‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastique (volume 2)Chapitre 65 sur 282 · AGAPE · texte numérisé non relu

AGAPE

On doimidt le nom é*agape^ dans les premiers siècles , aux rèpâè de pure charité, qui se faisaient dans les églises entre les chrétiens { Cabassut, Devoti et Ferraris pensent que les agapeê furent instituées par les apôtres. Mais Tabus qui se glissa dans ces assemblée^, et encore plus les accusations des païens, portèrent les pères dtl concile de Carthage, tenu en 397, à condamner absolument Tusagé des ugapes. Le concile de Laodicée, tenu en 367, can. 18, atait déjà fait la même défense. (Cap, 3, dist. 42.) Saint Augustin eut beaucoup de peine à supprimer les agapes à Carthagè. Il fut pou^ eela obl^é de prendre toutes les précautions et d*user de tous les ménagements possibles.

Il y a eu entre les savants plusieurs contestations pour savoir si lâ communion de Teucharistie se faisait avant ou après le repas dei^ agapes: il paraît que dans Forigine elle se faisait après, afin d'imiteif plus exactement l'action de Jésus-Christ, qui n'institua l'eucharistie et né communia ses apôtres qu'après la Cène, qu'il venait de faifè avec eux. Cependant l'on comprit bientôt qu'il était mieux de recô-* voir Feucharistie à jeun, et il paraît que cet usage s'établit dès lé sd^ cond siècle ; mais le troisième concile de Carthage, en FordoimAnt ainsi, excepta le jour du jeudi saint, auquel on continua de faire M agapes avant la communion. L'on en conclut que la discipline fiur eè point ne fut pas d'abord uniforme partout (1).

Saint Grégoire le Grand permit aux Anglais nouvellement con^ vertis de faire des festins sous des tentes et sous des feuillages, M jour de la dédicace de leurs églises ou des fêtes des martyrs, aupîèt des églises, mais non pas dans leur enceinte. On rencontre aussi quelques traces des agapes dans Fusage où sont plusieurs églises car tnédràles ou collégiales de faire, le jeudi saint, après le lavement de» pieds et celui des autels, une collation dans le chapitre, le vestiaire, et même dans l'église (2).

Les agapes, dit Fleury (3), sont Forigine du jpain bénit, qui a succédé au repas que les fidèles faisaient cmns FégCse, en mémoire de !• Cène de Notre-Seigneur. •

(i) Bingham. Orig: eccles.^ l. xv,c. 7, § 7,

fi) Saint Orégoire, ép. 1i,lH).ti; Bàronias, aâ ànn, W, SW, 484; Fleury, Êist* eetUs. tom. ly Ue, t, j». 64.

(«) hmmmiomm érott ectMastt^ué. tém. t^p. MB.

iOO AGAPÉTB, AGE.

AGAPÈTE.

Agape en grec signifie amour, d'où vient qu*on appela agaipeiœ^ agapètes, c'est-à-dire bien-aimées, les vierges qui vivaient en communauté ou qui s'associaient avec des ecclésiastiques, par un motif de piété ou de charité. Ces vierges étaient aussi appelées par les ecclésiastiques seniors adoptives; on leur donnait encore Je nom de «outintroduites; la dénomination n'y fait rien; c'étaient toujours des femmes, dont la fréquentation ne pouvait être que très dajigereuse pour des gens consacrés au célibat; il ne faut pas ôtre surpris si le concile de Nicée fit un canon exprès pour défendre aux prêtres et aux autres clercs l'usage des femmes sous-introduites, et ne leur permit de retenir auprès d'eux que leurs proches parentes, comme la mère, la sœur et la tante, à l'égard desquelles, disent les Pères du concile, ce serait une horreur de penser que des ministres du Seigneur fosjBent capables de violer les droits de la nature.|F«{ easpersanas, dit ce e&aoJiy quœ êuspicioneê effugiunt. (Cap. Interdixit, distinct. 32, cap, 16; JExtrav. de Cohab. cleric. etmulierum.)

Par cette doctrine des Pères, et par les précautions prises par le concile de Nicée, il est probable que la fréquentation des agapètu et des ecclésiastiques avait occasionné des désordres et des scandales. C'est ce que semble insinuer saint Jérôme, quand il demande avec une sorte d'indignation : Vnde agapetarum pestis in Ecclesiam tniraivit? C'est à cette même fin que saint Jean Chrysostême, après sa

})romotion au siège de Constantinople, écrivit deux petits traités sur e danger de ces sociétés ; et enfin le concile général de Latran, sous Innocent III, en 1139, les abolit entièrement.

Les défenses du troisième canon du grand concile de Nicée ont toujours subsisté telles qu'elles furent faites dans ces premiers temps de ferveur. Si , dans les dixième et onzième siècles, on a vu à cet égard de grands abus de la part des prêtres, ils ont cessé dès que les circonstances ont permis à l'Église d'y remédier. Chaque évêque IMijourd'hui veille dans son diocèse à ce que les prêtres et autres ecclésiastiques n'aient pour domestiques que des femmes hors de tout soupçon, quœ suspiciones effugiunt, Croyez célibat, concxjkne.) Il ne &ut pas confondre les agapètes avec les diaconesses. (Voyez

IHACOMESSE.)

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