‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastique (volume 2)Chapitre 104 sur 282 · ANGLICAN · texte numérisé non relu

ANGLICAN

On appelle de ce nom ceux qui professent la religion anglicane : eette religion est la prétendue réforme faite par Henri VIII , roi d'Angleterre. Les anglicans ont fait schisme avec l'Église romaine. Us soutiennent que de sept sacrements, il n'y en a que trois institués par Jésus-Christ, savoir le baptême, l'eucharistie et la pénitence, et que les autres sont ajoutés par l'Église. Sous Edouard VI, fils d'Henri VIII , ils joignirent à ces erreurs celles des luthériens et des «uinguiliens , en sorte qu'ils rejettent la présence réelle et le culte des saints. Ils ont encore changé beaucoup de choses dans la liturgie. En Angleterre, tout ce qui n'est pas anglican s'appelle non conformiste, (Koy«^ ci-dessus ANGLETERRE.)

ANNATE, ANNBAU. 149

ANNATE.

Ànnate ne signifie autre chose que le revenu d'une année.

U annote n'était pas le revenu effectif d'une année, mais ce qui était réglé par les anciennes taxes de la chancellerie de Rome , c*està-dire à peu près la moitié du revenu annuel du bénéfice vacant. Elle se payait avant Texpédition des bulles, parce qu'il eût été difficile de les faire payer après que le bénéficier eût été en possession.

On distinguait deux sortes d'annales : celle qui se payait au pape pour les bénéfices consistoriaux, que ceux qui étaient pourvus do ces bénéfices payaient à la chambre apostolique, en retirant leurs bulles ; et celle qui se payait sous le nom de droit de déport ou d'entrée à des dignités ou à des chapitres, pour les bénéfices ordinaires. (Voyez vÉPOKr.)

Aujourd'hui il n'est plus question d'annates, le décret du 4 août 1789 les a supprimées en France.

L'origine des annales remonte au treizième siècle et même plus loin, car on voit que dès le douzième il y eut en France des évéques et même des abbés qui, par unie coutume ou par un privilège particulier, recevaient les annales des bénéfices dépendants de leur diocèse ou de leur abbaye. Thomassin remarque qu'elles avaient été exigées par les abbés et par les évéques longtemps avant que les papes en exigeassent. Le pape Jean XXTI se les attribua pour un temps sur toute l'Église : elles avaient été rendues perpétuelles , depuis Boniface IX et le schisme d'Avignon. Il est à remarquer qu'elles s'étaient introduites par l'oblation gratuite et volontaire que faisaient au Saint-Siège quelques-uns de ceux dont l'élection était confirmée; ensuite on en fit une obli^tion, sous prétexte de coutume. Le concile de Bâle (sess. XXI) les avait supprimées, et son décret avait été inséré dans la pragmatique, mais elles avaient oontinué de subsister, car le concile avait plutôt aboli le nom que la chose. Il en reconnaît la légitimité , puisqu'il ordonne qu'on fournira d'ailleurs au pape un subside convenable. L'usage les avait seulement réduites en France auxbénéfices consistoriaux. Dans les autres pays, elles s'étendaient sur tous les bénéfices, jusqu'aux moindres.

Le concile de Londres, de Tan 1268 , défend aux prélats de s'attribuer les fruits des églises vacantes, soit pour un an ou pour un autre temps, s'ils ne sont fondés en privilège ou en coutume. C'est là, suivant plusieurs canonistès, la véritable origine du déport et de \annate. ( Voyez déport.)

On peut voir dans Y Histoire de l'Église gallicane, tome XV, édition de Nîmes, une dissertation du père Berthier sur les Aimâtes.

Page 1