BALE
Ville capitale d'un canton de Suisse, remarquable par le funeux concile qui s*y tint en 1431 .
Ce concile fut tenu à la suite de celui de Constance, où les Pères assemblés , prévoyant que les maux qui affligeaient l'Église ne pourraient être parfaitement guéris que par de fréquents conciles , ordonnèrent par un décret perpétuel, en la session XXXIX, qu'il se tiendrait un autre concile général, cinq ans après celui de Constance; un troisième, sept ans après la fin du second ; et à l'avenir, un de dix ans en dix ans. Martin V convoqua, en conséquence, le concile général en la ville de Sienne , et de là en la ville de Bâle ; l'ouverture s'en fit le 23 mai de l'année 1431.
Bientôt après, lorsqu'on eut proposé dans la première session les motifs de la convocation du concile, le bruit se répandit, non saa» fondement, que le pape Eugène, successeur de Martin V, voulait en (donner la dissolution ; les Pères assemblés firent, k cette nou^ velle, de» décrets qui forcèrent enfin le papo à transierer, en 1437» le eoncile de BûU à Ferrare ; l'année suivjuite^ il le transféra dVJ Ferrare à Flerenoe, où l'on adieva de traitt^r de l'union dos Grecs avec les Latins. Enfin, en 1441, le même pape proposa i^Licorn de trmsférw le concile do Florence à Rome, où Ton célébra, en effet , 1» 30 septembre 1444, une session en continuation du môme eon^ cile.
Cependant, ces différentes translations n'empêchèrent pas les Pères de Béie de continuer leur concile jusqu'à 45 sessions ; dans les 37 et 38, tenues les 28 et 30 octobre 1439, ils délibérèrent sur l'élection d'un nouveau pape, à la place d'Eugène, déposé dans la session XXXIV, tenue le 25 juin de la même année. Les électeurs forent eboisis en conséquence pour entrer en conclave; Amédée, duo de Savoie, qui s'était retiré du monde, fut élu pape à la pluralité des Teix ; cette élection surprit l'illustre solitaire lorsqu'on la lui signi* fia ; mais il l'accepta et prit le nom de Félix V, qu'il conserva jusqu'à ce qu'il fit sa cession du pontificat, l'an 1447 , en faveur de Nicolas V, successeur d'Eugène , et déjà reconnu pour seul et légitime pape, par presque tous les fidèles. Félix V a été le dernier des antipapes.
(Voyez ANTIPAPE.)
L'autorité du concile de Bâle est contestée par plusieurs cano- Btfte» et théologiens. Les uns, avec le cardinal Bellarmin , se con-^ tentent de dire qu'il a été légitime dans son commencement, mais fU'il » cessé d'être tel, an temps de la déposition du pape Eugène IV,
ou même dès la session XXV; d'autres , panni lesquels on peut mettre en tête le cardinal Cajétan , le traitent ouvertement d'acéphale et de Bchismatique. Toutefois, comme ce concile renferme des dispositions très sages sur la discipline de l'Église, le pape Nicolas V ne s'en forma pas la même idée ; il publia, l'an 1449, une bulle, où sans approuver expressément les décrets du concile de Baie, en ce qu'ils en établissent l'autorité , non plus que tout ce qui fut fait en conséquence contre le pape Eugène, son prédécesseur, il témoigne assez Testime qu'il avait de ce que ce concile contient sur les autres matières.
Les auteurs gallicans disent, et en cela ils ont raison, que les Pères du concile de Bâle ne firent que mettre à exécution les décrets de la rV« et la V» sessions du concile de Constance, touchant l'autorité du concile au-dessus du pape, et la soumission du pape au concile, tant pour la foi que pour les mœurs. Ils en donnent pour preuves ce passage du concile de BéUe : Glossa et doctores in hâc materiâ, ante concilium CoMtantiense , sœpè vacillabant, modo unum, modo aliud dicebani, et seholasticè disputantes, non se firmabant; proptereà ad amputandum euriosas et contentiosas verborum concertationes, Ee^ elesia universalis magistra omnium Constantiœ congreçata , dêfimtnt hune passum. Or si, comme ce passage nous l'apprend , la question de la supériorité du pape à tout concile était irrésolue avant la tenue du concile de Constance, elle doit être aujourd'hui invariablement déterminée, puisque ce concile l'a définie, definivit hune passum ; si coiïîiiie Va déclaré l'assemblée générale du clergé de France de 1682, les déci*cts du concile de Constance, contenus dans la IV*^ et V* sesi^iouB, sunt œcuméniques, comme étant approuvés, même par le Siège apostolique, confirmés par la pratique de toute l'Église et des pontifes romain», la question est terminée, et il n'est plus permis de soutenir que Vautorité du concile est inférieure à celle du pape. Cependant il n'en est rien. D'où il est aisé de conclure que, dans cette question, ni le concile de Bâle, ni le concile de Constance n'ont été œcuméniques. La question est encore laissée à la libre discussion des écoles. (Voyez constance.)
On sait que la pragmatique de Charles VIII n'est presque qu'une copie des décrets du concile de Bâle ; elle fut faite à Bourges en 13i38, c'est-àrdire un an avant la session XXXIV® de ce concile, où le pape Eugène IV fut déposé le 26 de juin de l'an 1439. (Voyez
JPBAOMATIQUB.)