scène ses sénateurs , %es patriciens ^oa %e% plébéiens' vt
nommés ; mais :il ne tolérait qu'on y traduisît !«ii
ridicule que dca grecs asservis. on d*ilutres étruimgef^*
Sa censure ne dépendit pas , comnid cm voit, dès: ca4
priées du pouvoir , mais d*une digmiié nationale qui
défendait qu on le dégradât en rîenc ^^«ette surveiUance
de fierté de la part des. citoyens protégeait némfe' la
décence de leurs femmes. Aussi les interlocutiiGei
des pièces latines ne sont elles que des étrangères ou
des filles de plaisir : car, selon que je le constatai
dans la préface de ma comédie , affichée sous la
nom de PlautCy à Rome on ne produisait pas en
spectacle les dames romaines , mais des courtisannes
vendues; et cela, non par licence, comme on la
croit , mais par une pudeur qui lespecitait les moeurs
publiques en couvrant les mœurs domestiques d un
mystère prudent. i
Bien que les pièces intriguées se puissent' passer
de caractères , on n'en doit pas oonclupe qu'elles Ie8
excluent absolument : mais ils n y dominent paà,
et n'y servent que d'embellissement accessoire au
sujet d^ aventures •: et c'est là ce qui les distingue
QE tITTÉRATIJBE. tag
-djtft. coniédies de carâcitère^ qi&i^ né iont pas non'^lûs dénuées tout - à - fui t d'iiitrigùe ;, mais oti Vactioti ' eit fiMble eit secondaire rjIniii^vMient a TefTel des physionomies ttepi^ésentées. LWa/ii/âure de Plante, son MiS" taire fa^iSLrôn y et, hs Athlfihes de Térence^ offrent reacentple d*inti'igaes .conduites «par lès mouTements de quelques càractèr^i ; cependant ces pièceb, où ils ne Sont que des ornements, ie rangent dans là troisième eispèce; Les Italiens héritèrent de ce mode «idopté par l^s Latins : n<^Us en otvohs pour, témioigna- .ges leâ imitations composées par le saTant 'cardinal Bibiëda, et les comédies du fameux Machiavel qui , doué d*un esprit unïvei^el, cbmmfi la plupart dés philosophie de génie, ne fiit pais moins ^atirnpae ingénieux que grand historien : politique. A Fexéhipie .d(^ ces illustJres auteurs ^ tous ceux qui leur succédèrent juàquau dernier siède> où Gbldohi vint étudier nôtre théâtre ^ conse^vèi*ent à la comédie iiltriguée les formes dégénéi;ées de celle des anciens; lis suppléèrent diême à ses mààquës: par ceux de leuiis Arlequins et de leuré Sbarâ^nouches ; et à laplaée de ses patron^ , de ses piltasit^s , de ses Sosies, de ses Dàves-i et de ses courtisannesVii'i introduisirent deâ Pantalons ) des Léàhdres 4 des Gilles, des Scii^pins, des isabeUes, et des Colombines. Spus ;les: traits grotesques de ces mimes , ils tracèrent là caricaturé des mc^rs et des professions : et les jenx :diters. de <^s i^êm^s figures offrirent le Spectacle de vefiàit événements; fortuits et divertissants. L'Italie pi*ésenta le modèle de ses tissiis dHntrigues aux poètes: espa!gnols : maift, oèuxr^ci y- nés a(v^c. vjpt imagiBàtion //. 9
i3o COURS ANALYTIQUE
brAIante , ëchaufTés par les récils des roitisfiiesqliei fables des Maures, pleins de traditions ineFYeiUenses, ardents, superstitieux, jaloux, et vivant sous toutes les contraintes du joug monastique et séculier, ceuxci , dis-je, renchérirent sur le goût des incidents, des épisodes , et des complications d aventures. Mais la fieité de cette nation < sensible et belliqueuse eut Bnr le théâtre des effets contraires à ceux de la fierté romaine : l'Espagne voulait qu'on ne rentrerînt que de son peuple, et ce n'était pas la blesser que de 1 instruire de ses vices même ou de ses ridicules , parce que c'était L'occuper encore de hii. Caldéron^ Guilain de Castro , Lopès de Véga , sentirent ^alement que pour lui plaire et Tattachèr , il £aillait se conformer à ses mœurs en intriguant leurs drames; mais que œ n était pas assez , si leurs intrigues n'étaient pas nationales. Leur fécond génie> sacrifia doub les iiobles simplicités de la haute comédie, qu'ils avaient étudiée , pour satisfaire au goût public ; et leurs oiivrages innombrables devinrent des itiodèlés dans l'art d'intriguer celle de la troisième espèce.
