AUMUSSE
Vaumutee est un vêtement de peau ou fourrure dont les chanoi^ nés se servent au chœur. Ce vêtement couvrait autrefois la tête et les épaules pendant l'hiver. Ce ne fut dans le principe qu'une fourrure en forme de capuchon et que, pour cela, on appelait caputium foderatum. Plus tard, on allongea ces capuchons afin qu'ils couvrissent les épaules et la poitrine. Le concile de Ravenne de l'an 1314, canon 10, parle à'aumusses qui s'élevaient jusqu'aux oreilles. Cafita cooperiant fileo, vel hireio, vel armutiâ oblongâ ad auree. Dans là suite, on rejeta TaumiM^e sur le cou pendant l'été et ensuite on la porta développée en travers sur les bras (2). Aujourd'hui, dans les cathédrales où elle est encore en usage, comme dans plusieurs diocèses du nord dé la France, les chanoines la portent étendue sur le bras gauche. (Voyez HABrr.)
Uaumusse est très ancienne dans l'Église, car il est fait mention, dans l'histoire de Tournai, d un certain Litbert, doyen du chapitre, portant Vaumusse sur ses épaules, et qui vivait, en 1050. On lit dans
(1) Dupeyrat, Des anHquitétde la ehapHle du rci, {%) Grandeolas, tu Breviar,^ Ub, i, cap, 47.
les annfdes de Bayeux, que, vers la fin dti treizième siàele, le dojen de la cathédrale fit réformer les aumusses qui étaient trop longues. Fecit aliquibus eorum qui deferebant almutias nimU longas sibi rescinda
Anciennement Yaumusêe était portée non seulement par les cha^ noines, mais aussi par tous les prêtres. C'était Tinsigne de la di* gnité sacerdotale. Quicumque erat saoerdos, in êignum sacerdotii J#* fêrebat almuiium. Dans un temps même, elle fut particulière aux moines, car le pape Clément V, dans le concile de Vienne, leur per« mit d'en faire usage; ti^ almutiis de panno nigro^ vel pellii, caputio-^ rum loco, uterentur. Les rois, les empereurs et les personnes d« haute distinction avaient aussi autrefois le privilège de porter You^ muêsê, comme on peut le voir dans la chronique de Flandre, où on lit ces mots : « Issirent-ils de Paris, et encontra le roy Tempereur <« son oncle assaz près de la chappelle, entre Saint-Denys et Paris. •( A leur assemblée, Tempereur osta Vamussê et chaperon tout jus; M et le roy osta son chapel tant seulement, t Les rois portaient 1a couronne sur Vautnusse,
Les chanoines ne peuvent faire usage de Yaumusê$ quand ils oé^ librent, ni la déposer sur l'autel, ce qui est défendu en ces termes* par les rubriques générales : Super altare nihil omninàponatur, quod ûd miêsœ êacrificium, vel ipsius altariê arnaium non pertineat. Us ne doivent pas non plus la porter, quand ils sont revêtus de la chasuble ou de la chappe (1).
On appelle autel la table sur laquelle le prêtre offre le sacrifloa non sanglant du corps et du sang de Jésus-Christ : Altare, quasi alta res, vel alla ara dicitur, in quo sacerdotes incensum adolebant; ara, quasi area, id est, plana, vel ab ardore dicitur; quia sacrificia ardebant (2).
On distingue deux sortes d*autels : autel ferme et stable, et autel mobile et portatif.
§ I. ArTEL fiscs an stabts.
Les autels fixes ou stables sont ceux qui sont construits d*une mar nière fixe et immuable dans un certain lieu et qui y restent toujours» tels sont tous les autels qui se trouvent dans nos églises.
On ne peut bâtir un autel stable dans une église consacrée, sans la permission de l'évêque : Nullus presbyter xn ecclesiâ consecratd aliud altare erigat, nisi quod ab episcopo loci fuerit sanctificatum vsl permissum : ut sit discretio inter sacrum et non sacrum : nec dedicationem fingat nisi sit; quod si fecerit, degradetur, si clericusest; siverol(^cus, anathematisetur. (C. 26, de Consec, dist, 1.1
Les autels sur lesquels on célèbre les samts mystères doivent être
(1) Ferraris, Prompta bibliotheca^ $dit. Casinensis^ tomA^pag, Si4. (9) Durand, Bationale divinorum officwrumt lib. I, cap. S, n^ $•
AUTBL. $19
conrerte de linges (voyêt nappe), ornés d*un tabernacle et avoir une croix au milieu et des chandeliers de chaque côté. Pendant la messe^ il doit y aroir des cierges allumés dans les chandeliers (1).
