ANNEAU
§ I. Anneau nuptial.
Annuli, dit saint Isidore (l), per diminutionem dieti d circuliê et anis çpii sunt circum crura. Cet auteur rapporte , au même endroit, qu'à Rome il y avait de la honte à porter plus d'un anneau; et que, dans 1a suite, par bienséance, plusieurs graves personnages, etmôme les femmes, n'en portèrent plus du tout, laissant cet ornement aux fiancées qui le recevaient, selon l'usage, de ceux qu'elles devaient épouser.
L'Église a adopté ce dernier usage de Yanneau à l'égard des fiancées; elle en a même fait une cérémonie qui accompagne la célébration du mariage, et qui doit être regardée comme le symbole de l'union des deux époux et de leur fidélité conjugale. Date annulum inmanu ejus.
Saint Isidore dit que Vanneau nuptial est donné à l'épouse par son époux, soit comme un signe de la foi mutuelle qu'ils, se sont jurée, soit plutôt encore comme un gage de l'union intime de leurs cœurs. C'est pourquoi, ajoute-t-il, on met l'anneau dans le quatrième doigt de la main gauche, parce qu'il y a dans ce doigt une veine qui porte le sang jusqu'au cœur. Vel propter mutuœ fidei signum^ vel propter id magis^ ut eodem pignore eorum corda jungantur, Unde et quarto digito unnulusindèinseritur,quodineo vena quœdam, ut fertur, sanguinis ai cor U9que perveniat (2).
S II. ÀTfNKAU épiscopaU
C'est à l'imitation des époux que les évoques , contractant une espèce de mariage spirituel avecleur église, reçoivent l'anneau àleur consécration. Autrefois les évêques ne pouvaient porter Vanneau, au doigt de la main droite, que quand ils célébraient la messe : hors de là, il ne leur était permis que de le porter au pouce. Cette distinction n*est plus suivie dans l'usage. Nicolio l'atteste en ces termes : Communiteretiam extra missam defertur in digito annular dextrœ manus. Ainsi Vanneau que les évêques portent au doigt signifie Tétroite ijliance qu'ils ont contractée avec l'Église par leur ordination, rattachement et l'affection qu'ils lui doivent Saint Isidore parlant aussi de Vtmneau des évêques en donne cette raison : Datur et annului , propter signum pontificalitt honoris , vel signaculum secretorum, neindignis saeramenta Dei aperiantur (3).
Le droit oriental , dit Thomassin , n'attribue Vanneau qu'aux Latins , et il reconnaît que c'est un symbole fort juste et fort proportionné pour marquer la qualité d'époux qui convient aux évoques i l'égard des Églises.
Laoongrégation des Rites a défendu aux notaires non participants, aux docteurs, aux chanoines des cathédrales, sans excepter les digni-
(i) Traité des étymologieSy Iw, xx, ch. 31.
(2) Mb, II, cap. 19, p. 603, ^a»^. Parisiens., 1601.
(S) Lib. I, cof. 5, iê Be^êS. of/tê.
ÂNNÉb. Ittl
tés, de porter Vanneau en célébrant la messe; et en général il est défendu à tout ecclésiastique déporter Y anneau au doigt, s'il n'est revêtu d'une dignité ou d'un bffice qui lui en donne le droit. (Cap, 15, ée Vitâ et honeêt. cleric)
Gayimtus, après Durand, i^ei{i/t&u«, dit que la pierre précieuse de r^ann^au ne doit être ni gravée ni sculptée. Un des reproches do Michel Cérulaire (1), contre l'Église latine, était que des évêques portaient des anneaux aux doigts, pour marquer qu'ils étaient les époux de leurs Églises, l Voyez schisme.)
Morin remarque que 1 usage de Vanneau épiscopal est très ancien dans l'Église , parce qu'il en est fait mention dans l'ancien ordre romain. Le cardinal Bona observe avec raison que si Alcuin, Amalaire et Raban n'en disent rien, il faut seulement conclure de leur silence que cette coutume n'était pas alors universelle dans l'É^ glise(2).
S m. Anneau abbatial.
Le droit de porter Vannejiu est presque particulier aux évêquea Les abbés qui jouissent de ce droit doivent avoir en leur faveur le privilège ou la possession, ainsi que pour la jouissance des autres honneurs pontificaux. Suivant ce que nous venons de dire touchant l'origine et le sens mystique de Vanneau , il semble que tout bénéficierà qui convient la qualité d'époux de son Église, doit être décor^ de cet ornement symbolique ; l'usage est cependant contraire. ( Voyçz