la confection des vêtements, et chaque jour le génie de l'homme en utilise de nouvelles. Parmi les substances végétales se trouvent naturellement en première ligne, le chanvre, le lin, le coton, puis viennent d'autres corps hgneux, la paille, le bois, etc. La soie et la laine sont les substances animales les plus usitées, mais ce n'est pas seulement le poil du moutoa dont on se sert, puisque celui de la chèvre, du chameau, du lapin, du lièvre et beaucoup d'autres encore sont mis largement à contribution. La peau des animaux, recouverte de ses poils, proparée d'une certaine façon et veiulue dans le commerce sous le nom de fourrure, est d'un grand secours dans les climats froids. Le cuir que l'on obtient au moyen du tannage des peaux est devenue presque indispensable aux besoins de la civiTLsation.
Le chanvre^ ain.sique nous l'avons déjà indiqué, sert à fabriquer des tissus qui sont excellents conducteurs du cali>rique, il en est de même du lin avec kquel on confectioïiue des vêtements très-frais. Le linge de chanvre ou de lin est donc c«lui qui est préférable pendant la saison chaude, lorsque le calorique accumulé à la surface
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du corps nécessite soii expansion rapide ; c'est aussi celui dont doivent se servir les gens à tempérament sanguin, dont la peau est facilement irritable et chez k^squels la circulation est très-active. Lorsque la toile de chanvre ou de lin est mouillée par la sueur, il est important que le linge soit remplacé le plus promptement possible, car ces substances se sèchent très-facilement, et Teau qui se vaporise alors enlève au corps une quantité considérable de calorique.
Lecotonn'esi pas un aussibon conducteur du calorique que le chanvre et le lin, aussi la toile de coton est-elle plus cliaude que les précédentes, ce qui doit la faire préférer pour la saison d'hiver et dans les climats trèsfroids. Cette toile possède encore un autre avantage, elle s'empare facilemenl du produit de la transpiration et ne le laisse pas s'évaporer aussi rapidement que le font les autres toiles, de sorte que le refroidissement est moins considérable. Les ouvriers employés k des travaux rudes doivent d me préférer le linge de colon dont le prix est d'ailleurs beaucoup plus modique.
Le coton est cependant l'objet d'un préjugé très-enraciné dans l'esprit de beaucoup de personnes ; pour elles il est moins sain que le lin ou le chanvre, et i)Our rien au monde elles ne consentiraient à appllipier de la t'jile de coton sur une portion de peau malade, et encore moins sur une plaie. De nombreuses expériences ont cependant prouvé que cette substance est exempte des inconvénients qu'ori lui reproche, et l'on a vu dans de grands hôpitaux appliquer avec succès sur les plaies, brûlures et ulcères le coton cardé. Loin d'irriter les par-
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ties malades les petites aspérités qui hérissent le coton s'imprègnent de l'humidité des plaies et s'afiaissent sur elles-mêmes; elles contribuent à la mollesse et la douceur de cette substance. C'est donc à tort que l'on ne conserverait pas le vieux linge de coton pour l'usage des malades et qu'on se priverait des services qu'il peut rendre.
Les toiles après avoir subi l'application des couleurs, comme on le fait dans les fabriques d'impression de la Seine-Inférieure et de l'Alsace, servent à faire, particulièrement pour les femmes, des vêtements complets, et ne sont plus alors destinées généralement à être appliquées sur la peau. Dans ce cas encore c'est parce qu'elles sont de bons conducteurs dii calorique qu'on les emploie et parce que le corps humain étant presque toujours à un plus haut degré de température que l'air, la toile peinte contribue comme le linge à diminuer la chaleur qui opprime les organes. Il n'en serait pas de même si on se trouvait exposé à un soleil ardent, car la toile conduit aussi facilement le calorique de l'extérieur à l'intérieur, comme elle le laissait passer de l'intérieur à l'extérieur. Il est donc évident qu'un vêtement de laine léger et tissé d'une certaine façon garantirait mieux, dans ce cas, la tête ou le reste du corps qu'un bonnet ou un vêtement de toile. La paille qui est un mauvais conducteur du calorique est un exemple frappant de ce que nous avançons : dans l'hiver les habitants des campagnes en fourrent dans leurs sabots, afin de conserver leur propre chaleur, et dans l'été ils utiiisent le chapeau de paille, afin de ne pas donner accès au calorique que
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leur envoie le soleil lorsqu'ils sont exposés à ses rayons.