Ce mode n'exigea pas l'exactitude des trois unités, ni les portraits de caractères : il n-eut pas besoin absolument du vraisemblable ordinaire ; mais il le remplaça par l'extraordinaire soumis à la vraisembknce théâtrale : mais il nécessita les péripéties , les tableaux scàiiques , . la symétrie et la force comique; U eut donc deux conditions de plus que la comédie de l'a seconde espèce, qui n'en a que dixhuit :• il en compta vingt, dont la force comiqua est >!«' seule -qu'il puisse quelquefois excepter.
DE LITTÉRATURE. i3i
Cette sorte de comédie, reçue ffénéralement sur B^oi»tt<»n
' * o opérée dans la
tous les théâtres de FEurope, devint le premier objet J'"*^'^\*,'J^ des études et des essais de Molière : il l'imita tantôt ««^i*"» de Plaute et des Italiens , dans XEtourdi et dans U Dépit Amoureux ; tantôt de Térence , dans les FouV'^ beries de Scapin; et enfin des Espagnols , dans son prince jaloux , dans ie Sicilien , et dans le Festin de Pierre : mais l'avantage de nationaliser les sujets à l'exemple des comiques de l'Espagne n'échappa que peu de temps à ses réflexions. Dès -lors, habile rival de tous les comiques ensemble , ou plutôt compositeur original , il associa la comédie de mœurs et de caractères à la comédie d'intrigues , c'est-à*dire qu'il construisit celle de la quatrième espèce , de telle façon que le mouvement des personnages et la machine des événements concoururent , par des ressorts d'une égale force, au jeu de la pièce entière. La beauté de cette invention éclata dans ses chefsd'œuvre , et lui valut ces titres de supériorité qu'on ne lui ravira plus. Avant cela , les caractères se prononçant en des actes sans intérêt marqué , n'attachaient la curiosité que par la correction du dessin et par la vérité des couleurs. Les intrigues, dont le cours ne laissait pas le temps de tracer les physionomies des personnages, captivaient l'attention par la seule agilité de leur marche et par le talent avec lequel le poète brouillait et débrouillait le fil de leur contextûre. MoUère seul mit ces divers élément^ en un juste équilibre, lorsqu'il asservit le sujet et les incidents à l'humeur des personnages , et celle - ci à ceux-là réciproquement, sans que ni les uns ni les-
iSa COURS ANALYTIQUE
autres s^eulevassent la prépondérance. Telle fut créée la comédie mixte , qui est k plus parfaite espèce comprise dans le genre , et dont le Tartufe est le plus beau modèle. Ses conditions y au nombre das* quelles sont renfermées les dix-buit de la deuxième espèce et les vin^ de la troisième , montent à Tin|[t trois, dans lesquelles rentrent celles de toutes ^ comédies. J'en vais faire la supputation totale, et les traiterai chacune dans leur ordre convenable.
i^ La fable ou le fait;
^ La mesure de l'action;
3® La triple unité ;
4^ Le vraisemblable ordinaire et extraordinaire ;
5^ Le nécessaire , idem.
