‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastiqueChapitre 10 sur 408 · RÉCONCILIATION · texte numérisé non relu

RÉCONCILIATION

Par réeonciliaiion on entend une certaine cérémonie ecclésiastiqi;e qui se Eût quand une église est polluée, pour la remettre dans l'état où elle était avant la pollution, c'est-à-dire, telle que l'on puisse y £EÛre l'office divin.

Pour bien entrer dans le sens de ce mot, il £ftut savoir que, du moment qu'une église ou autre lieu saint, est pollué ou violé, on ne peut plus y faire l'office divin, ni y célébrer les saints mystères. (C. EceUsiœ 1,2, de Consecr,, dist. 1; c. fin. de Consecr. eceles.) On ne peut non plus consacrer une église qui a souffert une poUution après avoir été bénite , qu'on ne l'ait auparavant réconciliée : EecUsia Chriêtigloriosa est nonhabentmaculam neque rugatn, aut aliquid hujuimodi. Or, on estime qu'une église peut être polluée ou violée en cinq manières : V Par une effusion notable de sang humain, fiEÛte injurieusement : Quandà in ecclesiâ sanguiê hutnanus in quaniitate notabili ex injuria effunditur. (C, Propoêfiisti ; eap. uU. de Consecr. eccleiiœ vel altar.) Tous ce^ mots sont remarquables. Il n'y apoint de pollution par l'effusion du sang des animaux, ni par l'efTusion peu considérable du sang humain, ou occasionnée accidentellement par jeu ou raillerie (2).

2^ Une église est violée par un meurtre qui s'y commet, quoiqu'il n'y ait point d'effusion de sang et quoiqu'il ne soit fait qu'en exécution d'une sentence juridique. L'assassinat ou le martyre d'un fidèle serait même capable de produire cette pollution, si on le fait dans l'église même ; on dit alors : Aetio displieuit, paaio grata fuit. La pollution aurait également lieu si le meurtre n'avait pas été consommé dans l'église et que le patient eût expiré dehors. Mais il en

(1) M cap. Significahmif de Rêguliê.

(2) Barbosa, de Officio et potest. epiecop., part, u« aliêg» 28, n. 30.

RÉGONGIUATION. 9

serait autrement ei la blessure ayant été faite hors de l'église, le blessé y venait mourir. (Dicto cap. Proposuisti.)

3° Quando humanum semen in ecclesiâ criminosè et notarié est effusum. (Cap. fin., de Consecr. eccles.) Ces termes de criminosè, notarié, caractérisent les cas où l'on peut dire qu'une église est polluée : Propter efftuianem seminis, sur quoi les théologiens et les canonistes disputent si le devoir conjugal, intrà ecclesiam, produit le même effet

4* La sépulture d'un excommunié dénoncé, d'un hérétique ou d'un infidèle quelconque, viole le lieu saint où elle est faite et rend nécessaire la réconciliation de l'église et même l'exhumation du corps, si elle est possible. (Cap. Consuluisti, de Consecr. eccles.; c. Sacris, de Sepult.)

Suivant le sentiment le plus commun, le lieu saint n'est pas profané par la sépulture d'un catéchumène. En effet, celui qui se prépare au baptême ne peut plus être regardé comme un infidèle, un païen. Mais l'église sera-t-elle profanée par la sépulture d'un enfant mort sansbaptêmet Elle le sera, de l'aveu de tous, s'il s'agit d'un enfant dont les parents sont infidèles. L'enfant suit la condition de ses père et mère. Le plus grand nombre des canonistes veut encore qu'elle soit profanée par la sépulture d'un enfEuit non baptisé, quoique les parents soient chrétiens. Néanmoins, il nous parait difiScile d'appliquer les mots infidelis et paganus, dont se sert le législateur, à un enfant qui vient de naître. D'ailleurs, comme les parents désirent le baptême pour cet enfant, ne peut-on pas le regarder, jusqu'à un certain point, conmie catéchumène? Aussi Fichier (1), dont nous adoptons le sentiment, dit qu'il est plus probable que l'église n'est point profanée par la sépulture d'un enfant de parents chrétiens, mort sans baptême. (Voyez sépulture.)

L'église n'est pomt polluée parla sépulture d'un excommunié qui n'est point nommément dénoncé, ni par celle d'un suicide, d'un duelliste, ou de tout autre pécheur public, mort dans l'impénitence finale. Autre chose, remarque avec raison Mgr Gousset, est d'être indigne des honneurs de la sépulture, autre chose que la sépulture de celui qui en est indigne profane le lieu saint. On doit, dans ces matières, s'en tenir à la lettre de la loi. Aussi, quoique nous pensions que l'église ou le cimetière ne soient point profanés par la sépulture d'un enfant de parents chrétiens, mort avant d'avoir reçu le baptême, nous reconnaissons avec tous les canonistes qu'on ne doit point l'inhumer dans le lieu destiné aux sépultures des fidèles.

5^ Le cinquième et dernier cas où la réconciliation d'une église est nécessaire, c'est lorsqu'elle a été consacrée par un évêque excommunié, dénoncé ou notoire, suivant les canonistes Nicolas de Tudeschis, Jean André et Henri de Suse.

Ce sont là les seuls cas où l'on estime cju'une église soit polluée, et qu'elle a besoin d'être réconciliée ; mais comme la matière n'est

(1) JuB caftomcum, lib. lu, Ut., 40,

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