Voyons maintenant quel parti on a su tirer de la laine et surtout de celle qui provient de la tonte du mouton :
La laine est peut-être la substance la plus précieuse de toutes celles qui sont employées à la confection des vêtements. En effet on en fait des tissus fias et légers destinés à être appliqués sur la peau, ou l'on en forme les étoffes les plus souples et les plus résistantes. Travaillée d'une certaine manière elle constitue un drap solide qui est la base de l'habillement de l'homme, ou bien elle s'étale encore sous la forme d'un splendide cachemire. Supposons pour un moment que l'usage de la laine est encore inconnu, on devine quelle serait l'immense différence du vêtement en général avec ce qu'il est aujourd'hui.
Ainsi que nous l'avons dit précédemment, la laine est un très-mauvais conducteur du calorique, et c'est là sa qualité la plus importante. Dans beaucoup de circonstances, un tissu de laine appliqué directement sur la peau lui fournit une enveloppe protectrice qui lui donne une grande force de résistance à la déperdition de sa chaleur. C'est ainsi que les individus, dont la peau est molle et blanche, chez lesquels prédomine le tempérament lymphatique, trouvent un puissant secours dans l'usage de la flanelle. Non-seulement cette couche laineuse conserve le calorique, mais les aspérités qui sont à sa surface produisent constamment à la peau une petite irritation qui est très-salutaire. Il ne s'ensuit pas, ainsi que nous l'avons déjà dit, que l'on doive toujours s'entourer d'un gilet de flanelle, pendant les chaleurs
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do l'été, sous prétexte qu'il retiendra la sueur, ce vêtement ne convient qu'aux constitutions faibles, aux convalescents ou aux malades; ils ne doivent pas craindre d'en faire usage de peur de ne pouvoir Tabandonner plus tard. Cette croyance est encore un préjugé, car dans nos climats, pendant les chaleurs de l'été, il est peu de personnes qui ne puissent, au besoin, abandonner le gilet de laine.
Ce qu'il ne faut pas faire, c'est d'affubler les enfants bien portants de vêtements de laine dont on augmente plus tard la quantité sans songer que la peau, habituée à être aussi bien entourée, deviendra très-impressionnable aux vicissitudes de l'atmosphère. Lorsque la constitution est bonne, il n'y a pas de mal à la laisser s'habituer à réagir contre les influences extérieures, et, en s'entourant de laine sans nécessité, on se prive d'une ressource que l'on serait peut-être bien aise de trouver plus tard, car le corps, h;fbitué de bonne heure à ce contact, ne peut plus en recevoir aucun soulagement.
L'u^rage de la laino pour confectionner les pièces les plus extérieures du vêtement tire encore tous ses avantages de la propriété que possède cette substance de conduire difdcilement le calorique; le vêtement sert alors de barrière pour retenir la chaleur du corps. Les personnes qui sont exposées à des varialicms de température f»é(|uentes, les voyageurs, les marins, se passeraient difficilement de cet utile auxiliaire.
La soie ym\t à peu près des mêmes propriétés que la laine; elle conduit mal le calorique, et les vêtements qu'elle sert à fabriquer participent aux mêmes avan-
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inges. Mais sa llncsse ne permet pas de fabriquer des tissus semblables aux éloiïes de laine, aussi ne s'en S( rton guère comme vêtement immiédiat, que pour couvrir les jambes et les mains. Sa légèreté permet de l'employer à doubler les vêtements auxquels on veut donner p^us d'épaisseur sans les rendre plus lourds ; on place alors entre deux lames de soie du coton cardé et cylindre, on ouate le vêtement.
Tout le monde connaît la ressource que Ton trouve dans les fourrures pour combattre le froid ; non-seulement la laine ou le poil qui se trouve implanté à leur surface vient nous défendre contre les rigueurs du climat ou de la saison, mais la dépouille de l'animal tout entière, préparée pour cet usage, ajoute à Fimportance du vétenjent.
E(ffif), le duvet des oiseaux lui-même possède les propriétés des substances ariimales que nous venons de passer en revue, il est employé pour la literie, les mandions et quelques autres usages.
Si nous devions compléter 1 étude de toutes les substances qui participent au vêtement de l'homme, nous aurions encore à examiner beaucoup d'autres dont l'usage est moins général ; niais nous aurons occasion de nous occuper de plusieurs d'entre elles, en étudiant l'emploi des vêtements. C'est ainsi que le cuir sera l'objet de notre examen, en même temps que la chaussure.
DiXiËiVlË LEÇON.