6^ Le ridicule , général et individuel ;
ff Les caractères, principaux, accessoires ^ pareils i
eux-mêmes , et changeants ; 8^ Les passions ; 9^ Les mœurs ; lo^ L^intérèt, de passions^ d'événements, et de Varao
tères ; .
ii<> L'exposition, simple de faits, oa compliqiiée de
faits , exposant les caractères avec les faits ; zà^ L*intrigue ou le nœud ;
i3^ Les péripéties, de reconnaissances, de surprises, d'événements, ou de changements de volonté; 14** L'ordre des actes;
i5^ L'ordre des scènes capitales ;
i6^ Le dénouement:
17^ La force comique, ordinaire ou extraordinaire;
I>E LITTÉRATURE. i33 '
iS^La moralité, publique ou particulière ; 19^ Le style naturel, et quelquefois satirique; ao^ Le dialc^jine coupé ou suivi ^ idem ; di^ Le» tableaux scëmques ; ^'k^ La symétrie ;
a3i^ Le eomptémeot, ou réunion de ces diverses conditions, ou règles* indisjpensables.
Tobserverai qu'elles ne concourent pas noins à la perfection du haut genre comique que les vingt-six conditions spéciales de la trag|édie ne sont utiles à son accomplissement , ajinsi ({ue je Tai établi dans la première partie de ce cours.
Les pièces épisodiques, ou à tixoir, qui se classent^ dans la cinquième espèce, se formant dun asse«blage de scènes détachées , ne demandent qu un^ petit nombre de ces mêmes règles. U leur suffit d*uii. cadre simple sous lequel passent tour-à-tour les portraits qui viennent sy placer. On remarquera seulement que toutes les scènes y sont capitales y. c est-à-dire qu'elles ont toutes besoin d'une exposir tion, d'un nœud, et dun dénoueipent, maù qui ne tiennent en rien et ne se subordonnent pas à un aujeft principal : iàest pourtant un art de. lier ces scènes k un léger intérêt qu'elles secondent, ou quelles traversent, pour la satisfaction ou le divertissement du spectateur. Le ridicule, les mœu<rs, le vraisemblable ^ le nécessaire, le style, e^ le dialogue naturel: ou satirique, sont les seules canditions du comique de cette.espèce : elles ne vont qua six.
Je répète, à L'occasion de cieU|S-ci, qiue Texamen
i34 COURS ANALYTIQUE
de toutes ces diversités est e$sentiel ; car on conçoit qu il serait absurde de juger d'une comédie qui nexige que lobservation de six règles, comme de celle qui se complique de vingt rtrms. Tel auteur peut faire réussir par son esprit jusqu'à cinq actes de telle espèce , et ne serait pas cap2U>le d'en soutenir trois de telle autre , moins aisée à bien exécuter. Il échouera s'il ne s'est rendu compte des difficultés nombreuses de bâtir sur un plan régulier une fable ridicule et morale ; et son premier succès obtenu , sans beaucoup de peine et avec peu d'art, ne lui méritera pas aux yeux des connabseurs le nom de savant auteur comique. Il ne Fobtîendra pas même absolument au prix de ces comédies de la sixième espèce , que lV>n appelle facétieuses, et qui n'ont le plus souvent pour but que de réjouir et non de corriger. Ces dernière^ pourtant, à la moralité près, réunissent la plupart des conditions ci-dessus dénombrées , et dans les meilleures , telles que le Malade imaginaire^ Georger Dandiiiy et les Plaideurs , un fonds moral s'y joint encore. Mais cette qualité leur fut ajoutée parle génie de leurs auteurs , et n'est pas essentiellement de leur ressort. Elles contiennent la totalité des règles de la comédie mixte , excepté l'exacte vraisemblance et l'intérêt dont elles peuvent se passer quelquefois. La folie la plus absurde , pourvu qu'elle soit très*gaie , leur sert fréquemment de support : elles admettent les caractères , mais elles les choisissent dans la basse bourgeoisie et parmi le menu-peuple : elles en chargent le maintien et les attitudes, et poussent le rire jusqu'aux éclats. Là , le ridicule outré n'est pas un dé-
