‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastique (volume 2)Chapitre 180 sur 282 · BAPTISTÈRE · texte numérisé non relu

BAPTISTÈRE

On appelait autrefois ainsi une petite église qu'on bâtissait auprès des cathédrales, pour y administrer le baptême. Le lieu où Ton conserve l'eau pour baptiser s'appelle aussi baptistère^ mais plus communément fonts baptismaux. [Voyez fonts.) On confond aujourd'hui ces deux choses, mais anciennement on les distinguait exactement comme le tout de la partie. Par baptistère on entendait tout l'édifice où l'on administrait le baptême, et les fonts n'étaient autre chose que la fontaine ou le réservoir qui contenait les eaux dont on se servait pour le baptême.

Les baptistères, dit Bergier (1), étaient pour la plupart d'une grandeur considérable, eu égard à la discipline des premiers siècles, le baptême ne se donnant alors que par immersion, et (hors le cas de nécessité) seulement aux deux fêtes les plus solennelles de l'an-

(1) Dietiomakre de théologie^ art. baptistéie.

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née, P&ques et la Pentecôte Le concours prodigieux de ceux qui se présentiaient au baptême, la bienséance qui exigeait que les hommes fussent baptisés séparément des femmes, demandaient un emplacement d'autant plus vaste, qu'il fallait encore y ménager des autels où les néophytes reçussent la confirmation et Teucharistie immédiatement après leur baptême. Aussi le baptistère de Y église de Sainte-Sophie à Constantinople, était-il si spacieux, qu'il servit d'asile à l'empereur Basilisque, et de salle d'assemblée à un concile fort nombreux. Ces baptistères ont subsisté jusqu'à la fin du sixième siècle.

On trouve peu de chose dans les anciens auteurs sur la forme et les ornements des baptistères: ou du moins ce qu'on y lit est fort incertain. Voici ce qu'en dit Fleury (1) sur la foi de plusieurs auteurs ; " Le baptistère était d'ordinaire bâti en rond, ayant un enfoncement où l'on descendait par quelques marches pour entrer dans l'eau; car c'était proprement un bain. Depuis, on se contenta d'une grande cuve de marbre ou de porphyre, comme une baignoire ; et enfin on se réduisit à un bassin, comme sont aujourd'hui les fonts. Le baptistère était orné de peintures convenables à ce sacrement, et meublé de plusieurs vases d'or et d'argent pour garder les saintes huiles, et pour verser l'eau. Ceux-ci étaient souvent en forme d'agneau ou de cerf, pour représenter l'Agneau dont le sang nous lave, et pour marquer le désir des âmes qui cherchent Dieu, comme un cerf altéré cherche une fontaine, suivant l'expression du psaume. On y voyait l'image de saint Jean-Baptiste, et une colombe d'or ou d'argent suspendue sur le bain sacré, pour mieux représenter toute l'histoire du baptême de Jésus-Christ, et la vertu du Saint-Esprit, qui descend sur l'eau baptismale. Quelques-uns même disaient le Jourdain pour dire les fonts. »

Il n^y eut d'abord de baptistères que dans les villes épiscopales : d'où vient qu'encore aujourd'hmi le rit ambrosien ne permet pas qu'on fasse la bénédiction des fonts baptismaux les veilles de Pâques et de la Pentecête, ailleurs que dans l'église métropolitaine, d'où les églises paroissiales prennent l'eau qui a été bénite, pour la mêler avec d'autre, depuis qu'on leur a permis d'avoir des baptistères ou fonts particuliers. C'est un droit attaché à chaque paroisse en titre et à quelques succursales, mais non pas à. toutes, non plus

3u'aux chapelles et aux monastères qui, s'ils en ont, ne les possèent que par privilège et par concession des évêques. Depuis la dégénération des anciens baptistères en simples piscines baptismales, les conciles se sont occupés de faire des règlements sur cet objet. Celui d'Aix, en 1585, ordonne que les fonts soient recouverts d'une manière décente. Le baptistère doit être de pierre, et aur tant que possible, dans une chapelle fermée d'une grille. ( Voyez

FONTS BAFTISBÏAUX. )

(i) Mœws des chrétiens^ s. se.

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