De la couleur des vêtements. — Influence des couleurs claires ou des couleurs foncées; circonstances qui doivent cjuider la préférence. — L'avantage reste aux vêtements blancs.
— Texture du vêtement. — Forme du vêlement. — Des vêtements étroits ; effets de la compression. — Influence de la forme sur la chaleur animale. — Abus du caprice et de la mode. — L'homme est fait pour porter des vêtements.
— De la propreté du vêlement. — Danger de poiter du linge sale. — Les chemises de couleur. ^ Conclusion.
La couleur des vêtements influe considérablement sur leurs propriétés. Le fait est très-facile à vérifier, car celui qui s'expose à Fardeur du soleil avec un vêtement noir, un habit de drap, par exemple, sent que le caiorique lu i aï rive avec une très-grande promptitude et beaucoup d'énergie. Au contraire, le vêtement blanc de même étoffe et de même épaisseur laisse pénétrer beaucoup moins de calorique, tient le corps moins chaud et est, par conséquent, plus avantageux dans l'été.
Une auti^e expérience que tout le monde a faite est celle-ci : lorsque pendant l'hiver on s'approche d'un foyer ardent avec des vêtements noirs, on s'aperçoit que
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le calorique se commuiiique très-rapidement au travers des vêtements. Si l'on substitue des vêlements blancs aux vêtements noirs, le résultat est tout différent, la sensation de chaleur est bien moins vive, et au lieu de s'éloigner du feu l'on a une tendance à s'en rapprocher.
Ces résultats n'ont au reste rien de surprenant puisque, comme on le sait, la neige fond plus vite lorsqu'elle est couverte d'un morceau de drap noir que lorsqu'elle est sous un morceau de drap blanc, puisque un thermomètre enveloppé d'une étoffe noire marque, dans le même temps, des degrés beaucoup plus élevés que lorsqu'il est entouré d'une étoffe de couleur claire. Les vêtements noirs sont donc très-bons conducteurs du calorique, et il semble tout naturel qu'on les préfère pendant l'hiver et que Ton se serve d'étoffes blanches pendant l'été. Le raisonnement et l'expérience ont cependant conduit à une autre conclusion.
Oui, les vêtements blancs peuvent seuls nous rendre la chaleur de l'été tolérabîe, parce qu'ils absorbent moins de calorique extérieur, mais c'est encore eux qu'il faudrait préférer pendant l'hiver, parce que durant cette saison on est loin d'être toujours exposé à la chaleur d'un foyer, et qu'étant mauvais conducteurs du calorique ils conservent alors la chaleur naturelle du corps.
De tout cela on doit conclure : que les personnes qui sont exposées pendant les grandes chaleurs aux rayons d'un soleil vigoureux, tels que les moissonneurs, doivent, autant que possible, se vêtir avec des étoflfi^s blanches; qu'il doit en êire de même de celles qui, en toute saison, travaillent devant des foyers très -ardents, tels
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que les fondeurs, ceux qui façonnent le verre, les cuisiniers, pâtissiers, etc.; qu'on doit encore préférer les vêtements de couleur claire lorsqu'il s*agit de se soustraire aux rigueurs de l'hiver et d'empêcher que la chaleur du corps ne diminue. Quant aux vêtements de couleur foncée, iisne sont guère avantageux que dans le cas où l'on a besoin d'absorber la chaleur du foyer dans un appartement, ou lorsque la température du corps étant plus élevée que celle de l'air ambiant, on veut diminuer son intensité.
Les vêtements blancs, ou au moins de couleur claire, sont donc les plus avantageux pour toutes les saisons; mais à cette occasion on doit comprendre 1 influence de la propreté du vêtement et combien e'ie est importante pour conserver aux étoffes blanches toutes les qualités que nous venons de signaler. Le blanc a cet avantage de forcer à la propreté, et il paraîtrait, d'après des expériences qui ont été faites, qu'il jouit encore de la propriété d'être moires accessible à l'absorption et à la conservation des mauvaises odeurs, ce qui ne serait pas d'une médiocre in)portance.
