‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastique (volume 2)Chapitre 99 sur 282 · ANCIEN · texte numérisé non relu

ANCIEN

L^ anciennetés^ toujours été regardée dans l'Église comme un titre légitime de préférence , en quoi elle n'a fait que se conformer & la disposition du droit; on en trouve la prouve en différents endroits de cet ouvrage.

(1) Traité dit eUBCommunications, ch. xxmt .

Itt ANOLBTBR&E.

Le gouTememèiit le plus naturel et le plus sage est celui dsa anciens. Chez les Romains, le sénat était TaBsemblée des vieillards ^ ssnss. Les apôtres établirent cette forme de gouvernement pour maintenir Tordre dans l'Église de Dieu. Saint Paul, qui ne pouvait pas aJler 4Éphèse, fait venir les anciens de cette Église et leur dit : •• Ayea attention sur vous^m^mes et sur tout le troupeau dont le « Saint-Esprit vous a établis surveillants , pour gouverner TÉglise « de Dieu, qu'il s'est acquise par son sang. >* (Actes XX, 17, 18.) Les apôk-es délibèrent avec les ancisns , au concile de JéruMimn » •t décident ensemble. (Ibid. ch XV, t. 6, 22, 23, 41.) Saint Jean, qui a représenté dans l'Apocalypse l'ordre des assemblées cbrétieB^ nés ou de l'office divin, place le président sur un trône , et vingt* quatre vieillards sur des sièges autour de lui. [Af^calypss , ck. Vf #1 V.) Ces anciens ont été nommés prêtres, d'un mot grec qui signifie wiciUards ; le président, évégne, d'un autre mot grec qui veut dire êurveiUant. Ainsi s'est formée la hiérarchie.

Il ne s'ensuit pas de là que le gouvernement de l'Église, dans soll origine, a été purement démocratique, comme le soutiennent les calvinistes; que les évoques ne devaient et ne pouvaient rien décider sans avoir pris l'avis des anciens. Nous voyons, par les lettres àm saint Paul àTimoihée et à Tite , qu'il leur atUîbue Tautcurité et le

1 mouvoir de gouverner leur troupeau, sans dtre obligés de consulte» 'assemblée, si ce n'est dans les circonstances où il était besoia an témoignage. (FoyejK évêque, hiérarchie.)

ANGLETERBE.

l/Ànfletsrre, qui était autrefois si catholique et si attachée à la sainte Eglise romaine , qu elle mérita de porter le nom à! Ils 4$$ saints^ embrassa le schisme et l'hérésie que lui imposa par la perse* cution Henri YIII , de honteuse mémoire. Dés lors la hiérarchie Catholique fiit rompue ou plutôt elle fut remplacée^ par une hiérarchie factice qu'on appela^ et qu'on appelle encore V Eglise établie. Mais rÉglise véritable, TÉriise romaine, dont la sollicitude maternelle s'6« tend partout, ne voulut pas laisser les enfieuits qu'elle possédait en-core en ÀngleUrre, sans chefs et sans pasteurs. Elle leur donna, i cause du malheur des temps, des évéques qui n'eurent que le titre de vicaires apostoliques. Cet état de choses, si préjudiciable aux cath4>liques d'Angleterre, durait depuis 1623, lorsque les principaux d'entre eux, voyant les progrès que le catholicisme avait faits depuis 1829, époque de leur émancipation civile, demandèrent au Souverain Pontife, de leur donner des évéques titulaires et d'établir parmi eux la hiérarchie catholique, comme elle existe dans tous les autres États européens. Le Souverain Pontife accéda avec bonheur et avec em*pressement à leurs désirs, et il rétablit en Angleterre, par la lettre apostolique du 24 septembre 1850 la hiérarchie catholique. « Il pensa que le temps était venu de ramener en Angleterre la jEorme du

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gouvernement ecclésiastique à ce qu'elle est librement diecles au* très nations, on aucune cause particulière ne nécessite le ministère des vicaires apostoliques. »

L'anglicanisme aux abois ne le pensa pas ainsi; il employa tous les moyens possibles pour tenter d'arrêter le mouvement qui porte la population vers le catholicisme. Mais vainement aura-t-il essayé, par une loi (1), d'y mettre des entraves. Désormais l'élan est donné et tout ce qu'il pourra faire pour l'arrêter, ne contribuera qu'à lui don* ner plus d'activité encore. L'anglicanisme , comme secte religieuse, n'a plus de vie. Peut-être ferart^il entendre encore quelques cris , mais ce ne seroj^t que les derniers efforts de l'agonie qui précède la mort. Les Anglais, dans un temps qui n'est pas éloigné, seront ou catholiques ou indifférents, mais ils ne seront plus anglicans. C'est du moins notre conviction intime et profonde, fondée sur des princi- {>es dont le temps et les circonstances tireront infailliblement les conséquences logiques.

U Angleterre n'a pas de concordat, parce qu elle ne veut point entrer en négociation avec Rome , mais bientôt elle s'apercevra que son intérêt demande qu'elle imite en cela la Prusse hérétique et la Russie sohismatique qui n'ont pas été moins hostiles qu'eue au ca* tholicisme. A défaut de concordat, nous insérons ici la lettre apos* tplique du 24 septembre 1850, qui règle toute la hiérarchie de cette Église, en y établissant un épiscopat régulier comme dans les autres Églises, qu'elle y crée des évéques tirant leur dénomination de leurs sièges dont elle forme et limite la circonscription diocésaine. Cette hiérarchie se compose, pour le moment, d'un archevêque ou métro* politain dont le siège est fixé à Westminster , et de douze évéques ses suffragants. •« Ils jouissent et jouiront des droits et facultés dont usent et peuvent user , d'après les dispositions communes des sacrés canons et des constitutions apostoliques, les archevêques et évéques catholiques des autres pays, et ils seront pareillement astreints aux obligations auxquelles sont tenus par la commune discipline de l'Église les autres archevêques et évéques. »»

C'est ici l'occasion de dire un mot des ordinations anglicanes. On sait qu'en vertu des règles canoniques, les ordinations mites par un évéque excommunié, schismatique, hérétique même , sont valides « pourvu qu'elles aient lieu avec un pouvoir légitime, avec l'intention, la forme, lamatière, les rits prescrits par l'Église. Maison compren* dra facilement que les ordinations anglicanes sont tout k £ait nulles et invalides, si l'on fait attention qu'elles se font depuis longtemps selon la forme prescrite par le rituel d'Edouard VI, oue cette forme est contraire à l'institution de Jésus-Oirist, et qu'elle renferme des

(i) Les deux chambres d'Angleterre ont voté un bill qni a été sanctionné par la reine le t août 1851. Ce bill, qui tiole d*une manière flagrante la liberté religieuid garantie anx catholiques anglais et irlandais, défend aux étéques catholiques de porter le nom des diocèses dont ils sont titulaires. Une telle loi est inexéeotaMe.

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