DE LITTÉRATURE. ïS5
£autf là, se déploie en liberté la force comique. Cest Thalie couverte de ,tou$ J[e^:igrelots de Monm^» le^ agitant avec bruit, le vi$age:a9iftié de joie, de fran-» chise, et s'amusant à montpsr lentement la vérité tpuUl nue, au milieu de ses mascarades extravagantes. ,
Conseillons aux beaux-^espifits. dji jour, aux froids partisans decç je ne sais quoi qu'ils prennent pour /f bon ton , de ne pas: assister à ces pièces. Ils ont tcopi de goût pour ^aigner rirç à la con^^sed'EscarhagHa^, i Pourceaugnc^c , au Mariage forcent au LégcUai^e^ Wh: persely à la Femme. juge. çjt partie^ aux trivialités, de, Dancourt. Ést-<:e parmi le ]bas p^ple, çbe^ le^ pro? vinciau^ et le3 campagnards, qu.'Qn< doit c]iercher dfSr quoi les dérider? Trouve*>V^^n là. fie jolies pqintciai de petites équivoques, des traits, et le fini préçieus^; qui tes cbarment? Ils sont du grand monde] iU^^enf ont la singulière délicatesse^ ils ne goùteront^^^'tT sans faire la grimace , le sel des naïvetés bourg^oise^let populaires; ce sel piquant est trop gros et.t^pg, acre pour leur plaire. L'origff alité des spect^dles fat), cétienx révo}te leur suprême raison : ils ne recoiveç^i pas Fabsurde gaité d*un auteur qui ose transforxner.4f^ malade Aï^ant en médecin , et qiti, Tbabiljbinti.jf^ docteur pour intégrer son ignorance dans le çpfj^ de la faculté, renouvelle sur la s(^e française Tiflée; des cbœurs de la comédie greqque et la msjice de.Iaj ^rve aristopbanique. Rien ..ne paraît tolérable s^içe^: graves censeurs de ce qui sort de la vraisemblance ; leur sens droit en est choqué ; leur noble go{^t ne. fait ppint graçe à lenjouement roturier; et 4u haut étage
i36 COURS ANALYTIQUE
où leur inteUîgence est montée, elle ne s'abaisseAiHa jûsqu^à s'ëmouvoir de |ilaisirs si communs.
PôUt" nous y qui Bavons, pas oublié les exemples des' anciens, pour nous qui Savons que par^fbis c'est être stupide que d'é^*e trop sage, pour nous qui ne voudrions que nouis égayer de ce qui divertissait nos simples aïeux , ne négligeons pas de fouiller dans les pièces de Plante et de Molière , ni d'étudier ce qu'on appelle même leurs dernières forces. Nous en retirerons encore de bons éléments cft>miqnes.Les suffrages du grave Platon et de Quintilien nous qnt autorisé déjà dans notre estime pour' les parodies d'Aristo* phahe : nous savons le cas que Causait le docte Gicéron des focéties contenues àsktksVÉpidique de Phute : nous avons appris que Molière imita son Scapin d'un pa* raste ' de Térence , et dra son Pancrace et son Haiw phtnms des fak^es de Rabelais : ne rougissons donc pas d'en bien rire , puisque de si dignes personnages sont de notre doté. Tâdj^ns de les opposer au crédit dënos littérateurs maniérés et fins , et prouvons leur, lié letir en déplaise, que le jargon subtil de leurs cer-' clés, que les miniatures de leurs brillants salons né valent pas le dialogue universel et familier de nios ihiitons ', et les vrais taUeaux des ridicules dé toutes lësxlasses du peuplé. Si notre goût remporte sur le leiu* ,^ peui-étf e la foiV;e' comique renaîtra-t*elle sur' hf'fhéâtire , et supplëerâ-t-elle à cette correcdon affec^ téé qui glace le genre dont nous essayons de propager les préceptes enjoués. Dussions -nous perdre à cette révolution en ifaveur de la gaité, quelques-unes àts
DE LITTÉRATURR 187
sérieuses comédies que Fon nous réserve encore , nous en serions dédommagés , selon moi, si nous y gagnons, quelques grossières facéties eu cittq on trois actes qui ne soient pas seulement plus médiocres, ni plus dénuées d'esprit que les farces du bon Molière?
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SECONDE PARTIE