‹ Cours alphabétique et méthodique de droit canon dans ses rapports avec le droit civil ecclésiastiqueChapitre 162 sur 408 · VOCATION · texte numérisé non relu

VOCATION

Les marques de la vocation à l'état ecclésiastique sont d'y entrer avec une intention droite, c'est-à-dire, de n'y chercher ni la gloire du monde, ni les revenus, ni une vie douce et sensuelle, mais de s'y proposer le travail et la peine, pour procurer la gloire de Dieu, le salut des âmes et sa propre sanctification. C'est la disposition que le concile de Trente requiert de ceux qui doivent recevoir la tonsure. (Session XXIII, ch. 1, de Reformat.)

Pour la vocation religieuse, voyez novice.

Le vœu est une promesse faite à Dieu de quelque bonne œuvre à laquelle on n'est pas obligé : votum est promissio deliberati Deo facta de meliori bono. C'est la définition que donnent du vœu les théologiens, lesquels ajoutent que, pour former un véritable rœu, il faut le concours de ces trois choses : Deliberatio, propositum voluntatis, et promissio in quâ perfieitur ratio voti.

§ I. Nature et division des vœux.

On dislingue plusieurs espèces de vœuœ; la principale division qui s'en fait et qu'on attribue à Alexandre II est en simples ou solennels. (C. Consuluit, Qui Cler. veL vov.

stto ?asn.

Le vœu simple est nne promesse faite à Dieu, sans solennité on sans un certain genre de solennité : tels sont les vtsuit qne Ton fait, non seulement dans le monde, mais encore dans certaines communautés séculières, en particulier ou en public.

Le v<BU solennel est celui qui se fait avec certaines formalités dans un corps de religion approuvée par l'Eglise. Ce tcm est exprès et explicite, quand il est fait avec les solennités requises. Ces solennités sont, selon Vopinion commune, la profession publique des trois vaux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance entre les mains d'un supérieur légitime qui Taccepte. La formule des voeux solennels n*est pas la même dans toutes les communautés ; mais quelle qu'elle soit, elle produit toujours le même effet par rapport aux nouveaux engagements que contractent ceux qui font des vceux de religion. Le vœu solennel tacite est celui qu'opère la prise d'habit religieux dans certaines circonstances. (Foyw profession.) Le rom solennel implicite est celui de continence que l'Eglise a attaché à la réception des ordres sacrés.

On divise encore les vasux en absolus ou conditionnels, en réels ou personnels, et en réels ou personnels tout ensemble.

Le vœu absolu est celui qu'on fait sans aucune condition et qu'on est obligé d'exécuter aussitôt qu'il a été fait. Il peut être perpétuel ou pour un temps, affirmatif ou négatif.

Le vœu conditionnel est celui que l'on fait sans condition; ce vœu n'oblige qu'après l'exécution de la condition. Il est pénal, quand on s'oblige en cas qu'on revienne en convaIescc;ice, ou autre semblable.

Le vœu réel est celui qui a pour objet une chose qui est en dehors de la personne qui le fait, comme quand on promet à Dieu de donner une certaine somme aux pauvres.

Le vœu personnel se prend dans la personne même ou dans ses actions, comme quand on promet de se faire religieux, de faire un tel pèlerinage, un tel jeûne, etc.

Le vœu réel et personnel tout ensemble, qu'on appelle voeu mixte, est celui dont la matière consiste tant dans la personne ou dans les actions, que dans les biens de celui qui le fait: comme quand on fait vœu d'aller en pèlerinage à une église, et d'y faire tel don ou telle aumône.

Un vœu pour être valide, doit être fait librement, d'une chose possible , bonne et plus agréable à Dieu que contraire.

Le vœu doit être libre : chacun sent la nécessité de cette condition. Pour être obligé de remplir cette promesse , il faut avoir fait cette promesse volontairement, sans contrainte, et avec la connaissance de cause nécessaire. D'où il suit que le vœu fait par un homme qui n'a pas l'usage de sa raison, soit pour cause d'ivresse, de folie, de violence, ou pour défaut d'A;ge est absulument nul.

Les théologiens et les canonistes disputent beaucoup sur le degré de raison requis pour valider un vœu, et particulièrement celui d'un enfant qui n'a pas atteint l'âge de puberté. Nous n'entrons point

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