S8 VÉNÉRABLE
Hest certain, dit M. l'abbé Pascal (1), et nous sommes complètement de son avis, qu'avec un peu de bonne volonté, dans les campagnes même les plus pauvres , on pourrait avoir des vases d'argent, du moins en ce qui regarde le calice tout entier avec sa patène , le ciboire, et les boites ou vuses aux saintes huiles. Un prêtre zélé vient facilement à bout de ces dépenses , quand il en a la ferme volonté. N'arrive-t-il pas assez souvent qu'on a, dans ces églises, plusieurs objets secondaires qui semblent dépasser les moyens ordinaires tandis que le calice et la patène sont du plus vil prixl S'il peut y avoir, dans une église, quelque magnificence supérieure à ses ressources habituelles et connues, ne doit-on pas surtout l'employer à regard de ces deux vases sacrés ?
Les V€ues sacrés ne doivent être employés qu'à la célébration des divins mystères, et de saints papes ont ordonné aux prêtres de ne s'en servir que dans l'église. Hic eonstituit sacerdotes et levitas in %uu quotidiano non uti et inecclesiâ tantûm (2). Plusieurs conciles généraux et particuliers ont fait des défenses expresses, de se servir de vases soûrés pour des usages profanes ; entre autres le concile de Brague, tenu en Portugal dans le septième siècle, qui punit de peines sévères Içs prêtres qui abusaient des vases sacrés. Il en fait une description affreuse , et dit que ceux qui tomberont à l'avenir dans ce désordre , seront privés de leurs dignités , les laïques exconunu niés et les religieux déposés.