GERDIL
Hyacinthe-Siffismond Gerdil, célèbre cardinal, naquit à Samoëns en Savoie, le 23 juin 1718, d'une famille estimée. A l'âge de 15 ans il entra chez les bamabites. Pie VI appréciant le mérite de GerdU, l'appela à Rome, le nomma consulteur du Saint-Office, le fit sacrer évoque de Dibhon, et l'agrégea au sacré collège le 27 juin 1777. Gerdil montra dans ce haut rang beaucoup de %èle pour les intérêts de l'Église. Nommé préfet de la propagande et membre de presque toutes les congrégations, il était au milieu du sacré collège comme une lumière. C'était toujours son avis que l'on suivait dans les affaires les plus délicates, et Gerdil inclinait toujours pour le parti modéré dès que les principes ne devaient pas en souffrir : c'est dans ce sens qu'il agit dans l'affaire du concordat de 1801. Après la mort de l'infortuné Pie VI, Gerdil se rendit au conclave convoqué à Venise. Dès les premiers scrutins, un grand nombre de suffrages se réunirent en sa faveur, et son âge très avancé fut un des grands obstacles à son élection. Il mourut en effet deux ans après, le 12 août 1802, âgé de plus de 84 ans. Ce savant cardinal a composé un grand nombre d'ouvrages, dont plusieurs furent imprimés séparément. Le pèreTorelli les a recueillis et publiés, Bologne, de 1784 à 1791, 6 vol. in-4®. Ce recueil important renferme plusieurs traités curieux et savants qui ont rapport au droit canon. Le cardinal délia Somaglia fit imprimer à ses frais : Opuscula ad hierarchiam Ecclesia constitutionem spectantia, Parme 1790. Il contient une réfutation de deux libelles contre la bulle Auctorem fidei et contre le livre d'Eybel : Quest-ce que le Pape? Eybel était professeur de droit canon à Vienne, du temps de l'empereur Joseph II, et pendant la chaleur des réformes de ce prince. Il attaque dans son libelle la puissance papale, et parle avec peu de respect du Souverain Pontife. Gerdil réfuta sa doctrine en lui opposant les théologiens les plus attachés aux libertés de TÉglise gallicane, tels que Gerson, le
GERMOIN, GIBALINUS; 61BERT. 445
P. Alexandre, Bossuet et Fleury . On a encore de Gerdil sur le droit ecclésiastiqne : Tractatus de primatu romani Pontificis ; In notas nonnularum propoHHonum synodi pistoiensis, Rome 1795. Ces remarques tendaient à justifier sur quelques points le synode de Pistoie, Gerdil les réfnta. Ce célèbre cardinal fut, de notre temps, un des hommes qui marquèrent le plus dans les sciences, qui furent le plus utiles à la religion et à rÉglise et firent le plus d'honneur au clergé. Nous ayons remarqué surtout dans ses diverses controyerses une admirable modération, il n'y laisse pas même échapper la moindre expression qui puisse offenser ceux qu'il réfiite.
GERMOIN.
Anastase Germoin, archevêque de Tarentaise et savant canoniste, a écrit: De jurisdictione ecclesiasticâ , in-fol.; De indnltis cardina- /mm^ Rome, 1614, in-fol., ouvrage aussi savant qu'exact; De êocrorum immunitatibuê, Rome, 1613, in-fol.; Omnia opéra canonica, Rome, 1623, 2 vol. in-fol. Le duc de Savoie envoya Germoin, ambassadeur en Espagne, où il mourut en 1627.
GIBALINUS.
Nous avons de Joseph Gibalinus, jésuite: De seientidcanonieâ, Lyon, 1679, 3 vol. in fol.; Disquisitiones canonieœ de elausurâ regulari ex veteri et nopo jure, Lyon, 1648, in 4**; De simoniâ, Lyon, 1659, in-S** ; De usuris, -commerciis, et de œquitate et uiu fori Lugdunensis, Lyon, 1656, in-fol.; De irregularitatibuê, Lyon, 1652, in-4'*.