Les autels ne doivent être aujourd'hui que de pierre, bien que dans rÉglise primitive ils ne fussent que de bois. On en voit encore dans Téglise de Latran à Rome. Dès Tan 517 un concile d^Épaonè défendit de construire des autels d'autre matière que de pierre : Attaria sifion fuerint lapidea, chrismatis unetione non eonsecrentuf. (C. 81, de Consec, dist. 1.) Lafis enhn Christum signifieat. (S. Thom.f 5«n^ 4, d. 13, g. 1, c. 2.)
Dans Tusaçe» on souffre que quand tout Yautel n'est pas de pierre, il y ait au moms une pierre consacrée, où reposent le calice et Thostie. Les autels portatifs ne sont pas construits différemment. [Arg. can. 30 Concedimus, de Consecr., dist. 1.) Mais cette pierre, en ce cas, doit être fixe et d'une largeur raisonnable pour que le prêtre puisse y prendre et remettre le calice et l'hostie, sans craindre de les faire toucher ailleurs. Par une décision de la congrégation des rites, du 20 décembre 1580, cette pierre doit avoir au moins xOk palme de largeur : non sitpetra seu ara consecr ata, minus une palmo. Le palme est toute l'étenaue de la main.
On ne peut sacrifier sur un autel nouvellement érigé avant que la pierre sur laquelle le calice etThostie doivent reposer ne soit consacrée , et cette consécration ne peut se faire que par l'évêque. (Cap A Quamvis, dist. 68 ; cap. 25 Nulluspresbyter.) Un simple prêtre ne peut consacrer un autel, même avec la permission de l'évêque, parce que l'évêque ne peut déroger aux lois générales de l'Église ; or ces lois défendent expressément au prêtre de consacrer des autels. Conse^ crare altare preshyier non prœsumat. [Cap. Ministrare, 26, qu. 6.) Mais un simple prêtre peut consacrer des autels, si le Souverain Pontife lui accorde ce privilège qui est réservé aux évêques. Ce privilège s'accorde quelquefois. Ainsi Léon X le concéda aux frères mineurs qui partaient aux Indes orientales , et Paul III aux prêtres de la société de Jésus dans les pays infidèles où il n'y avait pas d' évêques. Lors de la révolution française. Pie VI permit plusieurs fois à de simples prêtres de consacrer des autels, c'est-à-dire des pierres sacrées, exigeant seulement qu'on se servît de saint chrême bénît parunévêque catholique (2). Suivant le ch. Quamvis, dist. 68, cette consécration se fait avec le saint chrême et la bénédiction sacerdotale : Altariaplacuit, non solnm unetione chrismatis, sed etiam sacer» dotait benedictione sacrari. (Can. 31, de Consecrat., dist. 1.) Si la pierre déjài consacrée s'est brisée et que l'endroit du sceau soit enlevé, il faut la faire consacrer de nouveau, même dans le cas où elle pourrait encore servir. Dans un doute raisonnable, si la table d'un autel a été consacrée, il faut la consacrer. (Can. 18, de Consecr^
^\)J>eyoiifTnstitut, cânoniceBf lib, n, ^7* vu. Çi)Br$fduiZavrUim,
320 ADTBL.
dist. 1 ; cap. Ad hœc, extr. de Consecr. ecclesiœ vel altar.) Ad hœe^ h altare motum fuerit^ aut lapis iUe solummodo suprà positus, qui sigillum continet, confractus, aut etiam diminutus débet denuô consecrari.
Les nappes de Y autel doivent être de linge blanc, et bénites par révoque ou par un prêtre à qui Tévêque a donné pouvoir de faire cette bénédiction, (can. 46, Consulta ^ de Consecr,, dist. 1.) (Voyez