SI
Voici le calcul :
Paris, le 10 anll.
Joun.
Nombres.
10 avril
5 mai
IbOOO
Ui88
L'échéance moyenne est 25 jours après le 10 avril , c'est-à-dire le 5 mai ; Dubreuil donnera à Bance un effet de ^^88 fr. payable le 5 mai. La jastification de ce calcul est très-simple; supposons d'abord que tous les effels de Bance d'une part^ et l'effet unique d'une autre , soient escomptés à la date choisie ^ 10 avril.
Le porteur des quatre effets de Bance recevra évidemment
112200 û/»88 =r — ; ( D diviseur correspondant au taux ) ; le porteur
de l'effet unique recevra
exactement la même somme que l'autre.
Supposons maintenant que l'escompte ait lieu à une époque quelconque antérieure au 10 avril , 8J avant, par ex. : Le nombre de chacun des effets de Bance sera augmenté du produit de sa valeur nominale par 8, et l'augmentation totale de l'escompte perçu sur ces effets sera
L'augmentation de l'effet unique sera également : 4088x8 : D;
(*) On voit Ici comment un compte d'intérêt étant fait par une date , on on déduit le montant des intérêts des mêmes effets par une autre date antérieure ou postérieure.
3iS COU AS D'arithmétique.
les deux escomptes ^ augmentés du même nombre ^ restent égaux. Le 2 avril les deux porteurs susdits recevront la même somme , en faisant escompter leurs effets.
Si on choisissait une échéance postérieure au 10 avrils les sommes reçue pap les deux porteurs susdits diminueraient de la même valeur.
Il résulte de là que si j au lieu de prendre pour le calcul Féchéance fictive du 10 avril, on eût pris celle du 2 avrils on eût trouvé le quotient 25 -f- 8 ; 33 jours après le 2 avril , ce sera le 5 mai. Nptre règle est donc exacte.
Le calcul ^ty échéance moyenne est souvent pratiqué dans les bureaux pour ramener à unçt seule éc))éance plusieurs effets ayant des échéances différentes.
40S. Les gouvernements comme les particuliers peuvent avoir besoin d'emprunter ; pour les uns comme pour Içs autres^ les conditions ^e l'emprunt sont plus pu moins avantagei^ses , suivant la confiance qu'ils inspirent.
Le crédit public est la confiance qu'inspire un gouvernement par ses institutions , par les ressources de l'industrie et des terres du peuple qu'il régit , ressources sur lesquelles se prélève ViiPP^t annuel
La France , sous ce rapport , jouit d'un gr§ad crédit public ; par ses institutions, sa situation financière ne peut être cachée; la loi qui règle l'impôt doit être votée chaque année parle corps lé^ gislatif.
Cett0 loi 5 qii'pq noiqiqe le budget , est divisée m deux parties x le budget des deceUe^ (détail des impôts à percevoir) ; le budget des Dépens^ (dètaU de remploi de^ recettes). Le budget des dépenses se monte maintenant à 1500 millions (*X
La première dépense qui figure au budget est la dette de l'état. Le payement de celte dette s'élève annuellement à près de 400 millions, dont 211 millions servent à payer la rente ou les intérêts des emprunts faits par la France (^*)«
(*) Celui de 1S52 est de 1Ô0339S346 fr.
(**) En 1S&2, la dette publique figure au budget pour d943aS4â3 fr.
hENTES SUR î/ÉTAT. 319
11 y a aujourd'hui 3 sortes de rentes sur l'État ; le Ix^j, p. O/o ; le II p. O/o et le 3 p. O/o; il n*y a que 27 milUons de rente il p. 100
Le 4 Vî P- O/o est Tancien 5 p. O/o converti en 4 Vs P^^* «n décret du U mars 1852. Le 3 p. O/o provient d'une opération financière faite par le gouveraement en 1825 pour donner une indemnité aux émigrés.
Du mode des empriinta puhlicê.
Le§ gouvernements n'empruntent pas comme les particuliers ; ceux-ci empruntent un capital déterminé et payent un taux d^intérêts plus ou moins élevé. Les gouvernements au contraire constituent une rente fixe qu'ils vendent contre un capital indéterminé , calculé d'après la rente , mais qui , pour une quantité déterminée de rente, pour /if'*-,50 de rente , par exemple : varie avec la confiance qu'ils inspirent aux prêteurs, ou actieteurs de rente.
Quand le gouvernement émet des rentes pour un emprunt , il s'établit une concurrence entre ceux qui veulent acheter, Français ou étrangers. Il se forme des compagnies de banquiers ou de capitalistes qui font leurs soumissions à un certain prix. Ces soumissions sont cachetées; au jour fixé, on en fait l'ouverture en séance publique, et la rente est vendue en totalité à la compagnie qui a ofl*ert le prix le plusélevé d'une quantité déterminée de rente, de ix fr. 50 de rente, par exemple; ce prix ne doit pas être inférieur à un minimum fixé à l'avance par le gouvernement.
La compagnie qui a acheté la rente la porte à la Bourse par petites parties, suivant ses convenances, ou la répartit entre des souscripteurs qui se sont engagés vis-à-vis d'elle à contribuer à la formation du capital donné en échange de la rente. L'emprunt se classe , et bientôt ces rentes font partie des masses de rentes sur l'État qui sont entre les mains d'un très-grand nombre de Français et d'étrangers.
Une quantité de rentes entre les mains d'un particulier est un revenu dont il jouit, et en même temps une valeur mobilière, une marchandise dont il peut faire de l'argent quand il veut.
Il remet sa rente à un agent de change, qui la vend à la Bourse suivant le cours du jour ; il se passe entre l'agent dé change
320 couns d'arithmétique.
da vendeur et ceux des acheteurs^ exactement ce qui s'est passé déjà entre le gouvernement et les compagnies susdites.
Le vendeur tient la place du gouvernement, et tire de chaque quotité fixe de rente un prix plus ou moins élevé , dépendant de la confiance que celui-ci inspire.