BACHELIER
Sous le nom d'avouerie, il avait été fondé autrefois un protectorat pour la sécurité des églises particulières, et surtout des abbayes qui, dans leur isolement, avaient plus besoin d'être abritées contre les innovations de la force brutale. Quand un abbé, par exemple, avait à se garantir de seigneurs trop voisins et trop avides de pillage, il choisissait un d'entre eux et lui accordait divers droits sur ses terres, en échange desquels Fhomme d'armes, honoré du titre d'avoué, d'avocat, vidame ou représentant du monastère, s*enga* geait à lui donner secours et protection.
Des rapports à peu près de même nature, mais élevés à leur sU'* prême puissance, existèrent, dans les huitième et neuvième siècles entre la papauté et les nouveaux empereurs d'Occident, Pépin, Charlemagne, etc. Ceux-ci furent donc, non plus les souverains comme avaient été les anciens empereurs d'Orient, mai^ seulement les avoués du Saint-Siège. Aussi les papes, en s'assurant une avouerie dans la constitution du sîûnt empire, sauvèrent la civilisa^ tion chrétienne de son danger mortel, c'est-à-dire du despotisme politique et religieux dans les mains d'un seul.