La texture des vêtements n'est pas moins utile à considérer que leur couleur, et comme cette texture est loin d'être la même pour toutes les étoffes, comme il y a des tissus qui sont très-serrés et d'autres très-làchement tissés, il en résulte que beaucoup de personnes ne se font pas une idée bien nette de la dilférence de l'effet produit. Il est cependant bien prouvé qu'à égalité de poids, l'étoffe qui est tissée très-làchement est beaucoup plus chaude que celle dont la trome est serrée. En effet, de
même que nous avons vu la couche d'air qui séjourne entre la peau et les vêtements contribuer à la chaleur du corps, d'une part parce que l'air est un mauvais conducteur du calorique, de l'autre parce que cette couche gazeuse ayant acquis une certaine chaleur la conserve au corps qui la lui a prêtée, de même l'air qui se trouve logé dans les mailles ou les lacunes des étoffes lâches et poreuses conduit au même résultat. Voilà pourquoi pendant la saison d'hiver et dans les climats froids on doit toujours donner la préférence aux étoffes tricotées lâchement, aux vêtements ouatés, au lieu de s'affubler d'épaisses enveloppes au tissu dense, dont le poids accablant détermine la fatigue et nuit à la Uberté des mouvements.
La forme du vêtement a aussi une influence marquée sur les diverses fonctions de l'organisme. Lorsque les différentes pièces qui le composent exercent une constrlction prononcée sur la région qu'elles recouvrent, elles sont nécessairement nui^ibles à la conservation de la santé, car ce n'est pas impunément que la moindre portion du corps se trouve comprimée.
Quand la pression a lieu sur un endroit très-limité, comme cela arrive pour le pli d'un bas, la couture d'une chaussure, le bord d'un chapeau , la partie comprimée s'enflamme, il se forme d'-s gonflements , des ampoules, des plaies même, et la duu'eur e.>t souvent très-vive. Lorsqu'un li(-n entoure, une portion du tronc ou des membres et la serre fortement, comme cela peut arriver avec les cravates, les jarretières, etc., en outre de l'action qui se produit sur la peau, les vaisseaux se
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trouvent souvent conr.primés de manière h gêner la circulation ; de là des varices, des congestions , des engorgements, etc. Enfin, les parois des grandes cavités du corps, comprimées par les vêtements, gênent considérablement les organes intérieurs; c'est ainsi que les poumons, le cœur, le foie, e^c. , éprouvent souvent une très-grande gène à exéculer les fonctions dont ils sont chargés. Il est donc toujours dangereux de comprimer une portion du corps, quelle que soit son entendue , et le plus grand nombre de ceux qui commettent cette imprudence , ignorant complètement la disposition anatomique des parties comprimées, ne se doutent guère du danger auquel ils s'exposent. Les individus qui se livrent à des travaux rudes surtout doivent éviter, avec le plus grand soin, que leur vêtement ne comprime la moindre partie de leur corps , car les efforts auxquels ils se livrent viendraient encore ajouter aux inconvénients de la conslriction.
De la forme du vêtement résulte encore la conservation ou la perte du calorique animal; car, lorsqu'il est ample, l'air qu'il renferme a beaucoup de facilité pour se renouveler, et diminue par conséquent la chaleur du corps. Un vêtement médiocrement serré, au contraire, emprisonne une couche mince d'air qui contribue , ainsi que nous l'avons déjà expliqué , à conserver au corps son calorique naturel. Les Orientaux ont parfaitement compris les avantages des larges vêtements pour résister à une température élevée, et nous donnent un bon exemple à utiliser pour la saison des chaleurs , autant que cela est possible à concilier avec nos usages.
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La protection plus ou moins complète que le vêtement apporte au corps de i'homme se rattache encore à la forme de cette enveloppe. Selon les saisons et les climats il convieat de couvrir certaines parties du corps et d'en laisser d'autres exposées à Tair ; mais il arrive souvent que soit à cause du caprice de la mode , soit parce que Ton ne sait p^s se conformer aux exigences de la température , on découvre mal à propos telle ou telle région, et beaucoup de Iluxions de poitrine ou autres maladies des organes de la respiration ne reconnaissent pas une autre cause. Que de femmes entrent dans un bal les épaules et les bras nus sans se douter que les usages du monde et un peu de coquetterie qui les porte à ce genre de toilette détermineront, le lendemain de cette féte, une grave maladie qui leur ravira une partie de leur beauté et peut-être la vie!
