BÉATIFICATION
La béatification est Tacte par lequel le Souverain Pontife déclare, au sujet d'une personne dont layie a été sainte, accompagnée de quelques miracles, etc., qu'il y a lieu de penser que son Âme jouit du bonheur éternel, et en conséquence permet aux fidèles de lui rendre un culte religieux.
La béatification diifére de la canonisation en ce que dans la première le pape n'agit pas comme juge, en déterminant l'état du béatifié, mais seulement en ce qu'il accorde à certaines personnes, comme à un ordre religieux, aune communauté, etc., le privilège de rendre au béatifié un culte particulier, qu'on ne peut regarder comme superstitieux dès qu'il est muni du sceau de l'autorité pontificale, au lieu que dans la canonisation le pape parle comme juge, et détermine ex cathedra l'état du nouveau saint. (Voyez canonisation.)
La cérémonie de la béatification a été introduite lorsqu'on a pensé qu'il était à propos de permettre à un ordre ou à une communauté de rendre un culte particulier au sujet proposé pour être canonisé, avant d'avoir une pleine connaissance de la vérité des faits, et à cause de la longueur des procédures qu'on observe dans la canonisation.
On croit généralement que les dépenses qu'occasionnentles béatifications sont très considérables ; c'est une erreur. Alexandre VII, en prescrivant que les béatifications eussent lieu à la basilique vaticane, détermina en même temps le chiffre d'une indemnité au chaj^itre de Saint-Pierre pour les frais d'ornement de la basilique. On lit dans le traité de Benoit XIV que c'est là une chose fort équitable aux yeux de tout homme qui a connaissance de l'état financier du chapitre. On ne peut pas se faire une idée, ajoute Benoit XIV, de la consommation d'ornements qui s'y fait tant à cause de l'intempérie de l'air du Vatican, que du grand nombre de messes qui se célèbrent chaque jour dans la basilique ; l'entretien de ces ornements est à la charge du chapitre et non à celle de la fabrique, qui n'est pas très riche elle-même et se trouve chargée de dettes.
A part cette offrande à la basilique, les frais des béatifications se réduisant à très peu de chose. La taxe pour le bref est fort minime ;
dSS BBDEÂU.
celui qui en fait lecture a droit à une rétribution de quinze pauls et rien de plus ; le^ maîtres des cérémonies et les sacristains de la basilique ne reçoivent qu'une rétribution assez faible. Le notaire delà congrégation des rites perçoit trois écus ; le substitut et son compagnon en reçoivent cinq. Viennent ensuite, dans le tarif établi par Benoît XIV, quelques faibles sommes pour la garde suisse et pour les artilleurs qui font jouer le canon et le mortier pendant la béati' fication.
Benoît XrV prouve, à Taide de plusieurs faits, que les papes ont travaillé de tout temps à diminuer les frais des camuses de canonisar tion : Romanos Pontifices earum moderationi studuisse ac studere. Ils ont ôté la plupart des dépenses excessives et inutiles qui s'étaient introduites insensiblement : plerasque immodicas ac superfluas^ qnœ paulatim irrepserant, sublatas fuisse. On n'a laissé que ce qui est absolument requis pour traiter et conduire à leur terme les béatifications et les canonisations, et ces dépenses nécessaires ont été fixées dans des tarifs qu'on doit observer inviolablement. Il répète à un autre endroit que les frais actuellement en vigueur sont nécessaires. On voit dans son ouvrage le chiffre total de ce que certaines causes de canonisation ont coûté.
11 y a pourtant une chose pour laquelle la congrégation des rites n'a jamais rien statué, les honoraires des postulateurs. Benoît XIV semble n'approuver que médiocrement qu'on entretienne à grands frais un personnage distingué, quelque chanoine, pour remplir l'office de postulateur, car c'est une dépense inutile et fort considérable : super fluum.., ac magnum sumptum... si viri nobilis, si canonici opéra hâc in re adhibcatur. Il eut occasion, lorsqu'il remplissait la charge de promoteur, d'apprécier le procédé de ceux qui, au lieu d'entretenir quelqu'un dans ce but, confiaient tout simplement la postulation à quelque religieux.