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écrivait , le 12 mai 1802 , un mois à peine après Taudience , à M. Portalis lui-même (1) : •« ll(le pape) a vu avec peine qu'après avoir » décidé que la réception du légat aurait lieu sans qu'il prêtât de ser- « ment , et qu'on renfermerait ce serment dans un discours au pre- « mier consul , il a fallu que le légat prêtât un serment séparé. En- « suite, ce même serment a été rapporté dans le Moniteur d'une manière
Secondement, noue en avons pour témoin les plaintes authentiques du Saint-Sié^e ainsi que l'établit ce passage d'une note diplomatique adressée par le cardinal Consalvi à M. Cacault (2) ; «« Par ordre du " Saint-Père , y est-il dit , le soussigné ne doit pas vous laisser ** ignorer que plusieurs concomitances , qui ont suivi la publication « faite en France du concordat du 13 juillet 1801 , et de la bulle qui « le contient, ont affecté la sensibilité de Sa Sainteté et l'entremis « dans un embarras difficile , relativement même à la publication « qu'on doit faire ici du concordat. » Les concomitances dont parle ici le ministre de Pie VU , ne peuvent évidemment se rapporter qu'aux faits et aux actes qui ont accompagné la publication du concordat à Paris , c'est-à-dire l'exigence du serment, l'insertion d'une formule inexacte au Moniteur et l'addition des articles organiques.
Troisièmement, nous trouvons une preuve décisive dans les actes mêmes du Saint-Siège et dans la parole du Souverain Pontife. L'allocution tenue dans Te consistoire secret du 26 mai 1802, et toutes les pièces et documents à l'appui des négociations et du concordat, ainsi que ce concordat lui-même, ont été imprimés par ordre du pape et publiés par l'imprimerie de la R. chambre apostolique. Dans ce recueil authentique, que nous avons sous les yeux, le discours convenu d'avance, et la formule de serment que prononça le cardinal Caprara sont insérés tout au long, le premier en français, le second en latin et sous ce titre * Yerba promissionis quam cardinalis legatus in prœfatâ primd admissione è scriptorecitavit. Comment supposer que le Saint-Siège ait osé altérer la vérité dans une telle circonstance et pour des documents d'une telle gravitéî
Ajoutons d'ailleurs que le Souverain Pontife lui-même, dans l'allocution du 24 mai a soin de renvoyer aux annexes du recueil et leur confère ainsi, si l'on peut le dire, une plus grande et plus vénérable authenticité. Voici les propres paroles de Pie VII au sacré collège.
ConsHus ille (cardinalis legatus) sensuum nostrorum qui sunt omnes ad una spiritualia conversi, et ad religionem in Galliâ restituendam, certum fecit guhernium numquàm in suo legationis munere attentatum tn contra jura gubernii ac nationis, statuta ac consuetudinis reipublicae, seque ad gubernii beneplacitum in eoden\ munere continuaturum, esse, prout ex enunciatâ sylloge cognoscere potestis.
On remarquera avec quel soin les paroles du Saint Père sont iden-
(1) Cette lettnhM tromre danmotre tome I, pag. 289.
{2) Cette noto eet «osei rapp<yrtée danfl le tome I, pages 289 et 290.
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tîquement conformes au texte de la version romaine du eerment, et
combien elles s'éloignent de la prétendue version française. De ces divers ordres de preuves, il résulte manifeatement : 1^ Que la foumule du serment insérée au Mimitew n'est pas la
vraie ; 2^ que la v^ersion française n'a point passé sans réekmiationd
de la part du Saint-Siège.
Ainsi la question se trouve résolue contre les assertions et les
commentaires erronés de M. Prompsault.