Quoi qu'en aient dit les philosophes , l'homme est fait pour porter des vêtements et les raisons qu'ils emploient pour prouver le contraire ne sont nullement concluantes. Les mains et le visage sont, il est vrai, presque toujours exposés à l'air, mais si la chaleur qui est maintenue dans toutes les autres régions ne venait pas faire compensation , il y a des moments où l'on ne pourrait supporter le froid; on est d'ailleurs obligé , dans beaucoup de circonstances, d'abriter le visage et les mains. Dans quelques climats privilégiés le vêtement ne puise guère son utilité que dans la nécessité de la décence, mais sur la plus grande partie de la surface du globe les vêtements sont indispensables à la
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conservation de la santé. Tandis que les animaux naissent ave3 une fourrure dont l'épaisseur est proportionnelle à la rigueur de leur climat, l'homme vient au monde entièrement nu et périrait bientôt si le vêtement ne le protégeait; ce n'est qu'à l'aide du vêtement et des perfections que lui a données la civilisation que l'homme peut parcourir les régions mêmes inhabitables, et asservir pour son bien-être particuUer tout le reste de la création.
La propreté des vêtements a une très-granda influence sur la santé, et cette propreté a besoin d'être très-complète pour être salutaire. Beaucoup d'individus se contentent de l'apparence de la propreté, et pourvu que leurs habits de couleur foncée ne soient pas maculés par des taches apparentes , ils s'imaginent qu'ils sont suffisamment propres. Qu'on se figure combien serait sale un pantalon de drap blanc que Ton porterait pendant plusieurs mois, jusqu'à ce que son usure soit passablement avancée, surtout si ce pantalon avait servi tous les jours et si jamais il n'avait été nettoyé. Cependant la plupart des gens qui usent des vêtements de couleur foncée, les portent pendant un temps Lès-considérable, sans se douter qu'ils sont loin d'être piO[)res, et leur étonnement serait grand si l'étolfe devenait tout à coup blanche en laissant seulement ai piri^ntes les taches qni la couvrent. Les vê'emonts les [»lus extérieurs doivent donc être souvent battus, bios^és, lavés ou nettoyés, selon la nature <lu ti su qui les f(u tne, et ce n'est pas seulenient leur surfice exte rne (ju'il faut soigna\ mais îUKbi !a su? Aice 0]>i^o^él3 ; o'esl aiu i (jue les pHufa-
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Ions doivent être brossés avec autant de soin à l'intérieur qu'à l'extérieur, que les toiles qui les doublent doivent être renouvelées aussitôt qu'elles sont sales.
L'usage du linge, répandu maintenant chez presque tous les peuples, contribue énormément à entretenir la peau dans un état de santé parfait. Les peuplades qui jadis ne connaissaient pas le linge, étaient souvent affectées d'éruptions et de dartres très-difficiles à guérir. La facilité que l'on a de faire blanchir le ling^i et de lui rendre f^on premier éclat, permet au moins d'entretenir cette partie du vêtement dans un état de propreté convenable, et ceux qui se contentent de l'apparence extérieure, sans songer qu'ils portent du linge sale, sont vraiment bien coupables. Quelle que soit l'excellence de la constitution, il est presque impossible de se bien porter si le linge dont on se sert n'est pas propre, et il y aurait moins de danger à habiter une partie de la journée un endroit mal tenu et dépourvu de propreté, que de porter constamment sur soi du linge imprégné de saleté ; le séjour dans un lieu malsain n'est que momentané, tandis que l'on porte avec soi le linge qui nuit aux fonctions de la peau qu'il recouvre.
Les chemises de couleur ont l'inconvénient de ne pas laisser voir si le linge est parfaitement blanc, et les ouvriers ont souvent la mauvaise habitude de les garder plus que cela n'est nécessaire. Nous ne voyons donc aucun avantage à porter ces chemises qui masquent trop le véritable état du linge , et il suffit que l'on soit exposé à salir davantage pour que Ton doive donner la préférence à la toile blanche qui permet mieux de
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fixer le moment opportun du nettoyage. Avoir du linge propre, même lorsque Ton est mal vêtu et pauvre, donne à celui qui le porte un certain cachet de distinction qui est remarqué de tout le monde, et là encor(\ les lois de l'hygiène sont d'accord avec les règles de la bienséance. En vain les rêveurs et les hommes distraits mettraient - ils sur le compte de leur organisation la négligence qui préside quelquefois à l'entretien de leur toilette; en vain les ouvriers accuseraient-ils le temps qui leur manque ou leur peu d'aisance pour changer de linge ; ces excuses ne peuvent être admises, car on a toujours le temps de renouveler son linge, et le blanchissage en est très-peu coûteux.
Les hommes devraient prendre les animaux pour exemple, et observer avec quel soin ils veillent à la netteté de leur poil ou de leurs plumes qui représentent notre vêtement, et il est vraiment pénible de voir le palefrenier qui conduit son cheval à la rivière, parfois plus sale que Tanimal lui-même.