ANCIEN
que Yanatkême produit le même effet que T excommunication; il faut donc dire, avec Éveillon, qui agite cette question (1), que puia-
?uela glose du chapitre Q^oniam multos, 11, 5. 3, et le chapitre Wm non ab komine, de Jud, , parlent de Yanathème comme d'une peine phis forte que la simple excommunication, nous devons faire la même différence, et regarder Vanathéme comme l'aggrave de Texeommunication. ( Foy ex aggrave, réaggravb. j Fagnan est de cet avis : Ànathema, dit-il, derivatur ab ana, guodest gursum, et thera , qm$ ut fuœdiim figura ad formam Htterœ E , cum tractu quœ frontHms damnato -■ rumimprirnebatur < itaque ànathema dicitur quasi anathera , id estsupern^ matedieHOf de quâtne. GuUisanus^, q, 4. Cet auteur expose ensuite les solennités qui accompagnent ïanathéme, etquinesontautrochose que celles dont nous parlons aux mots aggrave et réaggravb.
Dans les conciles on a employé le mot d!anaihéme dans tous les eas où celui d'excommunication paraissait trop faible. Ainsi l'Église dit anathème aux hérétiques, à ceux qui corrompent la pureté de la foi; plusieurs décrets ou canons des conciles sont conçus en ces termes : « Si quelqu'un dit ou soutient telle erreur, qu'il soit anathème, » c'est-àrdire, qu'il soit retranché de la communion des fidèles, qu'il 9oit regardé connne un homme hors de la voie du salut et en état de damnation; qu'aucun fidèle n'ait de commerce avec lui. C'est ce qu'on nomme anathème judiciaire ; il ne peut être prononcé que par un supérieur qui ait autorité et juridiction, par un concile, par le pape, parun évêque.
De ce qu'il est dit au chapitre 1 , de Sent, excom. in 6*, que l'excommunication est médicinale, et que la glose sous le mot Perpetuam dit ildesty donec resipiseant, on a douté s'ily avait jamais à! anathème perpétuel, c'est-àrdire dont on ne peut être absous , comme on le voit exprimé en plusieurs endroits du droit canon, ut in cap. Inno-^ mine^ dist. 23, in cap. Ab abolendam, deHœret. Éveillon rapporte des autorités qui donnent à ce mot perpétuel un sens différent de celui qu'il présente d'abord et qui ne l'entendent pas à la lettre, quand l'excommunié ne persiste pas dans l'obstination; ce qui est le véritable esprit de l'Église. Aussi lorsqu'un hérétique veut se convertir et se réconcilier à rÉglise, on l'oblige de dire anathème à ses erreurs , €' est-à-dire de les abjurer et d'y renoncer. (Vatfez abjuration.)
En France^ le terme d*anathème est pris communément dans le sens que le prend le chapitre Cum non ab homine^ pour l'aggrave de l'excommunication .